{"id":16673,"date":"2026-06-17T02:22:51","date_gmt":"2026-06-17T00:22:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=16673"},"modified":"2026-06-13T06:24:26","modified_gmt":"2026-06-13T04:24:26","slug":"qui-a-le-droit-daimer-la-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2026\/06\/17\/qui-a-le-droit-daimer-la-france\/","title":{"rendered":"Qui a le droit d\u2019aimer la France\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-16664 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Paix-260405-300x213.jpg\" alt=\"\" width=\"382\" height=\"271\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Paix-260405-300x213.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Paix-260405.jpg 703w\" sizes=\"auto, (max-width: 382px) 100vw, 382px\" \/><\/p>\n<h1 style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Du sacre du PSG au visage d\u2019Aya Nakamura, l\u2019extr\u00eame droite transforme la joie populaire en machine \u00e0 exclure les \u00ab\u00a0jeunes issus de l\u2019immigration\u00a0\u00bb.<\/strong> <\/span><\/h1>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">La romanci\u00e8re Chouf rappelle que le drapeau brandi ce soir-l\u00e0 dans la liesse et les heurts n\u2019est \u00ab pas un emprunt, pas une usurpation, pas une tol\u00e9rance qu\u2019on pourrait leur retirer\u00a0\u00bb.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">LeLe Paris Saint-Germain a conserv\u00e9 sa couronne europ\u00e9enne. La capitale a explos\u00e9 de joie. Et d\u00e8s le lendemain, on s\u2019employait \u00e0 convaincre la France que cette joie-l\u00e0 ne lui appartenait pas. R\u00e9cit d\u2019une nuit, et anatomie d\u2019un m\u00e9canisme\u00a0: celui qui retire \u00e0 des Fran\u00e7ais n\u00e9s ici le droit le plus \u00e9l\u00e9mentaire\u00a0:\u00a0celui de f\u00eater.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il faut d\u2019abord se souvenir de la nuit, avant qu\u2019on ne vienne nous la confisquer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Samedi 30\u00a0mai 2026. \u00c0 Budapest, sous le toit ferm\u00e9 de la Pusk\u00e1s Ar\u00e9na, le Paris Saint-Germain vient de conserver sa Ligue des champions face \u00e0 Arsenal \u2013\u00a0un but partout, puis cette loterie des tirs au but o\u00f9 Paris a gard\u00e9 son sang-froid, 4-3. Mais l\u2019histoire, ce soir, ne s\u2019\u00e9crit pas en Hongrie. Elle s\u2019\u00e9crit \u00e0 600 kilom\u00e8tres de l\u00e0, dans une ville qui n\u2019a pas jou\u00e9 et qui pourtant d\u00e9borde.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">Vous voulez vous d\u00e9sintoxiquer du\u00a0racisme, mieux le\u00a0comprendre et\u00a0vous en\u00a0lib\u00e9rer\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Regardez bien ces visages avant qu\u2019on ne vous explique qui ils sont. Ce sont des Parisiens. Ils ont les yeux de la ville, le verbe de la ville, l\u2019accent de la ville \u2013\u00a0c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019accent de tous ceux que la ville a dig\u00e9r\u00e9s depuis un si\u00e8cle. Ils ne f\u00eatent pas une abstraction\u00a0: ils f\u00eatent leur club, dans leur ville, sous leur tour Eiffel.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Quelques heures plus tard, la f\u00eate aura, par endroits, vir\u00e9 aux heurts. Et au matin, <a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/010626\/apres-la-victoire-du-psg-l-heure-des-pros-de-la-surenchere\">des hommes en costume<\/a> diront que ce n\u2019\u00e9tait pas une f\u00eate.<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ce qui s\u2019est pass\u00e9, chiffres \u00e0 l\u2019appui<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">La rigueur est la premi\u00e8re vertu antiraciste, parce que le mensonge est la premi\u00e8re arme du racisme. Disons donc les faits, sans les arrondir dans aucun sens.