{"id":4548,"date":"2018-10-27T01:28:42","date_gmt":"2018-10-26T23:28:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=4548"},"modified":"2018-10-22T14:30:41","modified_gmt":"2018-10-22T12:30:41","slug":"le-nouveau-monde-antilyrique-de-charles-reznikoff","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2018\/10\/27\/le-nouveau-monde-antilyrique-de-charles-reznikoff\/","title":{"rendered":"Le Nouveau Monde antilyrique de Charles Reznikoff"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Connue surtout pour ses grands po\u00e8mes testimoniaux (<em>T\u00e9moignage<\/em>, <em>Holocauste<\/em>\u2026), l\u2019\u0153uvre de Charles Reznikoff (1894-1976) a pu passer pour une anomalie, son dessein antilyrique \u00e9chappant pour une grande part \u00e0 l\u2019histoire de la po\u00e9sie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-4523\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/ConfPaysanne-181018-1-300x212.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"212\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/ConfPaysanne-181018-1-300x212.png 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/ConfPaysanne-181018-1.png 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9dition r\u00e9cente de deux de ses livres de po\u00e8mes majeurs (in\u00e9dits en fran\u00e7ais) donne la mesure de ce v\u0153u de pauvret\u00e9 volontaire qui est au c\u0153ur de la d\u00e9marche du po\u00e8te am\u00e9ricain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0Une po\u00e9sie humaine pour les \u00eatres humains\u00a0\u00bb<\/em> qui <em>\u00ab\u00a0dans un autre \u00e2ge ou une autre soci\u00e9t\u00e9 aurait s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e \u201cpopulaire\u201d\u00a0\u00bb<\/em>, a finement fait valoir <u><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/patrice-beray\/blog\/170618\/femmes-poetes-de-la-beat-generation-une-denise-levertov\">Denise Levertov<\/a><\/u> \u00e0 propos de Charles Reznikoff, en se rem\u00e9morant avec quel \u00e9lan spontan\u00e9, naturel, les passagers du m\u00e9tro new-yorkais se pressaient contre ses \u00e9paules pour lire l\u2019auteur de <em>By the Waters of Manhattan<\/em>. Tout circonstanciels qu\u2019ils soient, ces mots de Levertov introduisent parfaitement \u00e0 l\u2019\u0153uvre de ce fils de Juifs russes contraints de fuir les pogroms d\u00e9clench\u00e9s par l\u2019assassinat, en 1881, du tsar Alexandre\u00a0II.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, dans ce qui sera son unique \u00ab\u00a0roman\u00a0\u00bb (paru en 1929, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 1962), largement inspir\u00e9 par les r\u00e9cits oraux de sa propre m\u00e8re, Reznikoff pose la question de son rapport \u00e0 l\u2019histoire d\u2019Isra\u00ebl qui innerve toute son \u0153uvre po\u00e9tique, le titre fran\u00e7ais choisi pour <em>By the Waters of Manhattan<\/em> \u2013\u00a0<em><u><a href=\"http:\/\/www.heros-limite.com\/livres\/sur-les-rives-de-manhattan\">Sur les rives de Manhattan<\/a><\/u>\u00a0\u2013<\/em> rendant bien compte de sa vision de New\u00a0York, ville tant aim\u00e9e et arpent\u00e9e par lui, en Babylone transfigur\u00e9e par l\u2019\u00e9preuve de l\u2019exil. Surtout, il met d\u00e9j\u00e0 en \u0153uvre dans ce roman la fameuse formule que les po\u00e8tes dits \u00ab\u00a0objectivistes\u00a0\u00bb retiendront, entre toutes, de leur a\u00een\u00e9 William Carlos Williams\u00a0: <em>\u00ab\u00a0No ideas, but in things\u00a0\u00bb<\/em> (traduit souvent par \u00ab\u00a0Pas d\u2019id\u00e9es hors des choses\u00a0\u00bb). \u00c0 savoir que l\u2019agencement, la gradation des incidents puis des \u00e9v\u00e9nements qui marquent le cours des existences peuvent se suffire \u00e0 eux-m\u00eames, exc\u00e9dant toute intention discursive projet\u00e9e par l\u2019auteur. Ce <em>\u00ab\u00a0m\u00e9lange litt\u00e9raire\u00a0\u00bb<\/em>, au go\u00fbt de Reznikoff, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9nu\u00e9 de quelque effet stylistique, porte en germe ce qui va devenir au fil des ans une \u0153uvre de t\u00e9moignage sans pareille, continu\u00e9e sa vie durant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Associ\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 par Louis Zukofsky au mouvement objectiviste naissant avec George Oppen et Carl Rakosi, Charles Reznikoff est alors celui qui r\u00e9pond de la