{"id":10510,"date":"2021-12-25T03:27:12","date_gmt":"2021-12-25T02:27:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=10510"},"modified":"2021-12-18T16:43:27","modified_gmt":"2021-12-18T15:43:27","slug":"il-y-a-urgence-a-lille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2021\/12\/25\/il-y-a-urgence-a-lille\/","title":{"rendered":"Il y a urgence \u00e0 Lille\u00a0!"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: left;\"><strong>Ce n\u2019est \u00e9videmment pas mieux \u00e0 Orl\u00e9ans\u00a0!<\/strong><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10514 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Enedis-aide-les-ville-201x300.jpg\" alt=\"\" width=\"408\" height=\"609\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Enedis-aide-les-ville-201x300.jpg 201w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Enedis-aide-les-ville.jpg 457w\" sizes=\"auto, (max-width: 408px) 100vw, 408px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une crise \u00ab jamais vue \u00bb aux urgences du CHU de Lille\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9lais d\u2019attente oscillent aujourd\u2019hui entre 8 et 10 heures avant que passe un urgentiste. \u00c0 l\u2019issue, seuls 17 % des patients sont hospitalis\u00e9s. Photos Pib<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n\u2019est plus un cri d\u2019alerte mais le constat \u00ab d\u2019une crise profonde, intense et jamais vue \u00bb que dressent les responsables des urgences. Le service, au bord de l\u2019asphyxie, est devenu l\u2019entonnoir d\u2019une m\u00e9decine de ville en pleine mutation. \u00ab Nous payons la d\u00e9liquescence de notre syst\u00e8me de sant\u00e9 \u00bb, r\u00e9sume Patrick Goldstein, chef de p\u00f4le.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De jeunes praticiens en pleurs dans les couloirs, rageant de ne pouvoir exercer leur m\u00e9tier dans de bonnes conditions, qui menacent de partir. Des infirmi\u00e8res sous pression, des aides-soignantes rinc\u00e9es, des brancardiers dont les bras leur en tombent\u2026 Le tout repr\u00e9sentant la \u00ab traduction visible d\u2019un syst\u00e8me de sant\u00e9 qui ne va pas bien \u00bb, selon Patrick Goldstein, chef de p\u00f4le des urgences du CHU de Lille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Deux cents patients en moyenne par jour. Quatre cents mardi dernier (toutes urgences confondues)\u2026 Et pas \u00e0 cause du Covid-19 (moins de dix patients\/jour et la moiti\u00e9 d\u2019hospitalis\u00e9s), ni \u00e0 cause de la grippe \u00bb, poursuit ce lundi Vincent Pegoraro, chef de service des urgences adultes. La principale raison d\u2019un tel chaos ? \u00ab Nous sommes submerg\u00e9s par les consultations de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale. \u00bb Les urgences deviennent un v\u00e9ritable entonnoir dans lequel se d\u00e9versent tous les travers d\u2019une m\u00e9decine de ville en pleine mutation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9parts \u00e0 la retraite de g\u00e9n\u00e9ralistes non remplac\u00e9s, nouveaux modes de consommation de soins\u2026 \u00ab Doctolib est devenu un pi\u00e8ge. Les soins ambulatoires non programm\u00e9s n\u2019ont plus de place. \u00bb Alors, tous se pr\u00e9cipitent ici et \u00ab seuls 17 % des patients sont au final hospitalis\u00e9s apr\u00e8s leur passage aux urgences (22 % dans la r\u00e9gion). Nous sommes revenus \u00e0 des taux de fr\u00e9quentation sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de 2019, soit avant la crise Covid \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La situation est telle que les d\u00e9lais d\u2019attente oscillent aujourd\u2019hui en moyenne \u00ab entre huit et dix heures \u00bb avant que passe un urgentiste. \u00ab Je vois plus de trente patients par jour. Ma premi\u00e8re consultation dure cinq minutes \u00bb, l\u00e2che Alexandre, 30 ans et trois ans d\u2019anciennet\u00e9. Une attente folle pour une prise en charge qualitative mais au pas de\u2026 charge. Ce qui engendre \u00ab des agressions verbales, rarement physiques, m\u00eame si dans l\u2019ensemble les patients restent \u00e9tonnamment calmes \u00bb, signale Vincent Pegoraro. \u00ab Ils se disent que cela vaut mieux d\u2019attendre ici que d\u2019avoir un rendez-vous dans les deux jours chez leur g\u00e9n\u00e9raliste. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9quipe a failli exploser<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si on se bouscule \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, la sortie ne se fait pas plus fluide. \u00ab Nous manquons cruellement de lits en aval. \u00bb Personnel fatigu\u00e9 ou absent, restrictions li\u00e9es au Covid, abandon partiel des chambres doubles\u2026 Les ouvertures de lits en post-urgences se font \u00e0 partir d\u2019un plan blanc misant sur de la d\u00e9programmation\u2026 \u00ab Cette situation vous prend \u00e0 la gorge \u00bb, l\u00e2che Vincent Pegoraro qui ne cache plus son inqui\u00e9tude. \u00ab L\u2019\u00e9quipe a failli exploser. \u00bb Le probl\u00e8me est profond, \u00e0 la fois structurel et culturel et r\u00e9pond \u00e0 une nouvelle fa\u00e7on de consommer le soin. \u00ab Je n\u2019ai jamais vu une crise aussi profonde et intense. \u00bb Le syst\u00e8me semble \u00e0 bout de souffle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">** **<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab Elle est rest\u00e9e plus de 24 h sur son brancard \u00bb \u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Charlotte Bavi\u00e8re, infirmi\u00e8re : \u00abDonnez-nous des lits suppl\u00e9mentaires.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00ab C\u2019est vrai que l\u2019on est en difficult\u00e9, qu\u2019il y a une grosse affluence (1) . Souvent des personnes qui n\u2019ont pas consult\u00e9 leur m\u00e9decin traitant avant, c\u2019est lourd. \u00bb Interrog\u00e9e sur ses conditions de travail, Charlotte Bavi\u00e8re, 36 ans, infirmi\u00e8re urgentiste, treize ann\u00e9es d\u2019anciennet\u00e9, poursuit : \u00ab Nous sommes en sous-effectif avec trois arr\u00eats maladie ce matin\u2026 On fait des heures en plus. Les conditions de travail ne sont pas \u00e9videntes. \u00bb Un euph\u00e9misme. Plus de patients qui restent plus longtemps, cela signifie \u00e9galement non seulement une surveillance m\u00e9dicale mais \u00e9galement une administration de soins plus longue. En clair, une charge qui s\u2019accro\u00eet au d\u00e9triment de tous\u2026 \u00ab Une personne tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e vient de rester plus de 24 heures sur son brancard avant de pouvoir \u00eatre hospitalis\u00e9e. Tous les matins, on se demande si on aura de la place. Il nous faut des lits suppl\u00e9mentaires&#8230; \u00bb Un cri du c\u0153ur qui traduit un investissement sans faille. Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es, Charlotte Bavi\u00e8re n\u2019\u00e9prouve aucun d\u00e9sir de quitter ce service. Passe un brancardier qui confirme que des patients restent parfois de \u00ab 24 \u00e0 48 heures dans les couloirs avant de trouver un lit \u00bb, souvent en g\u00e9riatrie.<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>Du 28 novembre au 9 d\u00e9cembre, les urgences adultes ont vu 1 393 passages contre 1 344 en 2019 (hors odontologie), soit + 3,6 % : 651 passages p\u00e9diatriques contre 602 en 2019, soit + 8,1 %. Avec 9 patients Covid\/jour.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Articles dans VdN<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">** **<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Commentaire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La politique de V\u00e9ran et de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs aboutit \u00e0 cette carence dans le domaine hospitalier.\u00a0 On ne donne pas les moyens aux m\u00e9decins d\u2019exercer librement\u00a0; ce qui fait qu\u2019il y a p\u00e9nurie de m\u00e9decins, accentu\u00e9e par le fait que des m\u00e9decins d\u00e9missionnent parce que non-vaccin\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9sultat\u00a0: l\u2019urgence est en premi\u00e8re ligne et ne peut pas satisfaire car on a supprim\u00e9 du personnel, on a supprim\u00e9 des lits\u00a0; on a prioris\u00e9 le \u00ab\u00a0virus\u00a0\u00bb au d\u00e9triment des autres maladies. Ajout\u00e9 \u00e0 cela le fait que des personnels hospitaliers ont aussi donn\u00e9 leur d\u00e9mission pour cause de non-vaccination \u2026 ou ont \u00e9t\u00e9 exclus\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme cela ne suffit pas, Castex en rajoute un peu plus alors que la 4<sup>\u00e8me<\/sup> vague commence \u00e0 s\u2019essouffler\u00a0: il faut montrer du doigt les ennemis int\u00e9rieurs\u00a0: les NON-VACCINES. C\u2019est de leur faut s\u2019il y a encore ce virus. C\u2019est pourquoi, il faudra encore les emp\u00eacher de s\u2019exprimer en les CONFINANT\u00a0: pas de restau, pas de cin\u00e9, pas de courses\u00a0! La prochaine \u00e9tape dans ce cirque qui va durer jusqu\u2019au moins avril 2022\u00a0: obliger les non-vaccin\u00e9s \u00e0 porter une \u00e9toile ROUGE ou VERTE.