{"id":6333,"date":"2019-10-11T02:43:46","date_gmt":"2019-10-11T00:43:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=6333"},"modified":"2019-10-10T08:44:26","modified_gmt":"2019-10-10T06:44:26","slug":"comment-les-geants-du-numerique-veulent-gouverner-nos-villes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2019\/10\/11\/comment-les-geants-du-numerique-veulent-gouverner-nos-villes\/","title":{"rendered":"Comment les g\u00e9ants du num\u00e9rique veulent gouverner nos villes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un livre de Jean Ha\u00ebntjens<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La ville est le lieu o\u00f9 l\u2019on vit, o\u00f9 l\u2019on travaille et o\u00f9 l\u2019on se d\u00e9place, o\u00f9 l\u2019on se socialise et parfois m\u00eame o\u00f9 l\u2019on fonde une famille. Questionner son futur est une t\u00e2che immense. En France, un tiers du PIB est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la construction et \u00e0 la maintenance de nos villes sous tous leurs aspects : immeubles, maisons, r\u00e9seaux de transports individuels et collectifs, etc. En 2050, trois milliards d\u2019\u00eatres humains vivront dans des villes qui seront des territoires de plus en plus complexes qu\u2019habiteront une multitude d\u2019acteurs aux int\u00e9r\u00eats parfois convergents, parfois non. Cet entrem\u00ealement de contextes renouvelle la question de la bonne administration des villes, qui de plus, se confronte \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des technologies num\u00e9riques dans la vie publique. Selon l\u2019urbaniste et \u00e9conomiste\u00a0Jean Ha\u00ebntjens, l\u2019avenir des villes pourrait sch\u00e9matiquement suivre deux voies : la premi\u00e8re serait celle de la cit\u00e9 politique, une agora humaniste au service du bien commun. La seconde serait la \u00ab smart-city\u00a0\u00bb : une ville r\u00e9gie et optimis\u00e9e par les algorithmes, dans ses qualit\u00e9s comme dans ses d\u00e9fauts. Dans son ouvrage\u00a0<em><u><a href=\"https:\/\/www.ruedelechiquier.net\/diagonales\/168-comment-les-gafa-veulent-gouverner-nos-villes.html\">Comment les g\u00e9ants du num\u00e9rique veulent gouverner nos villes. La cit\u00e9 face aux algorithmes<\/a><\/u><\/em> (Editions Rue de l\u2019Echiquier, 2018)<em>,<\/em> l\u2019auteur nous explique ce qui diff\u00e9rencie ces deux mod\u00e8les, leurs forces et faiblesses respectives, au-del\u00e0 des discours illumin\u00e9s et sans entretenir une quelconque \u00ab\u00a0nostalgie du village\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ordres de grandeur<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La construction, commence\u00a0Jean Ha\u00ebntjens, repr\u00e9sente 35% du budget dans nos pays, un march\u00e9 assez juteux pour attirer les grands acteurs du num\u00e9rique. Une des raisons qui pourrait expliquer leur essor est \u00e0 trouver dans l\u2019\u00e8re de complexit\u00e9 que connaissent les villes : nous avons aujourd\u2019hui affaire \u00e0 pr\u00e8s de trente modes de transports (contre trois ou quatre autrefois), \u00e0 une multiplicit\u00e9 de mod\u00e8les \u00e9conomiques (\u00e9conomie collaborative, circulaire, agriculture urbaine, etc.) dont les acteurs sont tout aussi divers, et \u00e0 des populations dont les attentes sont de plus en plus vari\u00e9es (\u00e2ges, compositions familiales, nationalit\u00e9s). En un mot, la ville s\u2019enrichit de probl\u00e9matiques sociales et techniques offrant des opportunit\u00e9s sans pr\u00e9c\u00e9dents pour la smart-city qui promet, elle, d\u2019aider les \u00e9lus \u00e0 r\u00e9soudre cette difficile \u00e9quation : \u00ab <em>plus de d\u00e9fis, plus de solutions, plus d\u2019acteurs<\/em>. \u00bb La smart-city pr\u00e9tend alors r\u00e9soudre tous les probl\u00e8mes de la cit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des solutions techniques novatrices \u00ab <em>tout en permettant une communication plus transparente\u00a0entre les usagers et les \u00e9lus<\/em>.