{"id":2624,"date":"2018-01-28T01:06:53","date_gmt":"2018-01-28T00:06:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=2624"},"modified":"2018-08-06T11:10:22","modified_gmt":"2018-08-06T09:10:22","slug":"bataille-pour-leau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2018\/01\/28\/bataille-pour-leau\/","title":{"rendered":"Bataille pour l\u2019eau"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cela se passe entre agriculteurs \u00ab\u00a0irrigants\u00a0\u00bb et d\u00e9fenseurs du Marais poitevin<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En amont du Marais poitevin, une coop\u00e9rative d\u2019agriculteurs pr\u00e9voit de construire 19 \u00ab\u00a0bassines\u00a0\u00bb pour retenir 8,6 millions de m\u00b3 d\u2019eau. But\u00a0: l\u2019irrigation estivale de 226 exploitations. Associations, \u00e9lus, citoyens et partisans d\u2019une autre agriculture se mobilisent pour les en emp\u00eacher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leurs promoteurs les appellent des <em>\u00ab\u00a0bassines\u00a0\u00bb<\/em>. Les opposants, des <em>\u00ab\u00a0crat\u00e8res\u00a0\u00bb<\/em>. Le langage technique, lui, ne se mouille pas en employant la p\u00e9riphrase <em>\u00ab\u00a0r\u00e9serves de substitution\u00a0\u00bb<\/em>. Concr\u00e8tement\u00a0: prenez un champ de plusieurs hectares, creusez de quelques m\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, \u00e9rigez une digue sur la p\u00e9riph\u00e9rie, posez une b\u00e2che sur la surface obtenue, et amenez-y finalement de grandes quantit\u00e9s d\u2019eau. Voil\u00e0 votre <em>\u00ab\u00a0bassine\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Coop\u00e9rative de l\u2019eau des Deux-S\u00e8vres, qui regroupe 226 agriculteurs du bassin de la S\u00e8vre niortaise et du Marais poitevin (\u00e0 cheval sur les Deux-S\u00e8vres, la Charente-Maritime et la Vienne), projette de construire dix-neuf retenues de ce type. Hautes de neuf \u00e0 quatorze m\u00e8tres, s\u2019\u00e9talant sur quatre \u00e0 dix-huit hectares chacune (plus de deux cents au total), elles leur permettraient de stocker pas moins de 8,6 millions de m\u00b3 d\u2019eau, pr\u00e9lev\u00e9s durant l\u2018hiver dans les nappes souterraines et quelques rivi\u00e8res. Par comparaison, le barrage de Sivens (qui consistait \u00e9galement \u00e0 stocker de l\u2019eau, mais dans une r\u00e9serve directement situ\u00e9e sur un cours d\u2019eau) ne devait contenir que 1,5 million de m\u00b3, sur 48 hectares.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme \u00e0 Sivens, il s\u2019agit pour les porteurs du projet (soutenus par la chambre d\u2019agriculture des Deux-S\u00e8vres, et conseill\u00e9s par la Compagnie d\u2019am\u00e9nagement des Coteaux de Gascogne) de s\u2019assurer d\u2019avoir de l\u2019eau disponible pour irriguer leurs grandes cultures en \u00e9t\u00e9 \u2014 du ma\u00efs, pour 81\u00a0% des terres irrigu\u00e9es. Car la ressource se fait rare. La zone est en d\u00e9ficit chronique depuis des ann\u00e9es, constatent \u00e9lus, p\u00eacheurs et d\u00e9fenseurs de l\u2019environnement. Elle est class\u00e9e en <em>\u00ab\u00a0zone de r\u00e9partition des eaux\u00a0\u00bb<\/em> (une <em>\u00ab\u00a0zone o\u00f9 est constat\u00e9e une insuffisance, autre qu\u2019exceptionnelle, des ressources par rapport aux besoins\u00a0\u00bb,<\/em> d\u2019apr\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.eaufrance.fr\/spip.php?page=concept&amp;id_concept=2674\">Eau France<\/a>) depuis 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0La rar\u00e9faction de l\u2019eau dans les rivi\u00e8res et les nappes a entra\u00een\u00e9 des restrictions <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0On nous demande de recadrer le volume d\u2019eau pr\u00e9lev\u00e9 pour l\u2019irrigation, par rapport \u00e0 des objectifs inscrits dans les sch\u00e9mas de gestion des eaux (le sch\u00e9ma directeur d\u2019am\u00e9nagement et de gestion des eaux [Sdage] et le sch\u00e9ma d\u2019am\u00e9nagement et de gestion des eaux [Sage]),<\/em> explique Pierre Trouvat, pr\u00e9sident de la Coop\u00e9rative de l\u2019eau. <em>Afin de respecter ces objectifs tout en maintenant la capacit\u00e9 d\u2019irrigation, nous avons propos\u00e9 de stocker l\u2019eau l\u2019hiver<\/em> [du 1<sup>er<\/sup>\u00a0novembre au 31\u00a0mars], <em>lorsqu\u2019elle est abondante.