{"id":16742,"date":"2026-07-17T02:48:48","date_gmt":"2026-07-17T00:48:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=16742"},"modified":"2026-07-13T06:50:33","modified_gmt":"2026-07-13T04:50:33","slug":"le-canal-seine-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2026\/07\/17\/le-canal-seine-nord\/","title":{"rendered":"Le canal Seine-Nord"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-16735 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Soulcie-260623-1-249x300.jpg\" alt=\"\" width=\"380\" height=\"458\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Soulcie-260623-1-249x300.jpg 249w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Soulcie-260623-1.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Un projet \u00e9cocidaire\u00a0\u00bb destructeur de zones humides<\/strong><\/h1>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des centaines de personnes se sont rassembl\u00e9es samedi dans le village d\u2019Oisy-le-Verger, pour s\u2019opposer au d\u00e9marrage des travaux du canal Seine-Nord Europe. Cette infrastructure, destin\u00e9e \u00e0 mettre les Hauts-de-France sur la carte du transport fluvial XXL, consommerait une grande partie des ressources hydriques de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Elle est venue de Lille (Nord) avec son panneau <em>\u00ab\u00a0Personne peut nous m\u00e9gacanaliser\u00a0\u00bb<\/em>. Elle a trente ans, l\u2019avenir devant elle. Et elle n\u2019en peut plus du <em>\u00ab\u00a0cynisme\u00a0\u00bb<\/em> de <em>\u00ab\u00a0ces politiques gouvernementales qui vont \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019\u00e9tat actuel du monde\u00a0\u00bb<\/em>. Dans la manifestation contre le d\u00e9marrage des travaux du canal Seine-Nord Europe, samedi 11\u00a0juillet dans le village d\u2019Oisy-le-Verger, Louise Grenier d\u00e9nonce une infrastructure qui va <em>\u00ab\u00a0pomper la ressource en eau, mettre en pr\u00e9carit\u00e9 des agriculteurs, et menacer beaucoup d\u2019esp\u00e8ces\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0C\u2019est un projet d\u2019un autre temps\u00a0\u00bb<\/em>, l\u00e2che Maurice Gomez, porte-parole du collectif Les Soul\u00e8vements de la Seine, \u00e0 l\u2019origine, avec d\u2019autres organisations, de cette journ\u00e9e de mobilisation, point culminant de trois jours de rassemblement autour d\u2019un campement militant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Ce m\u00e9gacanal ne prend pas en compte le r\u00e9chauffement climatique ni la s\u00e9cheresse. Il va perturber le cycle de l\u2019eau en pompant dans l\u2019Oise et en artificialisant les sols\u00a0\u00bb<\/em>, ajoute-t-il. Un comble \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la France traverse sa troisi\u00e8me canicule en moins de deux mois, mettant le pays en proie \u00e0 un ass\u00e8chement historique des sols.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Concr\u00e8tement, cette voie navigable, d\u2019une longueur de 107\u00a0kilom\u00e8tres et d\u2019une largeur d\u2019une cinquantaine de m\u00e8tres, doit doubler d\u2019ici \u00e0 2032 le canal du Nord d\u00e9j\u00e0 existant, pour relier Compi\u00e8gne (Oise) \u00e0 Aubenchel-au-Bac (Nord). Et mettre la r\u00e9gion Hauts-de-France sur la carte du transport fluvial XXL.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car tout, dans ce projet, a des dimensions gigantesques. Les p\u00e9niches, d\u2019abord. Elles pourront \u00eatre cinq fois plus grosses qu\u2019aujourd\u2019hui, jusqu\u2019\u00e0 180\u00a0m\u00e8tres de long et 11\u00a0m\u00e8tres de large, pour supporter jusqu\u2019\u00e0 4\u00a0400 tonnes de chargement. L\u2019emprise d\u2019espaces naturels, ensuite\u00a0: 3\u00a0300 hectares au total, dont 240 zones humides, doivent dispara\u00eetre sous les tractopelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce sont surtout les volumes d\u2019eau qui sont difficiles \u00e0 se repr\u00e9senter tant ils sont importants\u00a0: 21\u00a0millions de m\u00e8tres cubes d\u2019eau doivent remplir ce canal enti\u00e8rement artificiel. Une ressource hydrique qui sera pomp\u00e9e dans l\u2019Oise\u2026 et en p\u00e9riode de s\u00e9cheresse, dans une m\u00e9gabassine aux dimensions in\u00e9dites. Pr\u00e9vue sur la commune d\u2019Allaines (Somme) pour une capacit\u00e9 de 14\u00a0millions de m\u00e8tres cubes, cette retenue d\u2019eau \u00e0 ciel ouvert fera 22 fois la taille de Sainte-Soline.