{"id":10168,"date":"2021-10-06T02:23:19","date_gmt":"2021-10-06T00:23:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=10168"},"modified":"2021-10-02T06:58:05","modified_gmt":"2021-10-02T04:58:05","slug":"quand-le-numerique-detruit-la-planete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2021\/10\/06\/quand-le-numerique-detruit-la-planete\/","title":{"rendered":"Quand le num\u00e9rique d\u00e9truit la plan\u00e8te"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: left;\"><em>\u00a0<\/em><strong>Selfies, courriels, vid\u00e9os en ligne\u2026<\/strong><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10162 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5G-210110-2-300x207.jpg\" alt=\"\" width=\"572\" height=\"395\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5G-210110-2-300x207.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5G-210110-2.jpg 593w\" sizes=\"auto, (max-width: 572px) 100vw, 572px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Longtemps l\u2019id\u00e9e d\u2019une industrie num\u00e9rique propre car \u00ab\u00a0immat\u00e9rielle\u00a0\u00bb a domin\u00e9 les esprits. Contre les g\u00e9ants du p\u00e9trole et de l\u2019automobile, la Silicon Valley semblait l\u2019alli\u00e9e naturelle des politiques de lutte contre le r\u00e9chauffement climatique. Cette illusion se dissipe. Une enqu\u00eate conduite sur plusieurs continents r\u00e9v\u00e8le le co\u00fbt environnemental exorbitant du secteur des hautes technologies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9veloppeurs de la Silicon Valley et constructeurs de semi-remorques, la Commission europ\u00e9enne et le cabinet McKinsey, MM.\u00a0Joseph Biden et Xi Jinping, les lib\u00e9raux britanniques et les Verts allemands\u00a0: face \u00e0 l\u2019urgence climatique, une sainte alliance mondiale s\u2019est nou\u00e9e autour d\u2019une conviction. Celle d\u2019un grand basculement du monde en ligne pour le bien de la plan\u00e8te. <em>\u00ab\u00a0\u00c0 tel point que l\u2019on consid\u00e8re de plus en plus qu\u2019il ne sera pas possible de ma\u00eetriser le changement climatique sans un recours massif au num\u00e9rique\u00a0\u00bb,<\/em> souligne l\u2019association The Shift Project, qui ne partage pas ce point de vue. Un nouvel \u00e9vangile promeut le salut par les villes \u00ab\u00a0intelligentes\u00a0\u00bb bourr\u00e9es de capteurs et de v\u00e9hicules \u00e9lectriques autonomes. Cette croyance peut compter sur d\u2019efficaces ap\u00f4tres. Comme le Global e-Sustainability Initiative (GeSI), un lobby patronal \u00e9tabli \u00e0 Bruxelles, pour qui <em>\u00ab\u00a0les \u00e9missions \u00e9vit\u00e9es via l\u2019utilisation des technologies de l\u2019information et de la communication sont pr\u00e8s de dix fois plus importantes que celles g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par le d\u00e9ploiement de ces technologies<\/em> <em>\u00a0\u00bb.<\/em> Mais des chercheurs ind\u00e9pendants contestent la sinc\u00e9rit\u00e9 de ces chiffres repris partout, et l\u2019impartialit\u00e9 de leurs auteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 des efforts du \u00ab\u00a0marketing vert\u00a0\u00bb d\u00e9ploy\u00e9 par les industriels et leurs porte-voix, quel est l\u2019impact environnemental de l\u2019outil num\u00e9rique\u00a0? Ces nouveaux r\u00e9seaux de communication sont-ils compatibles avec la \u00ab\u00a0transition \u00e9cologique\u00a0\u00bb\u00a0? Au terme d\u2019une enqu\u00eate qui nous a conduit dans une dizaine de pays, voici la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: la pollution digitale est colossale, et c\u2019est m\u00eame celle qui cro\u00eet le plus rapidement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Lorsque j\u2019ai d\u00e9couvert les chiffres de cette pollution, je me suis dit\u00a0: \u201cComment est-ce possible\u00a0?