\u00a0\u00bb Pour autant, les acteurs de la smart-city (qui sont rarement sp\u00e9cialis\u00e9s dans la transformation des villes \u00e0 l\u2019origine) seraient bien souvent porteurs d\u2019une vision utilitariste, technicis\u00e9e et lib\u00e9rale de l\u2019urbanisme, qui tranche avec la conception europ\u00e9enne de la cit\u00e9 politique. De plus, ils agissent souvent tous de fa\u00e7on autonome et sans r\u00e9elle coh\u00e9rence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a certes, des avantages consid\u00e9rables \u00e0 automatiser certaines infrastructures d\u2019une ville. Litt\u00e9ralement, la \u00ab\u00a0ville intelligente\u00a0\u00bb est\u00a0une ville utilisant les technologies de l\u2019information et de la communication pour \u00ab am\u00e9liorer \u00bb la qualit\u00e9 des services urbains ou encore r\u00e9duire ses co\u00fbts.\u00a0Jean Ha\u00ebntjens en convient parfaitement et rappelle qu\u2019en moyenne,\u00a0\u00ab\u00a0<em>Les gains apport\u00e9s par la r\u00e9gulation num\u00e9rique sont de l\u2019ordre de 20%.<\/em>\u00a0\u00bb Une ligne de m\u00e9tro automatique par exemple, permet d\u2019augmenter le d\u00e9bit de 20%. Un r\u00e9seau d\u2019eau finement automatis\u00e9 r\u00e9duit les pertes de 20%. La g\u00e9olocalisation des usagers de transports en commun et automobilistes quant \u00e0 elle, est un outil puissant pour r\u00e9guler la circulation sur certains axes. Mais ces automatismes souffrent d\u2019in\u00e9vitables biais, qui occultent souvent des questions plus profondes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quand la smart-city optimise ce qui fonctionne mal<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier probl\u00e8me r\u00e9siderait dans le fameux \u00ab\u00a0effet rebond\u00a0\u00bb :\u00a0les \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie initialement pr\u00e9vues par l\u2019utilisation d\u2019une nouvelle technologie seraient partiellement ou compl\u00e8tement compens\u00e9es \u00e0 la suite d\u2019une adaptation du comportement de la soci\u00e9t\u00e9. Concr\u00e8tement, l\u2019auteur rappelle que \u00ab <em>les gains de rendement r\u00e9alis\u00e9s depuis trente ans sur les moteurs automobiles ont \u00e9t\u00e9, pour l\u2019essentiel compens\u00e9s par l\u2019augmentation du poids et de la puissance des voitures, et par l\u2019allongement des distances parcourues.<\/em>\u00a0\u00bb La smart-city, bourr\u00e9e de technologies, n\u2019adresserait absolument pas cet \u00e9cueil, elle se contenterait d\u2019optimiser l\u2019existant (selon un mod\u00e8le \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine dans lequel les villes consomment jusqu\u2019\u00e0 trois fois plus d\u2019\u00e9nergie que leurs cousines europ\u00e9ennes). Autre exemple en Cor\u00e9e du sud, \u00e0\u00a0Songdo, fleuron de la smart-city, ville dot\u00e9e de r\u00e9seaux optimisant l\u2019eau et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, de cam\u00e9ras de s\u00e9curit\u00e9, de capteurs, de toits v\u00e9g\u00e9taux, le tout reposant sur des centrales \u00e0 charbon. Pour l\u2019anecdote, les fen\u00eatres de ses buildings g\u00e9ants ne s\u2019ouvrent pas (le risque \u00e9tant de bloquer les syst\u00e8mes\u00a0d\u2019air conditionn\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un deuxi\u00e8me \u00e9cueil de la smart-city reposerait sur sa la na\u00efvet\u00e9 des discours qui l\u2019entourent. Ceux-l\u00e0 postuleraient que \u00ab\u00a0rendre le monde meilleur\u00a0\u00bb serait possible gr\u00e2ce \u00e0 des solutions techniques r\u00e9pondant objectivement aux besoins des usagers. Or les attentes de citoyens sont complexes, contradictoires, rarement claires et difficilement objectivables. La ville en \u00ab\u00a0pilote automatique\u00a0\u00bb serait un fantasme tout\u00a0droit sortie d\u2019un cerveau technocrate.