{"id":5041,"date":"2018-12-28T02:02:48","date_gmt":"2018-12-28T01:02:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=5041"},"modified":"2018-12-27T07:05:16","modified_gmt":"2018-12-27T06:05:16","slug":"incivilisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2018\/12\/28\/incivilisation\/","title":{"rendered":"Incivilisation"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">Le manifeste de la Montagne Sombre<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-5033 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/OnVeut-181220-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/OnVeut-181220-300x189.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/OnVeut-181220.jpg 477w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9armement<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces grands et fatals mouvements vers la mort\u00a0: la grandeur des masses<br \/>\nFont de la piti\u00e9 une folle, cette piti\u00e9 d\u00e9chirante<br \/>\nPuisque les atomes de la masse, les personnes, les victimes, rendent cela monstrueux<br \/>\nD\u2019admirer la tragique beaut\u00e9 qu\u2019ils construisent.<br \/>\nAussi belle qu\u2019une rivi\u00e8re qui s\u2019\u00e9coule ou que le lent rassemblement<br \/>\nD\u2019un glacier sur la paroi rocheuse d\u2019une haute montagne,<br \/>\nVou\u00e9 \u00e0 ensevelir une for\u00eat, ou que le gel de novembre,<br \/>\nAvec sa danse mortelle des feuilles couleur d\u2019or et de flamme [\u2026].<br \/>\nJe br\u00fblerais ma main droite dans un feu lent<br \/>\nPour changer l\u2019avenir \u2026 Je serais d\u00e9raisonnable. La beaut\u00e9 de l\u2019homme moderne<br \/>\nNe r\u00e9side pas dans l\u2019individu mais dans le<br \/>\nRythme funeste, les masses lourdes et mouvantes, la danse des masses<br \/>\nGuid\u00e9es par les r\u00eaves le long de la montagne sombre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Robinson Jeffers, 1935<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extraits de l\u2019article \u00e0 lire sur<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"http:\/\/partage-le.com\/2018\/10\/le-manifeste-de-la-montagne-sombre-the-dark-mountain-manifesto\/\">http:\/\/partage-le.com\/2018\/10\/le-manifeste-de-la-mo<\/a> <\/em><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Marcher sur de la lave<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La civilisation finira par pr\u00e9cipiter la fin du genre humain.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Ralph Waldo Emerson<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ceux qui font l\u2019exp\u00e9rience directe d\u2019un effondrement social rapportent rarement de grande r\u00e9v\u00e9lation concernant les v\u00e9rit\u00e9s profondes de l\u2019existence humaine. En revanche, ce qu\u2019ils rapportent, si on le leur demande, c\u2019est leur \u00e9tonnement vis-\u00e0-vis du fait qu\u2019il est finalement si simple de mourir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les structures r\u00e9p\u00e9titives de la vie ordinaire, dans laquelle tant de choses restent les m\u00eames d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre, dissimulent la fragilit\u00e9 de sa fabrique. Combien de nos activit\u00e9s sont-elles rendues possibles par l\u2019impression de stabilit\u00e9 que procurent ces structures\u202f? Du moment qu\u2019elles se r\u00e9p\u00e8tent, qu\u2019elles restent r\u00e9guli\u00e8res, nous sommes en mesure de planifier, de pr\u00e9voir pour demain comme si toutes les choses dont nous d\u00e9pendons et que nous ne consid\u00e9rons pas avec une grande attention seront toujours l\u00e0. Lorsque ces structures se brisent, sous l\u2019effet d\u2019une guerre civile, d\u2019une catastrophe naturelle ou d\u2019une trag\u00e9die de moindre importance, ab\u00eemant leur fabrique, nombre de ces activit\u00e9s deviennent impossibles ou insignifiantes, tandis que la simple t\u00e2che de r\u00e9pondre \u00e0 nos besoins \u00e9l\u00e9mentaires, que nous tenions pour acquis, peut parfois occuper une grande partie de nos journ\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les correspondants de guerre et les travailleurs humanitaires nous rapportent non seulement la fragilit\u00e9 de cette fabrique, mais aussi la vitesse \u00e0 laquelle elle peut se d\u00e9faire. Tandis que nous \u00e9crivons, personne ne sait pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 la d\u00e9liquescence de la fabrique financi\u00e8re et commerciale de nos \u00e9conomies nous m\u00e8nera. Pendant quoi, au-del\u00e0 des villes, l\u2019exploitation industrielle incontr\u00f4l\u00e9e d\u00e9vore les bases mat\u00e9rielles de la vie dans de nombreuses r\u00e9gions du monde, consumant les communaut\u00e9s biotiques qui la rendent possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, aussi pr\u00e9caire que soit cette \u00e9poque, la conscience de la fragilit\u00e9 de ce que nous appelons <em>civilisation<\/em> n\u2019est pas nouvelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Peu comprennent<\/em>, \u00e9crivait Joseph Conrad en 1896, <em>que leur vie, l\u2019essence m\u00eame de leur personne, leurs capacit\u00e9s et leurs audaces, ne sont que l\u2019expression de leur croyance en la s\u00fbret\u00e9 de leur milieu<\/em>.