{"id":4203,"date":"2018-09-09T01:02:25","date_gmt":"2018-09-08T23:02:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=4203"},"modified":"2019-04-20T07:13:59","modified_gmt":"2019-04-20T05:13:59","slug":"festival-davignon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2018\/09\/09\/festival-davignon\/","title":{"rendered":"Festival d\u2019Avignon"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Pour celles (et ceux &#8230;\u00a0 qui n&rsquo;auraient pas encore entendu la parole de Carole Thibault, directrice du Centre national dramatique de Montlu\u00e7on, ou auraient envie de la r\u00e9\u00e9couter avec \u00e9motion, voici son intervention au festival d&rsquo;Avignon cet \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-4191\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Combat-180905-1-300x171.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"171\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Combat-180905-1-300x171.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/Combat-180905-1.jpg 468w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Onze minutes de paroles\u00a0 fortes, belles, bouleversantes, et tristement actuelles pour toutes les femmes cr\u00e9atrices &#8230; et les autres &#8230;<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=eKwcO6OA2b0\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=eKwcO6OA2b0<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Je vous remercie pour ce Moli\u00e8re.<br \/>\nProbablement le seul Moli\u00e8re que je recevrai jamais.<br \/>\nCe n\u2019est pas une question de talent, il n\u2019est pas question ici de talent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis d\u00e9sol\u00e9e. J\u2019avais commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire un truc rigolo.<br \/>\nUn de ces trucs pour lesquels on fait appel \u00e0 moi de temps en temps.<br \/>\nOh tiens si on invitait Thibaut. Elle est rigolote Thibaut. C\u2019est une excit\u00e9e rigolote. Elle nous casse bien un peu les coucougnettes avec ses histoires d\u2019\u00e9galit\u00e9 femmes-hommes, mais elle est rigolote. Elle pique des gueulantes rigolotes, bien bross\u00e9es. Et puis elle met des jolies robes. Elle porte bien. Elle fait d\u00e9sordre polic\u00e9.<br \/>\nOn devient vite le clown de service. Le bouffon du roi.<br \/>\nEt ici le roi, comme ailleurs, c\u2019est la domination masculine.<br \/>\nIl a beau faire GENRE, le roi, il est et reste la domination masculine.<br \/>\nEt moi j\u2019en ai ma claque d\u2019\u00eatre la bouffonne de service de la domination masculine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a deux ans, ici m\u00eame, Thomas m\u2019avait invit\u00e9e \u00e0 \u00e9crire et dire un texte sur l\u2019absence des autrices, des auteurs femmes, donc, dans le festival d\u2019Avignon depuis sa cr\u00e9ation. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la Cour. La grande cour du th\u00e9\u00e2tre. La cour d\u2019honneur.<br \/>\nLa Cour d\u2019honneur c\u2019est comme les Moli\u00e8re.<br \/>\nQuand tu es une femme artiste, une de ces femmes qui a la pr\u00e9tention d\u2019\u00eatre de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0 de la cr\u00e9ation, je veux dire autrice, metteuse en sc\u00e8ne, conceptrice d\u2019\u0153uvres, quand tu es une de ces bonnes femmes qui a cette pr\u00e9tention-l\u00e0, tu sais que tout \u00e7a n\u2019est pas pour toi.<br \/>\nMets-toi bien \u00e7a dans le cr\u00e2ne, petite bonne femme cr\u00e9atrice\u00a0: la Cour d\u2019honneur et les Moli\u00e8re ne sont pas pour toi.<br \/>\nOu alors tente le jeune public. Le jeune public ici c\u2019est un endroit r\u00e9serv\u00e9 aux bonnes femmes cr\u00e9atrices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a deux ans, donc, j\u2019\u00e9tais ici m\u00eame en train de d\u00e9blat\u00e9rer un texte sur la quasi absence des autrices dans le festival In, \u00e0 l\u2019invitation de Thomas.