{"id":3147,"date":"2018-04-03T02:12:30","date_gmt":"2018-04-03T00:12:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=3147"},"modified":"2018-08-06T11:10:16","modified_gmt":"2018-08-06T09:10:16","slug":"pourquoi-manger-bio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2018\/04\/03\/pourquoi-manger-bio\/","title":{"rendered":"Pourquoi manger bio ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un b\u00e9n\u00e9fice tant collectif qu\u2019individuel\u00a0<\/strong><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019association G\u00e9n\u00e9rations futures a d\u00e9voil\u00e9 le 20\u00a0f\u00e9vrier un rapport sur la pr\u00e9sence de pesticides dans les produits agricoles\u00a0: 73\u00a0% des fruits analys\u00e9s pendant cinq ans et 41\u00a0% des l\u00e9gumes \u00e9taient contamin\u00e9s. De quoi renforcer encore l\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019agriculture biologique. Mais que disent les \u00e9tudes scientifiques sur les bienfaits de cette derni\u00e8re en termes d\u2019environnement comme de sant\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019agriculture biologique rassemble des pratiques visant \u00e0 favoriser la pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes et l\u2019\u00e9quit\u00e9 envers les agriculteurs. C\u2019est surtout l\u2019absence de pesticides de synth\u00e8se qui r\u00e9duit consid\u00e9rablement son impact sur l\u2019environnement et la sant\u00e9. Fabriqu\u00e9es en laboratoire, les mol\u00e9cules qui composent les produits phytosanitaires ont accompagn\u00e9 la progression des rendements agricoles sur toute la plan\u00e8te. Mais, depuis quelques d\u00e9cennies, une prise de conscience grandit face aux effets de l\u2019usage intensif de produits chimiques toujours plus vari\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis vingt ans, par exemple, on enregistre une pollution g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des eaux de surface et souterraines par les nitrates et les substances phytosanitaires. Selon les derniers chiffres des agences de l\u2019eau, en\u00a02014, 87\u00a0% des cours d\u2019eau surveill\u00e9s contenaient au moins un pesticide\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb1\">1<\/a>). Les deux substances le plus fr\u00e9quemment observ\u00e9es sont l\u2019AMPA, un m\u00e9tabolite du glyphosate, puis le glyphosate, le fameux herbicide class\u00e9 comme canc\u00e9rig\u00e8ne probable par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9. Entre\u00a01994 et 2013, 39\u00a0% des fermetures de captage d\u2019eau potable \u00e9taient dues \u00e0 la pollution aux nitrates et aux pesticides\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb2\">2<\/a>). Ces pollutions agricoles et leur traitement co\u00fbteraient entre 640\u00a0et 1\u00a0140\u00a0millions d\u2019euros par an\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb3\">3<\/a>). <em>\u00ab\u00a0On sait que la pr\u00e9vention est moins ch\u00e8re que la r\u00e9paration,<\/em> dit Mme\u00a0Patricia Blanc, directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019agence de l\u2019eau Seine-Normandie. <em>Depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, les agences de l\u2019eau ont donc commenc\u00e9 \u00e0 financer des projets de changement des pratiques agricoles, parce qu\u2019on a un vrai probl\u00e8me de pollution des eaux.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019agriculture conventionnelle a aussi des effets sur la biodiversit\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Tous les travaux vont dans le m\u00eame sens\u00a0: une diminution du nombre des esp\u00e8ces d\u2019insectes\u00a0\u00bb,<\/em> r\u00e9sume Axel Decourtye, directeur scientifique \u00e0 l\u2019Institut national de la recherche agronomique (INRA). En octobre\u00a02017, une nouvelle \u00e9tude a fait \u00e9tat d\u2019une perte de la biomasse des insectes volants de 76\u00a0\u00e0 82\u00a0% en vingt-sept ans dans divers sites d\u2019Allemagne\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb4\">4<\/a>). Pour les oiseaux, la quantit\u00e9 des esp\u00e8ces en milieu