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne peut pas utiliser n\u2019importe quelle couleur car les nazis en ont d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 certaines :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Etoile jaune\u00a0pour les juifs<\/li>\n<li>Etoile noire\u00a0pour les prisonniers \u00ab\u00a0asociaux\u00a0\u00bb, tels que les vagabonds, les alcooliques, les prostitu\u00e9es, les lesbiennes, les handicap\u00e9s, les malades mentaux<\/li>\n<li>Etoile marron pour les tsiganes<\/li>\n<li>Etoile rose pour les homosexuels<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il suffit d\u2019anticiper et de penser que la cinqui\u00e8me vague, puis la sixi\u00e8me, puis la \u2026 arriveront. On peut aussi penser \u00e0 la quatri\u00e8me piq\u00fbre, puis la sixi\u00e8me \u2026 en sachant qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu que la dixi\u00e8me sera gratuite.,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En tout cas, si Micron gagne en mai 2022, il faudra s\u2019attendre \u00e0 ce que l\u2019h\u00f4pital public soit privatis\u00e9. On assistera \u00e0 une accentuation de la tendance actuelle\u00a0: une m\u00e9decine normale pour les riches \u2013avec d\u2019\u00e9ventuels d\u00e9passements d\u2019honoraires- et une m\u00e9decine pour les pauvres qui auront encore les moyens de venir \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u2013puisque la s\u00e9curit\u00e9 sociale jouera de moins en moins son r\u00f4le de social.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">** **<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Cri d&rsquo;alerte<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Quand je prends ma garde, je me dis que je pars pour 24\u00a0heures en enfer\u00a0\u00bb : la gla\u00e7ante r\u00e9alit\u00e9 des urgences de l&rsquo;h\u00f4pital d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Faute de lits dans les urgences et en aval, des patients passent plusieurs heures, voire jours, sur des brancards.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019afflux croissant de patients coupl\u00e9 \u00e0 un manque de personnel, d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9, et une absence de lits d\u2019hospitalisation rend la situation infernale. Les malades attendent des\u00a0heures et leur sant\u00e9 se d\u00e9grade parfois dramatiquement. Les soignants, eux, se d\u00e9m\u00e8nent pour mener \u00e0 bien leur mission, au prix de sacrifices importants. Plong\u00e9e dans un service vital, au bord de l\u2019implosion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Neuf\u00a0heures d\u2019attente pour voir un m\u00e9decin, parfois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Jusqu\u2019\u00e0 cinq jours\u00a0pass\u00e9s sur un brancard.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des patients qui meurent dans les couloirs faute d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 pris en charge ou correctement surveill\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des annonces de cancer faites entre deux portes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des soignants d\u00e9pass\u00e9s, \u00e9puis\u00e9s, arr\u00eat\u00e9s en pagaille, parfois pour burn-out ou parce que le corps l\u00e2che.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est<strong> la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne des urgences adultes<\/strong> du CHR d\u2019Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.larep.fr\/orleans-45000\/actualites\/il-ne-faut-pas-dissuader-les-gens-de-venir-aux-urgences-precise-le-directeur-general-du-chr-d-orleans_14057141\/\">Olivier Boyer, directeur du CHRO\u00a0r\u00e9pond aux tr\u00e8s fortes inqui\u00e9tudes,<\/a> voire \u00e0 la col\u00e8re, de l&rsquo;\u00e9quipe des urgences de l&rsquo;h\u00f4pital, qui traversent une crise in\u00e9dite. Il estime que la solution r\u00e9side dans un accroissement des lits d&rsquo;aval.