\u00a0Jean Ha\u00ebntjens accuse en fait la ville intelligente de \u00ab solutionnisme technologique\u00a0\u00bb : tout d\u00e9fi humain, une fois r\u00e9duit \u00e0 une question technique, serait r\u00e9solvable gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019innovation technologique. Rien de plus faux. Un exemple vient appuyer son point de vue : le transport. Dans les villes \u00e0 faible densit\u00e9, la voiture est un mode de transport privil\u00e9gi\u00e9, ce qui n\u2019est pas le cas dans les villes \u00e0 forte densit\u00e9. Mais dans de nombreux cas \u00ab <em>les villes ont des centres denses et des p\u00e9riph\u00e9ries qui s\u2019\u00e9talent, les automobiles sont surpuissantes par rapport \u00e0 ce qu\u2019on leur faire faire, elles stagnent \u00e0 20km\/h et transportent 1,2 passagers en moyenne.\u00a0<\/em>\u00bb La smart-city n\u2019apporte aucune r\u00e9ponse \u00e0 ce genre d\u2019absurdit\u00e9s : \u00ab <em>Un syst\u00e8me qui n\u2019est pas pens\u00e9 dans sa globalit\u00e9 fonctionnera mal m\u00eame s\u2019il est optimis\u00e9.\u00a0<\/em>\u00bb Voitures, \u00e9changeurs et parkings peuvent toujours \u00eatre rendus plus performants, si le syst\u00e8me ne fait l\u2019objet d\u2019aucune remise en cause, rien ne changera vraiment (sans compter que ce qui est optimis\u00e9 est bien souvent re-perdu \u00e0 cause de l\u2019effet de rebond). C\u2019est le grand d\u00e9faut de la smart-city, elle se positionne sur les \u00e9l\u00e9ments du syst\u00e8me (voitures autonomes, infrastructures \u00ab\u00a0connect\u00e9es\u00a0\u00bb, etc.) mais pas sur le syst\u00e8me lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour\u00a0Jean Ha\u00ebntjens, la smart-city souffre de ces \u00e9cueils car la pens\u00e9e algorithmique qui la caract\u00e9rise est par essence conservatrice. Et pour cause, un algorithme fonctionne gr\u00e2ce \u00e0 des lois, des rep\u00e8res fixes :\u00a0\u00ab\u00a0<em>Quand une relation de cause \u00e0 effet fonctionne, la pens\u00e9e algorithmique cherche \u00e0 l\u2019exploiter et non \u00e0 la remettre en cause.<\/em>\u00a0\u00bb C\u2019est ce genre de mod\u00e8le qui conduirait la smart-city \u00e0 litt\u00e9ralement perdre son \u00e2me au profit d\u2019une vision technicis\u00e9e de l\u2019espace de vie. En Cor\u00e9e de nouveau, il rappelle que le choix de construire des hautes tours dans la ville de Songdo r\u00e9sulte d\u2019une d\u00e9cision des ing\u00e9nieurs de Cisco qui souhaitaient rendre plus facile l\u2019installation de la fibre. C\u2019est contre cette froideur et ce manque de s\u00e9duction que s\u2019insurge\u00a0Jean Ha\u00ebntjens. Pour lui, le mod\u00e8le\u00a0\u00ab\u00a0disneylandis\u00e9\u00a0\u00bb de la smart-city, profond\u00e9ment ax\u00e9 sur l\u2019\u00e9conomique, doit \u00eatre judicieusement contrebalanc\u00e9 par les mod\u00e8les de villes cr\u00e9atives,\u00a0acceptant plus facilement la spontan\u00e9it\u00e9, voire la contestation. Mais pour lutter, les repr\u00e9sentants des cit\u00e9s politiques ne peuvent pas se contenter de critiquer la smart-city qui a ind\u00e9niablement le vent en poupe, ils doivent aussi \u00eatre conscient de ses faiblesses et de leurs propres atouts. Il en irait de leur existence, puisque dans une ville pleinement automatis\u00e9e, le pouvoir central serait en th\u00e9orie r\u00e9duit au choix d\u2019un nouveau prestataire technique tous les dix ou vingt ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce que peut la cit\u00e9 politique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la smart-city a, assez paradoxalement, peu d\u2019aptitudes \u00e0 r\u00e9soudre les grandes questions techniques qui touchent les villes, elle