{"id":246,"date":"2017-05-28T02:04:47","date_gmt":"2017-05-28T00:04:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=246"},"modified":"2018-08-06T11:10:43","modified_gmt":"2018-08-06T09:10:43","slug":"le-digital-labor-les-nouveaux-temps-modernes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2017\/05\/28\/le-digital-labor-les-nouveaux-temps-modernes\/","title":{"rendered":"Le \u201cdigital labor\u201d, les nouveaux temps modernes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Photos, donn\u00e9es personnelles&#8230; les g\u00e9ants du Web s&rsquo;enrichissent gr\u00e2ce \u00e0 notre contribution gratuite. Quand ils ne pr\u00e9carisent pas ouvertement leur main-d&rsquo;\u0153uvre, petites mains invisibles d&rsquo;un mod\u00e8le d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>Si c&rsquo;est gratuit, c&rsquo;est que vous \u00eates le produit<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">. <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> Sur Internet, c&rsquo;est un adage. Dans les \u00e9coles de commerce, un mantra. Depuis dix ans, nous mettons nos vies en r\u00e9seau, sur <a href=\"http:\/\/television.telerama.fr\/television\/c-est-grave-dr-google,152408.php\">Google<\/a>, Facebook, Instagram ou la derni\u00e8re application \u00e0 la mode. On s\u00e8me des traces chez <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/medias\/a-qui-profite-amazon,120647.php\">Amazon<\/a>, qui ne rechigne pas \u00e0 r\u00e9genter nos lectures. Nous renseignons des champs sur des formulaires en ligne, diss\u00e9minant ici notre \u00e2ge, l\u00e0 notre sexe. On <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab <\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">like \u00bb des publications, on \u00ab share \u00bb des photos et on s&rsquo;envoie des \u00e9mojis \u00e0 tour de bras, dans un sabir assimil\u00e9 par la quasi-totalit\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9. Sur les sites, on \u00e9crit quelques mots pour prouver que l&rsquo;on n&rsquo;est pas un robot. Ce faisant, nous cr\u00e9ons une valeur qui nous \u00e9chappe. Chaque jour, des centaines de \u00admillions d&rsquo;internautes s&rsquo;affairent telles des abeilles ouvri\u00e8res pour nourrir les bases de donn\u00e9es des grandes plates-formes num\u00e9riques. Gratuitement, de bon coeur. \u00c7a ne nous co\u00fbte pour ainsi dire rien : un peu de temps et quelques concessions sur notre vie priv\u00e9e. Gr\u00e2ce \u00e0 nos clics fr\u00e9n\u00e9tiques et \u00e0 nos petites actions quotidiennes, les g\u00e9ants du Web s&rsquo;enrichissent, consid\u00e9rablement. Ce n&rsquo;est pas un hasard s&rsquo;ils ont remplac\u00e9 les grandes compagnies p\u00e9troli\u00e8res au classement des plus grosses capitalisations boursi\u00e8res de la plan\u00e8te (on en retrouve cinq dans le top 10). La data est le nouvel or noir. Devant l&#8217;emprise grandissante de la <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/medias\/la-silicon-valley-au-revelateur-de-donald-trump,153384.php\">Silicon Valley<\/a> sur nos intimit\u00e9s, certains esprits soucieux ont object\u00e9 : <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab Si vous \u00eates le produit, c&rsquo;est que ce n&rsquo;est pas gratuit. \u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> Formulons une autre hypoth\u00e8se : \u00ab Si c&rsquo;est gratuit, c&rsquo;est que vous produisez. \u00bb <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans un monde fragment\u00e9, la fronti\u00e8re entre la sph\u00e8re publique et la sph\u00e8re priv\u00e9e se brouille. Tout comme celle entre le travail et le loisir, le travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et le travail gratuit, le travail et le quasi-travail. Les sociologues ont m\u00eame trouv\u00e9 un nom \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne : le <\/span><a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/medias\/microsoft-rachete-linkedin-pour-26-milliards-de-dollars-une-certaine-vision-du-travail,143873.php\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>digital labor.