\u00a0\u00bb Les \u00e9crits de Conrad d\u00e9non\u00e7aient la civilisation export\u00e9e par les imp\u00e9rialistes europ\u00e9ens. Ils la d\u00e9peignaient comme une illusion confortable, et rien de plus, non seulement au c\u0153ur t\u00e9n\u00e9breux et indomptable de l\u2019Afrique, mais aussi dans la blancheur des s\u00e9pulcres de leurs grandes m\u00e9tropoles. Les habitants de cette civilisation croyaient \u00ab\u00a0aveugl\u00e9ment en la force irr\u00e9sistible de ses institutions et de sa morale, au pouvoir de sa police et de son opinion\u00a0\u00bb, mais leur confiance ne pouvait se maintenir qu\u2019en raison de la foule des croyants dans laquelle ils \u00e9taient plong\u00e9s, et qui partageaient cette m\u00eame vision. Hors les murs demeurait le sauvage, aussi proche que le sang sous la peau, bien que le citadin n\u2019\u00e9tait plus en mesure d\u2019y faire face directement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bertrand Russell remarqua cette tendance dans la perspective de Conrad, sugg\u00e9rant que le romancier \u00ab\u00a0consid\u00e9rait la vie humaine civilis\u00e9e et moralement tol\u00e9rable comme une marche dangereuse sur une fine couche de lave \u00e0 peine refroidie qui pourrait c\u00e9der \u00e0 tout moment et plonger l\u2019imprudent dans une fournaise ardente\u00a0\u00bb. Russell et Conrad soulignaient une \u00e9vidence que n\u2019importe quel historien pourrait confirmer\u00a0: la civilisation est une construction tr\u00e8s fragile, \u00e9difi\u00e9e sur des croyances\u00a0: la croyance en la justesse de ses valeurs\u202f; la croyance en la force de son syst\u00e8me de maintien de l\u2019ordre\u202f; la croyance en sa monnaie\u202f; et avant tout, probablement, la croyance en son futur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque ces croyances commencent \u00e0 se disloquer, l\u2019effondrement de la civilisation peut devenir inarr\u00eatable<em>.<\/em> Que les civilisations s\u2019effondrent, t\u00f4t ou tard, est une loi de l\u2019histoire aussi in\u00e9luctable que la gravit\u00e9. Ce qui demeure, apr\u00e8s l\u2019effondrement, est un m\u00e9lange de vestiges culturels et d\u2019individus confus et \u00e9nerv\u00e9s, trahis par leurs certitudes. Mais l\u2019on retrouve aussi ces forces qui \u00e9taient rest\u00e9es l\u00e0, toujours, dont les racines sont plus profondes que les murs des villes\u00a0: le d\u00e9sir de survivre et le d\u00e9sir de sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">*<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semble que ce soit au tour de notre civilisation de conna\u00eetre l\u2019irruption du sauvage et de l\u2019invisible\u202f; notre tour d\u2019\u00eatre secou\u00e9s au contact de la r\u00e9alit\u00e9 brute. Un effondrement se profile. Nous vivons un temps o\u00f9 les contraintes qui nous sont famili\u00e8res se rompent, o\u00f9 les fondations se d\u00e9robent dessous nous. Apr\u00e8s un quart de si\u00e8cle de complaisance, au cours duquel nous \u00e9tions invit\u00e9s \u00e0 croire \u00e0 des bulles qui n\u2019\u00e9clateraient jamais, \u00e0 des prix qui ne tomberaient jamais, \u00e0 la fin de l\u2019histoire, au reconditionnement du triomphalisme du cr\u00e9puscule victorien de Conrad \u2014 Hubris rencontre N\u00e9m\u00e9sis. Et l\u2019on assiste d\u00e9sormais au recommencement d\u2019une vieille histoire humaine dont nous sommes coutumiers. L\u2019histoire de l\u2019Empire qui s\u2019\u00e9rode de l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019histoire d\u2019un peuple qui a cru, pendant longtemps, que ses actions n\u2019auraient pas de cons\u00e9quences. L\u2019histoire de la mani\u00e8re dont ce peuple souffrira l\u2019\u00e9croulement de ses mythes. Notre histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette fois-ci, l\u2019Empire qui chancelle, c\u2019est l\u2019inexpugnable \u00e9conomie mondialis\u00e9e, et le Meilleur des Mondes de la d\u00e9mocratie consum\u00e9riste qu\u2019elle constituait \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire. Sur l\u2019indestructibilit\u00e9 de cet \u00e9difice, nous avons mis\u00e9 les espoirs de cette ultime phase de notre civilisation. D\u00e9sormais, son \u00e9chec et sa faillibilit\u00e9 sont expos\u00e9s, les \u00e9lites du monde s\u2019affairent fr\u00e9n\u00e9tiquement \u00e0 r\u00e9parer la machine \u00e9conomique dont, pendant des d\u00e9cennies, ils nous ont assur\u00e9 qu\u2019elle ne devait pas \u00eatre contrainte, car la contrainte aurait caus\u00e9 sa perte. D\u2019innombrables sommes d\u2019argents sont achemin\u00e9es afin d\u2019emp\u00eacher son explosion incontr\u00f4l\u00e9e. La machine cahote et les ing\u00e9nieurs paniquent. Ils se demandent s\u2019ils la comprennent finalement aussi bien qu\u2019ils le croyaient. Ils se demandent s\u2019ils la contr\u00f4lent ou, au contraire, si c\u2019est elle qui les contr\u00f4le.