{"id":5129,"date":"2019-01-13T02:53:23","date_gmt":"2019-01-13T01:53:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=5129"},"modified":"2019-01-09T06:55:15","modified_gmt":"2019-01-09T05:55:15","slug":"je-suis-pour-la-desobeissance-civile-mais-avec-humour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2019\/01\/13\/je-suis-pour-la-desobeissance-civile-mais-avec-humour\/","title":{"rendered":"\u201cJe suis pour la d\u00e9sob\u00e9issance civile, mais avec humour\u201d"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une interview de Corinne Masiero dans T\u00e9l\u00e9rama<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-5110\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Cycliste-190105-231x300.jpg\" alt=\"\" width=\"231\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Cycliste-190105-231x300.jpg 231w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Cycliste-190105.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 231px) 100vw, 231px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Devenue actrice par hasard, la capitaine Marleau de la s\u00e9rie a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une vie de mis\u00e8re. Elle ne renie rien de son pass\u00e9, lance des initiatives solidaires. Et r\u00eave de r\u00e9volution. On la retrouvera \u00e0 l\u2019affiche des \u201cInvisibles\u201d de Louis-Julien Petit, en salles le 9 janvier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est belle. Rudement. Tr\u00e8s grande. Allur\u00e9e. Avec des yeux verts enj\u00f4leurs ou sauvages. La Masiero est une sacr\u00e9e com\u00e9dienne et une sacr\u00e9e femme. Sa performance dans <em>Capitaine Marleau,<\/em> avec son ins\u00e9parable chapka et son savoureux parler chti, en a fait une star du petit \u00e9cran. Huit millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs lors de la derni\u00e8re diffusion de cette s\u00e9rie de France 3 r\u00e9alis\u00e9e par Jos\u00e9e Dayan ! Mais le talent de <u><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/personnalite\/corinne-masiero%2C17893.php\">Corinne Masiero<\/a><\/u> ne se r\u00e9sume pas \u00e0 cet officier de gendarmerie brindezingue et grande gueule. A 54 ans, l\u2019actrice de Douai qui n\u2019a d\u00e9but\u00e9 sur sc\u00e8ne qu\u2019\u00e0 28 ans, apr\u00e8s une premi\u00e8re existence chaotique, est un ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9silience et de g\u00e9nie brut. Avec sa voix caverneuse et grave, o\u00f9 pointe un accent du Nord qu\u2019elle n\u2019a jamais reni\u00e9, avec son hallucinante d\u00e9gaine, timide ou rebelle, la Louise Wimmer de <u><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/personnalite\/cyril-mennegun%2C33190.php\">Cyril Mennegun<\/a><\/u> \u2013 son premier grand r\u00f4le (2012) \u2013 est capable de tout. De narguer et d\u00e9vaster l\u2019ennemi dans un flux de paroles insens\u00e9es, d\u2019accompagner avec autorit\u00e9 et tendresse des paum\u00e9es \u2013 comme son dernier personnage dans <em><u><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/les-invisibles%2Cn5831838.php\">Les Invisibles,<\/a><\/u><\/em> de Louis-Julien Petit. De provoquer ou d\u2019\u00e9mouvoir aux larmes. Chez Audiard <em>(<u><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/de-rouille-et-d-os%2C434013.php\">De rouille et d\u2019os<\/a><\/u>)<\/em> et Ch\u00e9reau <em>(<u><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/persecution%2C13937533.php\">Pers\u00e9cution<\/a><\/u>).<\/em> Un Depardieu ou un Gabin au f\u00e9minin que cette haute carcasse forg\u00e9e aux al\u00e9as de la mis\u00e8re et engag\u00e9e depuis toujours aupr\u00e8s des plus d\u00e9munis. De sa pr\u00e9sence disruptive, elle casse superbement les codes. Et jusqu\u2019\u00e0 la mani\u00e8re de jouer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment travaillez-vous ?