n\u2019en demeure pas moins diablement efficace pour mobiliser des acteurs \u00e9conomiques cl\u00e9s et les financements li\u00e9s \u00e0 leur d\u00e9veloppement. Les \u00e9quipes municipales quant \u00e0 elles, sont souvent noy\u00e9es dans le jeu des acteurs mais ont toutes les cl\u00e9s en main pour renforcer la coh\u00e9rence urbaine, mobiliser les citoyens et cr\u00e9er des imaginaires. La ville de Copenhague est souvent cit\u00e9e comme exemple d\u2019une strat\u00e9gie urbaine r\u00e9ussie : les habitants partagent l\u2019esprit du lieu, ses ambitions \u00e9cologiques, son urbanisme, la mobilisation citoyenne y est forte. On peut dire qu\u2019ils y \u00ab\u00a0habitent\u00a0\u00bb au plein sens. Tout l\u2019inverse des villes anim\u00e9es par des choix techniques hors-sol. C\u2019est sur ce terrain que la cit\u00e9 politique a de r\u00e9els avantages et c\u2019est bien pourquoi l\u2019auteur exhorte les maires \u00e0 ne pas prendre leurs administr\u00e9s pour des clients, il cite \u00e0 cet effet Evgeny Morozov :\u00a0\u00ab <em>traiter les citoyens comme des consommateurs les am\u00e8ne \u00e0 penser que le politique peut leur amener le m\u00eame niveau de service qu\u2019ils attendent du secteur priv\u00e9, ce qui est l\u2019\u00e9quivalent politique du suicide<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les collectivit\u00e9s ont plusieurs cl\u00e9s pour agir. Pour commencer, elles seules sont en mesure de cr\u00e9er des imaginaires. Paris plage par exemple, a r\u00e9sonn\u00e9 par l\u2019imaginaire parisien (\u00ab sous les pav\u00e9s, la plage\u00a0\u00bb) et a ouvert la voie \u00e0 une pi\u00e9tonnisation des berges. A Lyon et \u00e0 Nantes, la F\u00eate de la lumi\u00e8re ou l\u2019\u00e9l\u00e9phant sur l\u2019\u00eele de la Jatte montrent aussi que des villes peuvent cr\u00e9er leurs propres activit\u00e9s et les exporter. L\u00e0 r\u00e9side un des prochains d\u00e9fis des maires : comment cr\u00e9er des m\u00e9tiers sp\u00e9cifiques en s\u2019appuyant sur les espaces et les imaginaires propres \u00e0 la ville ? La question des m\u00e9tiers est centrale car de nouvelles formes industriels peuvent nuire \u00e0 la ville ou au moins la transformer, indirectement : \u00ab\u00a0<em>s\u2019il n\u2019y a plus de menuisiers, on va chez IKEA, s\u2019il n\u2019y a plus de restaurateurs, on va chez Flunch ou Macdo, s\u2019il n\u2019y a plus de th\u00e9\u00e2tre, on regarde un film en streaming.<\/em>\u00a0\u00bb Le message est clair : en reconsid\u00e9rant l\u2019importance des m\u00e9tiers, les villes sont en capacit\u00e9 de cr\u00e9er du beau et du sens tout en faisant vivre les gens. Paris et ses bouquinistes, Venise et ses gondoliers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De la m\u00eame mani\u00e8re, le mod\u00e8le de la cit\u00e9 politique peut apporter beaucoup sur la question de la relation avec la nature et de l\u2019esth\u00e9tique. Les villes scandinaves (Oslo, Stockolm) excellent \u00e0 cet endroit, les parcs y sont nombreux et offrent une multitude d\u2019activit\u00e9s. Question culture, les avantages sont aussi nombreux : le r\u00f4le des maires est et sera de plus en plus d\u2019articuler le changement avec les valeurs de la cit\u00e9, son histoire, ses monuments. Jean Ha\u00ebntjens r\u00e9sume : \u00ab\u00a0<em>La cit\u00e9 humaniste est une ville o\u00f9 l\u2019on marche, mais aussi une ville o\u00f9 l\u2019on danse dans la rue, \u00a0o\u00f9 l\u2019on s\u00e9duit; une ville o\u00f9 l\u2019on peut encore trouver l\u2019\u00e2me soeur sans passer par un site de rencontre. Une ville o\u00f9 le hasard humain a encore sa chance.