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le principe, personne ne le conteste. Mais \u00e7a se corse quand on en vient aux chiffres. <em>\u00ab\u00a0Avant 2005, nous pr\u00e9levions jusqu\u2019\u00e0 24 millions de m\u00b3 par an<\/em> [sur le bassin S\u00e8vre niortaise Marais poitevin, concern\u00e9 par les bassines], <em>c\u2019est notre volume de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u00bb,<\/em> assure Pierre Trouvat. Les opposants contestent ce chiffre, qui aurait \u00e9t\u00e9 gonfl\u00e9 pour maximiser les besoins des irrigants, selon eux. Ils estiment que 19 millions ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s sur une ann\u00e9e au maximum. Toujours est-il que depuis, la rar\u00e9faction de l\u2019eau dans les rivi\u00e8res et les nappes a entra\u00een\u00e9 des restrictions, avec le souci de revenir \u00e0 un \u00e9quilibre entre ressource disponible et pr\u00e9l\u00e8vements. Il n\u2019est plus autoris\u00e9 de pr\u00e9lever que 15 millions de m\u00b3 maximum par an. En cas d\u2019\u00e9pisode de s\u00e9cheresse, des arr\u00eat\u00e9s pr\u00e9fectoraux limitent encore davantage les pompages. En cons\u00e9quence, le volume r\u00e9el pr\u00e9lev\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es variait entre 8 et 10 millions de m\u00b3 par campagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec les bassines, c\u2019est cette capacit\u00e9 de 15 millions de m\u00b3 que les agriculteurs irrigants esp\u00e8rent retrouver. 8,6 millions de m\u00b3 seraient stock\u00e9s dans les bassines durant l\u2019hiver (10,6 en comptant les bassines existantes), tandis que 7,3 resteraient <em>\u00ab\u00a0pr\u00e9levables\u00a0\u00bb<\/em> durant l\u2019\u00e9t\u00e9. <em>\u00ab\u00a0De substitution, les bassines n\u2019ont que le nom\u00a0\u00bb,<\/em> interpr\u00e8tent donc les opposants. <em>\u00ab\u00a0Le projet vise \u00e0 doubler les capacit\u00e9s d\u2019irrigation l\u2019\u00e9t\u00e9 par rapport \u00e0 ce qu\u2019elles sont aujourd\u2019hui\u00a0\u00bb,<\/em> \u00e9crit <a href=\"http:\/\/marais-poitevin.org\/spip.php?article788\">dans sa contribution \u00e0 l\u2019enqu\u00eate publique<\/a> (mars 2017, suivie d\u2019un avis favorable en mai) la d\u00e9put\u00e9e des Deux-S\u00e8vres et ancienne ministre de l\u2019\u00c9cologie Delphine Batho. La Coop\u00e9rative de l\u2019eau, elle, <a href=\"http:\/\/coopdeleau79.com\/le-projet\/objectifs.html\">communique<\/a> sur la <em>\u00ab\u00a0r\u00e9duction de 70\u00a0% des pr\u00e9l\u00e8vements autoris\u00e9s dans le milieu en \u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> que doivent permettre les bassines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Les semenciers sont friands si on a la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau, mais si on ne l\u2019a pas, on perd les contrats\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Interrog\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de ces volumes, Pierre Trouvat les justifie comme un retour \u00e0 la normale. <em>\u00ab\u00a0Depuis 2005, nous g\u00e9rons en arrosant moins au d\u00e9but, de mani\u00e8re \u00e0 avoir de l\u2019eau jusqu\u2019en fin de saison. Mais les rendements en ma\u00efs sont \u00e0 100 quintaux par hectare, alors que nous devrions \u00eatre \u00e0 140-150.