{"id":15377,"date":"2025-05-18T02:19:24","date_gmt":"2025-05-18T00:19:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=15377"},"modified":"2025-05-11T07:20:53","modified_gmt":"2025-05-11T05:20:53","slug":"kiabi-shein-decathlon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2025\/05\/18\/kiabi-shein-decathlon\/","title":{"rendered":"Kiabi, Shein, Decathlon"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-15367 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Meritocratie-300x212.jpg\" alt=\"\" width=\"422\" height=\"298\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Meritocratie-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Meritocratie.jpg 574w\" sizes=\"auto, (max-width: 422px) 100vw, 422px\" \/><\/p>\n<h1 style=\"text-align: left;\">La fast fashion encaisse des millions d\u2019euros d\u2019argent public avec le don de v\u00eatements invendus<\/h1>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les marques d\u2019habillement \u00e0 bas prix tirent profit de leurs invendus \u00e9coul\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019associations comme Emma\u00fcs ou La Croix Rouge, r\u00e9v\u00e8le Disclose, en partenariat avec Reporterre, \u00e0 partir de documents confidentiels. Le r\u00e9sultat de la loi anti-gaspillage qui les encourage, depuis 2022, \u00e0 donner leurs surplus en \u00e9change de 60\u00a0% de r\u00e9duction fiscale. Au risque de financer la surproduction de l\u2019industrie textile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le papier, l\u2019offre est all\u00e9chante. Vingt palettes de v\u00eatements neufs de la marque Shein envoy\u00e9es depuis la Chine, gratuitement. Delphine Peruch, coordinatrice d\u2019une recyclerie dans le Var, n\u2019en revient pas lorsqu\u2019elle re\u00e7oit cette proposition, en novembre dernier. Elle a pourtant d\u00e9clin\u00e9 : <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>Notre philosophie est de donner une seconde vie aux v<\/em><em>\u00ea<\/em><em>tements, pas de revendre du neuf<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. Ces derniers mois, son association croule sous les dons, comme toute la fili\u00e8re du r\u00e9-emploi textile, asphyxi\u00e9e par les surplus. \u00c0 la Croix-Rouge, en Vend\u00e9e, on ne r\u00e9cup\u00e8re plus les v\u00eatements confi\u00e9s par les particuliers. Chez Emma\u00fcs, <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>on pousse les murs, on construit des chapiteaux, et certains dons ont d<\/em><em>\u00fb<\/em> <em>\u00ea<\/em><em>tre jet<\/em><em>\u00e9<\/em><em>s<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, rapporte Louana Lamer, responsable textile de l\u2019association.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le secteur craque face \u00e0 une production de v\u00eatements d\u00e9brid\u00e9e. Chaque seconde, pr\u00e8s de 100\u00a0pi\u00e8ces neuves sont inject\u00e9es sur le march\u00e9 fran\u00e7ais. Une hausse de 30\u00a0% en seulement quatre ans. <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>On a cr<\/em><em>\u00e9\u00e9<\/em><em> un syst<\/em><em>\u00e8<\/em><em>me malade o<\/em><em>\u00f9<\/em><em> il est normal de produire en trop<\/em>, d\u00e9nonce Emmanuelle Ledoux, directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Institut national de l\u2019\u00e9conomie circulaire. <em>Il faut que tout soit disponible tout le temps, jouer sur la nouveaut\u00e9, r\u00e9duire les co\u00fbts avec des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelles\u2026 Le r\u00e9sultat, ce sont des niveaux \u00e9lev\u00e9s de surproduction.<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em> Des v\u00eatements qui ne servent \u00e0 rien, donc, et qui alourdissent le bilan \u00e9cologique d\u00e9sastreux de l\u2019industrie de la mode, responsable de 8\u00a0% des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre dans le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour limiter l\u2019impact des textiles invendus, la loi anti-gaspillage interdit leur destruction depuis 2022. Les entreprises pr\u00e9sentes sur le march\u00e9 fran\u00e7ais sont d\u00e9sormais oblig\u00e9es de les recycler, les vendre \u00e0 des d\u00e9stockeurs ou les donner \u00e0 des associations en \u00e9change d\u2019une r\u00e9duction fiscale \u00e9quivalant \u00e0 60\u00a0% de la valeur des v\u00eatements. Un effet d\u2019aubaine m\u00e9connu, mais largement exploit\u00e9 par des