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Avis d\u00e9favorables<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le village d\u2019Oisy-le-Verger, o\u00f9 se d\u00e9roule la manifestation, est concern\u00e9 quant \u00e0 lui par l\u2019am\u00e9nagement d\u2019une des six \u00e9cluses du trac\u00e9. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est une m\u00e9ga \u00e9cluse, qui fera partie des plus grandes d\u2019Europe<\/em>, poursuit Maurice du collectif Les Soul\u00e8vements de la Seine. <em>Pour la construire, la moiti\u00e9 du bois de la Cr\u00eate \u00e0 renard a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e. Un bois que les habitants du village avaient plant\u00e9 il y a vingt ans\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Localement, les voix en faveur du projet sont rares. En mars, une consultation citoyenne a donn\u00e9 70\u00a0% d\u2019avis d\u00e9favorables. Et les avis n\u00e9gatifs des institutions se sont accumul\u00e9s depuis quelques mois. Dernier en date\u00a0: celui du Conseil d\u2019orientation des structures (COI).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 1<sup>er<\/sup>\u00a0juillet, devant le S\u00e9nat, son pr\u00e9sident David Valence a fait savoir que l\u2019on pouvait tout \u00e0 fait revenir en arri\u00e8re sur ce chantier \u2013 \u00e0 l\u2019inverse de ce qu\u2019assure Xavier Bertrand, le pr\u00e9sident Les R\u00e9publicains (LR)\u00a0 de la r\u00e9gion Hauts-de-France, qui se trouve \u00e9galement \u00e0 la t\u00eate de la soci\u00e9t\u00e9 du canal Seine-Nord Europe, ma\u00eetre d\u2019ouvrage du projet. Pour lui, celui-ci est <em>\u00ab\u00a0irr\u00e9versible\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En janvier, c\u2019est <a href=\"https:\/\/www.eca.europa.eu\/ECAPublications\/SR-2026-02\/SR-2026-02_FR.pdf\">l<\/a><a href=\"https:\/\/www.eca.europa.eu\/ECAPublications\/SR-2026-02\/SR-2026-02_FR.pdf\">a Cour des comptes europ\u00e9enne<\/a> qui soulignait l\u2019envol\u00e9e du co\u00fbt du canal Seine-Nord Europe et les reculs du calendrier, apr\u00e8s <a href=\"https:\/\/www.ccomptes.fr\/fr\/publications\/la-construction-du-canal-seine-nord-europe-et-ses-consequences\">la Cour des comptes fran\u00e7aise<\/a> qui pointait les m\u00eames d\u00e9rives. Alors que le co\u00fbt \u00e9tait annonc\u00e9 au d\u00e9part \u00e0 4,3\u00a0milliards d\u2019euros, l\u2019institution de la rue Cambon l\u2019estime d\u00e9sormais \u00e0 pr\u00e8s de 11\u00a0milliards d\u2019euros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces critiques ne sont pas nouvelles. En 2022, le Conseil \u00e9conomique, social et environnemental (Cese) des Hauts-de-France soulignait la faible prise en compte dans le projet du d\u00e9r\u00e8glement climatique et des p\u00e9nuries d\u2019eau \u00e0 venir. Et en 2013 d\u00e9j\u00e0, le Conseil g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019environnement et du d\u00e9veloppement durable (CGEDD) qualifiait le financement du projet d\u2019<em>\u00ab\u00a0inatteignable\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un projet \u00e9cocidaire, qui accapare l\u2019eau et les terres alors que ce devraient \u00eatre des biens communs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lena Lazare, co-porte-parole des Soul\u00e8vements de la Terre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Oisy-le-Verger, sous le soleil br\u00fblant de la journ\u00e9e caniculaire de samedi, nul besoin de ces rapports\u00a0: tout le monde est d\u00e9j\u00e0 convaincu depuis longtemps du non-sens de ce m\u00e9gacanal lanc\u00e9 il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es, sur la base de donn\u00e9es qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec le contexte environnemental d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0C\u2019est un projet \u00e9cocidaire, qui accapare l\u2019eau et les terres alors que ce devraient \u00eatre des biens communs<\/em>, d\u00e9nonce Lena Lazare, co-porte-parole des Soul\u00e8vements de la Terre, aujourd\u2019hui install\u00e9e comme paysanne-boulang\u00e8re dans l\u2019Orne et venue sp\u00e9cialement pour la manifestation. <em>Tout le monde est touch\u00e9 par la canicule, et dans le monde paysan, on a d\u00fb