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">La f\u00eate a, par endroits, d\u00e9rap\u00e9. Le ministre de l\u2019int\u00e9rieur, Laurent Nu\u00f1ez, a fait \u00e9tat de 168\u00a0bless\u00e9s et de 891\u00a0interpellations sur l\u2019ensemble du territoire, en hausse de 45\u00a0% par rapport \u00e0 la finale de la Ligue des champions 2025. Toujours en marge de ces festivit\u00e9s, deux individus sont morts noy\u00e9s dans la Seine et un autre homme, qui conduisait un engin de type motocross, est mort sur le p\u00e9riph\u00e9rique parisien apr\u00e8s avoir heurt\u00e9 des blocs de b\u00e9ton.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Trois morts, ce sont toujours trois morts de trop. La violence est r\u00e9elle, elle fait des victimes, elle appelle la justice. Mais \u2013\u00a0et c\u2019est ici que le fait divers bascule en arme politique \u2013 nommer une violence et l\u2019instrumentaliser sont deux gestes oppos\u00e9s. Le premier prot\u00e8ge. Le second d\u00e9signe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et l\u2019extr\u00eame droite, elle, n\u2019a pas attendu les chiffres. Le soir m\u00eame, \u00e0 peine la coupe soulev\u00e9e, Marine Le Pen affirmait sur\u00a0X qu\u2019<i>\u00ab\u00a0il n\u2019y a qu\u2019en France\u00a0\u00bb<\/i> qu\u2019une victoire de football provoque des \u00e9meutes, ajoutant qu\u2019on s\u2019y barricade chez soi les soirs de liesse. \u00c9meutes, bandes, gu\u00e9rilla\u00a0: ce ne sont pas les mots d\u2019un fait divers, mais ceux de la guerre civile et de l\u2019ennemi int\u00e9rieur. On dessine une figure\u00a0: celle d\u2019un Fran\u00e7ais qu\u2019on refuse d\u2019appeler fran\u00e7ais.<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le mensonge fondateur\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019y a qu\u2019en France\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019affirmation centrale de Marine Le Pen est, tout simplement, fausse. Les journalistes de France Info <a href=\"https:\/\/www.franceinfo.fr\/vrai-ou-fake\/vrai-ou-faux-violences-apres-le-sacre-europeen-du-psg-la-france-est-elle-le-seul-pays-ou-la-victoire-d-un-club-de-foot-provoque-des-emeutes-comme-l-affirme-marine-le-pen_8039525.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019ont \u00e9tabli<\/a>\u00a0: les d\u00e9bordements li\u00e9s au football existent chez tous nos voisins, et les sp\u00e9cialistes les relient davantage aux dynamiques de violence urbaine qu\u2019au ballon rond lui-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Or, l\u2019histoire est t\u00eatue. En l\u2019an\u00a0532, \u00e0 Constantinople, les factions rivales des courses de chars d\u00e9clenchent la s\u00e9dition Nika\u00a0: la ville br\u00fble, on compte les morts par milliers. Le hooliganisme anglais, puis europ\u00e9en, a \u00e9crit des d\u00e9cennies de drames sans que personne y ait jamais lu la signature d\u2019une \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le test est implacable. Quand des ultras d\u2019extr\u00eame droite blessent gravement \u00e0 Paris \u2013\u00a0comme ces n\u00e9onazis qui, \u00e0 la veille de la finale de la Coupe de France, le 21\u00a0mai, <a href=\"https:\/\/www.streetpress.com\/1779462134-blancs-crane-rase-centaine-hooligans-nicois-terreur-bar-paris-hooligan-ultra-extreme-droite\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ont attaqu\u00e9<\/a> un bar et des passants au hasard pr\u00e8s du canal Saint-Martin \u2013, aucune pol\u00e9mique nationale, aucun plateau en boucle, aucun post sur les soirs o\u00f9 l\u2019on se barricade chez soi. Le racisme n\u2019est donc pas dans les faits, mais dans le tri des faits.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Refuser cette joie \u00e0 ces \u00ab\u00a0jeunes issus de l\u2019immigration\u00a0\u00bb, c\u2019est leur refuser le pays.