{"id":15338,"date":"2025-05-08T02:54:06","date_gmt":"2025-05-08T00:54:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=15338"},"modified":"2025-05-03T06:57:10","modified_gmt":"2025-05-03T04:57:10","slug":"la-ruee-miniere-au-xxie-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2025\/05\/08\/la-ruee-miniere-au-xxie-siecle\/","title":{"rendered":"La ru\u00e9e mini\u00e8re au XXIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-15334 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Fille-de-Bayrou-300x268.jpg\" alt=\"\" width=\"411\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Fille-de-Bayrou-300x268.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Fille-de-Bayrou.jpg 560w\" sizes=\"auto, (max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Enqu\u00eate sur les m\u00e9taux \u00e0 l\u2019\u00e8re de la transition<\/span><\/span><\/strong><\/h1>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Un livre de Celia Izoard<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">La journaliste et philosophe Celia Izoard pr\u00e9sente dans son essai <\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>La ru\u00e9e mini\u00e8re au XXI<\/i><\/span><\/span><sup><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>e<\/i><\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i> si\u00e8cle\u00a0: enqu\u00eate sur les m\u00e9taux \u00e0 l\u2019\u00e8re de la transition<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">, publi\u00e9e en 2024 aux \u00c9ditions du Seuil, ce qu\u2019elle consid\u00e8re comme un paradoxe qui d\u00e9finit la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019\u00e9conomie contemporaines. Elle refuse l\u2019id\u00e9e re\u00e7ue selon laquelle la simple transition des \u00e9nergies fossiles aux \u00e9nergies renouvelables permettrait de r\u00e9soudre les maux environnementaux de notre \u00e9poque. En mobilisant de nombreux exemples et statistiques, Izoard d\u00e9montre l\u2019absurdit\u00e9 (sur le plan environnemental) de cette \u00ab\u00a0transition\u00a0\u00bb \u00e9cologique qui, au lieu de r\u00e9soudre un probl\u00e8me, ne fait qu\u2019au mieux, le d\u00e9placer, et au pire, y contribuer. V\u00e9ritable monstre dans un costume d\u2019agneau, l\u2019industrie mini\u00e8re serait, selon elle, loin d\u2019\u00eatre la panac\u00e9e \u00e9cologique appuy\u00e9e par les \u00e9lites politiques et \u00e9conomiques partout dans le monde. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019autrice commence par expliquer dans la premi\u00e8re partie du livre ce qu\u2019est r\u00e9ellement la \u00ab\u00a0transition \u00e9cologique\u00a0\u00bb. Elle commence cette partie avec l\u2019opposition de deux citations diam\u00e9tralement oppos\u00e9es, mettant en exergue la tension entre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, les \u00e9lites qui cherchent \u00e0 justifier une activit\u00e9 mini\u00e8re pr\u00e9tendument \u00ab\u00a0propre\u00a0\u00bb et, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les sp\u00e9cialistes qui y voient un mensonge qui tente de justifier une activit\u00e9 profitable, mais fondamentalement mauvaise pour l\u2019environnement. Izoard met dos \u00e0 dos les propos des lobbys miniers et la r\u00e9alit\u00e9. Elle illustre d\u2019abord l\u2019insoutenabilit\u00e9 de la transition du fossile \u00e0 l\u2019\u00e9lectrique, celle-ci requ\u00e9rant des quantit\u00e9s colossales de m\u00e9taux divers dont l\u2019exploitation actuelle est insuffisante et devrait \u00eatre d\u00e9cupl\u00e9e au-del\u00e0 de toute mesure raisonnable. Un de ses nombreux exemples, le plus \u00e9vocateur \u00e0 mon avis, est celui de l\u2019\u00e9lectrification du parc automobile britannique. Cette transition \u00ab\u00a0n\u00e9cessiterait l\u2019\u00e9quivalent de deux fois la production mondiale actuelle de cobalt, les trois quarts de la production de lithium, et la moiti\u00e9 de la production de cuivre.\u00a0\u00bb (pp.