travailler avec des temp\u00e9ratures extr\u00eames. Les impacts du changement climatique, on les voit bien en ce moment\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux cort\u00e8ges s\u2019\u00e9lancent au d\u00e9part de la place du monument aux morts du village. L\u2019un, sur le trac\u00e9 valid\u00e9 par la pr\u00e9fecture apr\u00e8s trois propositions infructueuses des organisations, sur la route\u00a0; l\u2019autre, \u00e0 travers champs, pour tenter de s\u2019approcher d\u2019un des chantiers de pr\u00e9paration du canal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon les collectifs \u00e0 l\u2019origine de la mobilisation, 3\u00a0500 personnes ont r\u00e9pondu pr\u00e9sentes\u00a0; pour la pr\u00e9fecture elles sont 2\u00a0000. Le dispositif d\u00e9ploy\u00e9 par la gendarmerie compte, lui, pr\u00e8s de 900\u00a0personnes. Un h\u00e9licopt\u00e8re ne cesse de tourner dans le ciel, des dizaines de camions de gendarmes sont stationn\u00e9s sur les routes autour du village, et des pneumatiques sont positionn\u00e9s dans le canal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur l\u2019un des tracteurs en t\u00eate de cort\u00e8ge, Yves Courtaux, paysan \u00e0 Ytres (Pas-de-Calais), \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de l\u00e0, explique pourquoi il refuse de l\u00e2cher ses terres o\u00f9 poussent c\u00e9r\u00e9ales, betteraves, colza et pois de conserve. <em>\u00ab\u00a0Le trac\u00e9 du m\u00e9gacanal passe au ras de ma ferme. On veut me prendre 25\u00a0% de mes terres<\/em>, dit-il. <em>Certes, d\u2019autres terrains doivent nous \u00eatre c\u00e9d\u00e9s en \u00e9change, et tant qu\u2019ils ne sont pas trouv\u00e9s, on doit nous verser 3\u00a0000\u00a0euros par an par hectare pr\u00e9empt\u00e9. Mais \u00e7a n\u2019en fait pas quelque chose d\u2019acceptable. C\u2019est comme si on rasait votre maison devant vos yeux et qu\u2019on vous disait\u00a0: c\u2019est pas grave, l\u2019assurance va payer\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Perspective dystopique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ytres fait partie des endroits qui seront massacr\u00e9s par l\u2019am\u00e9nagement du canal. Le village, situ\u00e9 sur un point haut du parcours, \u00e0 environ 130\u00a0m\u00e8tres d\u2019altitude, doit \u00eatre entaill\u00e9 par une tranch\u00e9e de 47\u00a0m\u00e8tres de profondeur afin de faire passer la structure. D\u2019autres ouvrages interrogent \u00e9galement\u00a0: le canal doit \u00eatre hiss\u00e9 au-dessus des \u00e9tangs de Cl\u00e9ry-sur-Somme par le biais d\u2019un pont d\u2019une longueur de 1,3\u00a0kilom\u00e8tre pos\u00e9 sur 64\u00a0piliers de b\u00e9ton\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 cette perspective dystopique, les opposant\u00b7es font valoir l\u2019urgence de pr\u00e9server les zones humides menac\u00e9es par le projet, dans une r\u00e9gion d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s ab\u00eem\u00e9e par l\u2019industrialisation, puis le d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture intensive. <em>\u00ab\u00a0Les Hauts-de-France ne comptent que 13\u00a0% d\u2019espaces naturels\u00a0\u00bb<\/em>, rappelle Claire Aubois, botaniste au sein du mouvement des Naturalistes des terres, qui fait partie des organisations \u00e0 l\u2019origine du rassemblement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or avec la multiplication des inondations l\u2019hiver et des s\u00e9cheresses l\u2019\u00e9t\u00e9, la r\u00e9gion se trouve en premi\u00e8re ligne des d\u00e9r\u00e8glements climatiques. Face \u00e0 cela, les zones humides ont un r\u00f4le crucial\u00a0: elles font naturellement tampon en cas de fortes pr\u00e9cipitations\u00a0; et r\u00e9servoirs d\u2019eau en p\u00e9riode de s\u00e9cheresse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces zones humides, ce sont aussi <em>\u00ab\u00a0des corridors \u00e9cologiques\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9cise Claire Aubois. <em>\u00ab\u00a0Nous avons identifi\u00e9 plein d\u2019esp\u00e8ces qui ne figurent pas dans l\u2019\u00e9tude d\u2019impact du projet ou dans la liste de d\u00e9rogations accord\u00e9es par la pr\u00e9fecture<\/em>, dit-elle.