agricole a chut\u00e9 de moiti\u00e9 entre\u00a01989 et 2013\u00a0\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb5\">5<\/a>). \u00c9videmment, il n\u2019est pas facile de d\u00e9terminer les causes exactes de la perte de biodiversit\u00e9. La diffusion de maladies, la disparition des habitats et l\u2019usage de produits phytosanitaires sont les principales causes mises en avant. Mais, selon un article solidement \u00e9tay\u00e9, les pesticides jouent un r\u00f4le d\u00e9cisif dans le d\u00e9clin des insectes pollinisateurs\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb6\">6<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019agissant des habitats, les agriculteurs bio favorisent les prairies avec la rotation des cultures, la plantation de haies ou encore les associations de plantes. <em>\u00ab\u00a0La diversification est une cl\u00e9 majeure de l\u2019agro\u00e9cologie\u00a0\u00bb,<\/em> confirme Natacha Sautereau, agro-\u00e9conomiste \u00e0 l\u2019Institut technique de l\u2019agriculture biologique. Ces pratiques augmentent le nombre de plantes, d\u2019araign\u00e9es, de vers de terre, de col\u00e9opt\u00e8res, d\u2019oiseaux ou encore de mammif\u00e8res. L\u2019accroissement des ressources alimentaires \u00e0 disposition favorise aussi des esp\u00e8ces dites auxiliaires \u2014 chauves-souris, h\u00e9rissons, reptiles ou certains insectes et acariens\u00a0\u2014, qui limitent la pression des ravageurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cerner les effets des pesticides<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Souvent, les sols sont les grands oubli\u00e9s quand on observe l\u2019impact des activit\u00e9s humaines. Et pourtant, l\u2019utilisation importante de pesticides, d\u2019azote et de phosphore ne les \u00e9pargne pas. L\u2019exc\u00e8s d\u2019engrais les acidifie et cause des ph\u00e9nom\u00e8nes de prolif\u00e9ration des algues, comme les mar\u00e9es vertes en Bretagne. Les pesticides de synth\u00e8se contaminent les sols et d\u00e9truisent la vie microbienne qui s\u2019y trouve. L\u2019agriculture biologique, elle, favorise une couverture des sols importante et \u00e9vite ainsi l\u2019\u00e9rosion. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les sols des fermes en agriculture biologique rec\u00e8lent des quantit\u00e9s plus importantes de mati\u00e8re organique (vivante), estim\u00e9es \u00e0 37,4\u00a0tonnes par hectare de carbone organique, contre 26,7\u00a0en conventionnel\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb7\">7<\/a>). En bio, 64\u00a0% des grandes cultures int\u00e8grent une prairie, contre 16\u00a0% en conventionnel, mais aussi plus de l\u00e9gumineuses dans les rotations et une meilleure couverture des sols en hiver\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb8\">8<\/a>). L\u2019ensemble de ces pratiques favorise la s\u00e9questration du carbone, ce qui peut contribuer \u00e0 la ma\u00eetrise du r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9valuer les syst\u00e8mes agricoles implique de prendre en compte leurs effets sociaux. Par exemple, la diversification des produits et des syst\u00e8mes de vente dans la bio, avec plus de circuits courts, n\u00e9cessite plus de salari\u00e9s. Un rapport sur les externalit\u00e9s de l\u2019agriculture biologique r\u00e9v\u00e8le que, dans deux tiers des exploitations, cette derni\u00e8re g\u00e9n\u00e8re davantage d\u2019emplois\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb9\">9<\/a>). Par ailleurs, dans plusieurs activit\u00e9s o\u00f9 les agriculteurs connaissent des difficult\u00e9s financi\u00e8res, le passage \u00e0 l\u2019agriculture biologique s\u2019av\u00e8re une option viable, ce qui explique que, entre\u00a02005 et 2016, la surface agricole en bio soit pass\u00e9e de 2\u00a0% \u00e0 5,7\u00a0%. On l\u2019observe dans la production de lait, de fruits et de l\u00e9gumes. <em>\u00ab\u00a0Ce sont souvent d\u2019abord les enjeux \u00e9conomiques qui font les conversions,<\/em> note Marc Benoit, \u00e9conomiste et codirecteur du Comit\u00e9 interne de l\u2019agriculture biologique de l\u2019INRA. <em>C\u2019est li\u00e9 aux fameux ciseaux des prix\u00a0: le prix des denr\u00e9es diminue tandis que celui de l\u2019\u00e9nergie, des engrais et des produits phytosanitaires augmente. Pour le lait, les \u00e9leveurs voient que la bio marche mieux, que c\u2019est plus rentable.