{"id":6189,"date":"2019-08-24T02:48:15","date_gmt":"2019-08-24T00:48:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=6189"},"modified":"2019-08-23T05:49:03","modified_gmt":"2019-08-23T03:49:03","slug":"face-a-la-frenesie-petroliere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2019\/08\/24\/face-a-la-frenesie-petroliere\/","title":{"rendered":"Face \u00e0 la fr\u00e9n\u00e9sie p\u00e9troli\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La r\u00e9sistance s\u2019organise en Gr\u00e8ce<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 2014, 72\u00a0% des eaux et 13\u00a0% des terres de la Gr\u00e8ce sont destin\u00e9es \u00e0 la recherche et l\u2019exploitation des hydrocarbures, bien souvent \u00e0 l\u2019insu des populations locales. Mais, avec l\u2019aide d\u2019associations environnementales, la r\u00e9sistance s\u2019organise, notamment dans l\u2019\u00c9pire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">*******\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 ******<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0C\u2019est impossible que \u00e7a arrive pour de vrai. Non, je ne peux pas imaginer qu\u2019il n\u2019y ait plus d\u2019arbres ici. Si les travaux se font vraiment, s\u2019ils commencent \u00e0 sortir du p\u00e9trole de la terre, nous les bloquerons. Nous n\u2019avons pas le choix.\u00a0\u00bb<\/em> Costas, prof de maths \u00e0 la retraite, nous dit \u00e7a tout en d\u00e9chargeant d\u2019\u00e9normes sacs d\u2019engrais et de terre de sa voiture. Et, comme chaque jour, pose la m\u00eame question \u00e0 sa fille, qui g\u00e8re le commerce\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Et les ouvriers de la prospection, on a eu des nouvelles aujourd\u2019hui\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> Son visage est doux, son front cuivr\u00e9 luit sous le soleil. <em>\u00ab\u00a0Non rien. Je crois qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 aper\u00e7us ce matin vers Zagori<\/em> [un village voisin d\u2019une trentaine de kilom\u00e8tres], <em>mais le maire est venu protester en personne, les ouvriers ont tout repli\u00e9 et sont partis.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Difficile d\u2019imaginer que leur village, Zitsa, petit bourg d\u2019environ quatre-cents habitants perdu dans un massif montagneux de l\u2019\u00c9pire, soit au c\u0153ur des app\u00e9tits de grands groupes p\u00e9troliers. Et pourtant, le sous-sol de cette r\u00e9gion du nord-ouest de la Gr\u00e8ce, la plus pauvre du pays, pourrait regorger d\u2019hydrocarbures (p\u00e9trole, gaz et gaz de schiste). Tout comme un gros tiers du pays, \u00e0 la fois dans les terres et en milieu marin. <em>\u00ab\u00a0Le gouvernement a ouvert tout l\u2019ouest du pays aux compagnies p\u00e9troli\u00e8res, il y en a pour des ann\u00e9es, nous en sommes encore aux toutes premi\u00e8res phases\u00a0\u00bb,<\/em> se d\u00e9sole Takis Grigoriou, charg\u00e9 de mission chez Greenpeace Gr\u00e8ce. L\u2019ONG, apr\u00e8s un engagement historique contre <u><a href=\"https:\/\/reporterre.net\/Engluee-dans-la-crise-la-Grece-s-accroche-au-charbon\">l\u2019extraction du lignite<\/a><\/u>, a d\u00e9cid\u00e9 de placer le p\u00e9trole au c\u0153ur de ses activit\u00e9s fin 2017. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est devenu clair qu\u2019il fallait s\u2019en soucier, que \u00e7a devenait un enjeu majeur.