\u00a0\u00bb<\/em> Au-del\u00e0 de ces rendements, le pr\u00e9sident de la Coop\u00e9rative ne cache pas l\u2019int\u00e9r\u00eat majeur des r\u00e9serves\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Quand on a la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau, on peut d\u00e9velopper toute une panoplie de cultures \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e\u00a0: cultures l\u00e9gumi\u00e8res de plein champ, plantes aromatiques et m\u00e9dicinales, semences\u2026 Les semenciers sont friands si on a la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau, mais si on ne l\u2019a pas, on perd les contrats.\u00a0\u00bb<\/em> Finalement, s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau \u00e9gale s\u00e9curit\u00e9 des revenus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas de quoi convaincre les opposants, qui d\u00e9noncent un projet socialement injuste. Les bassines doivent co\u00fbter 40 millions d\u2019euros, dont 70\u00a0% seraient apport\u00e9s par l\u2019Agence de l\u2019eau Loire-Bretagne, et un autre pourcentage par la r\u00e9gion Nouvelle-Aquitaine. Le tout pour 226 exploitations, soit 11\u00a0% des entreprises agricoles du secteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0C\u2019est avec notre argent de contribuables que les bassines seraient pay\u00e9es. Nous voulons que le financement public soutienne tous les agriculteurs\u00a0\u00bb,<\/em> affirme Patrick, membre du collectif des opposants. Le financement public des retenues avait fait l\u2019objet d\u2019un moratoire en 2012 (lorsque Delphine Batho, justement, \u00e9tait ministre d\u2019\u00c9cologie), lev\u00e9 sous certaines conditions <a href=\"https:\/\/www.actu-environnement.com\/ae\/news\/financement-retenues-de-substitution-eau-conditions-levee-moratoire-24763.php4\">par S\u00e9gol\u00e8ne Royal<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autant que les nouvelles cultures annonc\u00e9es sont porteuses de nouveaux risques. <em>\u00ab\u00a0Elles n\u00e9cessitent encore plus de pesticides et d\u2019intrants que le ma\u00efs\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> explique Fran\u00e7ois-Marie Pellerin, ancien g\u00e9ologue chez Elf, reconverti en d\u00e9fenseur du Marais. Associations de protection de l\u2019environnement (affili\u00e9es \u00e0 France nature environnement) et du Marais, Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne, \u00e9lus, p\u00eacheurs, citoyens se sont regroup\u00e9s dans un collectif, <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/events\/1929873080671309\/\">Bassines non merci<\/a>, pour tenter de bloquer le projet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0En hiver, le marais a besoin de crues pour se reconstituer\u00a0\u00bb <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pierre Lacroix pr\u00e9side la f\u00e9d\u00e9ration de p\u00eache des Deux-S\u00e8vres\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Fin novembre, il y a 700 km d\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Assec\">assecs<\/a> sur 2.000 km de rivi\u00e8re dans le d\u00e9partement. Cela dure depuis les ann\u00e9es 1990, quand l\u2019irrigation \u00e0 outrance a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper. Avec les bassines, on va p\u00e9renniser une agriculture qu\u2019on ne voudrait plus voir, car elle n\u2019est pas adapt\u00e9e aux sols.