{"id":11921,"date":"2022-11-26T02:18:39","date_gmt":"2022-11-26T01:18:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=11921"},"modified":"2022-11-25T07:21:51","modified_gmt":"2022-11-25T06:21:51","slug":"temoignage-dalgerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2022\/11\/26\/temoignage-dalgerie\/","title":{"rendered":"T\u00e9moignage d\u2019Alg\u00e9rie"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Syndicaliste, militant politique au PSU, porte-parole des Verts Aveyron, Alain Desjardin a \u0153uvr\u00e9 toute sa vie au service des autres\u2026<\/strong><\/span><\/span><\/h1>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-11928 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Corrida-221125-270x300.jpg\" alt=\"\" width=\"396\" height=\"440\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Corrida-221125-270x300.jpg 270w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Corrida-221125.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 396px) 100vw, 396px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">L\u2019homme politique et syndicaliste Alain Desjardin est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le samedi 9 novembre 2019.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">N\u00e9 dans un village de la Somme en 1935, Alain Desjardin a eu une vie captivante et riche, le menant du Nord-Pas-de-Calais au Larzac en passant par le monde entier, qu\u2019il a racont\u00e9 dans un ouvrage \u00ab\u00a0\u202fUne vie pour\u2026 Ici et l\u00e0-bas, solidaire\u202f\u00a0\u00bb, paru en 2008 aux \u00e9ditions du Petit Pav\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">Alain Desjardin a fait, enfant, l\u2019exp\u00e9rience de la Seconde Guerre mondiale. Pour mettre de la distance avec le travail harassant de mara\u00eechage dans l\u2019entreprise familiale, il choisit \u00e0 19 ans, de faire une pr\u00e9paration militaire, suivie de son engagement chez les parachutistes. Mais le conflit en Alg\u00e9rie et l\u2019exp\u00e9rience coloniale provoquent en lui un vrai s\u00e9isme.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">Temps de ruptures d\u00e9cisives et volont\u00e9 d\u2019une autre vie\u00a0: Alain Desjardin devient ouvrier, militant syndical et acteur de l\u2019\u00e9ducation populaire. L\u2019implication nourrit des choix o\u00f9 va primer le collectif\u00a0: Mai-68, Larzac et Lip, Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne, Les Verts, Accueil-Paysan, soutien actif aux Sahraouis et au sursaut polyn\u00e9sien contre les diktats nucl\u00e9aires. Des combats pour la dignit\u00e9 qui int\u00e8grent aussi les valeurs de l\u2019\u00e9cologie politique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">Membre de la Joc puis de l\u2019Aco et syndicaliste \u00e0 la CFDT dans les ann\u00e9es 1960, militant chez les paysans-travailleurs puis \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne dont il est un des cofondateurs, militant politique au PSU puis chez les Verts dont il a \u00e9t\u00e9 un temps membre du Conseil national et porte-parole des Verts Aveyron de 1989 \u00e0 1998, Alain Desjardin a \u0153uvr\u00e9 toute sa vie au service des autres et pour l\u2019av\u00e8nement d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9 plus \u00e9cologique et plus solidaire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">Pr\u00e9voyant depuis longtemps les d\u00e9sastres \u00e9cologiques que nous connaissons actuellement, du r\u00e9chauffement climatique \u00e0 la perte de la biodiversit\u00e9 et aux pollutions diverses, il a \u00e9t\u00e9 de toutes les luttes\u00a0: contre les \u00e9levages industriels, les OGM, les pesticides, la malbouffe, le \u00ab\u00a0\u202ftout bagnole et camions\u202f\u00a0\u00bb, le nucl\u00e9aire. Mais aussi pour la d\u00e9fense des circuits courts de distribution, pour une agriculture paysanne, pour une \u00e9ducation populaire proche des gens.