fa\u00e7on la plus radicale \u00e0 l\u2019injonction du po\u00e8te de <u><a href=\"http:\/\/www.jose-corti.fr\/titres\/paterson.html\">Paterson<\/a><\/u> d\u2019ancrer leur litt\u00e9rature dans la r\u00e9alit\u00e9 historique et culturelle des \u00c9tats-Unis. Ce faisant, le po\u00e8te va instruire un v\u00e9ritable proc\u00e8s du lyrisme. Les deux recueils de po\u00e9sie jusqu\u2019alors in\u00e9dits en fran\u00e7ais, traduits de l\u2019am\u00e9ricain par Thierry Gillyb\u0153uf et publi\u00e9s <u><a href=\"http:\/\/www.editions-nous.com\/main.html\">aux \u00e9ditions Nous<\/a><\/u> sous le titre <em>Inscriptions<\/em> (ce livre de 1959 \u00e9tant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0<\/em>, de 1941), permettent d\u2019en prendre la pleine mesure, non sans un d\u00e9tour pr\u00e9alable par l\u2019\u0153uvre qui a fait la renomm\u00e9e (tardive) de Reznikoff\u00a0: <em><u><a href=\"http:\/\/www.pol-editeur.com\/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-84682-096-7\">Testimony (T\u00e9moignage \u2013 Les \u00c9tats-Unis 1885-1915 \u2013 R\u00e9citatif)<\/a><\/u><\/em>, une <em>\u00ab\u00a0po\u00e9tique du t\u00e9moignage\u00a0\u00bb<\/em> (l\u2019expression est de Fiona MacMahon, sp\u00e9cialiste de l\u2019auteur) qu\u2019il prolongera avec <em>Holocauste<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Couverture du volume I de \u00ab Testimony \u00bb (\u00e9dition Black Sparrow Press de 1978).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dipl\u00f4m\u00e9 en droit, Reznikoff met ainsi \u00e0 profit son travail au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 pour une encyclop\u00e9die juridique et constitue \u00e0 partir des archives f\u00e9d\u00e9rales et de chaque \u00c9tat une histoire in\u00e9dite de la nation \u00e9tasunienne au tournant des XIX<sup>e<\/sup> et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, <em>\u00ab\u00a0non pas<\/em>, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9, <em>du point de vue de l\u2019individu, comme dans les journaux intimes, ni simplement sous l\u2019angle de l\u2019inhabituel, comme dans la presse, mais de tous les points de vue \u2013\u00a0autant de points de vue que de t\u00e9moins\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Testimony \u00bb, vol. II.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce grand livre projet\u00e9 (<em>Testimony<\/em>) qui rassemble les chroniques d\u2019un \u00ab\u00a0nouveau monde\u00a0\u00bb issues des tribunaux, d\u00fbment dat\u00e9es et situ\u00e9es, fait grand cas du sort des minorit\u00e9s sociale, religieuse, raciale, bouleversant d\u2019autant le grand mythe am\u00e9ricain qu\u2019il adopte sur la foi des diff\u00e9rents t\u00e9moignages fid\u00e8lement restitu\u00e9s \u2013\u00a0et savamment r\u00e9pertori\u00e9s, d\u00e9coup\u00e9s, agenc\u00e9s par l\u2019auteur\u00a0\u2013 la part de vraisemblable des traces \u00e9crites de l\u2019Histoire. Si <em>Testimony<\/em> a pu \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une \u0153uvre in\u00e9galable de la <em>\u00ab\u00a0tentative objectiviste\u00a0\u00bb<\/em> \u2013\u00a0selon le mot de Jacques Roubaud, son premier traducteur en langue fran\u00e7aise dans les ann\u00e9es 1980\u00a0\u2013, c\u2019est bien parce que l\u2019ouvrage se donne \u00e0 lire comme un grand po\u00e8me, Reznikoff ayant d\u2019abord envisag\u00e9 sa composition en prose, puis enti\u00e8rement refond\u00e9 en vers son \u00ab\u00a0r\u00e9citatif\u00a0\u00bb \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1940.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la d\u00e9cennie 1960 \u2013 au moment o\u00f9 Denise Levertov red\u00e9couvre <em>By the Waters of Manhattan\u00a0<\/em>\u2013, l\u2019objectivisme finit par susciter quelque int\u00e9r\u00eat dans les lettres am\u00e9ricaines, surtout gr\u00e2ce au nouveau rayonnement de <u><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/patrice-beray\/blog\/151111\/george-oppen-l-introuvable\">George Oppen<\/a><\/u>. Reznikoff a alors accompli l\u2019essentiel de son \u0153uvre po\u00e9tique. Son recueil <em>Going To and Fro and Walking Up and Down<\/em> (paru en 1941), titre que Thierry Gillyb\u0153uf a condens\u00e9 en <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0<\/em>, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme sa plus importante r\u00e9alisation, que vient