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autant que ces r\u00e9serves sont situ\u00e9es sur le pourtour du Marais poitevin, deuxi\u00e8me zone humide de France. Les rivi\u00e8res et nappes qui rempliront les bassines sont celles qui alimentent aujourd\u2019hui le marais. <em>\u00ab\u00a0Ici, le syst\u00e8me est tr\u00e8s sp\u00e9cifique\u00a0: les nappes superficielles, qui doivent \u00eatre utilis\u00e9es, se remplissent tr\u00e8s vite en p\u00e9riode pluviom\u00e9trique normale. Donc, les pr\u00e9l\u00e8vements faits en hiver ne vont pas forc\u00e9ment affecter la volum\u00e9trie de la nappe en \u00e9t\u00e9. Par contre, en hiver, le marais a besoin de crues pour se reconstituer. Et ces crues se produisent naturellement lorsque les nappes d\u00e9bordent et alimentent les cours d\u2019eau\u00a0\u00bb,<\/em> explique Fran\u00e7ois-Marie Pellerin. C\u2019est donc plus la d\u00e9gradation progressive du marais qui est \u00e0 craindre, que l\u2019ass\u00e8chement des nappes. Pour limiter la modification de ces \u00e9quilibres, des seuils ont \u00e9t\u00e9 mis en place pour encadrer les pompages. <em>\u00ab\u00a0On s\u2019est disput\u00e9 sur les valeurs limites, les moyennes, les d\u00e9bits. Celles qui ont \u00e9t\u00e9 choisies nous semblent encore trop hautes\u00a0\u00bb,<\/em> poursuit le g\u00e9ologue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le m\u00eame temps, en situation de s\u00e9cheresse hivernale, le remplissage des bassines n\u2019est pas assur\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, la nappe est \u00e0 &#8211;\u00a03,43 m, or ils ne peuvent pr\u00e9lever que ce qui est sup\u00e9rieur \u00e0 &#8211;\u00a03 m\u00a0\u00bb,<\/em> avance Marcel Moinard, maire d\u2019Amur\u00e9 (Deux-S\u00e8vres) et oppos\u00e9 au projet, qui s\u2019interroge sur sa rentabilit\u00e9 pour les agriculteurs. <em>\u00ab\u00a0L\u2019hiver dernier a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s sec\u00a0\u00bb,<\/em> compl\u00e8te C\u00e9cile Guenon, charg\u00e9e de mission juridique chez Nature environnement 17\u00a0: pas moins de cinq arr\u00eat\u00e9s pr\u00e9fectoraux avaient \u00e9t\u00e9 pris pour <a href=\"http:\/\/www.deux-sevres.gouv.fr\/Actualites\/Gestion-de-l-eau-situation-en-Deux-Sevres-au-17-mars-2017\">limiter les pr\u00e9l\u00e8vements<\/a>. <em>\u00ab\u00a0En Vend\u00e9e, ils n\u2019auraient pas d\u00fb pouvoir remplir leurs bassines, mais ils ont fait pression sur la pr\u00e9fecture pour avoir l\u2019autorisation.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0, c\u2019est tout un mod\u00e8le agricole et son soutien par les pouvoirs publics que le collectif conteste. <em>\u00ab\u00a0En amont, le semencier Pioneer France ma\u00efs vient de s\u2019installer dans la r\u00e9gion. En aval, il y a la Sica Atlantique et le port de La Pallice, \u00e0 La Rochelle, pour l\u2019exportation. Et moi, paysan-boulanger, je me situe au m\u00eame point que n\u2019importe quel indig\u00e8ne qui se fait bouffer la vie par l\u2019agro-industrie\u00a0\u00bb,<\/em> observe David Briffaud, install\u00e9 il y a peu dans un <em>\u00ab\u00a0village en d\u00e9labrement\u00a0\u00bb<\/em>. Selon le collectif, trente-trois retenues existent d\u00e9j\u00e0 sur le bassin du Marais poitevin (y compris dans le sud de la Vend\u00e9e), et dix autres sont en projet. Sur le bassin du Clain (Vienne), huit sont \u00e0 l\u2019\u00e9tude. <em>\u00ab\u00a0On transforme notre eau en dollars.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0S\u2019il n\u2019y avait pas eu de mouvement citoyen, les travaux auraient commenc\u00e9 en fin d\u2019ann\u00e9e\u00a0\u00bb <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 11\u00a0novembre, les opposants ont r\u00e9ussi une d\u00e9monstration de force en r\u00e9unissant <a href=\"https:\/\/www.lanouvellerepublique.fr\/actu\/amure-chaine-humaine-de-1-500-personnes-contre-les-bassines\">1.500 personnes pour une cha\u00eene humaine<\/a> \u00e0 l\u2019endroit pr\u00e9vu pour la plus grosse des bassines (18 ha, \u00e0 Amur\u00e9). Fin octobre, les arr\u00eat\u00e9s pr\u00e9fectoraux autorisant la construction des r\u00e9serves ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s. Cinq maires (dont Marcel Moinard) concern\u00e9s par les projets ont refus\u00e9 de signer les permis d\u2019am\u00e9nager. Ils estiment contraire au code de