poids lourds du secteur comme Shein, Decathlon et Kiabi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s l\u2019enqu\u00eate de Disclose, en partenariat avec Reporterre, qui s\u2019appuie sur des documents internes et l\u2019analyse d\u2019une dizaine de rapports d\u2019entreprises, les g\u00e9ants de la fast fashion re\u00e7oivent plusieurs millions d\u2019euros de r\u00e9ductions d\u2019imp\u00f4t pour leurs surplus donn\u00e9s \u00e0 des associations. Exemple : pour un pantalon vendu 12\u00a0euros par Shein, la marque chinoise peut escompter une ristourne fiscale de 7,20\u00a0euros si elle choisit de l\u2019offrir \u00e0 une recyclerie. De quoi rendre la surproduction rentable pour une enseigne capable de r\u00e9duire ses co\u00fbts de fabrication \u00e0 quelques dizaines de centimes par article. Mais en bout de cha\u00eene, ce sont les associations qui trinquent : ensevelies sous les v\u00eatements, elles doivent aussi, de plus en plus, les d\u00e9truire par leurs propres moyens, voire\u2026 aux frais du contribuable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un cadeau de Shein contre un re\u00e7u fiscal<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>Nous produisons ce que les clients veulent, au moment o<\/em><em>\u00f9<\/em><em> ils le veulent et l<\/em><em>\u00e0<\/em><em> o<\/em><em>\u00f9<\/em><em> ils le veulent<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, assure le PDG de Shein, Donald Tang, dans <u><a href=\"https:\/\/www.lejdd.fr\/economie\/exclusif-donald-tang-president-de-shein-nous-ne-sommes-pas-une-entreprise-de-fast-fashion-156011\">un entretien au JDD<\/a><\/u> en mars dernier. Selon lui, <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>ce mod<\/em><em>\u00e8<\/em><em>le maximise l<\/em><em>\u2019<\/em><em>efficacit<\/em><em>\u00e9<\/em><em> et r<\/em><em>\u00e9<\/em><em>duit le gaspillage presque <\/em><em>\u00e0<\/em><em> z<\/em><em>\u00e9<\/em><em>ro<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. Vraiment\u2009? Sur le march\u00e9 priv\u00e9 du d\u00e9stockage, o\u00f9 des entreprises s\u2019\u00e9changent des lots de v\u00eatements invendus, les colis du mastodonte chinois de la mode sont partout. Ils se vendent m\u00eame par <u><a href=\"https:\/\/www.lejdd.fr\/economie\/exclusif-donald-tang-president-de-shein-nous-ne-sommes-pas-une-entreprise-de-fast-fashion-156011\">camions entiers<\/a><\/u>, sur des sites web examin\u00e9s par Disclose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais depuis quelques ann\u00e9es, les habits Shein produits pour rien ont trouv\u00e9 de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s, bien plus rentables : les brokers en invendus. Ces jeunes pousses fran\u00e7aises mettent en relation les grandes marques de v\u00eatements avec les associations sp\u00e9cialis\u00e9es dans le don. C\u2019est l\u2019un de ces brokers, baptis\u00e9 Dealinka, qui a contact\u00e9 la recyclerie varoise de Delphine Peruch, en fin d\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, pour lui proposer les palettes de v\u00eatements de Shein.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette start-up cr\u00e9\u00e9e en 2023, un an apr\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi anti-gaspillage, collabore avec les grands acteurs de la solidarit\u00e9 : Les Restos du C\u0153ur, le Secours Populaire ou Les Petits Fr\u00e8res des Pauvres. \u00c0 ses clients de la fast fashion, Dealinka promet de <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>r<\/em><em>\u00e9<\/em><em>duire les frais li<\/em><em>\u00e9<\/em><em>s aux stocks encombrants<\/em> [et] <em>associ\u00e9s \u00e0 la destruction des produits<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. Surtout, elle insiste sur <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>les dons effectu<\/em><em>\u00e9<\/em><em>s par les entreprises <\/em><em>\u00e0<\/em><em> des associations <\/em>[qui]<em> peuvent \u00eatre \u00e9ligibles \u00e0 des avantages fiscaux<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. Un argument que l\u2019on retrouve dans un e-mail envoy\u00e9 \u00e0 la recyclerie du Var et consult\u00e9 par Disclose. Dealinka propose ainsi <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>21 m<\/em><sup><em>3<\/em><\/sup><em> de marchandises<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em> de Shein, en \u00e9change d\u2019un <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>re<\/em><em>\u00e7<\/em><em>u fiscal que nous retournerons <\/em><em>\u00e0<\/em><em> notre client donateur<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. La cargaison \u00e9tant estim\u00e9e \u00e0 53\u2009167 euros, le <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>client donateur<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em> \u2014 la marque chinoise ou l\u2019un de ses importateurs \u2014 peut ici esp\u00e9rer d\u00e9duire 31\u202f900 euros de ses imp\u00f4ts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>La d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>fiscalisation est d<\/em><em>\u2019<\/em><em>autant plus int<\/em><em>\u00e9<\/em><em>ressante financi<\/em><em>\u00e8<\/em><em>rement que, dans le cadre du don, ce sont les entreprises elles-m<\/em><em>\u00ea<\/em><em>mes qui d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>terminent la valeur de leurs produits<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, d\u00e9crypte Romain Canler, directeur de l\u2019Agence du don en nature. Pour Shein, qui propose la bagatelle de 7\u00a0000 nouvelles r\u00e9f\u00e9rences par jour, <u><a href=\"https:\/\/www.amisdelaterre.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/decryptage-fast-fashion-vdef.pdf\">d\u2019apr\u00e8s les calculs<\/a><\/u> de l\u2019ONG Les Amis de la Terre, rien ne filtre sur le nombre d\u2019invendus. Pas plus que sur le montant des \u00e9conomies fiscales r\u00e9alis\u00e9es. Interrog\u00e9 par Disclose sur le manque \u00e0 gagner pour l\u2019\u00c9tat, le minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie n\u2019a pas donn\u00e9 suite. Mais pour une entreprise au moins, le cadeau du fisc se compte en centaines de milliers d\u2019euros : Decathlon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u2009Donner, c\u2019est bon pour ton portefeuille\u2009\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s un <u><a href=\"https:\/\/www.documentcloud.org\/documents\/25930601-2025-05-decathlon-comerso-invendus-reduction-fiscale\/\">tableau obtenu par Disclose<\/a><\/u>, Decathlon a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de 709\u00a0000 euros d\u2019avoirs fiscaux, en 2024, pour 1,18\u00a0million d\u2019euros de produits invendus donn\u00e9s via Comerso. Le slogan de cette entreprise qui, \u00e0 l\u2019instar de Dealinka, relie les marques et les associations\u2009? <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>Vos invendus ont de la valeur<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. Dont acte : la ristourne fiscale revers\u00e9e \u00e0 Decathlon, propri\u00e9t\u00e9 de la richissime famille Mulliez, a presque tripl\u00e9 entre 2021 et 2024, toujours selon ce document interne. <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>En 2023, ces dons en nature <\/em><em>\u00e9<\/em><em>quivalent <\/em><em>\u00e0<\/em><em> 0,01<\/em><em>\u00a0<\/em><em>% du chiffre d<\/em><em>\u2019<\/em><em>affaires de Decathlon France<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, relativise la marque aupr\u00e8s de Disclose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plut\u00f4t que d\u2019interroger son mod\u00e8le de production, qui alimente <u><a href=\"https:\/\/disclose.ngo\/fr\/article\/decathlon-la-fabrique-des-forcats-du-textile-au-bangladesh\">l\u2019exploitation humaine au Bangladesh<\/a><\/u> et <u><a href=\"https:\/\/disclose.ngo\/fr\/article\/decathlon-profite-du-travail-force-des-ouighours-en-chine\">en Chine<\/a><\/u>, mais aussi <u><a href=\"https:\/\/disclose.ngo\/fr\/article\/decathlon-les-chaussures-quechua-fabriquees-par-des-sous-traitants-lies-a-la-deforestation-au-bresil\">la d\u00e9forestation au Br\u00e9sil<\/a><\/u> comme l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 Disclose, Decathlon fait du don un mantra. Sollicit\u00e9e, l\u2019enseigne indique qu\u2019en 2024 <em>\u00ab\u00a0pr\u00e8s de 90\u00a0% de <\/em>[ses]<em> magasins en France ont particip\u00e9 \u00e0 des actions de dons, b\u00e9n\u00e9ficiant \u00e0 plus de 200\u00a0associations<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. Et \u00e0 ses finances. Sur un site web destin\u00e9 aux responsables de magasin, que Disclose a consult\u00e9, l\u2019incitation fiscale est clairement pr\u00e9sent\u00e9e comme une motivation au don\u00a0: <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>donner, c<\/em><em>\u2019<\/em><em>est