<br \/>\nCette ann\u00e9e, deux ans apr\u00e8s, Thomas joue dans la cour d\u2019honneur, et moi je suis de nouveau ici, invit\u00e9e cette fois par David, en train de d\u00e9blat\u00e9rer devant vous un autre texte cens\u00e9 \u00eatre rigolo et bien enlev\u00e9 sur la situation des femmes artistes-cr\u00e9atrices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a deux ans, j\u2019avais encore l\u2019espoir que \u00e7a change, puisqu\u2019on en parlait, ici, dans le cadre du festival In justement, de la non repr\u00e9sentation scandaleuse des femmes dans ce festival depuis sa cr\u00e9ation.<br \/>\nIl y a deux ans j\u2019avais mis une belle robe et j\u2019avais donc pondu un truc bien bross\u00e9, enlev\u00e9, rigolo, \u00e0 la fa\u00e7on Thibaut rigolote. Et tout le monde avait bien ri. Et puis chacune et chacun \u00e9tait reparti \u00e0 ses petites affaires apr\u00e8s notre grande f\u00eate estivale du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette ann\u00e9e, deux ans apr\u00e8s donc, la programmation du festival IN, hors jeune public, pr\u00e9sente 9% d\u2019autrices femmes pour 91% d\u2019auteurs hommes. (Pour les deux spectacles jeune public elles repr\u00e9sentent 75%.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette ann\u00e9e, deux ans apr\u00e8s, la programmation \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb repr\u00e9sente 89,4% d\u2019artistes cr\u00e9ateurs hommes (auteurs et metteurs en sc\u00e8ne) pour 10,6% d\u2019artistes cr\u00e9atrices femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette ann\u00e9e, deux ans apr\u00e8s, sur la totalit\u00e9 des spectacles et expo programm\u00e9es dans le festival IN, on recense 25,4\u00a0% d\u2019artistes cr\u00e9atrices femmes. Et encore on peut remercier la SACD qui exige dans les Sujet \u00e0 vif la parit\u00e9. Sans ces petites formes performatives de 30mn chaque, il ne faut rien exag\u00e9rer non plus, on ne serait m\u00eame pas \u00e0 20% d\u2019artistes cr\u00e9atrices femmes programm\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je parle des spectacles, pas des lectures. Il suffit d\u2019ouvrir le programme et de compter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est ce que j\u2019ai fait l\u2019autre matin. 1 fois. 2 fois. 3 fois. Pour \u00eatre bien s\u00fbre. Parce que je n\u2019arrivais pas \u00e0 y croire. Et puis apr\u00e8s je me suis mise \u00e0 pleurer. Moi la grande gueule rigolote je me suis mise \u00e0 pleurer comme une conne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a beau \u00eatre habitu\u00e9e, on a beau conna\u00eetre tous les pi\u00e8ges, tous les cynismes, tous les d\u00e9tours de l\u2019humiliation, \u00eatre blind\u00e9e, apr\u00e8s tant et tant d\u2019ann\u00e9es de \u00e7a, il y a des fois o\u00f9 \u00e7a craque malgr\u00e9 tout. Mais franchement pleurer devant un programme du IN, c\u2019est la honte. C\u2019est minable m\u00eame, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 peut-\u00eatre un nouveau bateau rempli \u00e0 ras bord de femmes, d\u2019enfants, d\u2019hommes, de vieillards, sombrait en m\u00e9diterran\u00e9e, et avec lui tous ces \u00eatres qui s\u2019en allaient ainsi par le fond nourrir les poissons, nous \u00e9pargnant d\u2019avoir \u00e0 partager avec eux nos richesses d\u00e9goulinantes de paradis de la consommation.<br \/>\nBref.<br \/>\nC\u2019est pas le sujet.<br \/>\nIci nous sommes dans la grande f\u00eate du th\u00e9\u00e2tre. Et je viens de recevoir un gros pav\u00e9.<br \/>\nIl faut sourire, mettre des belles robes, \u00eatre joyeux, l\u00e9gers et quelque peu potaches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette ann\u00e9e, je suis d\u00e9sol\u00e9e David, je n\u2019ai pas envie de faire la bouffonne de service, en polissant ma col\u00e8re bross\u00e9e rigolote dans une joyeuse f\u00eate sur le genre, dans un festival, que certains journalistes, qui auraient mieux fait de faire leur travail de journalistes, ont qualifi\u00e9 de festival f\u00e9ministe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette ann\u00e9e, j\u2019en ai ma claque d\u2019\u00eatre la copine sympa de tous les copains sympas, les copains qui ont plein de copines femmes, les copains qui interrogent le genre, qui interrogent tout ce qu\u2019on voudra, pendant que rien ne change.