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">D\u00e9gradation ces derni\u00e8res semaines<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La situation, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s tendue depuis des mois et des ann\u00e9es, s\u2019est notablement <strong>d\u00e9grad\u00e9e ces derni\u00e8res semaines<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Elle est devenue inacceptable, tant sur le plan humain que moral\u00a0\u00bb, \u00e9crit, solidaire, toute l\u2019\u00e9quipe des urgences, qui a adress\u00e9 un courrier \u00e0 la direction du CHRO le 15\u00a0novembre, ainsi qu\u2019au maire d\u2019Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Afflux massif de patients, souvent en piteux \u00e9tat\u2009; manque cruel de personnel\u2009; pathologies hivernales\u2009; Covid en recrudescence et surtout pas de lits d\u2019aval (pour les patients devant \u00eatre hospitalis\u00e9s \u00e0 la sortie des urgences)\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons recueilli <strong>les t\u00e9moignages tr\u00e8s forts de plusieurs soignants qui y travaillent.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Avant, je n\u2019avais jamais vu de diagnostic de cancer aux urgences. Mais depuis cinq\u00a0ans, <strong>on annonce deux ou trois fois par jour des cancers \u00e0 des stades avanc\u00e9s, d\u00e9j\u00e0 m\u00e9tastas\u00e9s, \u00e0 des jeunes de 30 ou 40\u00a0ans.<\/strong> \u00c7a veut dire que les gens ne sont plus suivis par un m\u00e9decin. Tout a d\u00e9gringol\u00e9. Ils attendent d\u2019\u00eatre tr\u00e8s mal pour venir ici et arrivent trop tard\u00a0\u00bb, se d\u00e9sole le Dr Victoria Carr\u00e9, alors chef des urgences par int\u00e9rim et urgentiste depuis trente\u00a0ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pire, <strong>des patients d\u00e9c\u00e8dent au moins une fois par semaine<\/strong>, sous les yeux des autres patients.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0C\u2019est inhumain\u00a0\u00bb<\/strong>, conc\u00e8de Charlotte (*), m\u00e9decin urgentiste de 31\u00a0ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais comment surveiller attentivement chaque malade alors qu\u2019il manque un tiers des effectifs infirmiers et que les bin\u00f4mes infirmi\u00e8re\/aide-soignante doivent s\u2019occuper de dix-huit \u00e0 vingt\u00a0patients contre huit, normalement\u2009?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Quand je prends ma garde, je me dis que je pars pour vingt-quatre\u00a0heures en enfer. <strong>Mon objectif, c\u2019est de ne pas avoir de mort \u00e9vitable<\/strong>\u00ab\u00a0, confie Luisa (*), m\u00e9decin, qui a la sensation de trahir \u00ab\u00a0son serment et sa vocation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Vers la fin, j\u2019y allais la boule au ventre\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit une aide-soignante arr\u00eat\u00e9e depuis des mois pour burn-out.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0On est maltraitants\u00a0\u00bb<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intimit\u00e9 des patients et la confidentialit\u00e9 des informations m\u00e9dicales sont \u00e9galement mises \u00e0 mal <strong>quand il y a seulement 25 box pour 96 malades.<\/strong> Les paravents ne suffisent pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les gens sont parqu\u00e9s dans des couloirs, constamment \u00e9clair\u00e9s, pendant des\u00a0heures et des jours (jusqu\u2019\u00e0 cinq\u00a0jours). Il est m\u00eame arriv\u00e9, comme ce jeudi 2\u00a0d\u00e9cembre, qu\u2019il n\u2019y ait carr\u00e9ment plus de brancards disponibles, \u00e0 16\u2009h\u200930. Les patients ont donc \u00e9t\u00e9 assis. <strong>\u00ab\u00a0On est maltraitants\u00a0\u00bb, reconna\u00eet Charlotte. <\/strong>Elle n\u2019est pas la seule \u00e0 employer cet adjectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0On est la porte d\u2019entr\u00e9e de l\u2019h\u00f4pital pour beaucoup de patients et <strong>on a l\u2019impression de porter sur nos \u00e9paules tout son dysfonctionnement<\/strong>\u00ab\u00a0, analyse Charlotte.