bon pour ton portefeuille<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>. Et \u00e0 ce jeu-l\u00e0, une autre enseigne de la famille Mulliez a redoubl\u00e9 d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9\u00a0: Kiabi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tour de passe-passe de Kiabi<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En France, le champion fran\u00e7ais du pr\u00eat-\u00e0-porter ouvre un magasin tous les dix jours. Et plus de 800\u00a0000 v\u00eatements Kiabi sont mis en vente chaque jour. Combien d\u2019autres sont produits pour rien\u2009? Selon les calculs de Disclose, bas\u00e9s sur <u><a href=\"https:\/\/www.kiabi.com\/kiabi-data\/common\/landing-pages\/afbw\/pdf\/DPEF_2023_FR.pdf\">ses d\u00e9clarations extra-financi\u00e8res<\/a><\/u>, la marque a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 au moins 5,6\u00a0millions d\u2019invendus en 2023. Un volume qui a quasi doubl\u00e9 en deux ans. S\u2019ils \u00e9taient tous mis en rayon ensemble, ces v\u00eatements occuperaient environ 100\u00a0magasins de l\u2019enseigne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fort heureusement, Kiabi a trouv\u00e9 une combine pour \u00e9couler ses surplus, tout en profitant de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat : les Petits Magasins. Avec ce concept <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>g<\/em><em>\u00e9<\/em><em>nial<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, comme elle le <u><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/posts\/kiabi_inclusion-economiesolidaire-kiabi-activity-7207404070037241856-rK-P\/?originalSubdomain=fr\">vante sur ses r\u00e9seaux sociaux<\/a><\/u>, la marque d\u00e9stocke ses invendus aupr\u00e8s de boutiques solidaires qui vendent uniquement ses produits, sans passer par des interm\u00e9diaires. Encore mieux, ces Petits Magasins forment des salari\u00e9\u00b7es en insertion. L\u2019id\u00e9e, lanc\u00e9e en 2017, coche toutes les cases du cercle vertueux. \u00c0 un gros d\u00e9tail pr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Petits Magasins sont chapeaut\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 Kivi, une joint-venture entre Bunsha, la holding des magasins Kiabi, et le groupe d\u2019insertion Vitamine T, qui compte le DRH de Kiabi \u00e0 son conseil d\u2019administration. Autrement dit, dans ce syst\u00e8me <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>g<\/em><em>\u00e9<\/em><em>nial<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, Kiabi donne \u00e0 Kiabi. Sauf <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em>[qu\u2019]<em>il y a des rescrits fiscaux derri\u00e8re ces dons<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, r\u00e9v\u00e8le le responsable de l\u2019une de ces structures qui souhaite rester anonyme. Une information confirm\u00e9e \u00e0 Disclose par un ancien cadre de la marque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019ici 2026, le leader fran\u00e7ais de la mode \u00e9ph\u00e9m\u00e8re ambitionne d\u2019\u00e9couler la totalit\u00e9 de ses invendus via les Petits Magasins fiscalement optimisables. Kiabi n\u2019a pas souhait\u00e9 communiquer \u00e0 Disclose le montant des exon\u00e9rations fiscales d\u00e9j\u00e0 obtenues gr\u00e2ce \u00e0 cette op\u00e9ration. Mais en extrapolant ses derniers chiffres connus \u2014\u00a0430\u00a0000\u00a0v\u00eatements donn\u00e9s aux Petits Magasins en 2021, d\u2019une valeur de 1,9\u00a0million d\u2019euros \u2014, Kiabi aurait pu compter sur une r\u00e9duction d\u2019imp\u00f4ts de pr\u00e8s de 15\u00a0millions d\u2019euros si elle avait donn\u00e9 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ses invendus en 2023. Et sa soif d\u2019argent public ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Double peine pour les finances publiques<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 un chiffre d\u2019affaires record de 2,3\u00a0milliards d\u2019euros en 2024, dont 45\u00a0millions d\u2019euros revers\u00e9s en dividendes \u00e0 la famille Mulliez, Kiabi profite d\u2019autres largesses publiques pour rentabiliser sa surproduction. \u00c0 Reims (Marne), son tout nouveau Petit Magasin est implant\u00e9 dans <u><a href=\"https:\/\/www.bprfrance.com\/2025\/03\/20\/une-nouvelle-boutique-solidaire-signee-kiabi-groupe-vitamine-t-et-plurial-novilia-ouvre-ses-portes-a-reims\/\">des locaux subventionn\u00e9s<\/a><\/u> par un bailleur social. <strong>\u00c0 Hem (Nord), c\u2019est la mairie <u><a href=\"https:\/\/www.kiabi.com\/kiabi-data\/fr_FR\/landing-pages\/afbw\/pdf\/DPEF_Kiabi_2018.pdf\">qui a pr\u00eat\u00e9 un local<\/a><\/u> r\u00e9nov\u00e9 \u00e0 ses frais. La communaut\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration de Lens-Li\u00e9vin (Pas-de-Calais) <u><a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1BzdlJtCRfmU-GoD5LWe8NDHzBwELu4fe\/view\">a quant \u00e0 elle attribu\u00e9<\/a><\/u>, d\u00e9but mars, une subvention de 3\u00a0000\u00a0euros au Petit Magasin de Kiabi.