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">De mars 1973 \u00e0 mars 2001, Alain Desjardin a \u00e9t\u00e9 candidat 17 fois \u00e0 des \u00e9lections diverses\u00a0: municipales, cantonales, r\u00e9gionales, l\u00e9gislatives et s\u00e9natoriales, pour les Verts.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\">Alain d\u00e9dica\u00e7ait souvent son ouvrage ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0\u202fL\u2019\u00e9mancipation des gens ordinaires est toujours une priorit\u00e9 pour moi. Je ne crois pas \u00e0 un changement de soci\u00e9t\u00e9 sans l\u2019\u00e9ducation populaire organis\u00e9e depuis le terrain. C\u2019est exigeant et passionnant.\u202f\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><i>Bernard Dr\u00e9ano, pr\u00e9sident du CEDETIM<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">** **<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>De la haine \u00e0 l\u2019amour<\/strong> <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">A\u00een\u00e9 de 8 enfants, fils de mara\u00eecher. En 1949, mon p\u00e8re a sorti de sa maison mon instituteur et le cur\u00e9 du village, venus le supplier de m\u2019envoyer au coll\u00e8ge apr\u00e8s un C.E.P. bien class\u00e9. Quelques ann\u00e9es plus tard, mon p\u00e8re a souhait\u00e9 que je fasse mon service militaire \u00e0 la base a\u00e9rienne de Creil (\u00e0 12 kms), mais vu mon niveau, je me suis dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je vais balayer les pistes et revenir au village travailler pour mon p\u00e8re.\u00bb <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Le choix<\/strong> <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je m\u2019inscris \u00e0 la pr\u00e9paration militaire et vais voir les gendarmes. Je pointe le doigt sur un point de la carte, loin de la maison. \u00c7a y est, si je veux m\u2019\u00e9loigner du p\u00e8re, je n\u2019ai qu\u2019\u00e0 choisir les paras. Je suis premier en sport, \u00e0 la caserne de Beauvais. Quand je montre \u00e0 mon p\u00e8re l\u2019ordre de convocation (14\u00e8me D.B.I. \u00e0 Toulouse) pour le 21 d\u00e9cembre 1955, son regard s\u2019empourpre. J\u2019ai gagn\u00e9! <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><strong><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mes classes<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Niel, une caserne en \u00e9bullition. On y d\u00e9sarme plusieurs compagnies pour disparition d\u2019armement. Elles sont compos\u00e9es majoritairement d\u2019Alg\u00e9riens ! Aux bleus que nous sommes, on nous fait comprendre qu\u2019en plus ils \u00ab\u00a0ont des tendances de.. p\u00e9d\u00e9s\u00a0\u00bb (sic). Mais \u00e7a va vite\u00a0; les classes et les brimades commencent. En plus \u00ab\u00a0des lents et pas d\u00e9gourdis\u00a0\u00bb, il y a ceux qui de la France profonde du Nord parlent mal, ils sont punis et mis en quarantaine par les gens du Sud, majoritaires. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Comme je m\u2019y \u00e9tais engag\u00e9 en faisant mes 3 jours \u00e0 Cambrai, je suis volontaire pour le stage de saut \u00e0 Pau. Ceux qui refusent de sauter en parachute, ne peuvent circuler sur la base qu\u2019en courant. Puis, c\u2019est l\u2019\u00e9cole des caporaux. C\u2019est intense, je souffre, ne dis rien. De Montech \u00e0 Caylus, puis Montauban, tout est bien organis\u00e9 pour le dressage: <\/span><\/span><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>\n<p align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">apprentissage des chants de virilit\u00e9, de haine <\/span><\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">surveillance des rappel\u00e9s qui cassent tout au camp de Caylus (avril 1956)<\/span><\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">commandos contre la caserne des gardes mobiles, pr\u00e8s du quartier Doumer \u00e0 Montauban <\/span><\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">matchs de ballon militaire, des appel\u00e9s contre des engag\u00e9s, tous les coups sont