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019en ai ma claque de voir une majorit\u00e9 de femmes muettes, priv\u00e9es de paroles, venir s\u2019assoir dans l\u2019obscurit\u00e9 des salles pour recevoir l\u00e0 bien sagement la parole des hommes, la vision du monde port\u00e9e par des hommes, dessin\u00e9e par des hommes, en majorit\u00e9 blanc, en plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019accord pour l\u2019intersectionnalit\u00e9 des luttes. D\u2019accord pour lutter contre toutes les injustices, contre toutes les discriminations, contre la binarit\u00e9 si stupide et path\u00e9tique qui gouverne notre monde contemporain si moderne, comme il gouvernait l\u2019ancien. Mais comment se fait-il que toute lutte semble \u00e9craser et annihiler la lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des hommes et des femmes\u00a0? Comment se fait-il que cette lutte-l\u00e0 soit syst\u00e9matiquement \u00e9cart\u00e9e, remplac\u00e9e par une autre lutte\u00a0? Les femmes se sont fait niquer \u00e0 la r\u00e9volution fran\u00e7aise. Elles se sont fait niquer durant la Commune. Elles se sont fait niquer durant le Front Populaire. Elles se sont fait niquer en 68. Et elles se font encore niquer au festival d\u2019Avignon 2018, ce grand festival dont le th\u00e8me revendiqu\u00e9 cette ann\u00e9e est \u2026 le genre, et dont une des seules rencontres th\u00e9matiques programm\u00e9es qui aborde le sujet s\u2019intitule \u00ab\u00a0les femmes dans le spectacle vivant, doit-on craindre le grand remplacement\u00a0?\u00a0\u00bb Je n\u2019\u00e9piloguerai pas sur le concept de grand remplacement, concept x\u00e9nophobe d\u00e9velopp\u00e9 actuellement par l\u2019extr\u00eame droite. C\u2019est p. 27 du programme si vous voulez v\u00e9rifier. Et si vous voulez y aller pour protester \u00e7a tombe bien c\u2019est aujourd\u2019hui m\u00eame \u00e0 14h30 aux ateliers de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on se fait niquer, depuis de si\u00e8cles, des d\u00e9cennies, des ann\u00e9es, des mois.<br \/>\nCe n\u2019est pas seulement soci\u00e9tal, politique. \u00c7a s\u2019inscrit dans nos chairs, dans les recoins les plus obscurs de nos cerveaux, dans nos inconscients, nos subconscients. Cela gangr\u00e8ne toutes nos vies. Ce ne sont pas que des chiffres et des statistiques. Et pourtant ceux-l\u00e0 il faut les faire, les analyser, pour regarder bien en face notre humiliation, pour regarder bien en face le syst\u00e8me qui nous exclue, au grand jour, aux yeux de tous, sans que personne n\u2019y trouve \u00e0 redire. Il faut les analyser, ces chiffres, pour avoir une grille de lecture pr\u00e9cise du r\u00e9el, pour comprendre ce qui se passe r\u00e9ellement. Quitte \u00e0 se mettre \u00e0 pleurer alors comme une conne, comme une pauvre fille qui y a cru cette fois, au grand amour, \u00e0 la rencontre possible, et qui se retrouve au matin toute seule, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fait niquer encore une fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bon, on ne va pas jeter la pierre, ou plut\u00f4t le pav\u00e9, \u00e0 Olivier. O\u00f9 qu\u2019il soit aujourd\u2019hui, il doit d\u00e9j\u00e0 bouillir sur sa chaise. Et vue la chaleur qu\u2019il fait&#8230; Il y a eu bien assez des cur\u00e9s qui ont fait cramer des femmes \u00e0 cause de leurs vagins, on ne va pas se mettre \u00e0 faire bouillir des artistes directeurs de festival \u00e0 cause de leur programmation, simplement parce qu\u2019ils sont un peu en dessous de la moyenne nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parce que dans la totalit\u00e9 du spectacle vivant aujourd\u2019hui en France, 23% seulement des subventions publiques d\u2019\u00e9tat vont \u00e0 