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus en plus, les gens s\u2019inqui\u00e8tent. Les ing\u00e9nieurs se regroupent en \u00e9quipes concurrentes, mais aucune ne semble savoir quoi faire, et toutes se ressemblent. Autour du monde, le m\u00e9contentement gronde. Les extr\u00e9mistes aff\u00fbtent leurs armes et se regroupent pendant que les cahots et les sursauts de la machine d\u00e9voilent les errements des oligarchies politiques qui pr\u00e9tendaient tout ma\u00eetriser. Les anciens Dieux rel\u00e8vent la t\u00eate, de m\u00eame que les vieilles ritournelles\u00a0: r\u00e9volution, guerre, conflit ethnique. La politique telle que nous l\u2019avons connue titube, comme la machine qu\u2019elle \u00e9tait cens\u00e9e soutenir. \u00c0 sa place pourrait bien se dresser quelque chose de plus \u00e9l\u00e9mentaire, au c\u0153ur sombre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 mesure que les magiciens de la finance perdent leur pouvoir de l\u00e9vitation, que les politiciens et les \u00e9conomistes \u00e9chouent \u00e0 articuler de nouvelles explications, nous commen\u00e7ons \u00e0 comprendre que derri\u00e8re le rideau, au c\u0153ur de la Cit\u00e9 d\u2019\u00c9meraude, ne se trouve pas l\u2019omnipotente et b\u00e9nigne main invisible qu\u2019on nous avait vendue, mais tout autre chose. Quelque chose responsable, selon Marx, \u00e9crivant peu avant Conrad, de \u00ab\u00a0l\u2019incertitude \u00e9ternelle et de l\u2019angoisse\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9poque bourgeoise\u00a0\u00bb, dans laquelle \u00ab\u00a0tout ce qui est solide, bien \u00e9tabli, se volatilise, tout ce qui est sacr\u00e9 se trouve profan\u00e9\u00a0\u00bb. Levez le rideau, suivez les mouvements des rouages de la machine et remontez \u00e0 sa source, et vous trouvez le moteur de notre civilisation\u00a0: le mythe du progr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mythe du progr\u00e8s est pour nous ce que le mythe de la prouesse guerri\u00e8re d\u2019inspiration divine \u00e9tait pour les Romains, ou ce que le mythe du salut \u00e9ternel \u00e9tait pour les conquistadors\u00a0: sans lui, nous ne pourrions pas avancer. Sur les racines de l\u2019Occident chr\u00e9tien, les Lumi\u00e8res, \u00e0 leur apog\u00e9e, greff\u00e8rent une vision d\u2019un paradis terrestre vers lequel l\u2019effort humain, guid\u00e9 par la raison math\u00e9matique, pourrait nous mener. Selon ce credo, chaque g\u00e9n\u00e9ration devait conna\u00eetre une vie meilleure que celle qui l\u2019avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e. L\u2019histoire devenait un ascenseur qui ne pouvait que monter. Au dernier \u00e9tage, on trouverait la perfection humaine. Mais il \u00e9tait important qu\u2019il reste hors de port\u00e9e, afin de garantir une impression de mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, l\u2019histoire r\u00e9cente a quelque peu perturb\u00e9 ce m\u00e9canisme. Le si\u00e8cle dernier a trop souvent eu l\u2019air d\u2019une descente aux enfers plut\u00f4t que d\u2019un paradis terrestre. Et m\u00eame au sein des soci\u00e9t\u00e9s prosp\u00e8res et lib\u00e9rales de l\u2019Occident, le progr\u00e8s, de bien des mani\u00e8res, a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 tenir ses promesses. Les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9sentes sont visiblement moins satisfaites et ainsi moins optimistes que celles qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Elles travaillent de longues heures, d\u2019une mani\u00e8re plus pr\u00e9caire, et avec moins de chance d\u2019\u00e9chapper au contexte social qui les a vues na\u00eetre. Elles craignent le crime, l\u2019\u00e9clatement social, le surd\u00e9veloppement, l\u2019effondrement \u00e9cologique. Elles ne croient pas que le futur sera meilleur que le pass\u00e9. Individuellement, ils sont moins limit\u00e9s par les conventions de classe que leurs parents ou leurs grands-parents, mais plus limit\u00e9s par la loi, la surveillance, la proscription \u00e9tatique et l\u2019endettement. Leur sant\u00e9 physique est meilleure, mais leur sant\u00e9 mentale plus fragile. Personne ne sait ce qui arrive. Personne ne veut savoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais surtout, il se trouve une obscurit\u00e9 sous-jacente \u00e0 tout ce que nous avons construit. Hors des