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tonnamment, ces \u00e9l\u00e9ments sont rarement mis en avant. Les arguments qui font mouche sont plut\u00f4t li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9. L\u2019agriculture biologique a-t-elle un effet dans ce domaine\u00a0? Pour le v\u00e9rifier, il faut s\u2019int\u00e9resser aux expositions directes et indirectes aux produits phytosanitaires. Contrairement aux agriculteurs et aux riverains, les consommateurs ne sont pas en contact direct avec ces produits. Cependant, l\u2019effet global d\u2019un syst\u00e8me d\u2019agriculture biologique d\u00e9passe l\u2019individu, et il est int\u00e9ressant de consid\u00e9rer le b\u00e9n\u00e9fice pour l\u2019ensemble de la population. Notons d\u2019abord que certains produits issus de l\u2019agriculture biologique contiennent paradoxalement des traces de pesticides de synth\u00e8se\u00a0: selon un rapport de\u00a02015, 45\u00a0% des produits conventionnels en contenaient, mais aussi 12\u00a0% des produits bio\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb10\">10<\/a>). Cela est li\u00e9 majoritairement \u00e0 une contamination par les parcelles voisines et durant la transformation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exposition directe \u00e0 de nombreux produits phytosanitaires cause divers probl\u00e8mes de sant\u00e9 (cancers, malformations, etc.). En\u00a02013, dans une expertise collective, plusieurs sp\u00e9cialistes de l\u2019Institut national de la sant\u00e9 et de la recherche m\u00e9dicale (Inserm) ont pass\u00e9 en revue la litt\u00e9rature scientifique concernant les effets des pesticides sur la sant\u00e9\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb11\">11<\/a>). <em>\u00ab\u00a0On observe en premier lieu que les agriculteurs sont moins sujets que le reste de la population aux cancers digestifs, du c\u00f4lon et du rectum, et \u00e0 ceux li\u00e9s au tabagisme, comme le cancer du pancr\u00e9as, de la vessie et des voies sup\u00e9rieures. Cela d\u00e9pend cependant de l\u2019\u00e2ge et du type de travailleur\u00a0\u00bb,<\/em> note Pierre Lebailly, ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Caen-Normandie et chercheur au Centre Fran\u00e7ois Baclesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En revanche, des liens ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s entre l\u2019utilisation d\u2019agents de synth\u00e8se et l\u2019augmentation du risque de d\u00e9velopper la maladie de Parkinson, des lymphomes non hodgkiniens (LNH, cancers du syst\u00e8me lymphatique), des my\u00e9lomes multiples (cancers du sang) ou la maladie d\u2019Alzheimer. Ceux qui r\u00e9pandent les pesticides et les employ\u00e9s qui les produisent auraient de 12\u00a0\u00e0 28\u00a0% de risques suppl\u00e9mentaires d\u2019avoir un cancer de la prostate, sans qu\u2019il soit possible de le relier plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 une substance particuli\u00e8re. Pour les femmes expos\u00e9es pendant leur grossesse, les \u00e9tudes montrent une pr\u00e9somption de lien dans la survenue chez les enfants de malformations cong\u00e9nitales et de leuc\u00e9mies. Parmi les substances incrimin\u00e9es, le lindane, le DDT et le malathion sont fr\u00e9quemment impliqu\u00e9s dans le d\u00e9veloppement de lymphomes non hodgkiniens. Au terme d\u2019une longue bataille, la maladie de Parkinson et les lymphomes non hodgkiniens ont d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 reconnus maladies professionnelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis, d\u2019autres \u00e9tudes ont apport\u00e9 de nouveaux \u00e9l\u00e9ments de preuve. La cohorte Agrican, d\u00e9but\u00e9e en\u00a02005, a pour objectif d\u2019estimer la survenue de cancers chez les agriculteurs sur une p\u00e9riode d\u2019au moins dix ans. <em>\u00ab\u00a0Pour