{"id":1672,"date":"2017-10-19T02:43:31","date_gmt":"2017-10-19T00:43:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=1672"},"modified":"2018-08-06T11:10:31","modified_gmt":"2018-08-06T09:10:31","slug":"17-octobre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2017\/10\/19\/17-octobre\/","title":{"rendered":"17 octobre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Dans les t\u00eates, c\u2019est la journ\u00e9e mondiale du refus de la mis\u00e8re. On la f\u00eate depuis 1987. On peut \u00eatre s\u00fbr que pour beaucoup d\u2019entre nous, on n\u2019y pense plus d\u00e8s le lendemain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">17 octobre\u00a0: c\u2019est la r\u00e9pression des Alg\u00e9riens d\u00e9sarm\u00e9s en 1961 d\u00e9sob\u00e9issant au couvre-feu discriminatoire qui leur \u00e9tait impos\u00e9 est maintenant connue. Chiffre officiel\u00a0: trois morts\u00a0; chiffre plus proche de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: plus de 150 morts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela fait penser au 11 septembre\u00a0: on rappelle souvent qu\u2019en 2001 il s\u2019est pass\u00e9 quelque chose aux USA. On oublie de rappeler que le 11 septembre 1983, au Chili, le pr\u00e9sident Allende a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 et le Chili se lance dans la dictature\u00a0!<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Ici on noie les Alg\u00e9riens &#8211; 17 octobre 1961 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu\u2019en France, on souligne ces jours-ci le massacre survenu il y a 56 ans, la R\u00e9publique tarde encore \u00e0 reconna\u00eetre la responsabilit\u00e9 d\u2019\u00c9tat dans ces crimes d\u2019une violence et d\u2019une barbarie sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire contemporaine de l\u2019Europe occidentale. Avec \u00abIci on noie les Alg\u00e9riens &#8211; 17 octobre 1961\u00bb, Yasmina Adi revient sur cet \u00e9pisode traumatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le documentaire sur T\u00ebnk jusqu&rsquo;au 12 d\u00e9cembre\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.tenk.fr\/cite\/ici-on-noie-les-algeriens-17-octobre-1961.html\">https:\/\/www.tenk.fr\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019article complet sur le blog de TENK<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*************\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 ****************<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Extraits du blog de Gilles Manceron<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 Les historiens ont longtemps consid\u00e9r\u00e9 comme une \u00ab\u00a0\u00e9nigme\u00a0\u00bb la violence de la r\u00e9pression d\u2019octobre\u00a01961. Pierre Vidal-Naquet, en 2000, la pla\u00e7ait <em>\u00ab\u00a0parmi les \u00e9nigmes les plus \u00e9tranges que pose \u00e0 l\u2019historien et \u00e0 l\u2019honn\u00eate homme la guerre d\u2019Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb<\/em>. Il pointait que c\u2019est justement, apr\u00e8s l\u2019ouverture, le 20\u00a0mai 1961, des n\u00e9gociations d\u2019\u00c9vian entre le gouvernement fran\u00e7ais et le FLN, quand chacun savait que la guerre allait se terminer par l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, que cette guerre <em>\u00ab\u00a0atteint \u00e0 Paris son pic de violence<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les hypoth\u00e8ses exprim\u00e9es \u00e0 ce sujet par Jean-Luc Einaudi m\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 conduit en 2011, dans <em>Le 17 octobre des Alg\u00e9riens. La triple occultation d\u2019un massacre<\/em><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn2\">[2]<\/a>, \u00e0 avancer que la solution de cette \u00e9nigme r\u00e9sidait dans l\u2019existence au sein m\u00eame