<em> C\u2019est le cas du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gu%C3%AApier_d'Europe\">gu\u00eapier d\u2019Europe<\/a> et de nombreux oiseaux migrateurs. Mais aussi de plantes, comme <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Veronica_scutellata\">la v\u00e9ronique <\/a><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Veronica_scutellata\">en \u00e9cus<\/a>, d\u2019insectes,\u00a0comme <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cuivr%C3%A9_des_marais\">le cuivr\u00e9 des mar<\/a><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cuivr%C3%A9_des_marais\">ais<\/a><\/em> [un papillon prot\u00e9g\u00e9 qui se trouve \u00eatre en r\u00e9gression partout o\u00f9 disparaissent les zones humides \u2013 ndlr]<em>, et de poissons, comme <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cobitis_taenia\">la <\/a><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cobitis_taenia\">loche \u00e9pineuse<\/a>. Dans un bras mort de l\u2019Oise concern\u00e9 par le projet on a m\u00eame trouv\u00e9 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Margaritifera_margaritifera\">la mulette <\/a><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Margaritifera_margaritifera\">m\u00e9ridionale<\/a>, une esp\u00e8ce de moule d\u2019eau douce menac\u00e9e d\u2019extinction.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au total, d\u2019apr\u00e8s le porteur de projet, les habitats de plus de 50\u00a0esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es, animales et v\u00e9g\u00e9tales sont menac\u00e9s. Mais d\u2019apr\u00e8s les inventaires men\u00e9s par les collectifs oppos\u00e9s au projet, ce sont plus de 300\u00a0esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es qui habitent sur le trac\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 lire aussi :\u00a0<a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/ecologie\/101025\/canal-seine-nord-europe-l-autoroute-fluviale-qui-fonce-vers-le-productivisme\">Canal Seine-Nord Europe\u00a0: l\u2019autoroute fluviale qui fonce vers le productivisme <\/a>\u00a010 octobre 2025<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 travers des champs de paille compl\u00e8tement ass\u00e9ch\u00e9e, les manifestant\u00b7es marchent d\u2019un bon pas. L\u2019ambiance est festive, quelques clowns, bou\u00e9e autour du ventre et canards en plastique en bandouli\u00e8re, s\u2019amusent, tandis que d\u2019autres personnes, \u00e9quip\u00e9es de piquets, semblent pr\u00eates \u00e0 en d\u00e9coudre. Au loin, des tas de remblais laissent deviner le chantier du m\u00e9gacanal. Mais le d\u00e9fil\u00e9 tourne court. Des mortiers de feux d\u2019artifice sont partis du cort\u00e8ge et des flammes se propagent dans le champ\u00a0; les forces de l\u2019ordre commencent \u00e0 envoyer des gaz lacrymog\u00e8nes. Il est temps de revenir vers le village.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019atmosph\u00e8re bon enfant reprend le dessus, des villageois\u00b7es ouvrent leurs tuyaux d\u2019arrosage pour remplir les gourdes des manifestant\u00b7es assoiff\u00e9\u00b7es, et les deux cort\u00e8ges se retrouvent pour un dernier tour de piste. Cette fois, destination le canal de la Sens\u00e9e pour se rafra\u00eechir \u2013\u00a0un tron\u00e7on du canal du Nord qui passe \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres d\u2019Oisy-le-Verger. Plut\u00f4t que le m\u00e9gacanal, les opposant\u00b7es pr\u00f4nent l\u2019utilisation de cette voie d\u2019eau am\u00e9nag\u00e9e en 1965, qui n\u2019est aujourd\u2019hui plus exploit\u00e9e qu\u2019\u00e0 50\u00a0% de ses capacit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/biographie\/amelie-poinssot\">Am\u00e9lie Poinssot<\/a>\u00a0: mediapart<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Un projet \u00e9cocidaire\u00a0\u00bb destructeur de zones humides<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-16742","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16742","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16742"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16742\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16743,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16742\/revisions\/16743"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16742"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16742"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16742"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}