l\u2019instant, nous observons un exc\u00e8s de 5\u00a0\u00e0 30\u00a0% par rapport au reste de la population des lymphomes non hodgkiniens, des cancers de la prostate et des cancers cutan\u00e9s, comme les m\u00e9lanomes\u00a0\u00bb,<\/em> explique Pierre Lebailly. Plusieurs \u00e9tudes ont cibl\u00e9 le chlorpyriphos, qui, en cas d\u2019exposition pendant la p\u00e9riode pr\u00e9natale, peut entra\u00eener des probl\u00e8mes de d\u00e9veloppement c\u00e9r\u00e9bral. <em>\u00ab\u00a0Ce qui est s\u00fbr aujourd\u2019hui, c\u2019est que le DDT et le chlorpyriphos sont dangereux pour le d\u00e9veloppement c\u00e9r\u00e9bral. Mais plus d\u2019une centaine de pesticides pourraient impacter le cerveau. Nous avons besoin de beaucoup de preuves pour l\u2019affirmer. Il y a d\u00e9j\u00e0 de nombreuses recherches, mais on observe souvent des expositions mixtes qui complexifient l\u2019isolement d\u2019un pesticide\u00a0\u00bb,<\/em> insiste Philippe Grandjean, \u00e9pid\u00e9miologiste \u00e0 l\u2019universit\u00e9 du Danemark du Sud. Nathalie Jas, historienne \u00e0 l\u2019INRA, estime que la r\u00e9alit\u00e9 des probl\u00e8mes de sant\u00e9 li\u00e9s aux produits phytosanitaires se retrouve masqu\u00e9e par le manque de donn\u00e9es, \u00e0 cause de la mauvaise visibilit\u00e9 des atteintes et de la difficult\u00e9 de les associer \u00e0 des expositions \u00e0 de faibles doses. Elle note aussi, en France, un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat de plus de trente ans pour ces questions, consid\u00e9r\u00e9es comme la <em>\u00ab\u00a0ran\u00e7on majeure du progr\u00e8s technique de l\u2019agriculture<\/em>\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb12\">12<\/a>) <em>\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis les ann\u00e9es\u00a01980, quelques \u00e9tudes notent la qualit\u00e9 des aliments issus de l\u2019agriculture biologique. <em>\u00ab\u00a0Elles montrent que les produits bio contiennent une quantit\u00e9 plus importante de carot\u00e9no\u00efdes<\/em> [antioxydants], <em>d\u2019acides gras et de vitamine E\u00a0\u00bb,<\/em> souligne Denis Lairon, directeur de recherche \u00e9m\u00e9rite sp\u00e9cialis\u00e9 en nutrition \u00e0 l\u2019Inserm. En octobre\u00a02017, l\u2019une d\u2019entre elles a synth\u00e9tis\u00e9 l\u2019ensemble des avanc\u00e9es effectu\u00e9es sur ces questions\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb13\">13<\/a>). <em>\u00ab\u00a0Dans les r\u00e9sultats les plus s\u00fbrs, on note une diff\u00e9rence quant aux polyph\u00e9nols, plus importants dans les fruits et l\u00e9gumes biologiques, et moins de cadmium<\/em> [un m\u00e9tal toxique]. <em>Cependant, il n\u2019y a pas une si grosse diff\u00e9rence de r\u00e9sultats\u00a0\u00bb,<\/em> temp\u00e8re Axel Mie, l\u2019un des auteurs de l\u2019article, chercheur \u00e0 l\u2019Institut Karolinska, en Su\u00e8de.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Moins de risques d\u2019ob\u00e9sit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En France, une grande \u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en\u00a02009\u00a0: la cohorte NutriNet-Sant\u00e9\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb14\">14<\/a>). D\u2019apr\u00e8s les premiers r\u00e9sultats, manger bio diminuerait de 23\u00a0% le risque de surpoids et de 30\u00a0% celui d\u2019ob\u00e9sit\u00e9\u00a0(<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2018\/03\/LECOEUVRE\/58428#nb15\">15<\/a>). <em>\u00ab\u00a0On observe une ob\u00e9sit\u00e9 moindre en r\u00e9ussissant \u00e0 s\u00e9parer les facteurs li\u00e9s au mode de vie. On peut m\u00eame voir une diff\u00e9rence entre des personnes qui ont toutes une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e\u00a0\u00bb,<\/em> d\u00e9clare Emmanuelle Kesse-Guyot, \u00e9pid\u00e9miologiste \u00e0 l\u2019INRA, charg\u00e9e de cette \u00e9tude. Deux hypoth\u00e8ses sont avanc\u00e9es pour l\u2019expliquer. D\u2019une part, la quantit\u00e9 plus importante d\u2019acides gras de type om\u00e9ga 3\u00a0et d\u2019antioxydants dans les produits bio r\u00e9duirait le syndrome m\u00e9tabolique, qui