compl\u00e9ter (dix-huit ans plus tard, sans aucune publication dans l\u2019intervalle\u2026) le volume <em>Inscriptions<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Mais le monde [\u2026] volera en \u00e9clats pour nous \u2013 rien que pour nous\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vertige qui saisit \u00e0 la lecture de <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0<\/em> tient au rapport au temps qu\u2019y instaure Reznikoff. Dans la premi\u00e8re des cinq parties qui composent le recueil, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Une br\u00e8ve histoire d\u2019Isra\u00ebl\u00a0\u00bb, c\u2019est le temps qui fait ployer le po\u00e8te, et pas seulement de tout le pass\u00e9 d\u2019une in\u00e9puisable tradition livresque (de l\u2019Ancien Testament notamment)\u00a0; mais aussi sous le coup de ce rapport au temps que l\u2019on inflige aux Juifs d\u2019Europe au moment o\u00f9 il \u00e9crit son po\u00e8me\u00a0: <em>\u00ab\u00a0leur pass\u00e9 \u00e9tait encore le pr\u00e9sent et le pr\u00e9sent \/ celui d\u2019un redoutable futur\u00a0\u00bb<\/em>. Cette vision d\u2019un pr\u00e9sent qui ne peut s\u2019\u00e9terniser \u2013\u00a0sans futur\u00a0\u2013 va hanter toute la po\u00e9sie de Reznikoff, d\u2019<em>Inscriptions<\/em> aux \u0153uvres testimoniales qu\u2019il finira d\u2019\u00e9laborer. D\u2019ailleurs, d\u00e8s cette premi\u00e8re partie de <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0<\/em> le po\u00e8te n\u2019y r\u00e9siste pas et accommode sa \u00ab\u00a0br\u00e8ve histoire d\u2019Isra\u00ebl\u00a0\u00bb \u00e0 la situation pr\u00e9sente de la Seconde Guerre mondiale\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sur un si\u00e8ge du m\u00e9tro, regardant par la fen\u00eatre<br \/>\nles t\u00e9n\u00e8bres bruyantes, pourquoi es-tu triste\u00a0?<br \/>\nTu n\u2019es pas un H\u00e9breu\u00a0:<br \/>\ntu n\u2019auras aucun mal \u00e0 trouver du boulot<br \/>\n(m\u00eame un H\u00e9breu serait content de t\u2019embaucher)<br \/>\n[\u2026]<br \/>\net pourtant, ni mis\u00e9reux ni ivre,<br \/>\npourquoi es-tu si malheureux, Aryen\u00a0?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Accul\u00e9 \u00e0 un pr\u00e9sent qui peine \u00e0 ouvrir sur un Nouveau Monde, Reznikoff r\u00e9ussit malgr\u00e9 tout ce prodige \u2013\u00a0contre le cours de l\u2019Histoire\u00a0\u2013 d\u2019inventer une \u00e9criture du po\u00e8me qui le devance sur ces chemins obstru\u00e9s du temps, par lesquels il signe les deux parties suivantes de <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0\u00a0<\/em>: deux \u00ab\u00a0autobiographies\u00a0\u00bb qui le m\u00e8nent \u00ab\u00a0En route vers l\u2019Ouest\u00a0\u00bb, de New\u00a0York \u00e0 Hollywood o\u00f9 son ami cin\u00e9aste et producteur Albert Lewin (le r\u00e9alisateur de <em>Pandora<\/em>) lui offre ponctuellement de travailler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette invention po\u00e9tique propre \u00e0 Reznikoff, passant par une \u00e9conomie de moyens tant lou\u00e9e par les po\u00e8tes objectivistes, ici admirablement traduit par Thierry Gillyb\u0153uf, tient \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition (la reprise) des m\u00eames mots, geste d\u2019\u00e9criture qui fait advenir dans toute leur r\u00e9alit\u00e9 les choses vues, comme ici dans les tout derniers vers faisant imm\u00e9diatement suite \u00e0 une s\u00e9rie nominale\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le sol \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du ballast est du vert vif de l\u2019herbe\u00a0;<br \/>\nles arbres en bourgeon le long du fleuve boueux chatoient\u00a0;<br \/>\ndans les creux les arbres au vert feuillage ont bourgeonn\u00e9.<br \/>\nDes palmiers dans les rues d\u2019une ville.<br \/>\nDes fleurs pourpres et blanches dans le d\u00e9sert.<br \/>\nDu sable blanc formant de lisses vagues.<br \/>\nUne plaine de gravier comme de l\u2019eau rid\u00e9e.<br \/>\nDes lumi\u00e8res isol\u00e9es\u00a0; nombreuses\u00a0; des lumi\u00e8res le long des routes, le long des rues,<br \/>\net le long des rues de Los Angeles.