permis<\/span><\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">marches de nuits et tirs au r\u00e9el&#8230; <\/span><\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><strong><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le d\u00e9part vers l\u2019Alg\u00e9rie<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Apr\u00e8s le tri des \u00ab\u00a0meilleurs\u00bb soldats, il faut attendre l\u2019embarquement \u00e0 Marseille. Pour garder le moral et montrer notre d\u00e9termination, chaque soir nous voit descendre du quartier Nord de Marseille, vers le port, en passant en lignes dans les quartiers o\u00f9 il y a des \u00abratons \u00bb (1). La majorit\u00e9 des appel\u00e9s ne comprend pas bien : sans raison apparente, nous assistons aux tabassages syst\u00e9matiques, par des paras engag\u00e9s et grad\u00e9s, d&rsquo;Alg\u00e9riens qui ne se d\u00e9placent \u00ab\u00a0pas assez vite\u00a0\u00bb. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">De la Cannebi\u00e8re et de rues perpendiculaires, on nous invite \u00e0 la rencontre de prostitu\u00e9es. Rires, rixes, casses, so\u00fblographies\u2026 puis le retour group\u00e9, on ne sait jamais. Le 25 juin 1956, on embarque. La mer, sur le Sidi-Ferruch, ce n\u2019est pas fait pour des paras !<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">D\u00e9barqu\u00e9s le 26 juin 1956 \u00e0 Oran, dans une caserne au-dessus de la ville, nous avons droit au premier discours sur nos t\u00e2ches\u00a0: participer au maintien de l\u2019ordre de l\u2019Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, prot\u00e9ger les populations, arr\u00eater les suspects, etc&#8230; La nuit suivante, par le train, avec 5 cartouches par P.M., nous gagnons Boufarik. Notre base\u00a0: une usine de transformation d\u2019agrumes. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les op\u00e9rations se succ\u00e8dent rapidement; nous souffrons de la chaleur, de la soif, de la diarrh\u00e9e (2), du manque de sommeil, du courrier en retard. Pour galvaniser le moral des troupes, de retour d\u2019op\u00e9rations\u00a0: revues d\u2019armes, visite de g\u00e9n\u00e9raux, d\u00e9fil\u00e9s, applaudissements de m\u00e9daill\u00e9s alg\u00e9riens et de pieds-noirs. Afin d\u2019\u00e9viter les contacts locaux, alg\u00e9riens et femmes blanches, on nous change souvent de base. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">C\u2019est en Kabylie que je fais mon premier saut, dans l\u2019horreur\u2026 Nous avons \u00abratiss\u00e9 \u00bb plusieurs centaines de suspects. Un de mes hommes (Sal\u00e9ro, pied-noir marocain) interroge devant moi (en arabe) un grand bel homme et&#8230; d\u2019une rafale, l\u2019assassine. Dans la nuit qui suit, je me jurai, avec d\u2019autres caporaux, de comprendre : nous sommes une force coloniale, et quoi encore ? <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les mois passent. En h\u00e9licopt\u00e8re, en camion, nous sommes transport\u00e9s d\u2019un secteur \u00e0 ratisser \u00e0 un autre avec pour t\u00e2ches\u00a0: le regroupement des populations, la destruction et le pillage pour supprimer aux fellaghas tout abri et toute subsistance. Nous avons ordre de tuer toute vie, hors zone de regroupement. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Les conditionnements collectifs conduisent \u00e0 la barbarie<\/strong><br \/>\n<\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le courrier arrive par la route ou par h\u00e9licopt\u00e8re, souvent en retard. Le journal <i>Le Bled<\/i>\u00a0 est notre seule lecture. Quand on nous donne <i>Paris Match<\/i>, les pages \u00absubversives\u00bb en sont arrach\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Lors des fouilles de douars, dans l\u2019obscurit\u00e9 des mechtas, des soldats battent et violent souvent. Quelques officiers et sous-officiers de carri\u00e8re entra\u00eenent aux actes les plus barbares, de faibles appel\u00e9s\u00a0: canettes de bi\u00e8re dans le sexe des femmes sens\u00e9es avoir eu des rapports avec les fellaghas, canne enfonc\u00e9e dans l\u2019anus ou la gorge des hommes. Souvent cela se traduit par des bagarres entre appel\u00e9s et soldats de carri\u00e8re. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">A la caserne d&rsquo;A\u00efn-Sefra, la r\u00e9compense pour certains, le moral \u00e0 remonter pour d\u2019autres : c\u2019est le B.M.C. (bordel militaire contr\u00f4l\u00e9) install\u00e9 au centre de la caserne. Quand nous rentrons d\u2019op\u00e9ration le long de la fronti\u00e8re marocaine, apr\u00e8s accrochage avec l\u2019A.L.N., il est n\u00e9cessaire de laisser libre cours \u00e0 l\u2019acte sexuel (2 femmes pour les volontaires des 2 r\u00e9giments : 2\u00e8me R.E.P. et 14\u00e8me R.C.P.) et \u00e0 la consommation de bi\u00e8re. L\u00e9gionnaires et paras n\u2019ont plus que \u00e7a dans le d\u00e9sert pour oublier leurs morts et entretenir leur haine dans les conversations de bar. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Au cantonnement de Littr\u00e9 les Attafs, il est difficile aussi de d\u00e9crire, hors du contexte, ces hommes du bled se masturbant avec une feuille de figuier de barbarie, pr\u00e9alablement chauff\u00e9e (douceur, chaleur, humidit\u00e9&#8230;) et ramollie \u00e0 la flamme avant d\u2019\u00eatre ouverte au poignard.<br \/>\nLes interrogatoires par des gens qu\u2019on nous dit du 2\u00e8me bureau (Fran\u00e7ais et interpr\u00e8tes alg\u00e9riens, civils et militaires de carri\u00e8re), hallucinent nos nuits. Les voix des coyotes sont plus supportables que ces cris de douleurs. Des soldats pleurent d\u2019impuissance, d\u2019autres \u00e9num\u00e8rent ce qu\u2019ils feraient de ces bourreaux du 2\u00e8me bureau.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">2) <i>C\u2019est cons\u00e9cutif \u00e0 l\u2019absorption de raisins trait\u00e9s \u00e0 la chimie et \u00e0 peine m\u00fbrs. <\/i><i>M<\/i><i>algr\u00e9 les recommandations du m\u00e9decin militaire, peu de soldats prennent leurs cachets.<br \/>\n<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>D\u00e9grad\u00e9 \u00e0 deux reprises<\/strong> <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">A B\u00e9char-Dj\u00e9did, je suis choisi pour commander un peloton d\u2019ex\u00e9cution. Toute la nuit pr\u00e9c\u00e9dente, nous avons entendu les coups et les cris, senti la chair br\u00fbl\u00e9e de ce chef fellagha qui n\u2019aurait rien r\u00e9v\u00e9l\u00e9. On dit qu\u2019on lui a br\u00fbl\u00e9 la moiti\u00e9 d\u2019une jambe. Je n\u2019en peux plus, je m\u2019enfuis \u00e0 Colomb-B\u00e9char. Errant dans la ville, le lendemain je suis r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par des gendarmes. L\u2019op\u00e9ration suivante sera ma prison. J&rsquo;\u00e9tais sous-officier, et je suis d\u00e9grad\u00e9 (je le serai une seconde fois, quelques mois plus tard, apr\u00e8s avoir d\u00e9nonc\u00e9 des viols perp\u00e9tr\u00e9s par des militaires de carri\u00e8re). <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le moral des troupes est bas. En convoi de plusieurs kilom\u00e8tres de v\u00e9hicules, on s\u2019arr\u00eate, avant ou apr\u00e8s les villes et les bourgs, pour soulager nos vessies et nos intestins. Des enfants courent nous vendre boissons, cigarettes, friandises\u00a0: ils ne sont pas toujours pay\u00e9s. En traversant les agglom\u00e9rations, pour se d\u00e9tendre, des soldats tirent quelques rafales vers les terrasses de caf\u00e9s. Le camion est parfois stopp\u00e9 en rase campagne, et apr\u00e8s un semblant d\u2019enqu\u00eate, d\u2019engueulade, nous repartons. Nos officiers ont besoin de tout le monde pour chasser,\u00a0; ils se m\u00e9fient des \u00ab\u00a0balles perdues\u00a0\u00bb. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Du fort de Littr\u00e9-les-Attafs, sur l\u2019oued Ch\u00e9lif, notre base arri\u00e8re durant sept mois, nous ne sortons que pour participer \u00e0 des op\u00e9rations, tendre des embuscades, escorter des convois militaires et civils. Au retour, apr\u00e8s le courrier, la lessive, c\u2019est l\u2019oisivet\u00e9 et les disputes. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Un jour, le colon m\u2019invite \u00e0 manger dans son domaine. Je suis tr\u00e8s impressionn\u00e9 par l\u2019immense table \u00e0 manger, le nombre des serviteurs, les six armes accroch\u00e9es aux murs avec leurs chargeurs engag\u00e9s. Le repas se termine mal : \u00ab\u00a0les esclaves ne sont pas tous fain\u00e9ants et assassins\u00a0\u00bb, os\u00e9-je dire. Je repars sous escorte. Quand, la nuit, nous voyons des fermes de la plaine de S\u00e9tif ou des caves de la Mitidja, br\u00fbler, des soldats d\u2019origine modeste approuvent. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><strong><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Une conscience s\u2019\u00e9veille lentement<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">La majorit\u00e9 des hommes de troupe et des caporaux sont issus du \u00ab calme rural\u00bb fran\u00e7ais, peu port\u00e9s \u00e0 la r\u00e9flexion. Michel Bonnet, s\u00e9minariste sursitaire se destinant \u00e0 la mission en Chine, appel\u00e9 comme nous, grand et sec, toujours le sourire, remplace de temps en temps avec beaucoup de plaisir l\u2019aum\u00f4nier militaire pour la pri\u00e8re. Lors d&rsquo;op\u00e9rations, apr\u00e8s avoir plac\u00e9 les sentinelles, entre caporaux, nous passons des quarts de garde de nuit \u00e0 causer avec lui de cette guerre et de sa cohorte d\u2019horreurs.<br \/>\nMichel nous interpelle sur le contenu des chants paras : \u00abParachutiste, \u00f4 toi soldat d\u2019\u00e9lite&#8230;Sur cette putain de terre africaine&#8230;\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Au bout de quelques mois, lors des d\u00e9fil\u00e9s, on n\u2019entend plus que le bruit des bottes de saut. Les chants sont sabot\u00e9s par la majorit\u00e9 des compagnies de combat. Lors d&rsquo;une prise d&rsquo;armes \u00e0 Miliana, nous d\u00e9filons devant deux g\u00e9n\u00e9raux dont Massu\u00a0: nous refusons d&rsquo;entonner les chants virils malgr\u00e9 les ordres re\u00e7us. Le colonel Autrand convoque Michel Bonnet. Il tient bon. Comme nous, il sait que notre prison sera encore et seulement les djebels, les oueds, le d\u00e9sert saharien, la peur, la soif, la neige et le froid des monts Djurdura&#8230; la haine. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">En repos \u00e0 Ameur-EI-A\u00efn, El-Affroun, Tipasa (pour carences alimentaires, scorbut, dysenterie, folie&#8230;), plusieurs d\u2019entre nous s\u2019\u00e9clipsent dans des familles alg\u00e9riennes et pieds-noirs des quartiers pauvres. Ils d\u00e9couvrent qu\u2019un ouvrier blanc, travaillant sur la voie ferr\u00e9e, a les m\u00eames conditions de vie (logement, salaire\u2026) que son fr\u00e8re alg\u00e9rien, qu\u2019il y a de la solidarit\u00e9 entre eux. Nous partageons, avec les enfants, les friandises des colis re\u00e7us de France. Mais nos actions humanitaires sont ponctuelles et limit\u00e9es. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Une envie de dire, pour trier dans la m\u00e9moire<\/strong> <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Comme des milliers de jeunes de communes rurales et de petites villes de France, aucunement \u00e9veill\u00e9 au monde, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 m\u00eal\u00e9 \u00e0 la tourmente coloniale. Il faut beaucoup de temps, d\u2019\u00e9v\u00e9nements, de rencontres, pour commencer \u00e0 comprendre, pour construire sa vie. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ainsi, lorsque le 22 octobre 1956, le Dakota transporte Ben Bella et d\u2019autres dirigeants du F.L.N., je suis d\u2019alerte \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Maison Blanche. Je photographie l\u2019avion que les soldats.de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019air nous avaient signal\u00e9. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">R\u00e9unis pour un discours d\u2019endoctrinement avant d&rsquo;\u00eatre envoy\u00e9s dans le sud, nous embarquons dans une escadrille d&rsquo;avions Dakota et Junkers sans conna\u00eetre la destination. Dans l&rsquo;avion, je pose la question au lieutenant. Celui ci me dit que\u00a0\u00ab nous allons finir une colonne chameli\u00e8re\u00a0\u00bb. On nous d\u00e9pose dans les sables de l\u2019oued Draa. On nous ordonne d&rsquo;achever le travail des avions : tuer les chameaux bless\u00e9s, fouiller les campements, chercher dans les \u00e9pineux les hommes survivants. A cette occasion, nous assistons \u00e0 la naissance d&rsquo;un enfant sahraoui dans une tente. Certains de mes hommes pleurent. Nous laissons en vie cette jeune femme et son enfant\u00a0: ce que nous tairons \u00e0 la hi\u00e9rarchie militaire en fin d&rsquo;op\u00e9ration. Plusieurs officiers et sous-officiers d\u2019une troupe saharienne auraient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans une embuscade, ce qui aurait \u00ab\u00a0justifi\u00e9\u00a0\u00bb cet important massacre d&rsquo;une colonne chameli\u00e8re qui faisait plusieurs centaines de m\u00e8tres de longueur. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Au fil des lignes, la m\u00e9moire am\u00e8ne d\u2019autres images. Celles des \u00ab\u00a0suspects\u00a0\u00bb, pieds et mains gonfl\u00e9s par des entraves serr\u00e9es au maximum. Leurs yeux accusateurs, mais souvent apeur\u00e9s et suppliants d\u2019un peu d\u2019humanit\u00e9. Il nous arrive d\u2019en lib\u00e9rer la nuit, \u00e0 l\u2019insu de nos chefs et bourreaux. Des \u00ab\u00a0corv\u00e9es de bois\u00a0\u00bb sont organis\u00e9es (elles servent \u00e0 assassiner des prisonniers)\u00a0: l\u00e0 encore, je ne suis pas volontaire. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Sur le quai d\u2019embarquement \u00e0 Philippeville, devant le paquebot \u00ab El Djeza\u00efr\u00bb, nous sommes 800 lib\u00e9rables. Un capitaine nous fait face : \u00abQuand vous serez en France, ne dites pas que vous avez fait la guerre, mais la pacification \u00bb. Forte rumeur. Le capitaine (m\u00eame pas brevet\u00e9 para) : \u00abQue ceux qui ne sont pas d\u2019accord avancent d\u2019un pas, ils embarqueront plus tard. \u00bb 800 pas avancent&#8230; Silence du capitaine. Nous embarquons. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Sur le bateau, un sentiment de libert\u00e9, mais pas de folle joie, je pense aux \u00eatres chers que je vais revoir en France. 28 mois d\u2019arm\u00e9e ont modifi\u00e9 totalement ma vision du monde, d\u2019autant que pour moi, c\u2019est aussi 19 mois de djebels, 55 op\u00e9rations dont <i>33 <\/i>norias d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res de combats, une m\u00e9daille militaire avec \u00e9toile d\u2019argent, un d\u00e9fil\u00e9 sur les Champs-\u00c9lys\u00e9es le 14 juillet 1957. Lib\u00e9r\u00e9 de mon arme \u2013 celle-ci, en op\u00e9ration, ne me quittait jamais, m\u00eame dans le sac de couchage -, il me faudra plusieurs mois pour retrouver un sommeil serein. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><strong><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Que sont-ils devenus\u00a0?<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Soldats de cette dure p\u00e9riode, certains ont repris leurs boulots de coiffeurs, facteurs, &#8211; \u00e9lectriciens, boulangers, V.R.P., cafetiers\u00a0; d\u2019autres, refusant de descendre \u00e0 la mine, sont devenus C.R.S. gardes-mobiles. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Quand mon p\u00e8re parlait de la guerre de 39-45, j\u2019avais le sentiment qu\u2019avant d\u2019\u00eatre prisonnier, il s\u2019\u00e9tait battu contre un ennemi. Au retour de l\u2019Alg\u00e9rie, nous n\u2019avons pas \u00e9t\u00e9 accueillis comme des lib\u00e9rateurs. Nous \u00e9tions accus\u00e9s de tortures, de viols, de massacres. Honteux, nous nous sommes r\u00e9fugi\u00e9s dans le silence et l\u2019oubli.