du gouvernement du d\u00e9saccord du premier ministre, Michel Debr\u00e9, avec la politique alg\u00e9rienne du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Debr\u00e9 n\u2019avait plus aucune prise sur le dossier alg\u00e9rien et conservait la responsabilit\u00e9 du maintien de l\u2019ordre en France, et, quand, en ao\u00fbt 1961, suite aux concessions du pr\u00e9sident sur la question du Sahara, un accord avec le FLN devenait rapidement possible, il s\u2019est agi pour lui de lancer, <em>a contrario<\/em> de la politique de sortie du conflit choisie par le G\u00e9n\u00e9ral, une guerre \u00e0 outrance contre la f\u00e9d\u00e9ration de France du FLN. Un ensemble d\u2019indices conduisaient \u00e0 cette explication.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, en 2017, les notes de Louis Terrenoire, l\u2019un des ministres qui soutenaient totalement la politique du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle pour la reconnaissance de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, publi\u00e9es dans un ouvrage \u00e9mouvant de sa fille, Marie-Odile Terrenoire, <em>Voyage intime au milieu de m\u00e9moires \u00e0 vif. Le 17 octobre 1961<\/em><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn3\">[3]<\/a>, confirment ces pr\u00e9somptions, et, on peut le dire, d\u00e9livrent, pour de bon, la cl\u00e9 de cette \u00e9nigme. <strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Louis Terrenoire, en tant que ministre de l\u2019information depuis le 5 f\u00e9vrier 1960, prenait r\u00e9guli\u00e8rement des notes au conseil des ministres, et, de surcro\u00eet, comme il avait pris l\u2019habitude de le faire depuis 1947, tenait un Journal o\u00f9 il laissait libre cours \u00e0 ses r\u00e9flexions personnelles. N\u00e9 en 1899, hostile en 1938 aux accords de Munich, il \u00e9tait entr\u00e9 en clandestinit\u00e9 apr\u00e8s l\u2019armistice de juin 1940, avait \u00e9t\u00e9 secr\u00e9taire du Conseil national de la R\u00e9sistance (CNR), puis arr\u00eat\u00e9 et tortur\u00e9 par la Gestapo (il y perdit un \u0153il), il fut d\u00e9port\u00e9 dans le camp de Kempten, d\u00e9pendant de Dachau. Il a racont\u00e9 comment <em>\u00ab\u00a0gaullistes, chr\u00e9tiens, communistes et inclassables\u00a0\u00bb<\/em> y avaient r\u00e9ussi \u00e0 constituer <em>\u00ab\u00a0un front uni face \u00e0 la pire adversit\u00e9<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0\u00bb<\/em>. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a connu Edmond Michelet, chr\u00e9tien comme lui, qui restera son ami.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme Michelet, il partageait pleinement le choix du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, annonc\u00e9 en septembre\u00a01959, un an apr\u00e8s son \u00e9lection comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, de mettre fin \u00e0 la guerre d\u2019Alg\u00e9rie par l\u2019\u00ab\u00a0autod\u00e9termination\u00a0\u00bb. Pour le premier pr\u00e9sident du GPRA, Ferhat Abbas\u00a0: <em>\u00ab\u00a0\u00c0 partir de l\u2019offre d\u2019autod\u00e9termination par le chef de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais, le probl\u00e8me alg\u00e9rien est virtuellement r\u00e9gl\u00e9. D\u00e8s lors que le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, au nom de la France, reconna\u00eet aux Alg\u00e9riens le libre choix de leur destin, il admet par l\u00e0 m\u00eame leur droit \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn5\">[5]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/em> De Gaulle avait pr\u00e9cis\u00e9 son choix dans sa conf\u00e9rence de presse du 4\u00a0novembre 1960 o\u00f9 il a parl\u00e9 d\u2019une \u00ab\u00a0R\u00e9publique alg\u00e9rienne\u00a0\u00bb et de n\u00e9gociations avec le FLN, puis dans celle du 11\u00a0avril 1961 o\u00f9 il a dit