<\/i><\/span><\/a><span style=\"font-size: medium;\"> Litt\u00e9ralement, et \u00e0 gros traits, le \u00ab travail num\u00e9rique \u00bb. Un anglicisme non traduit, \u00e0 dessein, dont le p\u00e9rim\u00e8tre s&rsquo;\u00e9tend comme une tache d&rsquo;huile recouvrant nos vies. Pendant la campagne pr\u00e9sidentielle, <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/idees\/en-direct-quels-enseignements-tirer-de-la-primaire-de-la-gauche,153300.php\">certains candidats n&rsquo;ont eu de cesse de pr\u00e9dire la fin du travail, d\u00e9vor\u00e9 par les robots (Beno\u00eet Hamon)<\/a>, quand d&rsquo;autres ont \u00e9vacu\u00e9 sa p\u00e9nibilit\u00e9, parce que cela <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab induit que le travail est une douleur \u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> (<a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/presidentielle-2017\/emmanuel-macron-dans-la-melee-des-salaries-de-whirlpool-a-amiens,157321.php\">Emmanuel Macron<\/a>). La r\u00e9alit\u00e9 est pourtant l\u00e0, sous nos yeux. Le travail explose, \u00e9parpill\u00e9 par petits bouts fa\u00e7on puzzle. En 2015, dans l&rsquo;un des premiers ouvrages sur le digital labor, le sociologue Antonio Casilli se risquait \u00e0 une d\u00e9finition : <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab Une contribution \u00e0 faible intensit\u00e9 et \u00e0 faible expertise mise \u00e0 profit via des algorithmes et des fouilles de donn\u00e9es. \u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> Et \u00adannon\u00e7ait la fin des trois huit. <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab La s\u00e9quence 8\/8\/8 est devenue 24\/24\/24 \u00bb,<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> \u00e9crivait-il. L&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;un nouveau prol\u00e9tariat, en permanence encha\u00een\u00e9 \u00e0 ses ordinateurs ? Pas si simple. <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/medias\/que-reste-t-il-de-notre-vie-privee-sur-internet,108649.php\">Si nous produisons tous de la valeur pour les multinationales du clic, nous ne le faisons pas de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab A eux trois, Google, Apple et Facebook ont moins d&#8217;employ\u00e9s qu&rsquo;un groupe comme Carrefour (<\/i>205 000 contre 380 000, ndlr)<i>\u00bb,<\/i> rel\u00e8ve Nikos Smyrnaios, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en sciences de l&rsquo;information \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Toulouse et auteur d&rsquo;un ouvrage sur l&rsquo;app\u00e9tit insatiable de ces nouveaux oligopoles. <i>\u00ab Cela veut dire qu&rsquo;ils sous-traitent la quasi-totalit\u00e9 de leur activit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;exception de l&rsquo;ing\u00e9nierie, de la finance et du marketing. C&rsquo;est ce qui leur permet d&rsquo;avoir une rentabilit\u00e9 hallucinante. \u00bb<\/i> Depuis nos \u00e9crans, impossible de distinguer cette main-d&rsquo;\u0153uvre. Et pour cause : elle est invisible, d\u00e9localis\u00e9e, pr\u00e9caris\u00e9e. Les entreprises elles-m\u00eames se gardent bien de la nommer. La d\u00e9signer, ce serait non seulement lui accorder des droits, mais mettre un coup de canif dans le mythe scientiste d&rsquo;un Internet miraculeusement sorti de la cuisse de Jupiter. Dans leurs conf\u00e9rences annuelles ou lors de sommets internationaux, les thurif\u00e9raires de la technologie ne promettent-ils pas des lendemains futuristes peupl\u00e9s d&rsquo;objets connect\u00e9s, d&rsquo;intelligences artificielles et d&rsquo;interfaces \u00e0 l&rsquo;ergonomie sans failles ? Ce serait oublier le principal : derri\u00e8re les machines, des humains. Sous les pav\u00e9s, ce n&rsquo;est pas la plage. En 2014, le magazine am\u00e9ricain <i>Wired <\/i>s&rsquo;est envol\u00e9 pour les Philippines \u00e0 la rencontre des salari\u00e9s de \u00adTaskUs, une entreprise charg\u00e9e de mod\u00e9rer des contenus pour Facebook. Dans la banlieue de Manille, \u00e0 11 000 kilom\u00e8tres de la Californie, pour environ 300 dollars par mois, des petites mains jouent les aiguilleurs du ciel dans des cubicules anonymes et climatis\u00e9s. Quotidiennement ils passent au crible les publications signal\u00e9es par les utilisateurs, glissant d&rsquo;une vid\u00e9o de d\u00e9capitation \u00e0 un accident de la route.