<\/strong><br \/>\nJe ne travaille pas. Tout se fait sur le tournage ou le plateau de th\u00e9\u00e2tre. Je ne lis ni le sc\u00e9nario ni la pi\u00e8ce. Si on conna\u00eet le contexte, on est moins d\u00e9cal\u00e9, moins inventif. Or j\u2019ai besoin de m\u2019autosurprendre pour \u00e9viter le ronron, \u00e9tonner le partenaire comme le spectateur. Ce n\u2019est jamais un r\u00f4le particulier, d\u2019ailleurs, qui m\u2019int\u00e9resse ; mais ce qui est dit dans le spectacle, ou le film, au-del\u00e0 des dialogues. Alors j\u2019apprends juste les sc\u00e8nes o\u00f9 je parle. M\u00eame si \u00ab dire \u00bb n\u2019est \u00e9videmment pas seulement une histoire de mots. Jouer, c\u2019est avec le corps que \u00e7a se passe. Il faut donner de la chair, de la mati\u00e8re, et creuser, creuser. Moi, j\u2019ai besoin de toucher. Avec la paume de ma main. J\u2019aime toucher le plateau. J\u2019ai besoin d\u2019\u00eatre par terre, couch\u00e9e dessus. Le plateau nu, c\u2019est mon truc, un endroit sacr\u00e9. L\u2019odeur des coulisses aussi, m\u00e9lange de poussi\u00e8re, de sueur, de cigarettes, est mon parfum pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. J\u2019aime quand \u00e7a pue. J\u2019aime me donner des contraintes de jeu aussi, des difficult\u00e9s, des trucs qui ne me ressemblent pas. Des pieds cass\u00e9s par exemple, ou des talons trop hauts ou du vernis \u00e0 ongles. \u00c7a m\u2019oblige \u00e0 avoir des id\u00e9es d\u2019interpr\u00e9tation. Je m\u2019\u00e9tais invent\u00e9 une d\u00e9marche invraisemblable pour une domestique de <em>Feydeau, terminus,<\/em> qu\u2019avait mont\u00e9 en 2001 Didier Bezace. Feydeau, c\u2019est pas ma came, \u00e7a ne me fait pas rire. Mais c\u2019est justement quand on n\u2019aime pas qu\u2019on n\u2019a aucun a priori, et qu\u2019on devient le plus int\u00e9ressant\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cJe me suis form\u00e9e \u00e0 l\u2019arrach\u00e9.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vous avez eu des mod\u00e8les ?<\/strong><br \/>\nAucun. S\u2019inspirer, c\u2019est comme repeindre un Rubens. A quoi \u00e7a sert ? Et puis m\u2019inspirer de qui ? Quand j\u2019ai d\u00e9marr\u00e9, je ne connaissais rien. Ce qu\u2019on voyait \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, <em>Au th\u00e9\u00e2tre ce soir<\/em> \u2013 Maria Pac\u00f4me, Jean Le Poulain, Jacqueline Maillan \u2013 ou au cin\u00e9ma, <em>Les Fous du stade<\/em> ou <em>Dupont-Lajoie.<\/em> Il y avait aussi les chanteurs que j\u2019allais admirer avec mes parents \u00e0 la F\u00eate de l\u2019Humanit\u00e9 : Leny Escudero, Mouloudji, Isabelle Aubret, Henri Tachan\u2026 J\u2019ai v\u00e9cu l\u00e0-bas de vrais moments d\u2019\u00e9motion. Comme dans les manifs. Quand c\u2019est fort le spectacle vivant, \u00e7a vaut tous les films du monde. D\u2019autant plus que c\u2019est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment \u00eates-vous venue au th\u00e9\u00e2tre ?<\/strong><br \/>\nTard et par hasard. C\u2019est un endroit o\u00f9 j\u2019ai trouv\u00e9 enfin une place. Je zonais, apr\u00e8s des ann\u00e9es de drogue, et des copains qui faisaient du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019Hippodrome de Douai m\u2019ont demand\u00e9 de leur donner un coup de main pour porter le matos. Un jour, la metteuse en sc\u00e8ne me voit regarder le plateau et me propose de participer \u00e0 un \u00e9chauffement de com\u00e9diens. Un \u00ab \u00e9chauffement \u00bb ? Je ne voyais pas ce que \u00e7a voulait dire. Pour des danseurs, oui, mais des com\u00e9diens ? Il fallait juste traverser la sc\u00e8ne en marchant en diagonale et en imaginant un petit incident. J\u2019y vais, en faisant semblant de remettre un lacet. <em>\u00ab Tr\u00e8s bien ! \u00bb<\/em> me dit la metteuse en sc\u00e8ne. Tr\u00e8s bien ? J\u2019avais le droit de faire des trucs \u00e0 moi et on me disait tr\u00e8s bien ? Mais \u00e7a ne m\u2019\u00e9tait jamais arriv\u00e9 ! Je n\u2019ai vu ce bout de lumi\u00e8re qu\u2019\u00e0 28 ans\u2026 Alors je me suis dit, je reste l\u00e0. Je veux faire \u00e7a. Ici, maintenant, c\u2019est chez moi. J\u2019ai suppli\u00e9 la metteuse en sc\u00e8ne de me prendre pour un petit r\u00f4le dans son prochain spectacle, <em>Le Bouc,<\/em> de Fassbinder, qu\u2019elle devait monter l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s. Je ne connaissais \u00e9videmment pas Fassbinder. J\u2019ai fil\u00e9 au Goethe Institut de Lille et j\u2019ai vu tous ses films en allemand non sous-titr\u00e9\u2026 Elle m\u2019avait conseill\u00e9 aussi de voir tout ce qui \u00e9tait programm\u00e9 \u00e0 l\u2019Hippodrome de Douai, expos, concerts, th\u00e9\u00e2tre \u2013 m\u00eame pour enfants ! \u2013 danse, projections de films\u2026 Je me suis form\u00e9e \u00e0 l\u2019arrach\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pas d\u2019\u00e9tudes ?<\/strong><br \/>\nJ\u2019ai ador\u00e9 jusqu\u2019au coll\u00e8ge. J\u2019\u00e9tais toujours premi\u00e8re en primaire, petite gamine hyper timide et mal \u00e0 l\u2019aise. Je le suis toujours. Mais plus je grandissais plus je supportais mal ce qu\u2019on disait ou faisait aux femmes dans ma famille. C\u00f4t\u00e9 p\u00e8re, des ritals ayant fui le fascisme et devenus prolos ; c\u00f4t\u00e9 m\u00e8re, des journaliers de campagne et des femmes de m\u00e9nage depuis Louis XIV. Cocos des deux c\u00f4t\u00e9s, et machos et homophobes. Avec des violences familiales, conjugales, des incestes. Tr\u00e8s vite, \u00eatre sous le pouvoir d\u2019un adulte m\u2019a sembl\u00e9 intol\u00e9rable. Je me renfermais. Et plus je me renfermais, plus je me trouvais diff\u00e9rente, anormale. Mais qu\u2019est-ce que je fous dans cette soci\u00e9t\u00e9-l\u00e0 ? Ce Nord toujours hant\u00e9 par la guerre de 14-18 ; cette m\u00e8re qui pleurait tout le temps et partait rouler dans sa bagnole pour oublier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cJ\u2019ai juste appris \u00e0 ouvrir ma gueule, \u00e0 faire p\u00e9ter les non-dits.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pas d\u2019issue ?<\/strong><br \/>\nPour sortir d\u2019une situation, il faut savoir qu\u2019il y a une porte. Je n\u2019en voyais pas. J\u2019\u00e9tais prise de vertige et sans r\u00e9ponse. Ma famille \u00e9tait ath\u00e9e, anticl\u00e9ricale. J\u2019\u00e9tais la seule de la classe \u00e0 ne pas aller au cat\u00e9chisme et \u00e0 la messe le dimanche. Moi, j\u2019allais \u00e0 la piscine. D\u00e9j\u00e0 qu\u2019on se foutait de moi parce que je parlais chti et que je ne connaissais rien d\u2019autre que ce que j\u2019apprenais \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Rien. J\u2019ai v\u00e9cu tr\u00e8s t\u00f4t l\u2019irrespect. Et \u00e7a m\u2019a bless\u00e9e de me sentir une merde. Moche et re-moche, aussi. J\u2019avais r\u00eav\u00e9 faire de la danse. Mais la prof trouvait que mon corps n\u2019allait pas, que j\u2019\u00e9tais trop grande \u2013 \u00e0 10 ans, je faisais d\u00e9j\u00e0 1,70 m\u00e8tre \u2013 et que, de toute fa\u00e7on, il \u00e9tait trop tard pour en faire un m\u00e9tier. Mon monde s\u2019effondrait. Je n\u2019avais pas le droit d\u2019exister. Alors je suis devenue une rebelle \u00e0 deux balles. Mais je n\u2019ai jamais eu honte de l\u2019endroit d\u2019o\u00f9 je venais, de la mani\u00e8re dont je parlais. Je vis toujours \u00e0 Roubaix, parce que avec les soixante-dix nationalit\u00e9s qui y cohabitent c\u2019est plus large qu\u2019\u00e0 Paris, \u00e7a vit. De l\u2019ISF \u00e0 la mis\u00e8re noire. J\u2019ai juste appris \u00e0 ouvrir ma gueule, \u00e0 faire p\u00e9ter les non-dits. Sinon, \u00e7a devient purulent et on s\u2019infecte soi-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment s\u2019est faite la m\u00e9tamorphose ?