\u201d\u00a0\u00bb,<\/em> se rappelle Fran\u00e7oise Berthoud, ing\u00e9nieure de recherche en informatique. Les dommages caus\u00e9s \u00e0 l\u2019environnement d\u00e9coulent d\u2019abord des milliards d\u2019interfaces (tablettes, ordinateurs, smartphones) qui nous ouvrent la porte d\u2019Internet. Ils proviennent \u00e9galement des donn\u00e9es que nous produisons \u00e0 chaque instant\u00a0: transport\u00e9es, stock\u00e9es, trait\u00e9es dans de vastes infrastructures consommatrices de ressources et d\u2019\u00e9nergie, ces informations permettront de cr\u00e9er de nouveaux contenus digitaux pour lesquels il faudra\u2026 toujours plus d\u2019interfaces\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour r\u00e9aliser des actions aussi impalpables qu\u2019envoyer un courriel sur Gmail, un message sur WhatsApp, une \u00e9motic\u00f4ne sur Facebook, une vid\u00e9o sur TikTok ou des photos de chatons sur Snapchat, nous avons donc \u00e9difi\u00e9, selon Greenpeace, une infrastructure qui, bient\u00f4t, <em>\u00ab\u00a0sera probablement la chose la plus vaste construite par l\u2019esp\u00e8ce humaine\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les chiffres sont \u00e9difiants\u00a0: l\u2019industrie num\u00e9rique mondiale consomme tant d\u2019eau, de mat\u00e9riaux et d\u2019\u00e9nergie que son empreinte repr\u00e9sente trois fois celle d\u2019un pays comme la France ou le Royaume-Uni. Les technologies digitales mobilisent aujourd\u2019hui 10\u00a0% de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 produite dans le monde et rejetteraient pr\u00e8s de 4\u00a0% des \u00e9missions globales de dioxyde de carbone (CO2), soit un peu moins du double du secteur civil a\u00e9rien mondial. <em>\u00ab\u00a0Si les entreprises du num\u00e9rique se r\u00e9v\u00e8lent plus puissantes que les pouvoirs de r\u00e9gulation qui s\u2019exercent sur elles, le risque existe que nous ne soyons plus en mesure de contr\u00f4ler leur impact \u00e9cologique\u00a0\u00bb,<\/em> avertit M.\u00a0Jaan Tallinn, le fondateur de Skype et du Future of Life Institute, qui travaille sur l\u2019\u00e9thique des technologies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd\u2019hui encore, Jens Teubler, chercheur \u00e0 l\u2019Institut Wuppertal, n\u2019en revient pas. Il y a quelques ann\u00e9es, ce scientifique allemand assistait \u00e0 une conf\u00e9rence donn\u00e9e dans ce centre de recherche \u00e9tabli dans la ville du m\u00eame nom, en Westphalie, dans l\u2019ouest de l\u2019Allemagne. C\u2019est alors, se rappelle-t-il, qu\u2019il est <em>\u00ab\u00a0tomb\u00e9 en arr\u00eat devant l\u2019illustration d\u2019un homme qui portait \u00e0 la fois une bague de mariage\u2026 et un \u00e9norme sac \u00e0 dos sur les \u00e9paules, correspondant \u00e0 l\u2019empreinte r\u00e9elle de son alliance. Cette image m\u2019a marqu\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em> L\u2019institut repr\u00e9sentait ainsi une m\u00e9thode de calcul in\u00e9dite de l\u2019incidence mat\u00e9rielle de nos modes de consommation, d\u00e9velopp\u00e9e par ses chercheurs dans les ann\u00e9es\u00a01990\u00a0: le <em>material input per service unit<\/em> (MIPS), c\u2019est-\u00e0-dire la quantit\u00e9 de ressources n\u00e9cessaires \u00e0 la fabrication d\u2019un produit ou d\u2019un service.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour mesurer son impact environnemental, l\u2019industrie s\u2019int\u00e9resse surtout \u00e0 ses \u00e9missions de CO2. Or cette m\u00e9thode comptable \u00e9clipse souvent d\u2019autres pollutions, telles que l\u2019impact sur la qualit\u00e9 des eaux des rejets de produits chimiques. D\u00e8s les ann\u00e9es\u00a01990, le MIPS se focalisait plut\u00f4t sur les d\u00e9gradations environnementales impliqu\u00e9es dans la production des marchandises et des services. Regarder ce qui entre dans un objet plut\u00f4t que ce qui en sort, voil\u00e0 un renversement complet de perspective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Concr\u00e8tement, le MIPS \u00e9value l\u2019ensemble des ressources mobilis\u00e9es et d\u00e9plac\u00e9es durant la fabrication, l\u2019utilisation et le recyclage d\u2019un v\u00eatement, d\u2019une bouteille de jus d\u2019orange, d\u2019un tapis, d\u2019un smartphone\u2026 Tout y passe\u00a0: les ressources renouvelables (v\u00e9g\u00e9taux) ou non (minerais), les mouvements de terrain g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par des travaux agricoles, l\u2019eau et les produits chimiques consomm\u00e9s, etc. Prenons un tee-shirt\u00a0: sa fabrication dans un atelier indien a n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, elle-m\u00eame produite gr\u00e2ce \u00e0 du charbon, pour l\u2019extraction duquel on a abattu une for\u00eat de pins\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sac \u00e0 dos \u00e9cologique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette approche se traduit par un chiffre, le \u00ab\u00a0sac \u00e0 dos \u00e9cologique\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le coefficient multiplicateur de chacune de nos actions de consommation. La m\u00e9thode n\u2019est pas parfaite\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La plupart des donn\u00e9es utilis\u00e9es pour le calcul du MIPS r\u00e9sultent d\u2019opinions et d\u2019estimations d\u2019experts\u00a0\u00bb<\/em> o\u00f9 l\u2019impr\u00e9cision est souvent la r\u00e8gle, temp\u00e8re Jens Teubler. Il n\u2019emp\u00eache, on ne peut que tomber des nues devant sa redoutable franchise\u00a0: la bague contenant quelques grammes d\u2019or a un MIPS de\u2026 trois tonnes\u00a0! On peut \u00e9galement mesurer le MIPS d\u2019un service ou d\u2019une action de consommation\u00a0: 1\u00a0kilom\u00e8tre en voiture et une heure de t\u00e9l\u00e9vision mobilisent respectivement 1 et 2\u00a0kilogrammes de ressources. Une minute au t\u00e9l\u00e9phone \u00ab\u00a0co\u00fbte\u00a0\u00bb 200\u00a0grammes. Quant \u00e0 un SMS, il \u00ab\u00a0p\u00e8se\u00a0\u00bb 632\u00a0grammes. Pour de nombreux produits, le MIPS peut r\u00e9v\u00e9ler un ratio assez bas\u00a0: ainsi la fabrication d\u2019une barre d\u2019acier n\u00e9cessite \u00ab\u00a0seulement\u00a0\u00bb dix fois plus de ressources que son poids final. Mais <em>\u00ab\u00a0d\u00e8s qu\u2019une technologie est impliqu\u00e9e, le MIPS est plus \u00e9lev\u00e9\u00a0\u00bb,<\/em> explique Jens Teubler. Les technologies num\u00e9riques le prouvent bien, compte tenu du grand nombre de m\u00e9taux qu\u2019elles contiennent, en particulier <em>\u00ab\u00a0des m\u00e9taux rares difficiles \u00e0 extraire du sous-sol\u00a0\u00bb,<\/em> poursuit le chercheur. Ainsi, un ordinateur de 2\u00a0kilogrammes mobilise, entre autres, 22\u00a0kilogrammes de produits chimiques, 240\u00a0kilogrammes de combustible et 1,5\u00a0tonne d\u2019eau claire. Le MIPS d\u2019une t\u00e9l\u00e9vision varie de 200 \u00e0 1\u00a0000\/1 quand celui d\u2019un smartphone est de 1\u00a0200\/1 (183\u00a0kilogrammes de mati\u00e8res premi\u00e8res pour 150 grammes de produit fini). Mais c\u2019est le MIPS d\u2019une puce \u00e9lectronique qui bat tous les records\u00a0: 32\u00a0kilogrammes de mati\u00e8re pour un circuit int\u00e9gr\u00e9 de 2\u00a0grammes, soit un ratio de 16\u00a0000\/1.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Les gens sont souvent surpris par l\u2019\u00e9cart entre l\u2019effet per\u00e7u et l\u2019impact r\u00e9el de leur d\u00e9cision d\u2019acheter un bien de consommation\u00a0\u00bb,<\/em> confirme Jens Teubler. Et pour cause\u00a0: c\u2019est la zone g\u00e9ographique la plus en amont de la cha\u00eene de fabrication qui paiera le plus lourd tribut mat\u00e9riel, bien loin du magasin de vente. Ainsi le num\u00e9rique a-t-il fait \u2014 insensiblement \u2014 exploser notre \u00ab\u00a0empreinte mati\u00e8re\u00a0\u00bb. Avec les milliards de serveurs, antennes, routeurs et bornes WiFi actuellement en fonctionnement, les technologies \u00ab\u00a0d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9es\u00a0\u00bb ne sont pas seulement consommatrices de mati\u00e8res\u00a0; elles sont en voie de constituer l\u2019une des plus vastes entreprises de mat\u00e9rialisation jamais engag\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi ces infrastructures bien r\u00e9elles, les centres de donn\u00e9es occupent une place de choix. Ces monstres de b\u00e9ton et d\u2019acier confits de serveurs se multiplient