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Un nouveau taylorisme<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Si certains sont salari\u00e9s, contractualis\u00e9s, le digital labor a \u00e9galement fait \u00e9merger une nouvelle cat\u00e9gorie de travailleurs : les micro-t\u00e2cherons. Contre une r\u00e9mun\u00e9ration infinit\u00e9simale, ces nano-int\u00e9rimaires r\u00e9alisent des t\u00e2ches que seul l&rsquo;homme sait pour l&rsquo;heure r\u00e9aliser. Dans le monde entier, ils ordonnent des bases de donn\u00e9es, traduisent des morceaux de phrases, cat\u00e9gorisent des images. Et recommencent. Une sorte de taylorisme d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9, dans lequel les travailleurs entra\u00eenent les algorithmes qui, demain, renforc\u00e9s par cet apprentissage, les remplaceront. Mechanical Turk, un service d&rsquo;Amazon, est leader sur le march\u00e9. Zhubajie domine en Chine ; Foule Factory, en France. Selon la Banque mondiale, entre 2013 et 2016, le nombre de ces micro-travailleurs a doubl\u00e9, passant de 50 \u00e0 100 millions. <i>\u00ab Ce qui se renforce, c&rsquo;est la flexibilit\u00e9 de ces dispositifs \u00bb,<\/i> pr\u00e9cise encore Nikos Smyrnaios. Julien a bri\u00e8vement fait partie de ce corps pas tout \u00e0 fait constitu\u00e9. Il y a trois ans, \u00e9tudiant en lettres, il s&rsquo;est inscrit sur les plates-formes TextMaster et Textbroker. <i>\u00ab J&rsquo;\u00e9crivais des textes r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s au lance-pierres pour payer les courses de la semaine,<\/i> raconte-t-il. <i>Entre deux heures de cours, j&rsquo;allais \u00e0 la biblioth\u00e8que pour r\u00e9diger huit textes de 250 mots, sur une marque de savon par exemple. Il fallait les d\u00e9livrer en moins d&rsquo;une heure, sinon la commande \u00e9tait donn\u00e9e \u00e0 quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. \u00c7a nous incitait \u00e0 \u00eatre connect\u00e9s le plus souvent possible. La plate-forme fonctionnait par paliers \u2014 100 000 mots, 750 000 mots \u2014, en promettant de meilleures r\u00e9mun\u00e9rations si on les franchissait. Je n&rsquo;ai jamais d\u00e9pass\u00e9 le premier. \u00bb<\/i> Fatigu\u00e9 par un travail <i>\u00ab d\u00e9shumanis\u00e9 \u00bb<\/i> pay\u00e9 entre 5 et 6 euros de l&rsquo;heure, Julien a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 laisser tomber, <i>\u00ab quitte \u00e0 manger des p\u00e2tes toute la semaine \u00bb.<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans ce paysage atomis\u00e9, les <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/medias\/pourquoi-les-geants-du-web-forment-ils-une-alliance-autour-de-l-intelligence-artificielle,148094.php\">Gafam<\/a> (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) sont les grands gagnants. <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab Ils b\u00e9n\u00e9ficient doublement du digital labor,<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> soutient Nikos Smyrnaios, <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>en poussant les utilisateurs \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer du contenu et en mettant en place des outils pour mod\u00e9rer ce contenu. \u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> A l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;offre ou de la demande ils pr\u00e9f\u00e8rent une troisi\u00e8me voie : g\u00e9rer les deux. En s&rsquo;appuyant sur une masse toujours plus vaste d&rsquo;interm\u00e9diaires consentants. Nous le voyons tous les jours dans nos villes. Le visage le plus saillant ? Celui du pr\u00e9caire \u00ab ub\u00e9ris\u00e9 \u00bb, ce n\u00e9ologisme qui s&rsquo;est fray\u00e9 un chemin jusque dans Le Petit Robert tandis que chauffeurs VTC et livreurs \u00e0 v\u00e9lo slaloment au milieu des carrefours. Sarah Abdelnour, ma\u00eetresse de conf\u00e9rences en sociologie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Paris-Dauphine, pilote le collectif Capla (pour \u00ab capitalisme des plates-formes \u00bb). Elle analyse le glissement \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre : <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab Au nom de l&rsquo;innovation technologique, on est en train de bouleverser tout un mod\u00e8le social. C&rsquo;est un processus mis en place par les entreprises mais facilit\u00e9 par les pouvoirs publics pour contourner le mod\u00e8le d&rsquo;int\u00e9gration par le salariat. \u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> Sur le papier, la promesse d&rsquo;Uber est s\u00e9duisante. Soyez votre propre patron.