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ignorants de ce qui se passait en France (nous lisions peu de journaux), beaucoup se sont \u00abenfonc\u00e9s\u00bb dans leurs familles, quelques-uns dans les associations d\u2019anciens d\u2019A.F.N., d\u2019autres dans l\u2019Extr\u00eame-Droite, un certain nombre dans l\u2019alcoolisme ou la folie. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Peu se sont engag\u00e9s dans les mouvements contre cette abomination ; je l\u2019ai fait. Premier t\u00e9moignage public devant 500 jocistes \u00e0 Arras en octobre 1958. La m\u00eame chose, un peu plus tard, au conseil municipal d\u2019Arras\u00a0: seule la minorit\u00e9 M.R.P. nous \u00e9coute (2 ex-soldats), la majorit\u00e9 SFIO sort. Le maire se nomme Guy Mollet, il est premier ministre de la France. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Depuis je me suis immerg\u00e9 dans la recherche de la v\u00e9rit\u00e9, par l\u2019action militante \u00e0 l\u2019usine, sur les chantiers, au bureau, \u00e0 la campagne. En allant \u00ab\u00a0de la haine \u00e0 l\u2019amour <i>\u00bb, <\/i>j\u2019ai gagn\u00e9 en amiti\u00e9s fraternelles fortes, j\u2019ai perdu au plus proche des miens. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Rien n\u2019est jamais acquis contre l\u2019ignorance, les traumatismes, les c\u0153urs ferm\u00e9s de haine. Je crois que c\u2019est par la connaissance et la culture qu\u2019on s\u2019ouvre aux autres, qu\u2019on grandit ensemble. Aujourd\u2019hui, c&rsquo;est par d\u2019autres mots qui tuent que le Front National avance. Il faut expliquer, partager, t\u00e9moigner d\u2019une citoyennet\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse et la\u00efque, en priorit\u00e9 vers la jeunesse. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>\u00ab Ce n&rsquo;est pas la vie qui est un cadeau, mais la promesse d \u2018une vie \u00e0 construire \u00bb (Albert Jacquard).<\/strong> <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\nAlain Desjardin. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">N.B. Ce t\u00e9moignage a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en septembre 1996 \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un week-end sur le th\u00e8me de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, \u00e0 la Ferme accueil de la Salvetat du Larzac. Ce week-end \u00e9tait organis\u00e9 par le CEDETIM (organisateurs Yann Barr\u00e8re, Jean Yves Barr\u00e8re, Gus Massiah). Etaient invit\u00e9s Rhacid Hidouci, ancien Ministre alg\u00e9rien du Plan, Smail Goumeziane, \u00e9conomiste, professeur d&rsquo;universit\u00e9, et Madame Chitour, chirurgienne au CHU d&rsquo;Alger, Pr\u00e9sidente d\u2019Amnesty international Alg\u00e9rie. <\/span><\/span><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>\n<p align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pour le m\u00e9pris et la haine, il n\u2019y a pas de mots assez forts : bougnoules, ratons, melons, bicots. P\u00e9d\u00e9s.\u2026 Vous allez faire \u00ab\u00a0la pacification\u00a0\u00bb <\/span><\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS, cursive;\"><a href=\"http:\/\/www.4acg.org\/\">http:\/\/www.4acg.org<\/a> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Syndicaliste, militant politique au PSU, porte-parole des Verts Aveyron, Alain Desjardin a \u0153uvr\u00e9 toute sa vie au service des autres\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-11921","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11921","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11921"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11921\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11932,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11921\/revisions\/11932"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11921"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11921"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11921"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}