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En quelques ann\u00e9es, au moins 30 de ces \u00ab\u2009boutiques solidaires\u2009\u00bb ont essaim\u00e9 sur le territoire. Pourtant, Kiabi ne parvient pas \u00e0 liquider l\u2019ensemble de ses invendus : au moins un v\u00eatement sur cinq donn\u00e9 aux Petits Magasins ne trouve pas preneur. Ces habits encore \u00e9tiquet\u00e9s sont alors susceptibles d\u2019\u00eatre donn\u00e9s \u00e0 des associations, au risque de concurrencer les v\u00e9ritables pi\u00e8ces de seconde main. <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>En injectant des invendus dans cette fili<\/em><em>\u00e8<\/em><em>re, les fripes ne sont plus comp<\/em><em>\u00e9<\/em><em>titives<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, regrette Emmanuelle Ledoux de l\u2019Institut national de l\u2019\u00e9conomie circulaire. La raison\u2009? Les v\u00eatements d\u2019occasion demandent beaucoup plus de travail aux structures de r\u00e9-emploi, comme l\u2019explique Lisa Coinus, ex-responsable textile au sein d\u2019une ressourcerie \u00e0 Arles : <em>\u00ab\u00a0Derri\u00e8re une fripe de seconde main, il y a 20 minutes de travail de tri. Si elle n\u00e9cessite un nettoyage, on passe \u00e0 30 minutes. Avec une petite r\u00e9paration, on monte \u00e0 45 minutes. Une fringue Kiabi ou Shein neuve qui arrive, vous la mettez directement sur les \u00e9tals<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Illustration de la saturation du secteur, son ancienne association accumule les stocks de v\u00eatements sur un parking, \u00e0 l\u2019air libre. <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>En mars dernier, on a d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>pens<\/em><em>\u00e9<\/em><em> 8<\/em><em>\u2009<\/em><em>000 euros pour enfouir 10 tonnes <\/em><em>\u00e0<\/em><em> la d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>chetterie<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, t\u00e9moigne Lisa Coinus. Et quand les structures ne peuvent pas assumer ces co\u00fbts, les collectivit\u00e9s locales prennent le relais. C\u2019est l\u00e0 un dernier co\u00fbt cach\u00e9 des invendus de la fast fashion : un jour ou l\u2019autre, ils finiront dans la fili\u00e8re des d\u00e9chets textiles. En th\u00e9orie, cette derni\u00e8re est financ\u00e9e par une taxe vers\u00e9e par les enseignes de mode sauf\u2026 si les v\u00eatements ont fait l\u2019objet d\u2019un don. <em>\u00ab<\/em><em>\u2009<\/em><em>Au final, l<\/em><em>\u2019<\/em><em>entreprise transf<\/em><em>\u00e8<\/em><em>re <\/em><em>\u00e0<\/em><em> la collectivit<\/em><em>\u00e9<\/em><em> la charge de l<\/em><em>\u2019\u00e9<\/em><em>limination de ses d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>chets<\/em><em>\u2009<\/em><em>\u00bb<\/em>, analyse Bertrand Bohain, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du Cercle du recyclage. Gouffre pour les finances publiques, inutile pour limiter la production exponentielle de la fast fashion, la loi anti-gaspillage porte d\u00e9cid\u00e9ment mal son nom.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u><a href=\"https:\/\/disclose.ngo\/fr\/\">https:\/\/disclose.ngo\/fr\/<\/a><\/u><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fast fashion encaisse des millions d\u2019euros d\u2019argent public avec le don de v\u00eatements invendus<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-15377","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15377","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15377"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15377\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15379,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15377\/revisions\/15379"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}