que la \u00ab\u00a0R\u00e9publique alg\u00e9rienne\u00a0\u00bb serait un \u00c9tat \u00ab\u00a0souverain au-dedans et au-dehors\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Louis Terrenoire savait que ce choix \u00e9tait ancien\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le 18 mai 1955 que le g\u00e9n\u00e9ral me parla, pour la premi\u00e8re fois, de l\u2019avenir de l\u2019Alg\u00e9rie. \u201cNous sommes en pr\u00e9sence, me dit-il, d\u2019un mouvement g\u00e9n\u00e9ral dans le monde, d\u2019une vague qui emportera les peuples vers l\u2019\u00e9mancipation. Il y a des imb\u00e9ciles qui ne veulent pas le comprendre\u00a0; ce n\u2019est pas la peine de leur en parler<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn6\">[6]<\/a>\u00a0\u00bb Il cite en exergue de son livre <em>De Gaulle et l\u2019Alg\u00e9rie, t\u00e9moignage pour l\u2019histoire<\/em>, cette phrase du G\u00e9n\u00e9ral d\u2019avril 1955 \u00e0 l\u2019\u00e9crivain alg\u00e9rien Jean Amrouche\u00a0: <em>\u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie sera \u00e9mancip\u00e9e. Ce sera long. Il y aura de la casse. Beaucoup de casse. Vous aurez beaucoup \u00e0 souffrir. Quant \u00e0 moi, je ne parlerai que le jour o\u00f9 je serai en situation de faire ce que j\u2019aurai dit.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand de Gaulle a annonc\u00e9 en septembre 1959 sa politique alg\u00e9rienne, Terrenoire a applaudi\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La proposition d\u2019autod\u00e9termination \u00e9tait salu\u00e9e par le monde comme un acte de grand courage, qui ramenait la France sur la voie, trac\u00e9e jadis par elle, du droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames.\u00a0\u00bb<\/em> Il a d\u00e9clar\u00e9 le 20 novembre 1960 \u00e0 Alen\u00e7on\u00a0: \u00ab\u00a0Un immense mouvement de d\u00e9colonisation a commenc\u00e9 \u00e0 travers l\u2019univers que rien ni personne n\u2019a le pouvoir d\u2019arr\u00eater\u00a0\u00bb et le G\u00e9n\u00e9ral l\u2019en a f\u00e9licit\u00e9 et lui a dit que cela traduisait sa propre pens\u00e9e. Au moment du putsch des g\u00e9n\u00e9raux, Terrenoire a \u00e9crit\u00a0qu\u2019on assistait <em>\u00ab\u00a0au sursaut d\u2019un colonialisme menac\u00e9 par l\u2019\u00e9mancipation d\u2019un peuple domin\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec du putsch d\u2019Alger, l\u2019ouverture des n\u00e9gociations entre la France et le GPRA \u00e0 \u00c9vian annon\u00e7aient la fin de la guerre. Mohammed Harbi, qui pr\u00e9sidait la commission d\u2019experts aupr\u00e8s du GPRA, \u00e9crit dans ses M\u00e9moires\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Plus que le cessez-le-feu ou la proclamation de l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve ce 18\u00a0mai 1961 fut l\u2019un des plus beaux jours de ma vie. Nous \u00e9tions arriv\u00e9s \u00e0 bon port<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn7\">[7]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/em> D\u00e8s lors, des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du FLN discutaient ouvertement, sur le territoire fran\u00e7ais, avec des repr\u00e9sentants officiels de la France, des militaires fran\u00e7ais \u00e9taient charg\u00e9s de leur protection pour qu\u2019ils ne soient pas pris pour cible par les ultras de l\u2019OAS. Le cessez-le-feu unilat\u00e9ral d\u2019un mois que la France avait proclam\u00e9, de Gaulle d\u00e9cida, contre son avis de premier ministre, dira Michel Debr\u00e9<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn8\">[8]<\/a>, de le prolonger jusqu\u2019au 2\u00a0ao\u00fbt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Debr\u00e9, qui avait soutenu l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir du G\u00e9n\u00e9ral en 1958 en pensant qu\u2019il