au rythme du d\u00e9luge d\u2019informations produites par notre univers num\u00e9rique\u00a0: cinq milliards de milliards d\u2019octets par jour, soit autant que toutes les donn\u00e9es produites depuis les d\u00e9buts de l\u2019informatique jusqu\u2019en 2003. De quoi remplir la m\u00e9moire de dix millions de disques Blu-Ray, qui, empil\u00e9s, s\u2019\u00e9l\u00e8veraient \u00e0 quatre fois la hauteur de la tour Eiffel. Une allumette, compar\u00e9e \u00e0 ce que g\u00e9n\u00e9reront les centaines de milliards d\u2019objets connect\u00e9s \u00e0 la 5G qui d\u00e9ferleront bient\u00f4t sur le monde. Il suffit pour consid\u00e9rer cette fuite en avant d\u2019observer une simple trottinette \u00e9lectrique en libre-service.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Combien d\u2019utilisateurs de ces engins savent que les entreprises qui les louent <em>\u00ab\u00a0collectent \u00e9norm\u00e9ment de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les habitudes de mobilit\u00e9 des utilisateurs\u00a0\u00bb,<\/em> explique M.\u00a0Mohammad Tajsar, avocat au sein de l\u2019Union am\u00e9ricaine pour les libert\u00e9s civiles (ACLU). Au moment de cr\u00e9er un compte sur une application d\u00e9di\u00e9e, vous partagez vos nom, pr\u00e9nom, adresse courriel, postale, num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, coordonn\u00e9es bancaires, historique de paiements, etc. Puis l\u2019entreprise de location pourra collecter toute information relative \u00e0 vos trajets gr\u00e2ce aux capteurs fix\u00e9s sur la trottinette et aux donn\u00e9es transmises par votre t\u00e9l\u00e9phone mobile. Le groupe Bird s\u2019autorise m\u00eame \u00e0 enrichir votre profil d\u2019informations glan\u00e9es aupr\u00e8s de diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9tenant d\u00e9j\u00e0 des donn\u00e9es sur vous et de s\u2019enqu\u00e9rir de votre solvabilit\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019agences d\u2019\u00e9valuation du cr\u00e9dit\u00a0! En enfourchant ce deux-roues, vous consentez \u00e9galement \u00e0 ce que l\u2019op\u00e9rateur partage certaines de vos donn\u00e9es <em>\u00ab\u00a0avec des parties tierces \u00e0 des fins de recherche, de commercialisation et pour d\u2019autres objectifs\u00a0\u00bb,<\/em> indique par exemple le groupe Lime, sans plus de pr\u00e9cisions. Ces sp\u00e9cifications <em>\u00ab\u00a0sont \u00e9crites dans des termes opaques et vagues, \u00e7a doit rester inintelligible\u00a0\u00bb,<\/em> note M.\u00a0Tajsar. Ce flot d\u2019informations personnelles qui nourrira des profils individuels vendus \u00e0 prix d\u2019or aux entreprises prend immanquablement le chemin d\u2019un centre de donn\u00e9es \u2014 le nuage ou <em>cloud.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La collecte syst\u00e9matique et mondiale de toutes sortes de donn\u00e9es <em>\u00ab\u00a0d\u00e9cuple les besoins en centres de donn\u00e9es\u00a0\u00bb,<\/em> analyse un professionnel chez Bolt. Les <em>cloud cities<\/em> (\u00ab\u00a0cit\u00e9s-nuages\u00a0\u00bb), sp\u00e9cialis\u00e9es dans le stockage de donn\u00e9es, essaiment en Chine. D\u2019ailleurs, le plus grand centre de donn\u00e9es de la plan\u00e8te s\u2019\u00e9tend dans la ville de Langfang, \u00e0 une heure de voiture au sud de P\u00e9kin, sur pr\u00e8s de 600\u00a0000\u00a0m\u00e8tres carr\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire la surface de\u2026 110\u00a0terrains de football\u00a0! La consommation des centres de donn\u00e9es en eau et \u00e9lectricit\u00e9, n\u00e9cessaires pour refroidir les machines, cro\u00eet d\u2019autant plus que les fournisseurs de services mettent tout en \u0153uvre pour \u00e9viter ce que l\u2019on appelle, dans l\u2019industrie, un \u00ab\u00a0noir complet\u00a0\u00bb\u00a0: la panne g\u00e9n\u00e9rale, due \u00e0 un d\u00e9faut d\u2019alimentation \u00e9lectrique, une fuite d\u2019eau dans le syst\u00e8me de climatisation, un bug informatique\u2026 En 2017, par exemple, une panne g\u00e9ante dans un centre de donn\u00e9es de la compagnie British Airways a conduit \u00e0 l\u2019annulation de 400\u00a0vols et bloqu\u00e9 75\u00a0000\u00a0passagers \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Heathrow, \u00e0 Londres. Une d\u00e9faillance durable des serveurs Amazon poserait un grave probl\u00e8me \u00e9conomique en Occident.