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vingt \u00ab\u00a0blocs\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9limit\u00e9s comme on coupe un g\u00e2teau, le long de la c\u00f4te occidentale, des Balkans \u00e0 la Cr\u00e8te\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019hypoth\u00e8se de pr\u00e9sence d\u2019hydrocarbures dans les sous-sols de l\u2019\u00c9pire n\u2019est pas nouvelle. L\u2019arm\u00e9e italienne fut la premi\u00e8re \u00e0 y mener des recherches durant la Seconde Guerre mondiale, avant qu\u2019Ath\u00e8nes ne reprenne le flambeau dans les ann\u00e9es 1960, puis 1980. Mais le paysage, difficile et escarp\u00e9, avait rendu les prospections infructueuses. Les r\u00e9centes innovations technologiques, notamment le traitement des donn\u00e9es sismiques, ont rebattu les cartes. La seule concession de Ioannina, qui couvre une partie de l\u2019\u00c9pire, promet ainsi aujourd\u2019hui de produire entre 3.000 et 10.000 barils par jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 en croire les d\u00e9clarations en 2014 d\u2019Antonis Samaras, alors Premier ministre (droite)\u00a0: en 30 ans, pas moins de 150 milliards d\u2019euros d\u2019entr\u00e9es fiscales pourraient b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 la Gr\u00e8ce. Une manne pour un \u00c9tat qui peine toujours, neuf ans plus tard, \u00e0 sortir son \u00e9conomie du marasme dans lequel l\u2019a plong\u00e9e la crise de la dette publique, qui lui a fait perdre pr\u00e8s du tiers de son produit int\u00e9rieur brut (PIB).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La suite est connue\u00a0: 20 \u00ab\u00a0blocs\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9limit\u00e9s comme on coupe un g\u00e2teau, le long de la c\u00f4te occidentale, des Balkans \u00e0 la Cr\u00e8te. Les sites en mer couvrent au total 58.000\u00a0km2, soit 72\u00a0% des eaux grecques. \u00c0 terre, 17.000\u00a0km2 sont concern\u00e9s, soit 13\u00a0% du territoire. Tous les blocs ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s ou sont en cours d\u2019attribution sous la forme de concessions de 25 ans. Au rendez-vous, deux compagnies nationales\u00a0: Hellenic Petroleum et Energean. Mais aussi des grandes compagnies occidentales\u00a0: Total, ExxonMobil, Repsol ou encore Edison, une filiale d\u2019EDF.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l\u2019instant, au c\u0153ur des massifs \u00e9pirotes, ni forage ni puits de p\u00e9trole, seulement la chaleur et les nu\u00e9es de papillons. Pour apercevoir les travaux pr\u00e9paratoires, une seule solution\u00a0: suivre les pistes. Costas, le vieux prof de maths, ne se fait pas prier. Petrus, son vieux copain, un ancien boulanger \u00e0 Ath\u00e8nes, insiste pour nous accompagner. Il faut s\u2019\u00e9loigner du village, quitter la route et ralentir l\u2019allure sur les chemins rocailleux, s\u2019enfoncer \u00e0 pied dans le maquis escarp\u00e9, traverser les for\u00eats de noyers et de ch\u00e2taigniers. <em>\u00ab\u00a0Peu de gens viennent jusqu\u2019ici.\u00a0\u00bb<\/em> La zone est recul\u00e9e, \u00e0 peine parcourue par les chasseurs, qui y traquent li\u00e8vres et sangliers. Difficile de comprendre comment les ouvriers peuvent l\u2019atteindre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Soudain, le vrombissement d\u2019un h\u00e9licopt\u00e8re se r\u00e9pand dans le ciel. \u00c0 basse altitude, il h\u00e9litreuille des caisses volumineuses.<em> \u00ab\u00a0C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019ils transportent leur mat\u00e9riel et tous leurs outils, certaines zones ne sont m\u00eame pas accessibles par la route\u00a0\u00bb,<\/em> pr\u00e9cise Costas, visage tourn\u00e9 vers les cimes. Lorsqu\u2019on lui demande comment il peut \u00eatre s\u00fbr qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019ouvriers de la compagnie p\u00e9troli\u00e8re, il rit jaune. <em>\u00ab\u00a0Pourquoi y aurait-il un h\u00e9licopt\u00e8re ici autrement\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> Son copain rigole \u00e0 son tour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un bon moment \u00e0 crapahuter, le vieux professeur s\u2019immobilise. Il pointe du doigt un petit ruban jaune qui flotte au vent, nou\u00e9 \u00e0 la branche d\u2019un arbuste. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019ils balisent leurs chemins jusqu\u2019aux zones o\u00f9 ils font leurs explosions.\u00a0\u00bb<\/em> Effectivement, tous les 20 m\u00e8tres, un ruban conduit \u00e0 un autre. \u00c0 la fin du jeu de piste, des trou\u00e9es artificielles autour desquelles la v\u00e9g\u00e9tation a \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e. Au milieu, des sacs de sable couvrent les orifices qui ont servi \u00e0 introduire des explosifs dans le sol. Depuis un an, des milliers de ces trou\u00e9es clairs\u00e8ment la r\u00e9gion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les habitants des dizaines de hameaux dispers\u00e9s dans le massif de l\u2019\u00c9pire semblent parfois \u00e0 peine au courant du destin qui a \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9 pour eux, \u00e0 des centaines de kilom\u00e8tres de l\u00e0, \u00e0 Ath\u00e8nes. C\u2019est le cas de Stavros, originaire de Kalahori, patelin d\u2019une quarantaine d\u2019\u00e2mes. <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai d\u00e9couvert ce projet seulement fin 2016, en tombant sur un reportage sur Alpha<\/em> [une t\u00e9l\u00e9vision priv\u00e9e] <em>qui vantait les aspects positifs de l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re de Prinos<\/em> [l\u2019ancienne et unique exploitation grecque, dans l\u2019est du pays, exploit\u00e9e depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970]. <em>La seconde partie du reportage, c\u2019\u00e9tait mon village\u00a0! Tu imagines\u00a0? Il montrait les traces de p\u00e9trole qui remontent \u00e0 la surface, pr\u00e8s de la rivi\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/em> Personne alors, dans les communaut\u00e9s locales, ne se soucie r\u00e9ellement du probl\u00e8me. C\u2019est seulement l\u2019ann\u00e9e suivante, avec l\u2019arriv\u00e9e des premiers ouvriers et le lancement des recherches \u00e0 l\u2019automne 2017, que les locaux prennent conscience de la situation, sans n\u2019avoir jamais vu l\u2019esquisse d\u2019une consultation publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9gion abrite pourtant un des blocs \u00e0 l\u2019agenda le plus avanc\u00e9. Le Parlement grec a ratifi\u00e9 le lancement des op\u00e9rations dans la zone en octobre 2014. 4.187\u00a0km2 sont concern\u00e9s, faisant craindre un d\u00e9sastre \u00e9cologique d\u2019ampleur. Pas moins de 20 espaces naturels prot\u00e9g\u00e9s pourraient \u00eatre touch\u00e9s, rien que pour ce bloc. Deux autres sites, cette fois dans le P\u00e9loponn\u00e8se, inqui\u00e8tent aussi les ONG\u00a0: Katocolo (cinq millions de barils esp\u00e9r\u00e9s) et le golfe de Patras (200 millions de barils esp\u00e9r\u00e9s). <em>\u00ab\u00a0L\u2019extraction p\u00e9troli\u00e8re est un danger imminent. D\u2019ici un an, ils auront fini les tests sismiques, ensuite ce sera le moment des premiers forages\u00a0\u00bb,<\/em> dit Takis, de Greenpeace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucun des partis politiques repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la Vouli (le Parlement grec) ne semble d\u00e9sireux de remettre en question cette fr\u00e9n\u00e9sie p\u00e9troli\u00e8re. Ni m\u00eame la formation de gauche radicale Syriza, au pouvoir depuis 2015, qui s\u2019\u00e9tait pourtant fait \u00e9lire avec un programme ne laissant gu\u00e8re de place \u00e0 l\u2019extractivisme. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est une trahison inacceptable, ils \u00e9taient contre. Une trahison qui aura des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses sur l\u2019\u00e9conomie locale et l\u2019environnement\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> dit Dimitris Ibrahim, engag\u00e9 avec WWF. Et d\u2019ajouter\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Les seuls qui nous soutiennent, c\u2019est le MeRA25 et Varoufakis<\/em> [le Front r\u00e9aliste europ\u00e9en de la d\u00e9sob\u00e9issance, formation fond\u00e9e en 2018 par l\u2019ancien ministre des Finances du premier gouvernement Tsipras].