d\u00e9fendrait jusqu\u2019au bout l\u2019Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, n\u2019\u00e9tait pas favorable \u00e0 sa politique alg\u00e9rienne, approuv\u00e9e pourtant par la grande majorit\u00e9 des opinions fran\u00e7aises et alg\u00e9riennes. Apr\u00e8s de premi\u00e8res divergences d\u00e8s la fin de l\u2019ann\u00e9e 1959, ce fut un net d\u00e9saccord \u00e0 la fin de 1960, aggrav\u00e9 par la d\u00e9cision du G\u00e9n\u00e9ral\u00a0d\u2019accepter, en ao\u00fbt\u00a01961, la souverainet\u00e9 alg\u00e9rienne sur le Sahara. Debr\u00e9 lui a pr\u00e9sent\u00e9 le 18\u00a0ao\u00fbt sa d\u00e9mission, qu\u2019il a refus\u00e9e. Il lui avait retir\u00e9 la responsabilit\u00e9 du dossier alg\u00e9rien en cr\u00e9ant, en f\u00e9vrier\u00a01960, un Comit\u00e9 des affaires alg\u00e9riennes qu\u2019il pr\u00e9sidait lui-m\u00eame, puis en attribuant ce dossier en novembre \u00e0 Louis Joxe, ministre d\u2019\u00c9tat aux Affaires alg\u00e9riennes, sous son autorit\u00e9 directe. Mais, lors de la cr\u00e9ation du Comit\u00e9 des affaires alg\u00e9riennes, Michel Debr\u00e9 lui avait demand\u00e9 de pr\u00e9ciser que le maintien de l\u2019ordre en France resterait sous sa responsabilit\u00e9. En\u00a01960 et\u00a01961, il a organis\u00e9 plusieurs conseils restreints de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Matignon qui ont mis en \u0153uvre sous son autorit\u00e9 divers dispositifs dans la r\u00e9gion parisienne en s\u2019appuyant sur le pr\u00e9fet de police, Maurice Papon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De Gaulle, qui \u00e9tait la cible en 1961 de tentatives d\u2019assassinats venant de l\u2019OAS et aux prises avec une opposition \u00ab\u00a0Alg\u00e9rie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb au sein m\u00eame de sa majorit\u00e9, savait son premier ministre en d\u00e9saccord avec lui mais, ne voulant pas qu\u2019il le quitte avant la signature des accords, il a du se r\u00e9soudre \u00e0 lui faire d\u2019importantes concessions. Il a c\u00e9d\u00e9, le 6 mai 1961, \u00e0 sa demande de remplacer le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Pierre Chatenet, ancien conseiller de Pierre Mend\u00e8s-France, qui d\u00e9sapprouvait les m\u00e9thodes du pr\u00e9fet de police : \u00ab\u00a0Je sens l\u2019insuffisance de Chatenet en ce qui concerne la police\u00a0\u00bb, \u00e9crivait Debr\u00e9 en d\u00e9cembre au g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn9\">[9]<\/a>. Il avait obtenu son remplacement \u2014\u00a0au pr\u00e9texte de sa mauvaise sant\u00e9\u2026\u00a0\u2014, par Roger Frey, ancien responsable du RPF, proche de Jacques Soustelle, qui partageait son hostilit\u00e9 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne. Et, le 23\u00a0ao\u00fbt 1961, il obtient le d\u00e9part du ministre de la Justice, Edmond Michelet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019\u00e9viction d\u2019Edmond Michelet<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Michelet, du m\u00eame \u00e2ge que Terrenoire, s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 dans la R\u00e9sistance d\u00e8s juin 1940 et investi particuli\u00e8rement dans l\u2019aide aux Juifs et aux r\u00e9fugi\u00e9s allemands antinazis. Arr\u00eat\u00e9 en 1943 et d\u00e9port\u00e9, il a poursuivi son combat au camp de Dachau. D\u00e8s 1957, il rejetait l\u2019id\u00e9e d\u2019int\u00e9gration de l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 la France et affirmait l\u2019existence de deux peuples, fran\u00e7ais et alg\u00e9rien. Nomm\u00e9 ministre de la Justice en 1959, il \u00e9tait fondamentalement hostile, comme proche de <em>T\u00e9moignage chr\u00e9tien<\/em> et ancien r\u00e9sistant d\u00e9port\u00e9, \u00e0 l\u2019usage de la torture et refusait la r\u00e9pression injuste des Alg\u00e9riens