<\/strong><br \/>\nEn troisi\u00e8me, j\u2019avais d\u00e9couvert <em>Flash ou le grand voyage,<\/em> de Charles Duchaussois, un pav\u00e9 de cinq cents pages, ma Bible. Je voulais faire pareil, avoir une existence rock\u2019n\u2019roll, d\u00e9glingu\u00e9e, drogu\u00e9e ; pas jouer de la musique mais vivre ce que vivaient les rockers. Je croyais na\u00efvement que c\u2019\u00e9tait \u00e7a, la vraie libert\u00e9 : \u00eatre toxico. Et que le seul moyen de se r\u00e9volter \u00e9tait de se d\u00e9truire. A 13 ans, j\u2019ai mis les rangers. Je savais que je n\u2019\u00e9tais pas belle. Avec mon allure de gar\u00e7on manqu\u00e9, mon m\u00e8tre quatre-vingts, on m\u2019appelait m\u00eame \u00ab monsieur \u00bb. Je me sentais appartenir \u00e0 une sorte de \u00ab troisi\u00e8me \u00bb sexe. Alors, autant \u00eatre carr\u00e9ment laide, comme \u00e7a les mecs ne me feraient plus chier. Je ne me ferais plus violer. \u00c7a a commenc\u00e9 \u00e0 8 ans. \u00c7a a fini \u00e0 18\u2026 J\u2019\u00e9tais drogu\u00e9e \u00e0 15. J\u2019ai quand m\u00eame eu le bac. Une premi\u00e8re, dans notre famille ! Je me suis inscrite \u00e0 la fac. Mais, apr\u00e8s deux cours, j\u2019ai tout de suite vu que ce n\u2019\u00e9tait pas pour moi. Je m\u2019ennuyais. J\u2019ai pourtant r\u00e9cidiv\u00e9 pendant trois ans, histoire d\u2019avoir la carte d\u2019\u00e9tudiant et de payer moins de loyer. Mais j\u2019\u00e9tais tellement d\u00e9fonc\u00e9e. Je devais dealer ou me prostituer \u00e0 la sauvette, dans le m\u00e9tro, dans les voitures, pour m\u2019acheter de l\u2019h\u00e9ro\u00efne ; avec chaque fois la peur des flics ou des maquereaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cLe th\u00e9\u00e2tre a \u00e9t\u00e9 ma lumi\u00e8re. Je m\u2019y suis accroch\u00e9e.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vous vous en \u00eates sortie comment ?<\/strong><br \/>\nY a pas une pute qui r\u00eave pas d\u2019arr\u00eater : c\u2019est si humiliant de se faire payer. Y a pas un toxico qui r\u00eave pas d\u2019arr\u00eater : c\u2019est une telle douleur. Le mal au ventre du manque, comme si on avait une sciatique dans le bide, la fi\u00e8vre, la gastro, la gerbe, la d\u00e9pression\u2026 Et pas beaucoup de monde pour vous aider. Quand vous \u00eates toxico, vous ne fr\u00e9quentez que les toxicos. Je quittais plus mon lit. Je regardais la t\u00e9l\u00e9 toute la journ\u00e9e. Comme un beauf. En fait, on devient des beaufs qui picolent leurs bi\u00e8res devant le petit \u00e9cran. C\u2019\u00e9tait pourtant pas l\u2019objectif de d\u00e9part\u2026 J\u2019avais peur de mourir, en plus. Y a pas une fois o\u00f9 je me suis piqu\u00e9e sans penser, quand l\u2019aiguille rentrait, qu\u2019il y aurait peut-\u00eatre une bulle d\u2019air qui allait me tuer\u2026 Y a pas un jour d\u2019ailleurs o\u00f9 je ne pense pas \u00e0 la mort. M\u00eame maintenant o\u00f9 j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 ne pas me laisser mourir. \u00c7a me rassure d\u2019y penser. Comme \u00e0 une issue de secours quand vraiment \u00e7a irait trop mal. Mais je suis l\u00e2che. Je n\u2019ai jamais eu le courage de me foutre en l\u2019air.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ou vous aimez trop la vie\u2026<\/strong><br \/>\nLe th\u00e9\u00e2tre a \u00e9t\u00e9 ma lumi\u00e8re. Je m\u2019y suis accroch\u00e9e. Je fonctionne au radar. Je fais confiance \u00e0 mon instinct. Un instinct de survie. Je sens les choses, m\u00eame si je suis pas fute-fute. Apr\u00e8s ma d\u00e9couverte de la sc\u00e8ne \u00e0 Douai, je courais partout pour apprendre \u00e0 jouer, voir les autres jouer. En 1993, j\u2019avais rep\u00e9r\u00e9 que Claude Berri tournait <em><u><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/germinal%2C9727.php\">Germinal<\/a><\/u><\/em> dans le coin, avec Depardieu et Carmet, mon idole de <em>Dupont-Lajoie.