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais, comme le rel\u00e8ve la chercheuse, la r\u00e9alit\u00e9 est moins riante. Parmi les quatre-vingts chauffeurs qui ont r\u00e9pondu \u00e0 un questionnaire, 62 % affirment travailler plus de cinquante heures par semaine, et un tiers gagne entre 1 000 et 1 500 euros par mois. <i>\u00ab Les commissions ont augment\u00e9 tandis que les tarifs ont baiss\u00e9, et l&rsquo;incitation par les primes a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par la sanction \u00bb,<\/i> poursuit-elle. Si leur note descend en dessous de quatre \u00e9toiles, les chauffeurs peuvent \u00eatre \u00ab d\u00e9connect\u00e9s \u00bb. Pour vingt-quatre heures, une semaine, ou d\u00e9finitivement. Pas besoin de motiver la d\u00e9cision, puisqu&rsquo;il n&rsquo;existe aucun contrat de travail. Et, comble du digital labor, le contr\u00f4le est sous-trait\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usager. Libres de leurs mouvements, ces nouveaux free-lances ? Moins que jamais. Depuis deux mois, Max (1) enfourche son v\u00e9lo pour le compte de Deliveroo, une start-up parisienne qui permet \u00e0 ses utilisateurs de commander chez leur restaurateur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 pour \u00eatre livr\u00e9s \u00e0 domicile. <i>\u00ab Quand j&rsquo;ai postul\u00e9, on m&rsquo;a promis deux courses par heure et une prime en cas de pluie,<\/i> d\u00e9taille-t-il. <i>Finalement, seule la prime du dimanche soir a \u00e9t\u00e9 maintenue, mais elle n&rsquo;a jamais d\u00e9pass\u00e9 5 euros. \u00c7a peut para\u00eetre anodin, mais ce sont nos seules garanties salariales. \u00bb<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Quid des conditions de travail, une fois qu&rsquo;il a enfil\u00e9 le K-Way aux couleurs de l&rsquo;entreprise ? <i>\u00ab C&rsquo;est tr\u00e8s stressant : on est compl\u00e8tement d\u00e9pendants de l&rsquo;algorithme qui nous attribue les courses. \u00c7a m&rsquo;est arriv\u00e9 de tourner dans ma zone pendant une heure sans rien avoir, les restaurants peuvent mettre \u00e9norm\u00e9ment de temps \u00e0 pr\u00e9parer la commande. On essaie de compenser le temps perdu en \u00e9tant plus rapides, mais c&rsquo;est dangereux. \u00bb<\/i> Lors de son \u00ab ride d&#8217;embarquement \u00bb, terminologie locale de l&rsquo;entretien d&#8217;embauche, Deliveroo a insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;assurer un certain nombre de \u00ab rides \u00bb par semaine pour \u00eatre rentable. <i>\u00ab Mais \u00e7a n&rsquo;affecte pas vraiment les r\u00e9sultats de Deliveroo,<\/i> pond\u00e8re-t-il. <i>\u00ab Quoi qu&rsquo;il arrive leur pourcentage sur le prix d&rsquo;une commande est assur\u00e9, si un livreur ne fait pas assez de commandes, \u00e7a n&rsquo;a pas d&rsquo;impact sur eux<\/i>. \u00bb Sa hantise : que la plate-forme ferme du jour au lendemain, sans qu&rsquo;il puisse revoir ses 150 euros de caution.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Comment s&rsquo;en pr\u00e9munir ? Quand les <a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/medias\/j-ai-passe-24-heures-dans-l-economie-du-partage,113661.php\">chauffeurs VTC<\/a> manifestent et se rapprochent de Force ouvri\u00e8re, leurs camarades cyclistes ont cr\u00e9\u00e9 le Clap : le Collectif des livreurs autonomes de Paris. En mars, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de former deux sections syndicales, une \u00e0 la CGT et l&rsquo;autre chez SUD. <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab Certains veulent requalifier les contrats en CDI, d&rsquo;autres voudraient former une coop\u00e9rative ou fonder une mutuelle, mais il faut d&rsquo;abord \u00e9tablir un rapport de forces afin d&rsquo;obtenir de meilleures conditions de travail \u00bb,<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> nous explique un porte-parole. Le digital labor d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et les luttes de demain ?\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">Telerama<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">A lire<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: medium;\">Qu&rsquo;est-ce que le digital labor ?, <\/span><\/em><span style=\"font-size: medium;\">de\u00a0Dominique Cardon et Antonio A. Casilli, \u00e9d. Ina, 104 p., 6 \u20ac.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: medium;\">Les Gafam contre l&rsquo;Internet, une \u00e9conomie politique du num\u00e9rique,<\/span><\/em><strong><span style=\"font-size: medium;\">\u00a0<\/span><\/strong><span style=\"font-size: medium;\">de Nikos Smyrnaios, \u00e9d. Ina, 160 p., 10 \u20ac.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Photos, donn\u00e9es personnelles&#8230; les g\u00e9ants du Web s&rsquo;enrichissent gr\u00e2ce \u00e0 notre contribution gratuite. 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