{"id":3765,"date":"2018-06-23T01:14:59","date_gmt":"2018-06-22T23:14:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=3765"},"modified":"2018-08-06T11:10:10","modified_gmt":"2018-08-06T09:10:10","slug":"de-la-liberte-de-penser-et-de-dire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2018\/06\/23\/de-la-liberte-de-penser-et-de-dire\/","title":{"rendered":"De la libert\u00e9 de penser et de dire"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9flexions \u00e0 partir des m\u00e9dias<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce matin j&rsquo;ai \u00e9cout\u00e9,\u00a0 comme je le fais presque chaque matin, la chronique de Thomas Legrand sur France Inter puis je me suis amus\u00e9 un instant du billet de Charline Vanhoenacker, la plus belge des fran\u00e7aises ou la plus fran\u00e7aise des belges, comme il vous plaira. Son billet plein d&rsquo;humour et de causticit\u00e9\u00a0\u00a0 est comme une respiration matinale, apr\u00e8s l&rsquo;avoir \u00e9cout\u00e9, je me sens comme vaccin\u00e9 contre la b\u00eatise et m\u00eame les formes les plus aig\u00fces de l&rsquo;imb\u00e9cilit\u00e9 politique. L&rsquo;id\u00e9e que des centaines de milliers d&rsquo;auditeurs l&rsquo;\u00e9coutent et l&rsquo;entendent en m\u00eame temps que moi me plait beaucoup. C&rsquo;est comme si nous respirions le m\u00eame air purifi\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai poursuivi en\u00a0 d\u00e9pliant<em> Le<\/em> <em>Monde<\/em>, \u00e0 dire vrai, avant de le d\u00e9plier, j&rsquo;ai scrut\u00e9 le dessin de presse de Plantu en premi\u00e8re, puis lu l&rsquo;\u00e9ditorial du jour en derni\u00e8re avant d&rsquo;attaquer la chronique quotidienne sur deux colonnes de cette m\u00eame derni\u00e8re. Chaque jour un autre \u00e9ditorialiste et un chroniqueur diff\u00e9rent selon les sujets trait\u00e9s. Quand un \u00e9v\u00e9nement retient mon attention et que l&rsquo;envie me prend d&rsquo;en savoir plus ou que le besoin me taraude de conna\u00eetre le point de vue sur la question de la droite conservatrice,<strong> \u00a0<\/strong>je me \u00a0rends \u00e0 la Maison de la Presse\u00a0 et j&rsquo;ach\u00e8te <em>Le Figaro. <\/em>Ce matin, comme il n&rsquo;y en avait plus en rayon, je me suis rabattu sur <em>L&rsquo;Opinion,<\/em> de sensibilit\u00e9 politique voisine. J&rsquo;aurai bien voulu conna\u00eetre \u00e9galement l&rsquo;avis du parti communiste mais la Maison de la Presse ne recevait re\u00e7oit\u00a0 plus <em>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em> pour cause d&rsquo;invendus \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le chemin du retour, je me suis arr\u00eat\u00e9 pour boire un caf\u00e9 \u00ab au zinc \u00bb. J&rsquo;entreprends<strong>\u00a0 <\/strong>de consulter les titres de mes journaux, tout en remuant la cuill\u00e8re dans ma tasse pour faire fondre un sucre que je n&rsquo;y mets plus depuis longtemps quand une vieille relation\u00a0 entre et s&rsquo;installe \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Nous\u00a0 \u00e9changeons quelques consid\u00e9rations politiques \u00e0 partir d&rsquo;un titre qu&rsquo;il a entrevu. Un inconnu install\u00e9 en bout de comptoir se m\u00eala de notre conversation, y mit son grain de sel pour conclure qu&rsquo;il ne croyait plus en la parole de nos hommes politiques et encore moins dans celle de l&rsquo;actuel gouvernement, il s&#8217;emporta quelque peu contre le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique qu&rsquo;il d\u00e9signa sous le sobriquet peu amical de<em> \u00ab <\/em>paltoquet du Touquet \u00bb ce qui nous parut excessif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il nous fit part s&rsquo;\u00eatre abstenu autant \u00e0 la pr\u00e9sidentielle qu&rsquo;\u00e0 la l\u00e9gislative et il\u00a0 avait bien l&rsquo;intention de pers\u00e9v\u00e9rer dans ce sens pour les scrutins \u00e0 venir. Il \u00e9tait de toute \u00e9vidence tr\u00e8s m\u00e9content de l&rsquo;action de la majorit\u00e9 actuelle et passablement \u00e9nerv\u00e9 rien que d&rsquo;en parler. Il tenait absolument\u00a0 \u00e0 le faire savoir et cela \u00e0 qui voulait bien l&rsquo;entendre. C&rsquo;\u00e9tait sa respiration matinale \u00e0 lui. Le cafetier lui donna partiellement raison mais conclut que celui qui s&rsquo;abstient aux \u00e9lections ne doit pas venir geindre apr\u00e8s, m\u00eame