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un contexte sans cesse plus concurrentiel, de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s d\u2019h\u00e9bergement s\u2019engagent \u00e0 ce que leurs infrastructures fonctionnent 99,995\u00a0% du temps, soit vingt-six petites minutes d\u2019indisponibilit\u00e9 du service par an. <em>\u00ab\u00a0Quant \u00e0 ceux qui subissent des noirs complets r\u00e9guliers, ils sortent de ce m\u00e9tier\u00a0\u00bb,<\/em> ass\u00e8ne M.\u00a0Philippe Luce, pr\u00e9sident de l\u2019Institut Datacenter. Pour tendre vers la disponibilit\u00e9 absolue, les h\u00e9bergeurs multiplient les pr\u00e9cautions. Ils pratiquent d\u2019abord la \u00ab\u00a0redondance\u00a0\u00bb des r\u00e9seaux de distribution d\u2019\u00e9nergie. <em>\u00ab\u00a0Tu te retrouves avec deux arriv\u00e9es \u00e9lectriques, deux groupes \u00e9lectrog\u00e8nes et des salles remplies de batteries au plomb vastes comme des biblioth\u00e8ques municipales pour assurer la continuit\u00e9 entre la panne et le moment o\u00f9 les groupes vont prendre le relais\u00a0\u00bb,<\/em> explique Paul Benoit, de Qarnot Computing. Une logistique souvent gigantesque accompagne ce dispositif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, les toits de plusieurs centres de donn\u00e9es situ\u00e9s en plein c\u0153ur de New York <em>\u00ab\u00a0sont des excroissances vertigineuses\u00a0\u00bb,<\/em> comprenant <em>\u00ab\u00a0des tours de refroidissement d\u2019eau pour l\u2019air conditionn\u00e9<\/em> (\u2026), <em>des r\u00e9servoirs d\u2019eau en cas de coupure, des grues pour faire monter les g\u00e9n\u00e9rateurs diesel depuis la rue\u2026 Leurs sous-sols sont bard\u00e9s de c\u00e2bles, \u00e9quip\u00e9s de r\u00e9servoirs de fioul de plusieurs centaines de milliers de litres pour approvisionner les g\u00e9n\u00e9rateurs\u00a0\u00bb,<\/em> \u00e9num\u00e8rent C\u00e9cile Diguet et Fanny Lopez, deux chercheuses ayant conduit une \u00e9tude mondiale sur les centres de donn\u00e9es. En clair, conclut Philippe Luce, <em>\u00ab\u00a0il n\u2019y a pas de b\u00e2timent qui, au m\u00e8tre carr\u00e9, co\u00fbte plus cher qu\u2019un centre de donn\u00e9es de haut niveau\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Serveurs zombies\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, comme si cela ne suffisait pas, les h\u00e9bergeurs d\u00e9doublent \u00e9galement les centres de donn\u00e9es eux-m\u00eames, non sans s\u2019\u00eatre assur\u00e9s que le site miroir a \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9 sur une plaque tectonique diff\u00e9rente\u00a0! Il ne faudrait tout de m\u00eame pas qu\u2019un tremblement de terre nous emp\u00eache de poster le contenu de notre assiette sur Instagram ou retarde une rencontre sur Tinder. Lors d\u2019une conf\u00e9rence donn\u00e9e autour de 2010, des ing\u00e9nieurs de Google auraient expliqu\u00e9 que la messagerie Gmail \u00e9tait dupliqu\u00e9e six fois, tandis que la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale veut qu\u2019une vid\u00e9o de chats soit stock\u00e9e dans au moins sept centres de donn\u00e9es \u00e0 travers le monde. L\u2019industrie est donc hant\u00e9e de \u00ab\u00a0serveurs zombies\u00a0\u00bb, aussi gloutons que les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, les h\u00e9bergeurs surdimensionnent les infrastructures pour anticiper les pics de trafic. R\u00e9sultat, <em>\u00ab\u00a0si un routeur fonctionne \u00e0 60\u00a0% de sa capacit\u00e9, c\u2019est un maximum\u00a0\u00bb,<\/em> estime la chercheuse en informatique Anne-C\u00e9cile Orgerie. Corollaire de cette intemp\u00e9rance, une fantastique gabegie \u00e9lectrique. Une vieille enqu\u00eate du <em>New York Times<\/em> (22\u00a0septembre\u00a02012) r\u00e9v\u00e9lait que certains centres de donn\u00e9es trop peu utilis\u00e9s pouvaient m\u00eame gaspiller jusqu\u2019\u00e0 90\u00a0% de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 qu\u2019ils consommaient. Lors d\u2019une conf\u00e9rence donn\u00e9e fin\u00a02019 au salon Data Centre World (l\u2019un des grands rassemblements des professionnels du <em>cloud<\/em>), \u00e0 Paris, un cadre fit cette d\u00e9claration sid\u00e9rante\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Nous nous sommes rendu compte que les centres de donn\u00e9es allaient capter un tiers de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 du Grand Paris<\/em>.