\u00a028-30) En plus des m\u00e9taux n\u00e9cessaires \u00e0 la production de ces voitures, il faut compter les m\u00e9taux n\u00e9cessaires \u00e0 la production \u00e9lectrique par des sources dites renouvelables. La production de panneaux photovolta\u00efques et d\u2019\u00e9oliennes n\u00e9cessite \u00e9galement une grande quantit\u00e9 de m\u00e9taux. Izoard tente de d\u00e9construire d\u2019un point de vue minier l\u2019image strictement positive de la transition \u00e9nerg\u00e9tique. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">En plus de cette impossibilit\u00e9 pratique, la journaliste d\u00e9montre en quoi l\u2019industrie mini\u00e8re, dans ses pratiques actuelles, ne repr\u00e9sente pas l\u2019alternative souvent cit\u00e9e \u00e0 l\u2019industrie des \u00e9nergies fossiles. Alors que certaines \u00e9lites font la promotion de la mine dite \u00ab\u00a0du XXI<\/span><\/span><sup><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">e<\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"> si\u00e8cle\u00a0\u00bb, Izoard d\u00e9montre que la majorit\u00e9 des pratiques et proc\u00e9d\u00e9 de l\u2019industrie ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s au XIX<\/span><\/span><sup><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">e<\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">. Elle illustre \u00e9galement les r\u00e9alit\u00e9s moins connues de l\u2019extraction mini\u00e8re, des montagnes de d\u00e9chets qu\u2019elle rejette \u00e0 la modification du paysage en passant par les proc\u00e9d\u00e9s \u00e9nergivores et les ruptures de digues catastrophiques. Un recensement de Standard &amp; Poor\u2019s cit\u00e9 par la journaliste d\u00e9montre qu\u2019il y aurait 34\u00a0820 mines dans le monde en 2024. Il est alarmant que malgr\u00e9 l\u2019ubiquit\u00e9 de ces sites, la grande majorit\u00e9 des gens soient inconscients des r\u00e9elles implications soci\u00e9tales et environnementales des mines. Selon l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie, les pr\u00e9l\u00e8vements d\u2019eau par les entreprises mini\u00e8res auraient doubl\u00e9 entre 2018 et 2021 dans le monde, illustrant l\u2019ampleur des cons\u00e9quences auxquelles l\u2019on peut s\u2019attendre avec l\u2019expansion du secteur minier que commanderont les nouvelles technologies. D\u00e9construisant ainsi le mythe \u00e9cologique de la transition du fossile au minier, Izoard parle de r\u00e9invention d\u2019un r\u00e9cit pour maintenir un statu quo et pour le maintien des activit\u00e9s d\u2019extraction mini\u00e8re.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Un des constats les plus forts de son argumentaire concerne l\u2019illusion de la mine europ\u00e9enne propre. Selon l\u2019autrice, des \u00e9lites \u00e9conomiques et politiques en Europe participent \u00e0 entretenir l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faut miner sur le continent pour des raisons de souverainet\u00e9 et d\u2019\u00e9thique. Pour elle, la mine europ\u00e9enne est forc\u00e9ment mieux r\u00e9glement\u00e9e que les mines dans d\u2019autres pays. Elle r\u00e9pond ainsi \u00e0 Guillaume Pitron qui avait \u00e9crit <\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>La guerre des m\u00e9taux rares<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">, un essai dont le propos \u00e9tait entre autres, selon Celia Izoard, de rapatrier la production mini\u00e8re en Europe pour des soucis \u00e9thiques, g\u00e9opolitiques et environnementaux. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">5Guillaume Pitron fait comme constat central que les pays dans lesquels les pays occidentaux vont chercher les m\u00e9taux dits \u00ab\u00a0critiques\u00a0\u00bb ont des normes environnementales beaucoup plus faibles ou flexibles que les pays europ\u00e9ens. En entrevue \u00e0 TV5, il citait \u00e0 cet effet la Chine, le Congo-Kinshasa ou la Bolivie. Le co\u00fbt environnemental serait donc \u00ab\u00a0aggrav\u00e9\u00a0\u00bb par rapport \u00e0 une extraction faite aux normes europ\u00e9ennes. Pitron fait \u00e9galement \u00e9tat de l\u2019abondance