si\u00a0 le\u00a0 mode de scrutin ne lui paraissait pas satisfaisant. Il risquait de perdre un client mais\u00a0 visiblement lui aussi tenait \u00e0 sa libert\u00e9 d&rsquo;expression. Cette conversation \u00e0 quatre, sans agressivit\u00e9 entre nous et dans\u00a0 laquelle des points de vue diff\u00e9rents s&rsquo;\u00e9taient exprim\u00e9s plus qu&rsquo;affront\u00e9s, prit fin et je rentrai chez moi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avions parl\u00e9 d&rsquo;une voix normale, \u00e9chang\u00e9 des points de vue,\u00a0 sans chuchoter, ni surveiller la porte. Nous parlions politique dans un lieu public donc ouvert \u00e0 tous, sans cacher nos opinions et sans crainte aucune. Nous savions<strong>\u00a0 <\/strong>que m\u00eame si d&rsquo;aventure un gendarme ou un policier \u00e9tait entr\u00e9 \u00e0 ce moment pour acheter un paquet de cigarettes cela n&rsquo;aurait rien chang\u00e9 \u00e0 la situation. Pour paraphraser Winston Churchill expliquant la diff\u00e9rence entre dictature et d\u00e9mocratie, nous savions que si quelqu&rsquo;un venait \u00e0 sonner chez nous \u00e0 six heures le lendemain matin, ce serait le laitier et non la police.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous vivons dans un pays dans lequel la diversit\u00e9 des opinions est non seulement admise mais peut m\u00eame s&rsquo;exprimer \u00e0 voix haute en public. Quand l&rsquo;envie nous prend d&rsquo;entamer une discussion politique, nous ne sommes ni contraints de nous r\u00e9unir dans les catacombes, ni oblig\u00e9s de fermer les volets et de tirer les double-rideaux pour chuchoter \u00e0 notre aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De la m\u00eame mani\u00e8re, nous vivons dans un pays dans lequel la diversit\u00e9 de la presse \u00e9crite s&rsquo;affiche insolemment dans les kiosques et les commerces qui portent une enseigne merveilleuse : MAISON DE LA PRESSE. Nous ne pouvons que regretter que malheureusement le nombre de ces commerces se r\u00e9duise d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e, non par l&rsquo;action d&rsquo;une censure ouverte de la presse, mais la plupart du temps par une forme de censure plus insidieuse que sont les\u00a0 difficult\u00e9s de certaines entreprises et le recul de l&rsquo;audience de la presse \u00e9crite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si t\u00e9l\u00e9-Bouygues a encore de beaux jours devant elle, les tentatives de mises au pas de Canal + et de i T\u00e9l\u00e9 par le sinistre Vincent Bollor\u00e9 ont fait long feu. <em>Arte <\/em>est toujours vaillamment sur le pont et taille des croupi\u00e8res, <em>La 5 <\/em>et<em> France 2 <\/em>ont accueilli les\u00a0 transfuges des premi\u00e8res et la pens\u00e9e libre galope toujours sur les ondes. Une pens\u00e9e libre qui n&rsquo;exige pas de nous que nous soyons d&rsquo;accord avec tout ce qui se dit ou s&rsquo;\u00e9crit. Une pens\u00e9e qui ne nous demande\u00a0 pas d&rsquo;aimer ou de d\u00e9tester tel ou telle journaliste ou intervenant, mais une pens\u00e9e qui nous contraint. Une pens\u00e9e qui nous contraint \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, \u00e0 nous faire une opinion propre qui ne soit ni immuable, ni r\u00e9duite \u00e0 du pr\u00eat \u00e0 porter. Une pens\u00e9e qui s&rsquo;alimente \u00e0 la diversit\u00e9 des sources et ne se contente pas de se regarder, telle la Castafiore dans son propre miroir. Une pens\u00e9e libre qui s&rsquo;oppose \u00e0 la facilit\u00e9 et \u00e0 la paresse de l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les partisans d&rsquo;Erdogan en France ont tent\u00e9 d&rsquo;imposer sous la menace le retrait de cette premi\u00e8re d&rsquo;un kiosque, ce que <em>Le Point <\/em>a refus\u00e9 avec raison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre libert\u00e9 de pens\u00e9e, celle de la presse et celle des journalistes qui la font ont destins li\u00e9s, indissolublement. Qu&rsquo;un m\u00e9dia asservi c\u00f4toie une presse libre ne doit pas\u00a0 nous d\u00e9ranger. D&rsquo;abord parce que nul n&rsquo;est tenu d&rsquo;aller \u00e0 lui, ensuite parce l&rsquo;asservissement de la pens\u00e9e n&rsquo;a aucun avenir durable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En politique, l&rsquo;imb\u00e9cilit\u00e9 existe \u00e9galement et elle n&rsquo;est pas toujours