<\/em> J\u2019ai fait les castings de figurants et en ouvrant au hasard une porte, je tombe sur Claude Berri. Il voit ma d\u00e9gaine pas possible, me demande si je sais me mettre en col\u00e8re. Je dis oui. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019on ne me disait pas que j\u2019avais une sale gueule. J\u2019ai eu mon premier contrat de 1 500 francs <em>[environ 230 euros, ndlr],<\/em> moi qui \u00e9tais au RMI. Je suis all\u00e9e voir l\u2019administratrice timidement. Je croyais qu\u2019elle avait fait une erreur\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vous avez appris quoi sur ce tournage ?<\/strong><br \/>\nLa hi\u00e9rarchie. Que le r\u00e9alisateur \u00e9tait Dieu le P\u00e8re. Qu\u2019il y avait des diff\u00e9rences entre les acteurs connus et les inconnus. Que Depardieu p\u00e9tait sans arr\u00eat et se grattait les couilles. Que Carmet rigolait, bavardait avec les partenaires, les techniciens, mais devenait g\u00e9nial et concentr\u00e9 dans la seconde o\u00f9 on lui criait : <em>\u00ab Action ! \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>C\u2019est tr\u00e8s diff\u00e9rent avec Jos\u00e9e Dayan, avec qui vous tournez la s\u00e9rie Capitaine Marleau ?<\/strong><br \/>\nSur un tournage, elle ne quitte pas le plateau. C\u2019est sa vie. Elle y voit et entend tout. A 73 ans, elle filme toujours comme une mitraillette. Sans r\u00e9p\u00e9ter et en une seule prise ! Elle encha\u00eene dans la chronologie de l\u2019action, en plus ! C\u2019est rarissime et super pour les acteurs. Jos\u00e9e adore les acteurs et r\u00e9ussit des castings de r\u00eave. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, j\u2019ai pu jouer avec, en guest stars, Biolay, Adjani, Camille, Balibar, Depardieu ou Arestrup ! Jos\u00e9e parle d\u2019une \u00ab tribu \u00bb, \u00e0 laquelle elle reste fid\u00e8le. Eux aussi. Car elle les dorlote. <em>\u00ab Pour ne pas me pourrir la vie \u00bb,<\/em> dit-elle, elle ne me fait tourner ainsi que quatre <em>Marleau<\/em> par an. Et vite. C\u2019est pour \u00e7a que j\u2019ai accept\u00e9. Je peux faire d\u2019autres choses en m\u00eame temps. Elle dit encore que diriger est inutile, qu\u2019il suffit de bien distribuer les r\u00f4les. Elle fait confiance. Apr\u00e8s, elle module un peu\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cLes impros, c\u2019est souvent 90 % de d\u00e9chets ; mais les 10 % qui restent font vriller l\u2019\u0153il du partenaire.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il para\u00eet qu\u2019elle vous censure parfois au montage ?<\/strong><br \/>\nJ\u2019improvise sur tous mes r\u00f4les. Et en tant que capitaine de gendarmerie, je me livre volontiers ici \u00e0 des consid\u00e9rations sur la politique qui ne sont pas \u00e0 la gloire du gouvernement\u2026 Comme je parle beaucoup en chti, pas compr\u00e9hensible pour tout le monde, il faut souvent que je me postsynchronise au montage, et je d\u00e9couvre alors mes phrases couvertes par des aboiements ou des bruits d\u2019orage. C\u2019est le jeu. Je m\u2019en fous. Je continue au tournage prochain. Y a bien des coups de gueule qui finiront par rester\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vous improvisez pour chaque r\u00f4le ?