\u00a0\u00bb Apr\u00e8s avoir approch\u00e9 les 3\u00a0% aux \u00e9lections europ\u00e9ennes, la jeune formation pourrait esp\u00e9rer faire son entr\u00e9e \u00e0 la Vouli lors des \u00e9lections anticip\u00e9es le 7\u00a0juillet prochain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Il y a toujours eu ici un sens tr\u00e8s fort de la communaut\u00e9, de l\u2019attachement \u00e0 la terre\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au c\u0153ur des maquis, les communaut\u00e9s \u00e9pirotes se sont faites \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il fallait s\u2019organiser sans rien attendre de personne. En 2017, Lila, une habitante de la r\u00e9gion lance le premier groupe Facebook d\u00e9di\u00e9 au sujet. Deux ans plus tard, Save Epirus compte plus de 16.000 membres des quatre coins du pays. <em>\u00ab\u00a0Il n\u2019y avait aucune information pour les habitants. On a cr\u00e9\u00e9 ce groupe pour informer et aussi pour s\u2019organiser. C\u2019est compliqu\u00e9 de se croiser ici, il n\u2019y a pas forcement beaucoup de contacts entre les communaut\u00e9s\u00a0\u00bb,<\/em> explique Lila. \u00c2g\u00e9e de 44 ans aujourd\u2019hui, elle a quitt\u00e9 Ath\u00e8nes en 2007 pour se lancer dans les chambres d\u2019h\u00f4tes. Comme elle, les jeunes de la capitale ou de Thessalonique, la deuxi\u00e8me ville la plus peupl\u00e9e du pays, sont nombreux \u00e0 envisager de s\u2019installer dans le massif de l\u2019\u00c9pire, reprenant parfois des terres familiales. Sans compter les retrait\u00e9s, comme Costas ou Petrus, qui reviennent au village pour leurs vieux jours. <em>\u00ab\u00a0Il y a un r\u00e9seau de la diaspora \u00e9pirote en Gr\u00e8ce. Il y a toujours eu ici un sens tr\u00e8s fort de la communaut\u00e9, de l\u2019attachement \u00e0 la terre. Les jeunes reviennent tous passer l\u2019\u00e9t\u00e9 dans leur village\u00a0\u00bb,<\/em> nous confirme Anastasis, un jeune \u00e9tudiant investi dans l\u2019opposition au projet \u00e0 Ioannina, chef-lieu de l\u2019\u00c9pire adoss\u00e9e au lac Pamvotis.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Cette r\u00e9gion fait office de laboratoire pour les industries p\u00e9troli\u00e8res\u00a0: si le projet parvient \u00e0 \u00eatre accept\u00e9 ici, alors ils pourront le faire partout\u00a0\u00bb,<\/em> analyse le jeune homme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les villes d\u2019Ath\u00e8nes, de Thessalonique ou encore de Ioannina, les milieux militants et \u00e9cologistes grecs se sont rapidement mobilis\u00e9s. L\u2019Alimura, centre social autog\u00e9r\u00e9 au c\u0153ur de la petite capitale r\u00e9gionale, accueille chaque semaine depuis f\u00e9vrier 2018 une assembl\u00e9e ouverte. Jusqu\u2019\u00e0 60 ou 70 personnes font parfois le d\u00e9placement, parfois de communes \u00e9loign\u00e9es. Un r\u00f4le de relais essentiel, mais que Dimitris Ibrahim, de la WWF, veut nuancer\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Ils<\/em> [les r\u00e9seaux anarchistes et antiautoritaires grecs] <em>sont tr\u00e8s actifs, ils ont des r\u00e9seaux tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s, mais ils ne touchent pas tout le monde, les Grecs ne s\u2019y retrouvent pas forcement.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les petits villages semblent en tous cas mobiliser au-del\u00e0 de leurs maquis. Les premi\u00e8res manifestations organis\u00e9es \u00e0 Ioannina ont fait le plein de soutiens. Plus de 2.000 personnes d\u00e9filaient en mai 2018 dans le chef-lieu de l\u2019\u00c9pire, qui ne compte que 65.000 habitants. Puis, \u00e0 nouveau en juin 2019. Un exploit sans le soutien d\u2019un parti politique. La manifestation organis\u00e9e \u00e0 Ath\u00e8nes, en f\u00e9vrier, n\u2019a en revanche rassembl\u00e9 que quelques centaines de personnes. <em>\u00ab\u00a0Ils doivent prendre conscience que ce probl\u00e8me nous concerne tous, il faut que tout le monde se rende compte et se mobilise\u00a0\u00bb,<\/em> dit Lila.