heureuse. Elle aime les approximations oiseuses, les jugements \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce et les fusillades au sens figur\u00e9 et parfois m\u00eame au sens propre. Elle devient alors criminelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, Emmanuel Macron n&rsquo;est pas un dictateur, ni m\u00eame un apprenti autocrate. Monsieur Maduro au V\u00e9n\u00e9zuela et Monsieur Erdogan en Turquie sont l\u00e0 pour nous remettre les yeux en face des orifices dans ce domaine. Que <em>Le Point <\/em>fasse sa une sur Erdogan, que cette une soit affich\u00e9e \u00e0 la devanture\u00a0 des kiosques, n&rsquo;attente pas \u00e0 notre libert\u00e9 de penser, elle s&rsquo;accorde avec la perception\u00a0 de la vie politique en Turquie de la plupart des observateurs et elle est l&rsquo;expression d&rsquo;une opinion. Cet affichage rel\u00e8ve de la libert\u00e9 de la presse. En feuilletant l&rsquo;hebdomadaire, quinze pages document\u00e9es explicitent le choix de la premi\u00e8re de couverture. Parce que nous veillons \u00e0 croiser nos informations en provenance de sources diversifi\u00e9es, nous pouvons nous faire une opinion,\u00a0 non seulement sur ce qui se passe en Turquie mais \u00e9galement sur le point de vue d\u00e9velopp\u00e9 par ce magazine. Si le doute venait \u00e0 nous effleurer sur une information donn\u00e9e, nous pouvons soit lever ce doute soit \u00e9mettre librement et \u00e0 haute voix nos r\u00e9serves sur la qualit\u00e9 de l&rsquo;information fournie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La libert\u00e9 de la presse, la libert\u00e9 du choix des sujets trait\u00e9s ne connaissent qu&rsquo;une seule limite, celle que la loi fixe. Les propos appelant \u00e0 la haine qui englobent l&rsquo;apologie des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, les propos antis\u00e9mites, racistes ou homophobes sont une des limites de cette libert\u00e9. L&rsquo;injure et la diffamation en sont la seconde. Nous vivons dans un pays o\u00f9 ces limites sont inscrites dans la Loi dont l&rsquo;institution judiciaire assure l&rsquo;interpr\u00e9tation et l&rsquo;application. Cette application de la Loi n&rsquo;est pas laiss\u00e9e \u00e0 la libre appr\u00e9ciation\u00a0 d&rsquo;un pouvoir quel qu&rsquo;il soit,\u00a0 de la m\u00eame mani\u00e8re que l&rsquo;adoption d&rsquo;une loi reste soumise \u00e0 sa conformit\u00e9 avec la Constitution. Nous vivons dans un Etat l\u00e9gal c&rsquo;est \u00e0 dire r\u00e9gi\u00a0 par des lois vot\u00e9es par les Assembl\u00e9es mais \u00e9galement dans un Etat de droit car ses lois ne sauraient \u00eatre \u00e9labor\u00e9es\u00a0 et vot\u00e9es par un pouvoir l\u00e9gislatif agissant \u00e0 sa guise en fonction d&rsquo;une id\u00e9ologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gardons-nous bien de laisser les apprentis-sorciers jouer avec la Constitution, les Constituantes et les R\u00e9publiques \u00e0 renum\u00e9roter et concentrons-nous sur l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Freddy KLEIN<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3746\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/SalonDames-180428-06-1-231x300.jpg\" alt=\"\" width=\"231\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/SalonDames-180428-06-1-231x300.jpg 231w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/SalonDames-180428-06-1.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 231px) 100vw, 231px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9flexions \u00e0 partir des m\u00e9dias<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3755,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[33],"class_list":["post-3765","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politique","tag-social"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3765","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3765"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3765\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3766,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3765\/revisions\/3766"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3755"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3765"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3765"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3765"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}