<em>\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 Amazon Web Services, qui s\u2019\u00e9tend depuis 2017 en \u00cele-de-France, <em>\u00ab\u00a0il aurait sign\u00e9, en France, un contrat de fourniture de 155\u00a0m\u00e9gawatts d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, soit les besoins d\u2019une ville de plusieurs millions d\u2019habitants\u00a0\u00bb,<\/em> r\u00e9v\u00e8le un sp\u00e9cialiste qui pr\u00e9f\u00e8re rester anonyme. Le secteur repr\u00e9senterait \u00e0 ce jour entre 1\u00a0% et 3\u00a0% de la consommation \u00e9lectrique mondiale selon les estimations, un chiffre qui, compte tenu du rythme de la croissance du <em>cloud,<\/em> pourrait \u00eatre multipli\u00e9 par quatre ou cinq d\u2019ici \u00e0 2030. Autrement dit, concluent C\u00e9cile Diguet et Fanny Lopez, les centres de donn\u00e9es figureront <em>\u00ab\u00a0parmi les plus importants postes de consommation \u00e9lectrique du XXIe si\u00e8cle\u00a0\u00bb.<\/em> Or la principale source d\u2019\u00e9nergie utilis\u00e9e pour produire du courant n\u2019est autre que le charbon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Internet mod\u00e8le un monde o\u00f9 l\u2019activit\u00e9 humaine stricto sensu n\u2019est plus la seule \u00e0 animer l\u2019univers num\u00e9rique. <em>\u00ab\u00a0Les ordinateurs et objets communiquent entre eux sans intervention humaine. La production de donn\u00e9es n\u2019est plus cantonn\u00e9e \u00e0 une action de notre part\u00a0\u00bb,<\/em> confirme Mike Hazas, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lancaster. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e8re bien entendu un impact environnemental\u2026 sans que nous soyons capables de le calculer, voire de le contr\u00f4ler. Une question d\u00e9rangeante se pose\u00a0: en fait d\u2019activit\u00e9 num\u00e9rique, les robots pourraient-ils laisser un jour une trace \u00e9cologique plus profonde encore que celle des humains\u00a0? Plus de 40\u00a0% de l\u2019activit\u00e9 en ligne provient d\u00e9j\u00e0 d\u2019automates ou de personnes pay\u00e9es pour g\u00e9n\u00e9rer une attention factice. \u00ab\u00a0Trolls\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0botnets\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0spambots\u00a0\u00bb envoient des courriers ind\u00e9sirables, amplifient des rumeurs sur les r\u00e9seaux sociaux ou exag\u00e8rent la popularit\u00e9 de certaines vid\u00e9os. L\u2019Internet des objets acc\u00e9l\u00e8re bien entendu cette activit\u00e9 non humaine\u00a0: en 2023, les connexions entre machines (on parle aussi de M2M pour <em>\u00ab\u00a0machine to machine\u00a0\u00bb<\/em>), tir\u00e9es en particulier par les maisons connect\u00e9es et les voitures intelligentes, devraient totaliser la moiti\u00e9 des connexions sur le Web. Quant aux donn\u00e9es, le non-humain s\u2019est d\u00e9j\u00e0 mis \u00e0 en produire davantage que l\u2019humain, et ce depuis l\u2019ann\u00e9e\u00a02012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but puisque aux robots r\u00e9pondent dor\u00e9navant\u2026 d\u2019autres robots. Depuis 2014, des \u00ab\u00a0r\u00e9seaux antagonistes g\u00e9n\u00e9ratifs\u00a0\u00bb permettent par exemple \u00e0 des logiciels de produire de fausses vid\u00e9os qui remplacent un visage ou modifient les propos d\u2019une personnalit\u00e9 (ou <em>deepfakes<\/em>). Or \u00e0 ces r\u00e9seaux s\u2019opposent des algorithmes charg\u00e9s de les d\u00e9truire. <em>\u00ab\u00a0Aucun humain n\u2019a \u00e9crit les codes