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Voici la phrase qu\u2019il faut \u00e9crire avec une nettet\u00e9 de scalpel. Aucune autorit\u00e9 n\u2019a publi\u00e9 \u2013\u00a0et aucune ne le pouvait l\u00e9galement \u2013 la moindre statistique ethnique ou religieuse sur les 891\u00a0personnes interpell\u00e9es. Le droit fran\u00e7ais interdit le recensement de la population selon l\u2019origine ou la croyance. Le portrait d\u2019une foule \u00ab\u00a0issue de l\u2019immigration\u00a0\u00bb venue saccager Paris ne repose donc sur rien \u2013\u00a0rien d\u2019autre que la couleur que le pr\u00e9jug\u00e9 plaque sur le mot \u00ab\u00a0casseur\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Or ces jeunes sont fran\u00e7ais. N\u00e9s ici, scolaris\u00e9s ici. Leur joie d\u2019un soir de victoire est une joie patriote, au sens le plus simple et le plus pur\u00a0: l\u2019attachement charnel \u00e0 un lieu, \u00e0 une \u00e9quipe, \u00e0 un nom. Leur refuser cette joie, c\u2019est leur refuser le pays. Et leur refuser le pays parce que leurs grands-parents sont n\u00e9s ailleurs, c\u2019est rouvrir, \u00e0 ciel ouvert, la blessure coloniale.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et il y a, surtout, le retour de b\u00e2ton qu\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire avait diagnostiqu\u00e9 d\u00e8s 1950. Dans son <i>Discours sur le colonialisme<\/i>, il expliquait que la colonisation ne civilise pas le colonis\u00e9\u00a0: elle ensauvage le colonisateur, qui s\u2019habitue \u00e0 la violence, au m\u00e9pris, \u00e0 traiter des personnes comme des choses. Le mot que l\u2019extr\u00eame droite jette aujourd\u2019hui \u00e0 la figure des enfants de l\u2019immigration \u2013\u00a0<i>\u00ab\u00a0ensauvagement\u00a0\u00bb<\/i>\u00a0\u2013 est pr\u00e9cis\u00e9ment celui que C\u00e9saire retournait contre l\u2019Europe coloniale. L\u2019ironie est cruelle\u00a0: ceux qui accusent les autres de barbarie sont souvent les h\u00e9ritiers directs d\u2019une barbarie qu\u2019ils n\u2019ont jamais sold\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le s\u00e9paratisme qu\u2019ils reprochent, c\u2019est le s\u00e9paratisme qu\u2019ils fabriquent<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">De l\u00e0 d\u00e9coule le paradoxe central, qu\u2019il faut dire cr\u00fbment. L\u2019extr\u00eame droite reproche \u00e0 ces jeunes issus de milieux populaires et aux musulmans de France un \u00ab\u00a0s\u00e9paratisme\u00a0\u00bb\u00a0: le refus, pr\u00e9tendu, de la nation\u00a0; le repli\u00a0; la vie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la R\u00e9publique plut\u00f4t qu\u2019en elle. Mais que fait-elle d\u2019autre, lorsqu\u2019elle d\u00e9cr\u00e8te que les jeunes qui f\u00eatent le PSG ne c\u00e9l\u00e8brent pas, mais \u00e9meutent\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Elle s\u00e9pare. Elle prend des enfants n\u00e9s ici et les expulse symboliquement de la communaut\u00e9 nationale au moment pr\u00e9cis o\u00f9 ils s\u2019y reconnaissent le plus\u00a0:\u00a0un soir de victoire commune, drapeau tricolore au poing. En frappant d\u2019un soup\u00e7on ethnique l\u2019un des derniers espaces de coh\u00e9sion r\u00e9elle du pays, elle ne combat pas le s\u00e9paratisme\u00a0: elle l\u2019invente, elle le d\u00e9cr\u00e8te, elle l\u2019impose \u00e0 ceux qui n\u2019en voulaient pas. Le s\u00e9paratisme, ici, n\u2019est pas le projet d\u2019une minorit\u00e9 qui se retire. C\u2019est le verdict d\u2019une majorit\u00e9 qui refuse de partager son drapeau.