peut entra\u00eener l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 et le risque de diab\u00e8te de type\u00a02. D\u2019autre part, les personnes consid\u00e9r\u00e9es comme ayant une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e consomment plus de l\u00e9gumes et de fruits, mais, lorsque ceux-ci ne sont pas issus de l\u2019agriculture biologique, ils contiennent de nombreux produits phytosanitaires. Or plusieurs \u00e9tudes notent un lien entre l\u2019exposition aux pesticides et une augmentation de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 et des diab\u00e8tes de type 2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les probl\u00e8mes de sant\u00e9 li\u00e9s aux produits phytopharmaceutiques ont d\u00e9j\u00e0 une longue histoire. <em>\u00ab\u00a0Les premi\u00e8res substances chimiques utilis\u00e9es en agriculture \u00e0 avoir suscit\u00e9 une grosse controverse sont les arsenicaux, vers la fin du XXe si\u00e8cle\u00a0\u00bb,<\/em> raconte Nathalie Jas. L\u2019arsenic ne fut d\u00e9finitivement supprim\u00e9 qu\u2019en\u00a02001, apr\u00e8s plusieurs restrictions d\u2019usage. De nombreuses substances ont ainsi \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9es avec le temps. Parmi les plus connues, la famille des organochlor\u00e9s, puis certains organophosphor\u00e9s. D\u2019aucuns estiment que ces suppressions prouvent le bon fonctionnement du syst\u00e8me de r\u00e9gulation des produits de synth\u00e8se. Sauf que le retrait arrive souvent tr\u00e8s tard, et que ces produits ont des effets bien apr\u00e8s leur interdiction, comme le chlord\u00e9cone aux Antilles, ou l\u2019atrazine, interdite par l\u2019Union europ\u00e9enne en\u00a02003, mais que l\u2019on retrouve encore dans la plupart des cours d\u2019eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Loin d\u2019avoir permis de trouver d\u2019autres solutions que les pesticides, chaque interdiction a entra\u00een\u00e9 l\u2019arriv\u00e9e de nouvelles substances pr\u00e9sent\u00e9es comme moins dangereuses. Or, si la toxicit\u00e9 \u00e9volue effectivement, elle n\u2019est pas forc\u00e9ment moindre. <em>\u00ab\u00a0On a interdit ceux qui se maintenaient longtemps dans les tissus animaux, mais les nouveaux ont une affinit\u00e9 avec l\u2019eau. Ils s\u2019accumulent donc davantage dans les sols\u00a0\u00bb,<\/em> explique Axel Decourtye.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous la pression des int\u00e9r\u00eats financiers, la machine administrative et sanitaire g\u00e9rant les risques li\u00e9s aux pesticides semble un peu rouill\u00e9e, alors que l\u2019accumulation des donn\u00e9es scientifiques devrait conduire \u00e0 une \u00e9volution beaucoup plus rapide vers des modes de production plus viables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Claire Lec\u0153uvre\u00a0; Journaliste<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3135\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/SalonDames-180311-04-197x300.jpg\" alt=\"\" width=\"197\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/SalonDames-180311-04-197x300.jpg 197w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/SalonDames-180311-04.jpg 293w\" sizes=\"auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un b\u00e9n\u00e9fice tant collectif qu\u2019individuel\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3130,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[35,26,32],"class_list":["post-3147","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-environnement","tag-ecologie","tag-environnement","tag-objecteur-de-croissance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3147","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3147"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3147\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3151,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3147\/revisions\/3151"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3147"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3147"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3147"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}