<\/strong><br \/>\nSeuls Nina Companeez, dans le feuilleton <em>Voici venir l\u2019orage,<\/em> et Francis Veber, dans<em> L\u2019Emmerdeur,<\/em> me l\u2019avaient interdit. Sinon oui, \u00e9videmment recadr\u00e9e par le metteur en sc\u00e8ne ou le cin\u00e9aste. C\u2019est un de mes premiers ma\u00eetres, Guy Alloucherie, au Th\u00e9\u00e2tre du Ballatum, \u00e0 Li\u00e9vin, qui m\u2019avait appris. Il donnait un th\u00e8me \u2013 dire quelque chose qu\u2019on n\u2019avait jamais dit, par exemple\u2026 \u2013, et on ne devait arr\u00eater l\u2019impro que lorsqu\u2019il disait : <em>\u00ab Merci ! \u00bb<\/em> Parfois, c\u2019\u00e9tait long\u2026 Le temps de tout l\u00e2cher. Alloucherie tirait toujours quelque chose de nous. Les impros, c\u2019est souvent 90 % de d\u00e9chets ; mais les 10 % qui restent font vriller l\u2019\u0153il du partenaire. C\u2019est bien\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vous improvisiez dans <em>Louise Wimmer,<\/em> cette femme silencieuse sombrant dans la pauvret\u00e9 ?<\/strong><br \/>\nEn 2011, le cin\u00e9aste Cyril Mennegun avait fait le voyage jusqu\u2019\u00e0 Lille pour me rencontrer. Je ne croyais pas \u00e0 ce premier grand r\u00f4le. On a discut\u00e9 le long du canal\u2026 Quand on a enfin tourn\u00e9, il me laissait tout faire, avec des indications assez \u00e9tranges : <em>\u00ab Joue avec ton \u0153il droit\u2026 \u00bb \u00ab Joue avec ton sourcil \u00bb.<\/em> Je ne comprenais pas bien, mais j\u2019improvisais. J\u2019adore quand il n\u2019y a pas de texte. J\u2019adore le silence. Et je faisais l\u2019effort de gommer mes ficelles habituelles : gueuler fort, balancer des phrases crues pour d\u00e9stabiliser, faire des blagues provocantes en rapport avec l\u2019actualit\u00e9\u2026 <em>Louise Wimmer<\/em> m\u2019a fait passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 : non seulement je pouvais pr\u00e9tendre enfin \u00e0 des r\u00f4les importants, mais je n\u2019\u00e9tais plus oblig\u00e9e d\u2019afficher cette image trash de moi. J\u2019\u00e9tais plus libre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Louise Wimmer annonce ces femmes condamn\u00e9es \u00e0 la mis\u00e8re dont vous vous occupez dans <em>Les Invisibles, <\/em>le dernier film de Louis-Julien Petit ?<\/strong><br \/>\nElle s\u2019adapte, comme elles, avec un fort instinct de survie sociale. Car il faut tout pr\u00e9voir, tout anticiper. Jamais s\u2019endormir dans la rue, par exemple. Trop risqu\u00e9. Vols, viols\u2026 J\u2019ai connu la rue. Je me suis jur\u00e9 \u00ab plus jamais \u00e7a \u00bb. Ce qu\u2019il y a de beau, dans <em>Les Invisibles,<\/em> c\u2019est que ces gonzesses \u2013 et la plupart ne sont pas actrices \u2013 s\u2019en sortent. Si le centre d\u2019accueil que j\u2019y dirige \u00e9choue, elles en partent fi\u00e8rement, choisissent elles-m\u00eames o\u00f9 elles iront. Elles ont retrouv\u00e9 leur libre arbitre, elles ne subissent plus. Ce sont des r\u00e9silientes. Comme moi quand j\u2019ai d\u00e9couvert le th\u00e9\u00e2tre. Quand on a chop\u00e9 cette \u00e9nergie-l\u00e0, elle ne vous quitte plus. Je les admire et je les aime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vous avez m\u00eame fait un spectacle que vous tournez aujourd\u2019hui avec l\u2019une d\u2019entre elles, Adolpha\u2026<\/strong><br \/>\nPour moi, elle est le symbole de la r\u00e9silience. Adolpha a pass\u00e9 onze mois en zonzon pour avoir tu\u00e9 un compagnon alcoolique qui la battait. Elle a \u00e9crit son histoire en taule, dans un petit cahier qu\u2019on a reproduit et \u00e9dit\u00e9, et que je lis en public, pendant qu\u2019Adolpha est assise sur un haut tabouret et fredonne quatre chansons d\u2019Edith Piaf. C\u2019est mon amoureux, Nicolas Grard \u2013 qui a une compagnie de th\u00e9\u00e2tre de rue \u00e0 Roubaix, D\u00e9tournoyment \u2013, qui nous met en sc\u00e8ne. Adolpha a connu une vie de merde. Chass\u00e9e de chez elle, encore gamine, par une m\u00e8re qui ne l\u2019aimait pas, apr\u00e8s qu\u2019elle lui a avou\u00e9 que son p\u00e8re la violait ; battue par son mari alcoolique, puis par ce compagnon qu\u2019elle a assassin\u00e9. Mais c\u2019est une vraie r\u00e9siliente ! La mis\u00e8re lui a bouff\u00e9 ses dents ? Elle refuse les dentiers, dit qu\u2019il faut la prendre comme elle est, et ne pas avoir honte de ce qu\u2019on est. Ne jamais oublier d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient. Je suis d\u2019accord. Elle se sert de ce qu\u2019elle a v\u00e9cu pour avancer, pour aider les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u201c<\/strong>Je n\u2019appartiens \u00e0 aucun parti, n\u2019ob\u00e9is \u00e0 aucun blabla, j\u2019essaie d\u2019agir.