des terres rares en Chine, comparant cette situation \u00e0 celle du p\u00e9trole dans la p\u00e9ninsule arabique. Alors que d\u2019autres pays ont progressivement recommenc\u00e9 l\u2019exploitation de terres rares, les usines de raffinement seraient encore majoritairement en Chine, ce qui maintient le pays dans une situation de quasi-monopole. Les implications g\u00e9opolitiques pour Pitron seraient tr\u00e8s importantes, et appel\u00e9es \u00e0 cro\u00eetre \u00e0 l\u2019avenir, notamment \u00e0 cause de la d\u00e9pendance croissante de l\u2019\u00e9conomie mondiale envers les terres rares et des ambitions politiques de la Chine. Ainsi, il conclut que l\u2019Europe devrait relancer son industrie mini\u00e8re sur le continent pour maintenir une souverainet\u00e9 en mati\u00e8re de terres rares et pour des raisons d\u2019acceptabilit\u00e9 sociale, puisque l\u2019industrie mini\u00e8re dans les autres pays serait plus \u00ab\u00a0sale\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 l\u2019aide de quelques exemples, Izoard d\u00e9fait cette id\u00e9e re\u00e7ue que les mines d\u2019Europe sont inoffensives. Elle cite notamment l\u2019exemple de la mine de Touro en Galicie dont le r\u00e9servoir \u00e0 d\u00e9chets est situ\u00e9 pr\u00e8s d\u2019une falaise donnant sur un village, une pratique qui ne se ferait pas, selon elle, en Chine, au Br\u00e9sil ou en \u00c9quateur. Sans contredire le propos de Guillaume Pitron sur les enjeux g\u00e9opolitiques et \u00e9cologiques insoup\u00e7onn\u00e9s des nouvelles technologies par leur d\u00e9pendance aux m\u00e9taux, elle signale ce qu\u2019elle consid\u00e8re \u00eatre une erreur dans son raisonnement. Pitron omettrait certaines variables environnementales de son \u00e9quation pour ne tenir compte que de consid\u00e9rations g\u00e9opolitiques en faisant fi de la r\u00e9alit\u00e9 des mines europ\u00e9ennes selon elle. C\u2019est ce qui expliquerait la similarit\u00e9 entre les constats des deux auteurs, mais la diff\u00e9rence entre la conclusion de l\u2019un et de l\u2019autre. Alors que Pitron plaide pour une relance des mines d\u2019Europe dans son ouvrage <\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>La guerre des m\u00e9taux rares<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"> pour cesser de d\u00e9pendre des exploitations mini\u00e8res \u00e9trang\u00e8res, Izoard veut cesser de d\u00e9pendre de l\u2019industrie mini\u00e8re, qu\u2019elle soit nationale ou \u00e9trang\u00e8re. Guillaume Pitron semble cependant avoir cadr\u00e9 son argumentaire autour d\u2019enjeux environnementaux dans son livre de 2021 <\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>L\u2019enfer num\u00e9rique<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">, dans lequel il critique la transition num\u00e9rique comme d\u00e9sastre environnemental. Son raisonnement aurait ainsi chang\u00e9 pour d\u00e9noncer la transition num\u00e9rique, pas uniquement d\u2019un point de vue g\u00e9opolitique comme avant, mais \u00e9galement d\u2019un point de vue environnemental. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Poursuivant son analyse, Izoard veut ensuite comprendre pourquoi l\u2019on tient \u00e0 accomplir cette transition malgr\u00e9 ses lacunes et incoh\u00e9rences. Elle s\u2019attarde ainsi aux grandes tendances soci\u00e9tales et aux discours dominants. Parmi ceux-ci, le plus ancr\u00e9 dans le monde \u00e9conomique serait celui de la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0immat\u00e9rielle\u00a0\u00bb. Il existe une th\u00e9orie de l\u2019histoire \u00e9conomique stipulant que la soci\u00e9t\u00e9 occidentale serait pass\u00e9e \u00e0 une \u00e9conomie immat\u00e9rielle \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 avec le d\u00e9veloppement des \u00e9conomies de services et des nouvelles technologies. Pour Izoard, ce discours serait tout simplement faux puisque ces services et ces technologies reposeraient sur des supports bien mat\u00e9riels. Par exemple, le monde num\u00e9rique repose sur des centres de donn\u00e9es \u00e9normes, des infrastructures bien physiques et \u00e9nergivores pour fonctionner. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019engouement pour ce discours de d\u00e9mat\u00e9rialisation et d\u2019alternative \u00e0 l\u2019\u00e9conomie physique et polluante serait mouss\u00e9, selon Izoard, par des \u00e9lites motiv\u00e9es par des sentiments imp\u00e9rialistes. Cet imp\u00e9rialisme, l\u2019autrice en donne plusieurs exemples forts. D\u2019abord, le coup d\u2019\u00c9tat de 1965 du g\u00e9n\u00e9ral Suharto en Indon\u00e9sie, \u00e9paul\u00e9 par la CIA et appuy\u00e9 par une commission sur laquelle si\u00e8gent des administrateurs de soci\u00e9t\u00e9s p\u00e9troli\u00e8res et mini\u00e8res am\u00e9ricaines. Cette prise de pouvoir aux d\u00e9pens des communistes men\u00e9s par Sukarno, \u00e9minente figure du non-alignement dans le contexte de la guerre froide, a permis notamment \u00e0 une entreprise mini\u00e8re am\u00e9ricaine de prendre le contr\u00f4le de l\u2019immense mine de Grasberg. L\u2019autre exemple est celui du coup d\u2019\u00c9tat de 1973 du g\u00e9n\u00e9ral Pinochet contre Salvador Allende au Chili. Ce dernier avait annonc\u00e9 la nationalisation des mines de cuivre du pays sans pr\u00e9voir de compensation aux entreprises qui exploitaient la mine. La CIA aida le g\u00e9n\u00e9ral Pinochet \u00e0 faire son coup d\u2019\u00c9tat et les entreprises am\u00e9ricaines ont maintenu le contr\u00f4le du cuivre chilien. Pour Izoard, l\u2019imp\u00e9rialisme occidental aurait justifi\u00e9 les discours encourageant l\u2019industrie mini\u00e8re.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Izoard met ainsi le doigt sur un enjeu important de cette nouvelle ru\u00e9e mini\u00e8re\u00a0: les discours \u00e9voluent, mais les motifs demeurent. Entre 2008 et 2018, un changement se serait op\u00e9r\u00e9 dans les discours de justification de l\u2019activit\u00e9 mini\u00e8re. Alors que l\u2019on parlait plus t\u00f4t d\u2019objectifs de croissance \u00e9conomique pour justifier la mine, on passe alors \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019accomplir une transition depuis les \u00e9nergies fossiles vers l\u2019\u00e9lectrique. Selon la journaliste, un rapport de la Banque mondiale datant de 2017 serait l\u2019apog\u00e9e de ce changement de discours. Or, ce rapport a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 avec l\u2019International Council on Mining and Metals, lobby compos\u00e9 des plus grandes entreprises mini\u00e8res. Si le discours a \u00e9volu\u00e9, le motif demeure toujours le m\u00eame pour Izoard\u00a0: une ru\u00e9e vers la cr\u00e9ation de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s pour l\u2019industrie mini\u00e8re. Les industries de l\u2019armement de l\u2019a\u00e9rospatiale ainsi que la course au num\u00e9rique seraient donc en r\u00e9alit\u00e9 les b\u00e9n\u00e9ficiaires de cette extraction, plus que la pr\u00e9tendue transition. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019autrice plonge ensuite dans une troisi\u00e8me partie dans un argumentaire qui diff\u00e8re beaucoup des pr\u00e9c\u00e9dentes pour justifier le d\u00e9sir de l\u2019humain pour l\u2019exploitation mini\u00e8re. Cette troisi\u00e8me partie se veut beaucoup plus philosophique que les pr\u00e9c\u00e9dentes, davantage journalistiques. Izoard parle ici de cosmologie extractiviste, d\u2019<\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>homo faber<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">, de mythes grecs, d\u2019alchimie, citant Paracelse, et d\u2019autres concepts qui semblent plut\u00f4t difficiles \u00e0 replacer par moments. Il devient difficile dans certains passages de relier l\u2019argumentaire de cette partie \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre. Izoard a cependant mobilis\u00e9 certains arguments et exemples historiques et sociologiques qui justifient son propos et qui semblent moins \u00e9sot\u00e9riques que ceux