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, comme le souligne tr\u00e8s justement Emmanuel Laugier dans sa postface \u00e0 <em>Inscriptions<\/em>, <em>\u00ab\u00a0le litt\u00e9ralisme\u00a0n\u2019est qu\u2019un des aspects\u00a0\u00bb <\/em>de l\u2019\u00e9criture de Reznikoff. Sur ce chemin du po\u00e8me o\u00f9 le monde d\u2019une collectivit\u00e9 possible se trouve, il n\u2019oublie pas la capacit\u00e9 de chacun d\u2019en int\u00e9rioriser les r\u00eaves et les affects qui ne pourront jamais \u00eatre dits. Comme dans son po\u00e8me <em>Kaddish<\/em> qui cl\u00f4t le recueil o\u00f9 il ne peut qu\u2019accompagner les derniers souffles de vie de sa m\u00e8re\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Mais parfois, quand je parle calmement aux autres, \/ je m\u2019aper\u00e7ois que je soupire \u2013 hors de propos.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, si l\u2019on peut qualifier la po\u00e9sie de Reznikoff d\u2019antilyrique puisqu\u2019il ne recourt jamais, en quelque circonstance, \u00e0 la moindre intensification des \u00e9motions, le po\u00e8te n\u2019exclut pas compl\u00e8tement que l\u2019on puisse trouver quelque consolation dans son art. C\u2019est \u00e9galement dans <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0<\/em> qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s ses bouleversants premiers \u00ab\u00a0t\u00e9moignages\u00a0\u00bb sous une forme versifi\u00e9e (ils en constituent la 4<sup>e<\/sup> partie). \u00c0 ces chroniques d\u2019une grande violence qui vont composer <em>Testimony<\/em>, nombre de po\u00e8mes d\u2019<em>Inscriptions<\/em> et de <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0<\/em> font \u00e9cho, cette fois sous la plume d\u2019un po\u00e8te que la d\u00e9r\u00e9liction d\u2019\u00eatre partie prenante de ce monde n\u2019emp\u00eache pas de manier la d\u00e9rision, l\u2019humour\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je n\u2019aurais jamais pens\u00e9 que je heurterais<\/em><br \/>\n<em>un poteau, tituberais et aurais l\u2019impression de tomber<\/em><br \/>\n<em>sous les grosses roues qui filaient<\/em><br \/>\n<em>sur la chauss\u00e9e ensoleill\u00e9e\u00a0;<\/em><br \/>\n<em>mon emploi du temps ne comportait pas d\u2019arr\u00eats.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Mais le monde qui glisse en douceur<\/em><br \/>\n<em>tout soudain, comme il l\u2019a fait, volera en \u00e9clats<\/em><br \/>\n<em>pour nous \u2013 rien que pour nous.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">*<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Charles Reznikoff<\/strong>, <em>Inscriptions<\/em> (pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de <em>\u00c7\u00e0 et l\u00e0<\/em>), traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par Thierry Gillyb\u0153uf, postface d\u2019Emmanuel Laugier, 156 p., 18 euros, <u><a href=\"http:\/\/www.editions-nous.com\/\">\u00e9ditions Nous<\/a><\/u>, 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du m\u00eame auteur, les <u><a href=\"https:\/\/www.editionsunes.fr\/catalogue\/charles-reznikoff\/\">\u00e9ditions Unes<\/a><\/u> ont r\u00e9cemment republi\u00e9 <em>Holocauste<\/em>, dans une nouvelle traduction d\u2019Andr\u00e9 Markowicz.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mediapart.fr<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-4532\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/SalonDames-181022-02-300x230.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/SalonDames-181022-02-300x230.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/SalonDames-181022-02.jpg 392w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Connue surtout pour ses grands po\u00e8mes testimoniaux (T\u00e9moignage, Holocauste\u2026), l\u2019\u0153uvre de Charles Reznikoff (1894-1976) a pu passer pour une anomalie, son dessein antilyrique \u00e9chappant pour une grande part \u00e0 l\u2019histoire de la po\u00e9sie.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[36],"class_list":["post-4548","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture-formation","tag-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4548","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4548"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4548\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4549,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4548\/revisions\/4549"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4548"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4548"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4548"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}