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comme vous ?<\/strong><br \/>\nJe me d\u00e9go\u00fbte souvent de ne pas assez faire devant la d\u00e9tresse des gens. D\u2019autant que je la connais, je l\u2019ai v\u00e9cue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>D\u2019o\u00f9 votre engagement politique ?<\/strong><br \/>\nJe n\u2019appartiens \u00e0 aucun parti, n\u2019ob\u00e9is \u00e0 aucun blabla, j\u2019essaie d\u2019agir. En 2003, pour les intermittents du spectacle et les pr\u00e9caires, nous avions fond\u00e9 la coordination des Interluttants du Nord-Pas-de-Calais \u2013 et moi, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, la section Bourrins ! Elle a men\u00e9 des actions \u00e0 Lille, \u00e0 Avignon. Elle continue. J\u2019ai soutenu aussi Fran\u00e7ois Ruffin aux l\u00e9gislatives de 2017 parce que j\u2019ai vu comme il se battait sur le terrain ; il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 La France insoumise de la Somme\u2026 Mais le plus important, ce qui donne un sens \u00e0 ma vie, c\u2019est notre association <u><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/pataclowns\/\">Pataclown<\/a><\/u>, imagin\u00e9e voil\u00e0 dix ans avec treize copains pour aider deux amis artistes dans le besoin. Ma seule famille, c\u2019est mes potes ; l\u2019autre me fait gerber ; et je n\u2019ai jamais voulu d\u2019enfants, qui risqueraient de me ressembler ou auraient honte de moi dans ce monde de merde\u2026 Mais soutenir des potes sans leur faire l\u2019aum\u00f4ne, sans exercer de pouvoir, en respectant leur ind\u00e9pendance et sans jouer les babas cool non plus, voil\u00e0 mon r\u00eave. A quoi sert mon fric, sinon ? On est all\u00e9s faire les choses tr\u00e8s l\u00e9galement chez le notaire, pour qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019embrouilles ; on est conseill\u00e9s par des financiers. Il s\u2019agit de cr\u00e9er une sorte d\u2019\u00e9covillage, autonome c\u00f4t\u00e9 bouffe et \u00e9nergie, o\u00f9 on ferait de l\u2019\u00e9ducation populaire autour des arts. Chacun aura sa parcelle. Pas question d\u2019\u00e9craser l\u2019ego des autres. L\u2019id\u00e9e est juste de pouvoir s\u2019aider mutuellement quand la vie d\u00e9rape. De se g\u00e9rer ensemble horizontalement. Sans cette verticalit\u00e9 aristocratique et m\u00e9prisante du pouvoir actuel. Tout le monde d\u00e9sire ce genre de chose aujourd\u2019hui. En cherchant en camion un endroit au sud de la Loire, on a vu plein d\u2019initiatives de ce type partout en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Que pensez-vous de la r\u00e9volte des Gilets jaunes ?<\/strong><br \/>\nOn est tous des Gilets jaunes. Chacun \u00e0 notre fa\u00e7on. Je ne supporte pas que certains croient soudain d\u00e9couvrir les \u00ab vraies \u00bb gens. Comme s\u2019il y en avait des faux ! Marre de ce m\u00e9pris de classe, de cette \u00ab prolophobie \u00bb. Y compris dans le milieu du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9. Ils viennent tous de la bourgeoisie. Ils ont peur de montrer les prolos. Ou alors ils le font avec condescendance, avec leurs filtres. Quand on n\u2019a pas leurs codes, on est foutus. Surtout les femmes. Alors moi, au cin\u00e9ma, je refuse souvent de jouer les m\u00e8res. Pourquoi pas des r\u00f4les de chef ? Et pourquoi on est bien plus souvent \u00e0 poil que les hommes ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cL\u2019humour, c\u2019est l\u2019art de ceux qui n\u2019ont rien.