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">On comprend mieux, alors, pourquoi le visage d\u2019Aya Nakamura appartient \u00e0 la m\u00eame s\u00e9quence. N\u00e9e \u00e0 Bamako, au Mali, arriv\u00e9e enfant en France, elle est l\u2019artiste fran\u00e7aise la plus \u00e9cout\u00e9e de la plan\u00e8te. D\u00e8s\u00a02024, le groupuscule identitaire Les Natifs <a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/300525\/jo-de-paris-le-racisme-sans-fard-des-identitaires-qui-ont-vise-aya-nakamura\">avait d\u00e9ploy\u00e9<\/a> une banderole pour lui signifier qu\u2019ici c\u2019\u00e9tait <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0Paris, pas le march\u00e9 de Bamako\u00a0\u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">. Deux ans plus tard, le 29\u00a0mai 2026, elle <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/videos\/video\/2026\/05\/30\/en-images-aya-nakamura-brule-les-injures-racistes-d-un-groupuscule-d-extreme-droite-a-son-concert-au-stade-de-france_6695268_1669088.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">a br\u00fbl\u00e9<\/a> sur la sc\u00e8ne du Stade de France une reproduction de cette banderole, devant 80\u00a0000\u00a0personnes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le drapeau qu\u2019ils brandissaient est le leur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le m\u00e9canisme est rigoureusement identique \u00e0 celui de la nuit du 30\u00a0mai. Une r\u00e9ussite \u2013\u00a0sportive, artistique, fran\u00e7aise\u00a0\u2013 devient insupportable d\u00e8s l\u2019instant o\u00f9 elle porte un visage que l\u2019extr\u00eame droite refuse d\u2019appeler fran\u00e7ais. Le supporter de banlieue et la chanteuse malienne re\u00e7oivent la m\u00eame sommation, murmur\u00e9e sous une banderole ou hurl\u00e9e dans un post sur les r\u00e9seaux sociaux\u00a0: ceci n\u2019est pas \u00e0 vous. La diff\u00e9rence, cette fois, c\u2019est qu\u2019elle a r\u00e9pondu par le feu \u2013\u00a0et qu\u2019une partie de la R\u00e9publique, jusqu\u2019au maire de Paris, a applaudi.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Alors disons-le sans euph\u00e9misme, et sans trembler.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les jeunes qui ont f\u00eat\u00e9 le PSG dans la nuit du 30 au 31\u00a0mai sont fran\u00e7ais. N\u00e9s ici, le plus souvent\u00a0; h\u00e9ritiers d\u2019une histoire coloniale que la France a \u00e9crite de sa propre main\u00a0; aussi parisiens que la tour qu\u2019ils ont vu rougir de loin. Leur joie \u00e9tait une joie fran\u00e7aise. Le drapeau qu\u2019ils brandissaient est le leur \u2013\u00a0pas un emprunt, pas une usurpation, pas une tol\u00e9rance qu\u2019on pourrait leur retirer. Le leur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019extr\u00eame droite voudrait faire de la couleur d\u2019un visage la fronti\u00e8re de la nation. C\u2019est une tr\u00e8s vieille id\u00e9e, et elle a toujours fini par les m\u00eames objets\u00a0: des banderoles au bord des fleuves, des listes de noms, des trains qu\u2019on imagine pleins. Le football, lui, n\u2019a pas demand\u00e9 l\u2019autorisation. Il a rassembl\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dommage pour ceux que cela d\u00e9range.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le but, le feu, le drapeau, la joie\u00a0: tout \u00e9tait fran\u00e7ais.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/biographie\/chouf\">Chouf<\/a> sur son blog dans mediapart<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du sacre du PSG au visage d\u2019Aya Nakamura, l\u2019extr\u00eame droite transforme la joie populaire en machine \u00e0 exclure les \u00ab\u00a0jeunes issus de l\u2019immigration\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-16673","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16673","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16673"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16673\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16674,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16673\/revisions\/16674"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16673"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16673"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16673"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}