villes, au-del\u00e0 des fronti\u00e8res diffuses de notre civilisation, \u00e0 la merci des machines mais non sous leur contr\u00f4le, repose quelque chose que ni Marx ni Conrad, ni C\u00e9sar ni Hume, ni Thatcher ni L\u00e9nine, n\u2019ont jamais compris. Quelque chose que la civilisation occidentale \u2014 qui a pos\u00e9 les jalons de la civilisation mondialis\u00e9e \u2014 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 en mesure de comprendre, car le comprendre aurait fatalement sap\u00e9 son mythe fondateur. Cette chose sur laquelle repose notre fine couche de lave fondue, qui nourrit la machine et tous ceux qui la soutiennent, et qu\u2019ils se sont tous persuad\u00e9s de ne pas voir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2026<\/em><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les huit principes de l\u2019Incivilisation<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Nous devons inhumaniser un peu nos perspectives, et devenir confiants<br \/>\nComme le rocher et l\u2019oc\u00e9an qui nous ont engendr\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<ol>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nous vivons une \u00e9poque de d\u00e9sagr\u00e9gation sociale, \u00e9conomique et \u00e9cologique. Tout autour de nous sont des signes de ce que notre mode de vie, dans son int\u00e9gralit\u00e9, commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 devenir obsol\u00e8te. Nous affronterons cette r\u00e9alit\u00e9 honn\u00eatement et apprendrons \u00e0 vivre avec.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nous rejetons la foi qui voudrait que les crises convergentes de notre temps puissent \u00eatre r\u00e9duites \u00e0 une s\u00e9rie de \u00ab\u00a0probl\u00e8mes\u00a0\u00bb appelant des \u00ab\u00a0solutions\u00a0\u00bb technologiques ou politiques.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nous pensons que les racines de ces crises plongent dans les histoires que nous nous racontons. Nous comptons d\u00e9fier ces histoires qui soutiennent notre civilisation\u00a0: le mythe du progr\u00e8s, le mythe de la centralit\u00e9 humaine, et le mythe de notre s\u00e9paration de la \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb. Ces mythes sont d\u2019autant plus dangereux que nous avons oubli\u00e9 qu\u2019ils en \u00e9taient.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nous r\u00e9affirmerons le r\u00f4le du r\u00e9cit en tant que force d\u00e9passant largement le seul divertissement. C\u2019est au travers des histoires que nous tissons la r\u00e9alit\u00e9.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Les humains ne sont ni le centre ni la raison d\u2019\u00eatre de la plan\u00e8te. Notre art commencera par tenter de sortir du d\u00f4me de la civilisation. Avec une grande attention, nous nous r\u00e9investirons avec le monde non humain.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nous c\u00e9l\u00e9brerons l\u2019\u00e9criture et l\u2019art ancr\u00e9s dans un sens du lieu et du temps. Notre litt\u00e9rature est depuis trop longtemps domin\u00e9e par ceux qui habitent les citadelles cosmopolites.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nous ne nous perdrons pas dans l\u2019\u00e9laboration de th\u00e9ories ou d\u2019id\u00e9ologies. Nos mots seront \u00e9l\u00e9mentaires. Nous \u00e9crirons d\u2019ailleurs avec la terre qu\u2019il y aura sous nos ongles.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">La fin du monde tel que nous le connaissons n\u2019est pas la fin du monde. Ensemble, nous trouverons l\u2019espoir au-del\u00e0 de l\u2019espoir, les chemins qui m\u00e8nent au monde inconnu que l\u2019on a devant nous.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-5037\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/SalonDames-180816-06-300x177.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"177\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/SalonDames-180816-06-300x177.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/SalonDames-180816-06.jpg 509w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le manifeste de la Montagne Sombre<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[17,34],"class_list":["post-5041","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","tag-amenagement","tag-tous-ensemble"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5041","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5041"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5041\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5042,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5041\/revisions\/5042"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5041"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5041"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5041"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}