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Apr\u00e8s l\u2019affaire Weinstein, les com\u00e9diennes fran\u00e7aises se sont peu plaintes de harc\u00e8lement. Qu\u2019en pensez-vous ?<\/strong><br \/>\nMoi, dans le m\u00e9tier, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9e. J\u2019ai un radar contre \u00e7a. J\u2019ai l\u2019habitude. Mais je connais des com\u00e9diennes, des r\u00e9alisatrices, des productrices \u00e0 qui c\u2019est arriv\u00e9. Lors d\u2019une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9 \u00e0 laquelle je participais, alors qu\u2019on venait ensemble de s\u2019en parler en off et qu\u2019on nous posait publiquement la question, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 sid\u00e9r\u00e9e qu\u2019aucune n\u2019ait r\u00e9pondu. Pourquoi fermer sa gueule ? Mais on ne peut forcer personne \u00e0 parler. Et les agents conseillent de se taire pour ne pas \u00eatre blacklist\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vos v\u0153ux pour 2019 ?<\/strong><br \/>\nLa r\u00e9volution ! Changer ce syst\u00e8me qui ne fonctionne plus. Inventer un autre rapport \u00e0 l\u2019humain, \u00e0 ce qui l\u2019entoure, \u00e0 la nature. Tout est li\u00e9. Faut y aller ! Agir. D\u00e9sob\u00e9ir. Je suis pour la d\u00e9sob\u00e9issance civile. Mais avec humour. Continuer les luttes en continuant \u00e0 se fendre la gueule ; avant de fendre celle des autres\u2026 L\u2019humour, c\u2019est l\u2019art de ceux qui n\u2019ont rien. La seule chose qui leur reste. Faites rire quelqu\u2019un qui ne vous aime pas, et vous verrez, \u00e7a marchera\u2026 mieux\u2026 \u2022<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A voir<\/strong><br \/>\n<strong><em><u><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/les-invisibles%2Cn5831838.php\">Les Invisibles,<\/a><\/u><\/em><\/strong><em>\u00a0<\/em>de Louis-Julien Petit, en salles le 9 janvier.<br \/>\n<strong><em>Une vie bien rEngeR d\u2019Adolpha,\u00a0<\/em><\/strong>d\u2019Adolpha, le 26 janvier, centre Andr\u00e9-Malraux, Hazebrouck (59), t\u00e9l. : 03 28 44 28 58. Le 1er f\u00e9vrier, m\u00e9diath\u00e8que de Courri\u00e8res (62), t\u00e9l. : 03 91 83 23 13.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>CORINNE MASIERO EN 5 DATES<\/strong><br \/>\n<strong>1964<\/strong> Naissance \u00e0 Douai.<br \/>\n<strong>1993<\/strong> Premier petit r\u00f4le dans <em>Le Bouc, <\/em>de Fassbinder, mis en sc\u00e8ne \u00e0 Douai.<br \/>\n<strong>2009<\/strong>\u00a0<em>Pers\u00e9cution,<\/em> film de Patrice Ch\u00e9reau.<br \/>\n<strong>2012<\/strong>\u00a0<em>Louise Wimmer,<\/em> film de Cyril Mennegun.\u00a0<em>De rouille et d\u2019os, <\/em>film de Jacques Audiard.<br \/>\n<strong>2015-2018<\/strong>\u00a0<em>Capitaine Marleau, <\/em>s\u00e9rie r\u00e9alis\u00e9e par Jos\u00e9e Dayan.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-5116\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SalonDames-181118-10-250x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SalonDames-181118-10-250x300.jpg 250w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/SalonDames-181118-10.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une interview de Corinne Masiero dans T\u00e9l\u00e9rama<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[33],"class_list":["post-5129","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-social","tag-social"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5129","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5129"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5129\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5130,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5129\/revisions\/5130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}