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Un m\u00e9decin positif au Covid a continu\u00e9 sa garde<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Souffrance intol\u00e9rable des patients mais aussi des \u00e9quipes<\/strong>, qui subissent et font de leur mieux pour soigner. Et pour ne pas craquer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces conditions de travail insupportables \u00ab\u00a0entachent grandement notre sant\u00e9 au travail, comme l\u2019attestent les arr\u00eats maladie et les d\u00e9parts croissants\u00a0\u00bb, souligne, alarmiste, l\u2019\u00e9quipe des urgences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les soignants passent leur temps \u00e0 s\u2019auto-remplacer <\/strong>puisqu\u2019il manque 8,2 ETP (\u00e9quivalents temps plein) rien que chez les m\u00e9decins\u00a0: le temps de travail additionnel a bondi de 28\u00a0% en cette fin 2021 et repr\u00e9sentait d\u00e9j\u00e0 3,6 ETP en 2020. Il n\u2019est pas rare qu\u2019ils prolongent leur garde ou reviennent sur un jour de repos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0On s\u2019excuse presque d\u2019\u00eatre malade car on sait qu\u2019on ne sera pas remplac\u00e9\u00a0\u00bb, raconte Luisa, m\u00e9decin de 33\u00a0ans (*).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et que le coll\u00e8gue post\u00e9 se retrouvera donc en sous-effectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est tellement vrai qu\u2019un m\u00e9decin positif au Covid a d\u00fb continuer sa garde ! La direction ferme les yeux, ne pouvant proposer d\u2019alternative. Mis \u00e0 part des m\u00e9decins int\u00e9rimaires \u00ab\u00a0pay\u00e9s trois fois plus que nous\u00a0\u00bb et pas habitu\u00e9s au service.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Dix propositions \u00ab\u00a0simples et concr\u00e8tes\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lettre commune formulait dix propositions \u00ab\u00a0simples, rapides, concr\u00e8tes, r\u00e9alistes et p\u00e9rennes\u00a0\u00bb, selon leurs auteurs, qui <strong>appellent \u00e0 une \u00ab\u00a0r\u00e9volution de nos pratiques, de concert avec la direction\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi elles, une campagne de communication aupr\u00e8s du grand public, promise depuis deux\u00a0ans, sur les conditions de recours aux urgences, un troisi\u00e8me interne, la cr\u00e9ation d\u2019une cellule d\u00e9di\u00e9e \u00e0 trouver des lits d\u2019aval et lib\u00e9rant ainsi du temps m\u00e9dical\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais pour l\u2019heure, aucune n\u2019a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre. Les soignants ont le sentiment d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9s mais pas entendus. Pire, <strong>ils se sentent \u00ab\u00a0d\u00e9consid\u00e9r\u00e9s, abandonn\u00e9s et m\u00e9pris\u00e9s\u00a0\u00bb<\/strong>, estime Arthur (*), un jeune m\u00e9decin. Pourtant le temps presse.<a href=\"https:\/\/www.larep.fr\/orleans-45000\/actualites\/l-hopital-d-orleans-declenche-a-son-tour-le-plan-blanc-pour-faire-face-a-un-nombre-d-hospitalisations-en-hausse_14057020\/\"><strong>Le Plan blanc d\u00e9clench\u00e9 mardi <\/strong><\/a><strong>suffira-t-il \u00e0 soulager un peu les urgences\u2009<\/strong><strong>? <\/strong>Rien de moins s\u00fbr car un tel dispositif n\u2019a pas vocation \u00e0 \u00eatre p\u00e9renne. \u00ab\u00a0C\u2019est de la survie. On se demande tous les jours combien de temps on tiendra\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Luisa. <strong>Et un tableau similaire se dresse aux urgences p\u00e9diatriques et gyn\u00e9cologiques.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>(*) Le pr\u00e9nom a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>rep.fr<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce n\u2019est \u00e9videmment pas mieux \u00e0 Orl\u00e9ans\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-10510","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10510","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10510"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10510\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10512,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10510\/revisions\/10512"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10510"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10510"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10510"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}