cit\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment. Par exemple, l\u2019exemple historique de Francis Bacon, philosophe et homme d\u2019\u00c9tat anglais qui, inspir\u00e9 par les mines allemandes, aurait favoris\u00e9 le d\u00e9veloppement des sciences mini\u00e8res et de l\u2019industrie mini\u00e8re en Angleterre. Dans un m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, Izoard revient sur Jacob Fugger, un banquier du Saint-Empire romain germanique qui aurait d\u00e9marr\u00e9 la capitalisation de l\u2019activit\u00e9 mini\u00e8re en Bavi\u00e8re. Elle illustre ainsi comment le capitalisme actionnarial s\u2019est empar\u00e9 de l\u2019industrie mini\u00e8re et a d\u00e9mis de la propri\u00e9t\u00e9 de cette activit\u00e9 \u00e9conomique les corporations de mineurs, qui sont alors pass\u00e9s au salariat. Elle en fait aussi une r\u00e9f\u00e9rence plus g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l\u2019\u00e9mergence du capitalisme et \u00e0 Weber. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Outre la difficult\u00e9 de replacer certains de ses exemples dans l\u2019argumentaire g\u00e9n\u00e9ral, il y a \u00e9galement un rapport incertain entre des arguments qui, bien qu\u2019ils ne soient pas incompatibles, entrent en concurrence en l\u2019absence de pr\u00e9cision \u00e0 ce sujet. Quelles sont les motivations r\u00e9elles des humains \u00e0 exploiter les mines ? Au premier degr\u00e9, on pourrait penser qu\u2019il s\u2019agirait simplement de l\u2019app\u00e2t du gain, d\u2019une forme d\u2019avidit\u00e9 qui justifierait les risques que prennent au nom de collectivit\u00e9s enti\u00e8res quelques entreprises. Izoard parle bien de cette recherche du profit \u00e0 quelques moments, notamment lorsqu\u2019elle met en relation l\u2019entreprise mini\u00e8re et le mythe d\u2019\u00c9rysichthon. Or, sa troisi\u00e8me partie parle \u00e0 la fois d\u2019un d\u00e9sir de domination de la nature, d\u2019une aspiration \u00e0 poursuivre le travail de Dieu, d\u2019une \u00ab\u00a0religion du progr\u00e8s\u00a0\u00bb, d\u2019une matrice extractiviste du capital, entre autres. L\u2019humain voudrait \u00eatre se montrer sup\u00e9rieur \u00e0 la nature en la modifiant \u00e0 son image, se pr\u00e9tendrait divin et vouerait en plus un culte \u00e0 une certaine id\u00e9e qu\u2019il se serait fait du \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Celia Izoard est un nom connu en France pour sa critique des nouvelles technologies et des id\u00e9es s\u2019y rapportant, notamment celle de progr\u00e8s. Or, si tous les concepts pr\u00e9c\u00e9dents s\u2019imbriquent et s\u2019articulent de mani\u00e8re \u00e0 cr\u00e9er plusieurs explications possibles pour le d\u00e9sir de l\u2019humain d\u2019exploiter les sous-sols, c\u2019est cette critique du progr\u00e8s, r\u00e9el fil conducteur de l\u2019\u0153uvre intellectuelle de Celia Izoard, qu\u2019il faut imp\u00e9rativement retenir. Pour la journaliste, il faut r\u00e9fl\u00e9chir aux modes de vie contemporains qui r\u00e9duiraient \u00ab\u00a0le donn\u00e9 \u00e0 des ressources\u00a0\u00bb. Celia Izoard transporte l\u2019\u00ab\u00a0En as-tu vraiment besoin\u00a0? \u00bb, l\u2019apophtegme embl\u00e9matique du comptable vulgarisateur qu\u00e9b\u00e9cois Pierre-Yves McSween, du choix comptable personnel au choix soci\u00e9tal et collectif. Cette r\u00e9flexion s\u2019articule \u00e9videmment avec les th\u00e9ories du renoncement, de la d\u00e9croissance et de la d\u00e9mondialisation. Or, elle conduit sp\u00e9cifiquement \u00e0 des questions d\u2019ordre technologique. A-t-on r\u00e9ellement besoin de tous les nouveaux gadgets que pr\u00e9sente le tout dernier t\u00e9l\u00e9phone cellulaire\u00a0? Izoard va encore plus loin\u00a0: a-t-on r\u00e9ellement besoin d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone cellulaire ? Elle rappelle au passage que, bien qu\u2019elle soit consciente que le quotidien de 2024 est adapt\u00e9 \u00e0 l\u2019omnipr\u00e9sence de ces appareils et que bien des fonctions