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Tout le monde est d\u2019accord pour travailler ensemble. On se structure peu \u00e0 peu\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des r\u00e9unions publiques et des assembl\u00e9es se multiplient un peu partout sur les territoires concern\u00e9s. L\u2019id\u00e9e \u00e9merge d\u2019une grande coordination de toutes les assembl\u00e9es contre les exploitations p\u00e9troli\u00e8res de Gr\u00e8ce pour le mois de septembre. Un mouvement vu avec enthousiasme par les ONG. <em>\u00ab\u00a0Bien s\u00fbr que nous y participerons, si nous avons la chance d\u2019\u00eatre invit\u00e9s. Mais ce sont des mouvements citoyens, port\u00e9s par des collectifs tr\u00e8s divers, cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec nos structures, notamment en mati\u00e8re d\u2019organisation, il ne faut pas tout m\u00e9langer\u00a0\u00bb,<\/em> dit le charg\u00e9 de mission de la WWF.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien qu\u2019elles tiennent \u00e0 s\u2019afficher en retrait, les organisations Greenpeace et WWF demeurent tr\u00e8s actives et cherchent \u00e0 faire d\u00e9coller le mouvement. Samedi 22\u00a0juin, 13 d\u00e9l\u00e9gations de dix diff\u00e9rentes zones promises \u00e0 l\u2019exploitation d\u2019hydrocarbures se sont ainsi rendues \u00e0 bord du mythique <em>Rainbow Warrior<\/em> afin de tenter de coordonner les diff\u00e9rents collectifs. <em>\u00ab\u00a0Je pense que c\u2019\u00e9tait un succ\u00e8s, tout le monde est d\u2019accord pour travailler ensemble. On se structure peu \u00e0 peu. Maintenant, comment trouver des id\u00e9es concr\u00e8tes rapidement\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> r\u00e9sume Takis, charg\u00e9 de mission de Greenpeace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux organisations ont aussi essay\u00e9 d\u2019emmener la bataille sur le terrain juridique, sans gu\u00e8re de garantie de succ\u00e8s. Deux recours d\u00e9pos\u00e9s par les ONG sont en cours d\u2019examen par les plus hautes institutions du pays. L\u2019un a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en 2018 et concerne le bloc de Ioannina, l\u2019autre, cette ann\u00e9e, pour le bloc marin au sud-ouest de la Cr\u00e8te. \u00c0 chaque fois, les organisations mettent en cause des infractions \u00e0 la l\u00e9gislation existante sur les \u00e9tudes des cons\u00e9quences environnementales. Les d\u00e9cisions sont attendues pour la rentr\u00e9e. Ni le minist\u00e8re grec de l\u2019Environnement et de l\u2019\u00c9nergie ni l\u2019entreprise Repsol, qui g\u00e8re les recherches dans le bloc de Ioannina, n\u2019ont pas pour l\u2019instant donn\u00e9 suite \u00e0 nos sollicitations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">reporterre.net<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9sistance s\u2019organise en Gr\u00e8ce<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6189","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6189","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6189"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6189\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6190,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6189\/revisions\/6190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6189"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6189"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6189"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}