l\u2019urbanisme de transformer des parcelles agricoles en retenues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Actuellement, ce sont les financements qui retardent le d\u00e9but des travaux. La r\u00e9gion Nouvelle-Aquitaine, attendue, ne dira si et combien elle donne qu\u2019en mars prochain. Lors d\u2019<a href=\"https:\/\/www.lanouvellerepublique.fr\/actu\/l-opposition-aux-stockages-d-eau-organise-sa-riposte\">une pr\u00e9c\u00e9dente action<\/a>, fin octobre, le collectif a pos\u00e9 ses conditions \u00e0 Alain Rousset\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Un\u00a0: \u00e0 argent public, gestion publique. Deux\u00a0: on donne l\u2019eau \u00e0 ceux qui la pollueront le moins. Trois\u00a0: l\u2019eau pomp\u00e9e en hiver vient<\/em> \u201c\u00e0 la place\u201d <em>de l\u2019eau pomp\u00e9e en \u00e9t\u00e9 et non<\/em> \u201cen plus\u201d.\u00a0\u00bb Les \u00e9lus EELV de la r\u00e9gion ont d\u00e9j\u00e0 fait conna\u00eetre leur opposition au projet actuel, tout comme <a href=\"https:\/\/www.lanouvellerepublique.fr\/actu\/le-ps-dit-non-aux-bassines\">la f\u00e9d\u00e9ration socialiste des Deux-S\u00e8vres<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vendredi 1<sup>er<\/sup>\u00a0d\u00e9cembre, le collectif s\u2019est invit\u00e9 \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du parc naturel r\u00e9gional du Marais poitevin, qui a donn\u00e9 son accord aux bassines. Il n\u2019a re\u00e7u qu\u2019une r\u00e9ponse polie, et un engagement \u00e0 poursuivre la discussion. <em>\u00ab\u00a0S\u2019il n\u2019y avait pas eu de mouvement citoyen, les travaux auraient commenc\u00e9 en fin d\u2019ann\u00e9e. Maintenant \u00e7a r\u00e9trop\u00e9dale\u00a0\u00bb,<\/em> dit Julien Le Guet, membre actif du collectif. <em>\u00ab\u00a0Les bassines font l\u2019actualit\u00e9 tous les jours, on en parle aux repas de famille\u2026 Certains ont sign\u00e9 contraints ou sans trop savoir, aujourd\u2019hui ils se rendent compte et veulent en sortir.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De leur c\u00f4t\u00e9, les membres du collectif Bassines non merci veulent maintenant se montrer force de proposition. <em>\u00ab\u00a0On est tellement accus\u00e9 d\u2019\u00eatre contre que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de lancer un gros travail pour montrer comment il est possible de repenser notre agriculture et notre territoire\u00a0\u00bb,<\/em> affirme Julien Le Guet. Et si les bulldozers devaient arriver\u00a0? <em>\u00ab\u00a0Il y aurait du monde en face, il y aura une Zad s\u2019ils passent en force\u00a0:<\/em> \u201cNo bassaran.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Reporterre.net<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-2607\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/SalonDames-180101-24-300x201.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"201\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/SalonDames-180101-24-300x201.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/SalonDames-180101-24.jpg 447w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela se passe entre agriculteurs \u00ab\u00a0irrigants\u00a0\u00bb et d\u00e9fenseurs du Marais poitevin<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2613,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[15,17,26,34],"class_list":["post-2624","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-environnement","tag-agriculture","tag-amenagement","tag-environnement","tag-tous-ensemble"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2624"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2624\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2626,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2624\/revisions\/2626"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2613"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}