ne sont possibles d\u2019accomplir qu\u2019\u00e0 partir d\u2019une connexion Internet itin\u00e9rante, il est bien possible de vivre sans si la soci\u00e9t\u00e9 en d\u00e9cide ainsi puisque presque tous n\u2019en poss\u00e9daient pas il y a \u00e0 peine 20 ans. Ce changement, bien que qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0retour en arri\u00e8re\u00a0\u00bb par plusieurs, permettrait de sortir de cette d\u00e9pendance insoutenable \u00e0 l\u2019exploitation mini\u00e8re. Un tel changement implique forc\u00e9ment l\u2019appel \u00e0 une philosophie du renoncement puisque le confort mat\u00e9riel (peut-\u00eatre opulent) devrait sans doute \u00eatre reconsid\u00e9r\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re des ressources disponibles. Bien plus qu\u2019une prise de conscience sur la provenance r\u00e9elle et physique des supports technologiques, il faut r\u00e9\u00e9valuer leur importance \u00e0 la lumi\u00e8re des enjeux \u00e9thiques et en calculer le co\u00fbt et le b\u00e9n\u00e9fice. Il faut apprendre \u00e0 renoncer, dit-elle. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">La quatri\u00e8me partie porte sur l\u2019avenir. Celia Izoard plaide pour un retrait des mines. Les chapitres de cette quatri\u00e8me partie portent sur les combats qu\u2019elle juge n\u00e9cessaire de mener, puis sur l\u2019avenir de cette relation entre l\u2019industrie mini\u00e8re et l\u2019environnement. Elle traite \u00e9galement des solutions qu\u2019elle juge les plus pertinentes. Izoard indique d\u2019abord o\u00f9 le combat qu\u2019elle m\u00e8ne et le plaidoyer qu\u2019elle porte rejoignent d\u2019autres luttes. Le r\u00e9gime minier serait pour la journaliste un des piliers fondamentaux du r\u00e9gime capitaliste dont Marx avait critiqu\u00e9 l\u2019iniquit\u00e9. Le r\u00e9gime minier serait \u00e9galement un catalyseur de la crise climatique, ne permettant aucunement de faire de transition \u00e9cologique. En effet, pour Izoard, l\u2019industrie mini\u00e8re serait doublement polluante. Outre sa propre d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re, les \u00e9quipements miniers et les transports fonctionnant aux hydrocarbures, elle poserait des risques majeurs pour les \u00e9cosyst\u00e8mes terrestres et marins. Au fil des paragraphes de cette partie, Izoard r\u00e9interpr\u00e8te le propos de son \u0153uvre \u00e0 la lumi\u00e8re de combats autres comme la lutte des classes ou la lutte \u00e0 la crise climatique. L\u2019exploitation mini\u00e8re, par les catastrophes \u00e9cologiques et les abus qu\u2019elle a d\u00e9crits, serait un point de convergence de plusieurs luttes. Son ouvrage, profond\u00e9ment militant, appelle ainsi au ralliement de causes existantes \u00e0 une cause qu\u2019elle identifie comme la source de plusieurs autres maux. Elle appelle \u00e9galement, par les diff\u00e9rentes id\u00e9es re\u00e7ues qu\u2019elle d\u00e9construit, \u00e0 un rejet des alternatives qui sont propos\u00e9es pour att\u00e9nuer les effets de la mine. Pour Izoard, ce n\u2019est pas \u00e0 travers une meilleure gestion de l\u2019industrie mini\u00e8re que l\u2019on peut r\u00e9gler les probl\u00e8mes environnementaux et sociaux qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re, mais plut\u00f4t en s\u2019en retirant carr\u00e9ment. Par exemple, elle illustre la complexit\u00e9 et la presque insoutenabilit\u00e9 associ\u00e9es au fait de faire vivre des \u00ab\u00a0mines urbaines\u00a0\u00bb ax\u00e9es sur le recyclage de m\u00e9taux dans les objets existants. Le recyclage, pour Izoard, ne serait qu\u2019un commerce d\u2019indulgences ou de temps pour les entreprises qui b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019activit\u00e9 mini\u00e8re. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Elle propose ensuite quelques pistes de solutions, liste qu\u2019elle ne pr\u00e9tend pas \u00eatre exhaustive. Elle appelle notamment \u00e0 certaines formes de d\u00e9sob\u00e9issance civile pour rendre moins viable l\u2019exploitation mini\u00e8re par une augmentation des co\u00fbts, notamment par des blocages. Elle cite ensuite des exemples de campagnes aff\u00e9rentes \u00e0 la solidarit\u00e9 internationale, une autre piste pour une prise de conscience collective. C\u2019est surtout un appel au changement des modes de vie qu\u2019elle lance, plaidant pour une d\u00e9croissance min\u00e9rale. \u00c0 la lumi\u00e8re d\u2019une \u00e9valuation collective des objets de notre quotidien, il devient imp\u00e9ratif pour Izoard de renoncer \u00e0 un certain confort. L\u2019exemple qu\u2019elle fournit est le t\u00e9l\u00e9phone portable. Or, contrairement \u00e0 plusieurs autres appels \u00e0 l\u2019action individuelle en mati\u00e8re d\u2019environnement, il s\u2019agit bel et bien pour Izoard d\u2019un appel \u00e0 l\u2019action collective. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle dont elle souhaite voir des changements, il devient n\u00e9cessaire de faire ces choix en tant que soci\u00e9t\u00e9, et non plus simplement comme un renoncement personnel. Il s\u2019agit de changer les mani\u00e8res de faire et de revenir \u00e0 une certaine simplicit\u00e9 dans certains domaines. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">Bien qu\u2019elles diff\u00e8rent de celles de Guillaume Pitron, les solutions qu\u2019offre Izoard ne sont pas, \u00e0 mon avis, les points les plus int\u00e9ressants de l\u2019ouvrage. Les paradoxes dans les discours publics et priv\u00e9s en constituent la cl\u00e9 de vo\u00fbte. Au-del\u00e0 d\u2019une liste de constats et de solutions qui y r\u00e9pondent, Celia Izoard a effectu\u00e9 un travail de recherche dans l\u2019espace public des \u00e9l\u00e9ments de discours qu\u2019elle consid\u00e8re comme des id\u00e9es re\u00e7ues, et qui font largement consensus dans certaines sph\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9, pour en faire ressortir les incoh\u00e9rences, d\u00e9noncer les comportements complaisants et, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>in fine<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">, enrichir le d\u00e9bat public en sortant des discours actuels h\u00e9g\u00e9moniques en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie et d\u2019environnement. \u00c0 mon avis, bien qu\u2019elle \u00e9corche au passage l\u2019industrie mini\u00e8re, le plus int\u00e9ressant de son essai reste la critique de l\u2019hypocrisie des \u00e9lites \u00e9conomiques et sociales qui mentiraient pour maintenir en place une exploitation mini\u00e8re pourtant insoutenable. Elle proc\u00e8de en brossant un portrait de l\u2019industrie mini\u00e8re, mais aussi des discours dominants et des id\u00e9es re\u00e7ues aff\u00e9rentes \u00e0 l\u2019exploitation mini\u00e8re. C\u2019est notamment ce qui fait l\u2019originalit\u00e9 de l\u2019ouvrage d\u2019Izoard, versus d\u2019autres auteurs comme Guillaume Pitron. Ce dernier fournissait, selon Izoard, un argumentaire pr\u00e9cieux aux \u00e9lites pour la relance des mines en Europe, ce qu\u2019elle d\u00e9nonce. Ce seraient \u00e0 la fois les relations asym\u00e9triques au sein de l\u2019Europe, avec une p\u00e9riph\u00e9rie compos\u00e9e des PIGS (Portugal, Italie, Gr\u00e8ce et Espagne) o\u00f9 seraient relanc\u00e9es la plupart de ces mines, et l\u2019inutilit\u00e9 de cette relance qui justifieraient un retrait des mines selon elle. La relance serait inutile parce que la transition est un mythe. La plupart des m\u00e9taux extraits seraient de toute fa\u00e7on destin\u00e9s aux industries de l\u2019a\u00e9rospatiale, de l\u2019armement et des technologies de pointe. La course aux m\u00e9taux serait une course \u00e0 l\u2019armement et au \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb technologique. Bien qu\u2019elle s\u2019exprime sur l\u2019exemple du t\u00e9l\u00e9phone mobile et de son inutilit\u00e9, Izoard semble \u00e9viter de se prononcer directement sur l\u2019armement et l\u2019a\u00e9ronautique. Elle fait le parall\u00e8le avec la qu\u00eate des nazis pour des