pour produire ces contenus et des machines tournent pour d\u00e9masquer ces<\/em> deepfakes. <em>C\u2019est un combat entre machines\u00a0\u00bb,<\/em> r\u00e9sume Liam Newcombe, ing\u00e9nieur britannique sp\u00e9cialiste d\u2019Internet. Autre exemple\u00a0: pour contrer les spammeurs (eux-m\u00eames souvent des robots), une association n\u00e9o-z\u00e9landaise a r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9 Re:scam, un logiciel qui engage une interminable conversation avec les arnaqueurs automatis\u00e9s, afin de leur faire perdre un temps pr\u00e9cieux. Dans le secteur de la finance, la sp\u00e9culation automatis\u00e9e repr\u00e9sente 70\u00a0% des transactions mondiales et jusqu\u2019\u00e0 40\u00a0% de la valeur des titres \u00e9chang\u00e9s. Nous basculons d\u2019un r\u00e9seau utilis\u00e9 par et pour les humains \u00e0 un Internet exploit\u00e9 par, voire pour les machines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019univers des fonds d\u2019investissement s\u2019av\u00e8re de moins en moins peupl\u00e9 de traders s\u2019affrontant pour r\u00e9aliser les meilleurs profits. Dans ce monde, soutient le professeur Juan Pablo Pardo-Guerra, auteur d\u2019un ouvrage sur la question, <em>\u00ab\u00a0les individus jouent, au mieux, un r\u00f4le partiel\u00a0\u00bb<\/em>\u2026 Un ancien analyste estime que <em>\u00ab\u00a0le fantasme absolu des fonds quantitatifs, c\u2019est m\u00eame de ne presque plus avoir d\u2019employ\u00e9s, qui tourneraient quelques boutons de temps en temps pour que tout fonctionne\u00a0\u00bb.<\/em> On devine la suite\u2026 <em>\u00ab\u00a0Une fois que toute cette infrastructure fonctionne, nul besoin d\u2019une grande imagination pour se dire\u00a0: \u201cPeut-\u00eatre que l\u2019ordinateur pourrait en fait prendre lui-m\u00eame la d\u00e9cision [d\u2019investissement]\u201d\u00a0\u00bb,<\/em> avance Michael Kearns, professeur de th\u00e9orie de l\u2019informatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des fonds dits \u00ab\u00a0actifs\u00a0\u00bb, o\u00f9 les arbitrages incombent encore majoritairement aux humains, se multiplient des \u00ab\u00a0fonds passifs\u00a0\u00bb, o\u00f9 les op\u00e9rations de finance sont progressivement plac\u00e9es en pilotage automatique. Il s\u2019agit souvent de fonds indiciels, qui suivent des indices boursiers (par exemple le S &amp; P 500, bas\u00e9 sur les cinq cents plus grosses entreprises cot\u00e9es sur les Bourses am\u00e9ricaines) et investissent \u00e0 long terme dans les entreprises qui s\u2019y trouvent. On retrouve ici BlackRock, Vanguard, Renaissance Technologies ou encore Two Sigma. Les investissements port\u00e9s par les fonds passifs d\u00e9passent aujourd\u2019hui, aux \u00c9tats-Unis, ceux de la gestion active. C\u2019est ainsi l\u2019ensemble de la finance qui devient, de plus en plus, une affaire de lignes de codes, d\u2019algorithmes et d\u2019ordinateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>Un robot au conseil d\u2019administration<\/strong><\/p>\n<p><em>Pour lire l&rsquo;article complet :<\/em><\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Pitron_Quand-le-numerique-detruit-la-planete_octobre2021.pdf\">Pitron_Quand-le-numerique-detruit-la-planete_octobre2021<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">** **<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Un autre son de cloche<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9sastre num\u00e9rique et la b\u00eatise renouvelable de Guillaume Pitron<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.partage-le.com\/2021\/09\/24\/le-desastre-numerique-et-la-betise-renouvelable-de-guillaume-pitron-par-nicolas-casaux\/\">https:\/\/www.partage-le.com\/2021\/09\/24\/le-desastre-numerique-et-la-betise-<\/a><\/p>\n<p>Extraits<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>L\u2019Enfer num\u00e9rique<\/em>, Guillaume Pitron rappelle que le smartphone actuel contient de nombreuses mati\u00e8res premi\u00e8res \u00ab\u00a0telles que l\u2019or, le lithium, le magn\u00e9sium, le silicium, le brome\u2026 plus d\u2019une cinquantaine en tout [\u2026]\u00a0! Celles-ci sont utilis\u00e9es pour concevoir la batterie, la coque, l\u2019\u00e9cran ainsi que l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9lectronique des mobiles, et tout ce qui vise \u00e0 les concevoir plus conviviaux et faciles \u00e0 manipuler. Prenons l\u2019exemple du n\u00e9odyme\u00a0: cet obscur m\u00e9tal fait vibrer votre appareil lorsqu\u2019il est r\u00e9gl\u00e9 sur le mode ad\u00e9quat. L\u2019\u00e9cran contient \u00e9galement quelques traces d\u2019indium, un oxyde (une poudre) qui a rendu nos \u00e9crans tactiles. Bref, nous transportons au quotidien souvent moins d\u2019un gramme de chacune de ces ressources dont nous ignorons l\u2019existence et l\u2019utilit\u00e9, et qui, pourtant, ont largement suffi \u00e0 bouleverser nos\u00a0vies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9sultat d\u2019une telle ing\u00e9nierie est \u00e9poustouflant\u00a0: \u201cL\u2019ordinateur de chaque smartphone est aujourd\u2019hui cent fois plus puissant que les meilleurs ordinateurs con\u00e7us il y a trente ans\u201d, explique Jean-Pierre Colinge, un ancien ing\u00e9nieur de l\u2019industriel ta\u00efwanais TSMC, qui ne peut se retenir d\u2019ajouter\u00a0: \u201cQuand on sait que cela sert \u00e0 faire des <em>selfies<\/em>, c\u2019est un peu d\u00e9solant.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019existe pas plus de \u00ab\u00a0mines \u00e9cologiques\u00a0\u00bb que de \u00ab\u00a0smartphone \u00e9cologique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, comme \u00e0 son habitude, Guillaume Pitron s\u2019efforce bien maladroitement de proposer des rem\u00e8des au d\u00e9sastre qu\u2019il ne d\u00e9taille que partiellement \u2014 occultant des probl\u00e8mes \u00e9l\u00e9mentaires propres \u00e0 la consommation de masse, occultant aussi les innombrables probl\u00e8mes sociaux, injustices et in\u00e9galit\u00e9s fondamentales sur lesquelles le capitalisme se fonde et qu\u2019il perp\u00e9tue, et le probl\u00e8me de la technologie. D\u2019o\u00f9 des \u00ab\u00a0solutions\u00a0\u00bb aussi stupides que\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] il faut acheter, massivement, des t\u00e9l\u00e9phones Fairphone, la premi\u00e8re marque \u00e0 commercialiser, depuis 2013, des smartphones dits \u201c\u00e9thiques\u201d.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Impossible de fabriquer un smartphone ou un Fairphone sans une vaste organisation sociotechnique similaire \u00e0 celle qui r\u00e8gne actuellement, avec ses hi\u00e9rarchies, ses divisions et sp\u00e9cialisations du travail, son institution scolaire, son absence totale de d\u00e9mocratie r\u00e9elle. Autrement dit, la technologie est une calamit\u00e9 tant sur le plan social que sur le plan \u00e9cologique. Incompatible avec le respect de la nature, elle l\u2019est aussi avec la libert\u00e9 (l\u2019autonomie) des \u00eatres humains. Nous ne devrions pas souhaiter un super Fairphone pr\u00e9tendument garanti biodurable, \u00e9cosourc\u00e9 et issu d\u2019usines ou d\u2019exploitations ou les ressources humaines sont suppos\u00e9ment trait\u00e9es de mani\u00e8re \u00e9quitable. Plut\u00f4t d\u00e9faire la totalit\u00e9 de la technosph\u00e8re, nous lib\u00e9rer du techno-monde, de ses contraintes toujours plus lourdes et de ses effets toujours plus d\u00e9l\u00e9t\u00e8res pour l\u2019animal humain et le monde naturel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Selfies, courriels, vid\u00e9os en ligne\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-10168","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10168","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10168"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10168\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10189,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10168\/revisions\/10189"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10168"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10168"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10168"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}