<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0Tout l\u2019inverse du mod\u00e8le smart-city qui tend \u00e0 plaquer ses solutions dans l\u2019indiff\u00e9rence la plus totale aux singularit\u00e9s culturelles. Enfin, la mobilisation citoyenne est l\u2019affaire de la cit\u00e9 politique, si\u00a0Jean Ha\u00ebntjens note bien les promesses non tenues des civic-tech, il n\u2019en demeure pas moins optimiste \u00e0 l\u2019endroit de certaines technologies num\u00e9riques : il cite par exemple le logiciel d\u2019urbanisme collaboratif Unlimites Cities, celui-ci permet de \u00ab <em>simuler sur une tablette de nombreuses options d\u2019am\u00e9nagement puis d\u2019appr\u00e9cier les cons\u00e9quences de leurs choix par rapport \u00e0 diff\u00e9rentes indicateurs<\/em>.\u00a0\u00bb Des groupes de curieux se forment spontan\u00e9ment autour de ce genre de solutions qui demandent \u00e0 \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es en conservant un juste \u00e9quilibre entre humain et technique (plus de technique impliquant plus d\u2019humain).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Affrontement sur tous les fronts<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En conclusion, la grande id\u00e9e de Jean Ha\u00ebntjens c\u2019est de dire que la cit\u00e9 politique dispose d\u2019atouts pour penser le long terme mais peine \u00e0 se fixer des ambitions. Ce faisant, elle a toutes les cartes en main pour penser avec coh\u00e9rence la ville comme espace de culture, espace de travail, espace de bien-\u00eatre. Le plus grand d\u00e9fi r\u00e9side dans la structuration du jeu des acteurs qui se complexifie et oblige bien souvent les \u00e9quipes municipales \u00e0 se reposer sur des expertises priv\u00e9es. C\u2019est aussi \u00e0 l\u2019Etat de s\u2019assurer que ladite expertise n\u2019est pas enti\u00e8rement aux mains de grands groupes ou startups. Les acteurs locaux, associatifs notamment, peuvent tout \u00e0 fait mener de grands projets urbains, si tant est qu\u2019on les finance correctement (au moins autant que sont financ\u00e9es certaines startups). De son c\u00f4t\u00e9, la smart city ne r\u00e8gle pas forc\u00e9ment les probl\u00e8mes qu\u2019elle pr\u00e9tend r\u00e9gler mais \u00ab <em>dispose d\u2019une puissance de feu redoutable sur les champs des finalit\u00e9s, de l\u2019id\u00e9ologie et de la persuasion des acteurs<\/em>\u00a0\u00bb (pour le dire plus simplement : elle sait parfaitement o\u00f9 elle veut aller, avec qui et pourquoi). C\u2019est contre l\u2019ind\u00e9termination d\u2019un futur d\u00e9mocratique qu\u2019elle joue, privil\u00e9giant la r\u00e9assurance de solutions techniques certes robustes, mais parfois d\u00e9connect\u00e9es de toute r\u00e9alit\u00e9 culturelle, avec les chances de rejet que cela implique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Comment les g\u00e9ants du num\u00e9rique veulent gouverner nos villes. La cit\u00e9 face aux algorithmes,<\/em> est un livre \u00e0 mettre entre toutes les mains, \u00e0 commencer par celles des d\u00e9cideurs politiques au niveau des collectivit\u00e9s locales. S\u2019ils n\u2019y trouveront pas de solutions magiques, de nombreuses illustrations pourront les inspirer et les enjeux principaux relatifs aux diff\u00e9rents mod\u00e8les urbains y sont clairs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">maisouvaleweb.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un livre de Jean Ha\u00ebntjens<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6333","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6333","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6333"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6333\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6334,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6333\/revisions\/6334"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6333"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6333"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6333"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}