min\u00e9raux destin\u00e9s \u00e0 l\u2019armement \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1930, puis explique les liens qu\u2019entretient la Commission europ\u00e9enne avec les gisements ukrainiens et les entreprises d\u2019exploitation. Elle illustre ainsi les motifs r\u00e9els de l\u2019int\u00e9r\u00eat de la Commission pour la d\u00e9fense de l\u2019Ukraine, \u00e0 ses yeux, sans poser son opinion aussi clairement que pour la fin des t\u00e9l\u00e9phones mobiles. Bien que son texte ne soit pas un trait\u00e9 en faveur ou non de la d\u00e9fense ukrainienne, cet aspect manque \u00e0 son raisonnement puisque ce dernier pr\u00eate facilement le flanc \u00e0 des arguments plus r\u00e9alistes sur la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9fendre le peuple ukrainien de l\u2019invasion russe. \u00c9vitant de tomber dans des arguments \u00e0 la Jean-Marc Jancovici, cet ing\u00e9nieur fran\u00e7ais qui d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e de limiter \u00e0 quatre le nombre de vols autoris\u00e9s \u00e0 un individu au cours de sa vie, elle ne commente pas les usages a\u00e9ronautiques des min\u00e9raux extraits. Elle offre ainsi une alternative au t\u00e9l\u00e9phone mobile sans offrir d\u2019alternative \u00e0 l\u2019aviation commerciale ou \u00e0 l\u2019armement dans un contexte d\u2019invasion de l\u2019Ukraine, ce qui affaiblit quelque peu son argumentaire dans ce sens selon moi. <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">En n\u2019offrant pas d\u2019alternative cr\u00e9dible aux usages des m\u00e9taux qui sont critiqu\u00e9s, il est possible de se demander \u00e0 quel degr\u00e9 les id\u00e9es d\u2019Izoard rel\u00e8vent de l\u2019utopie. Il faut noter qu\u2019elle parle peu ou pas de renoncement et de d\u00e9croissance, ces mots-\u00e9pouvantails qui sont largement contest\u00e9s pour leur irr\u00e9alisme. Ses suggestions sont sectorielles, vis\u00e9es, toutefois trop incompl\u00e8tes pour que l\u2019on puisse imm\u00e9diatement croire en une sortie du minier. Si les constats qu\u2019elle fait sont alarmants et n\u00e9cessitent urgemment une r\u00e9ponse collective, il est difficile de voir comment l\u2019on peut s\u2019en sortir. Les m\u00e9thodes qui s\u2019accompagnent \u00e9galement de ce genre de renoncement \u00e0 grande \u00e9chelle peuvent \u00e9galement tenir du constructivisme rationaliste, une attitude qui, sans contr\u00f4le d\u00e9mocratique r\u00e9el, peut facilement basculer vers la tyrannie. Si son argumentaire est cr\u00e9dible et convaincant, il manque toutefois des pistes cr\u00e9dibles qui d\u00e9passent le cadre du choix personnel (comme le t\u00e9l\u00e9phone mobile) pour envisager les changements n\u00e9cessaires sugg\u00e9r\u00e9s. Malgr\u00e9 ses lacunes, les constats et r\u00e9\u00e9valuations sont n\u00e9cessaires, et c\u2019est ce que fait l\u2019ouvrage\u00a0: il lance le d\u00e9bat sur la transition. C\u2019est la raison pour laquelle je ne puis qu\u2019en recommander la lecture.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9douard de Guise<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><u><a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/interventionseconomiques\/27849\"><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">http:\/\/journals.openedition.org\/interventionseconomiques\/27849<\/span><\/span><\/span><\/a><\/u><\/span><span style=\"font-family: Comic Sans MS;\"><span style=\"font-size: medium;\"> \u00a0; <\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enqu\u00eate sur les m\u00e9taux \u00e0 l\u2019\u00e8re de la transition<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-15338","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15338"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15338\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15339,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15338\/revisions\/15339"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15338"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}