des projets port\u00e9s par des artistes femmes, parce que qu\u2019elles ne repr\u00e9sentent que 11% des spectacles programm\u00e9s sur toutes les sc\u00e8nes et parce qu\u2019elles ne re\u00e7oivent que 4 \u00e0 12% des pav\u00e9s, pardon des r\u00e9compenses. Ce n\u2019est pas moi qui le dis, c\u2019est l\u2019\u00e9tat lui-m\u00eame, le haut conseil \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, apr\u00e8s tout, sur les \u00ab\u00a0sc\u00e8nes de l\u2019institution\u00a0\u00bb comme on dit, la part des autrices repr\u00e9sente environ 22% et celle des metteuses en sc\u00e8ne 35%. C\u2019est loin d\u2019\u00eatre l\u2019\u00e9galit\u00e9, c\u2019est s\u00fbr, mais bon on y travaille.<br \/>\nMais pas ici. Du moins pas encore, apparemment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, cette ann\u00e9e le IN fait Genre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parce qu\u2019on peut revendiquer haut et fort la libert\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e0 loisir homme, femme, ou les deux m\u00e9lang\u00e9s, il n\u2019en demeure pas moins que quand tu nais avec un sexe de femme, ou quand tu deviens femme, que ce soit par le grand tirage au sort de la nature \u2013 ah zut pas de chance t\u2019es n\u00e9e avec un vagin &#8211; ou par choix, tu fais partie de la caste de celles qui se font baiser, niquer, nier toute leur vie. Parce qu\u2019avant d\u2019\u00eatre un genre, la sexuation est un d\u00e9terminisme physiologique, totalement arbitraire, qui, selon que tu re\u00e7ois un vagin ou une bite \u00e0 ta naissance, te pr\u00e9d\u00e9termine comme sujet dominant ou domin\u00e9. Parce que le phallocentrisme et le patriarcat sont les petits rois qui continuent \u00e0 gouverner ce pays, et particuli\u00e8rement ce petit milieu cultiv\u00e9, si fier de son ouverture d\u2019esprit, si fier de sa soit-disant libert\u00e9 de cr\u00e9ation, d\u2019expression, de choix, si fier de ses pr\u00e9rogatives, si donneur de le\u00e7on au monde entier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le phallocentrisme et la domination masculine sont la honte de tout le milieu intellectuel, artistique et culturel de ce pays. Ils sont la honte de chaque artiste de ce pays et d\u2019ailleurs. De chaque institution qui ne respecte pas une juste redistribution de l\u2019argent public. De chaque directeur de lieu, de galerie, de festival, qui ne fait que repr\u00e9senter et reproduire \u00e0 l\u2019infini la pens\u00e9e dominante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9crasement des femmes par les hommes est le premier crime contre la pens\u00e9e humaine. Il produit des millions de meurtres chaque ann\u00e9e. C\u2019est un crime qui se perp\u00e9tue depuis des mill\u00e9naires, qui se poursuit partout et trouve ses racines malheureusement ici aussi, sur ces espaces sacr\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre qui devraient \u00eatre au contraire les lieux sacr\u00e9s de la parole libre et \u00e9mancipatrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne veux pas de ta r\u00e9compense, David. C\u2019est comme un gros pav\u00e9 re\u00e7u en pleine gueule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et hors les chiffres, d\u00e9sormais, sachez-le, nous ne croirons plus rien. Pour ne plus subir la honte de pleurer encore. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Carole Thibaut<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*************\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 ***********<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Une autre facette de Carole Thibault<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Longwy &#8211; Texas # Pr\u00e9sentation par Carole Thibaut<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=qZPrSw7nNu0\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=qZPrSw7nNu0<\/a><\/p>\n<p>Carole Thibaut retraverse, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une conf\u00e9renci\u00e8re de