favorables \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Soutenue par sa directrice de l\u2019administration p\u00e9nitentiaire, Simone Veil, il avait accept\u00e9 que les d\u00e9tenus du FLN sortent du statut de \u00ab\u00a0droit commun\u00a0\u00bb et obtenu qu\u2019aucune ex\u00e9cution capitale n\u2019ait plus lieu. Et il avait pris des mesures am\u00e9liorant leurs conditions de d\u00e9tention, avec l\u2019accord du G\u00e9n\u00e9ral, mais en cachette de Matignon qu\u2019elles scandalisaient. Debr\u00e9 \u00e9crivait en d\u00e9cembre\u00a01959 \u00e0 Michelet\u00a0: \u00ab\u00a0Les lieux de d\u00e9tention deviennent des camps de repos et surtout des camps de propagande<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn1\">[10]<\/a>\u00a0\u00bb\u00a0; plus tard\u00a0: \u00ab\u00a0Je rougis de honte devant l\u2019absence de discipline des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn2\">[11]<\/a>.\u00a0\u00bb Nulle absence de discipline, en r\u00e9alit\u00e9, mais Michelet laissait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le FLN\u00a0organiser la vie dans les camps\u00a0et les prisons. Michel Debr\u00e9 avait fait mettre sur \u00e9coute les membres de son cabinet et l\u2019avait oblig\u00e9 \u00e0 se d\u00e9barrasser, au printemps 1960, de deux d\u2019entre eux qu\u2019il avait charg\u00e9s, \u00e9crit Terrenoire, d\u2019une mission \u2014 voulue par le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle\u00a0\u2014 aupr\u00e8s des responsables du FLN \u00ab\u00a0arr\u00eat\u00e9s ill\u00e9gitimement en plein ciel et incarc\u00e9r\u00e9s soit \u00e0 la prison de la Sant\u00e9, soit au fort de l\u2019Ile de R\u00e9, d\u2019\u00eatre mis au courant, pr\u00e9alablement, du discours promoteur de la politique d\u2019autod\u00e9termination, le 16 septembre 1959\u00a0\u00bb. Debr\u00e9 reprochait aussi \u00e0 Michelet de \u00ab\u00a0prot\u00e9ger\u00a0\u00bb Paul Teitgen, qui avait d\u00e9nonc\u00e9 la torture et les ex\u00e9cutions sommaires lors de la Bataille d\u2019Alger\u00a0; de refuser de poursuivre Simone de Beauvoir pour une \u00ab\u00a0libre opinion\u00a0\u00bb publi\u00e9e dans <em>Le Monde<\/em> du 2\u00a0juin 1960, de ne pas prendre de sanctions contre Gis\u00e8le Halimi pour avoir aussi publi\u00e9 un \u00ab\u00a0article scandaleux\u00a0\u00bb, ni contre les autres \u00ab\u00a0avocats f\u00e9lons\u00a0\u00bb qui d\u00e9fendaient les militants du FLN. Quand le premier ministre obtient son remplacement par Bernard Chenot, Louis Terrenoire \u00e9crit qu\u2019Edmond Michelet a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0limog\u00e9\u00a0\u00bb et remplac\u00e9 par quelqu\u2019un qui prendrait, selon les v\u0153ux de Michel Debr\u00e9, \u00ab\u00a0le contre-pied des positions d\u2019Edmond Michelet<a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/gilles-manceron\/blog\/161017\/du-nouveau-sur-le-17-octobre-1961#_ftn3\">[12]<\/a>\u00a0\u00bb. Une fois ce d\u00e9part obtenu, la r\u00e9pression extrajudiciaire et les violences orchestr\u00e9es par Maurice Papon ont pu, d\u00e8s le d\u00e9but de septembre 1961, se donner libre cours, avec une censure croissante de l\u2019information et l\u2019assurance que les plaintes d\u00e9pos\u00e9es par des Alg\u00e9riens seraient enterr\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1696\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/salonDames-171019-01-300x271.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"271\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/salonDames-171019-01-300x271.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/salonDames-171019-01.jpg 332w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les t\u00eates, c\u2019est la journ\u00e9e mondiale du refus de la mis\u00e8re. 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