l\u2019intime, l\u2019histoire des aci\u00e9ries et de la sid\u00e9rurgie lorraine, notamment des luttes ouvri\u00e8res des ann\u00e9es 70 et 80, \u00e0 travers les figures de ses p\u00e8re, grand-p\u00e8re et arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, de ses propres souvenirs d\u2019enfance et de documents de l\u2019\u00e9poque. Comment les filles s\u2019inscrivent dans une culture du travail fortement masculine, comme ici ces usines dont les femmes \u00e9taient souvent interdites d\u2019entr\u00e9e ? Quelles identit\u00e9s se fabriquent-elles \u00e0 travers l\u2019histoire des p\u00e8res ? Carole Thibaut, artiste fid\u00e8le des M\u00e9tallos, interroge ici nos h\u00e9ritages symboliques et nos constructions culturelles, dans un cheminement qui va de l\u2019intime \u00e0 l\u2019universel, de la petite \u00e0 la grande histoire, des forges de Longwy o\u00f9 elle est n\u00e9e aux anciennes forges des \u00celets \u00e0 Montlu\u00e7on o\u00f9 elle dirige d\u00e9sormais le centre dramatique\u00a0national.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">*************\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 **************<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un article sur Longwy-Texas<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Qui a tu\u00e9 Longwy<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec \u00ab\u00a0Longwy Texas\u00a0\u00bb, Carole Thibaut raconte par l&rsquo;intime le bassin minier lorrain en confrontant les souvenirs sublim\u00e9s de la petite fille qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;implacable historicit\u00e9 des archives familiales. Dans ce r\u00e9cit de la fin d&rsquo;un monde o\u00f9 la sid\u00e9rurgie assurait la fortune locale, la domination masculine niait aussi aux femmes une existence propre. Bouleversant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2026 Lorsque Carole Thibaut d\u00e9bute son monologue aux allures de conf\u00e9rence-confessions qu&rsquo;elle tiendra debout, la communion avec les spectateurs op\u00e8re imm\u00e9diatement. En effeuillant une \u00e0 une pendant pr\u00e8s d&rsquo;une heure les pages contenant le r\u00e9cit personnel de ses origines pour mieux les laisser choir, autorisant au fur et \u00e0 mesure la composition d&rsquo;une fine pellicule (de vie)\u00a0gisant au sol, peut-\u00eatre pour se d\u00e9tacher enfin de cette douleur m\u00e9lancolique qui caract\u00e9rise les souvenirs \u00e9mus d&rsquo;un temps \u00e0 jamais r\u00e9volu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte entier\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/guillaume-lasserre\/blog\/120518\/qui-tue-longwy\">https:\/\/blogs.mediapart.fr\/guillaume-lasserre\/blog\/120518\/qui-tue-longwy<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-4197\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/SalonDames-180901-05-149x300.jpg\" alt=\"\" width=\"149\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/SalonDames-180901-05-149x300.jpg 149w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/SalonDames-180901-05.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 149px) 100vw, 149px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour celles (et ceux &#8230;\u00a0 qui n&rsquo;auraient pas encore entendu la parole de Carole Thibault, directrice du Centre national dramatique de Montlu\u00e7on, ou auraient envie de la r\u00e9\u00e9couter avec \u00e9motion, voici son intervention au festival&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[33],"class_list":["post-4203","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture-formation","tag-social"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4203","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4203"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4203\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5763,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4203\/revisions\/5763"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}