{"id":6366,"date":"2019-10-25T02:42:06","date_gmt":"2019-10-25T00:42:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=6366"},"modified":"2019-10-23T18:20:56","modified_gmt":"2019-10-23T16:20:56","slug":"au-nom-de-la-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2019\/10\/25\/au-nom-de-la-terre\/","title":{"rendered":"Au nom de la terre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Au nom de la terre <\/em>relate la vie d&rsquo;une famille d&rsquo;\u00e9leveurs, qui apr\u00e8s avoir \u00e9lev\u00e9 des caprins, entame une reconversion dans la volaille de chair qui a la\u00a0 vocation en principe de nous nourrir.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;agit-il d&rsquo;un film sur les difficult\u00e9s de la vie d&rsquo;un \u00e9leveur et de sa famille ? D&rsquo;une mutation d&rsquo;activit\u00e9 ? S&rsquo;agit-il de nous montrer les difficult\u00e9s de la transmission d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre ? S&rsquo;agit-il de l&rsquo;histoire d&rsquo;un agriculteur fragilis\u00e9 par son endettement et qui sombre dans la d\u00e9pression jusqu&rsquo;\u00e0 mettre fin \u00e0 ses jours ? S&rsquo;agit-il d&rsquo;une saga familiale ? Il s&rsquo;agit de tout cela \u00e0 la fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Guillaume Canet\/Pierre Jalreau a repris l&rsquo;exploitation agricole familiale. Non pas en h\u00e9ritage mais en fermage. La formule permet au fils de reprendre la ferme familiale tout en payant un loyer au p\u00e8re et lui assurer ainsi un revenu qui compl\u00e8te une retraite souvent modeste. La cession ne se fait pas vraiment de gaiet\u00e9 de c\u0153ur et Rufus incarne \u00e0 merveille ce p\u00e8re taiseux et pudique jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre avare d&rsquo;affection.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au del\u00e0 des caract\u00e8res et des temp\u00e9raments se sont \u00e9galement deux conceptions de l&rsquo;\u00e9conomie de la ferme et des r\u00e9ponses \u00e0 trouver pour p\u00e9renniser l&rsquo;activit\u00e9 que Rufus\/Jacques Jarjeau voit en termes de manches retrouss\u00e9es et Pierre\u00a0 davantage en entreprise qui s&rsquo;adapte. Sous le regard affectueux et expressif du fils et petit-fils Anthony Bajon\/Thomas Jarjeau, la ferme est pass\u00e9e de l&rsquo;\u00e9levage de moutons \u00e0 celui de chevreaux dont le\u00a0 rendement devenu faible contraint \u00e0 une nouvelle activit\u00e9. Pierre commence un \u00e9levage de poulets de chair qu&rsquo;il envisageait en alternance avec ses chevreaux quand l&rsquo;\u00e9table est momentan\u00e9ment vide en fin de saison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>C&rsquo;est un autre temps qui s&rsquo;annonce. <\/em><em>Poulavie <\/em><em>propose un \u00e9quipement pour automatiser une salle d&rsquo;\u00e9levage permettant d&rsquo;engraisser 20 000 poulets en quelque semaines. Un sous-traitant ou alli\u00e9 de la m\u00eame soci\u00e9t\u00e9 propose en m\u00eame temps\u00a0 la nourriture, aux ingr\u00e9dients tenus secrets, et les poussins, tout en s&rsquo;engageant \u00e0 la reprise des poulets gras et \u00e0 leur livraison \u00e0 l&rsquo;abattoir, qui probablement est lui aussi une succursale de <\/em><em>Poulavie. <\/em><em>L&rsquo;investissement est financ\u00e9 par une banque, qui peut \u00eatre le principal actionnaire de toute l&rsquo;op\u00e9ration par soci\u00e9t\u00e9s enchev\u00eatr\u00e9es. Par ailleurs, le prix de reprise du poulet engraiss\u00e9 comme le prix d&rsquo;acquisition du poussin et celui de la nourriture peuvent \u00eatre fluctuants. M\u00eame dans le cas o\u00f9 un prix minimum est garanti \u00e0 l&rsquo;\u00e9leveur, il n&rsquo;a en r\u00e9alit\u00e9 aucune prise v\u00e9ritable sur la vente du poulet aux consommateurs. Le miracle promis par <\/em><em>Poulavie<\/em> <em>peut donc ne pas se produire et m\u00eame a toutes les chances de virer au cauchemar. Ce mod\u00e8le \u00e9conomique est celui de <\/em><em>l&rsquo;\u00e9levage<\/em> <em>int\u00e9gr\u00e9,<\/em> <em>qui, avec des variantes, fait supporter toutes les charges et tous les risques au producteur et tous les profits \u00e0 <\/em><em>l&rsquo;int\u00e9grateur.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>J&rsquo;ai aim\u00e9 ce film. Il s&rsquo;inscrit dans une suite de films, qui de <\/em><em>Petit paysan <\/em><em>\u00e0 <\/em><em>Roxane <\/em><em>nous incite \u00e0 dresser l&rsquo;oreille quand les agriculteurs \u00e9l\u00e8vent la voix et nous ralentissent parfois par leurs manifestations. Ces films nous invitent \u00e0 ne plus voir seulement dans nos assiettes ce qui r\u00e9jouit ou d\u00e9\u00e7oit nos papilles, mais des hommes et des femmes dont l&rsquo;activit\u00e9 assure notre subsistance.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>J&rsquo;ai aim\u00e9 ce film. Il montre que la vie \u00e0 la campagne n&rsquo;est pas seulement bucolique et les paysans d&rsquo;aimables figurants parfois un peu irascibles dont nous sommes tous des descendants \u00e0 un degr\u00e9 ou un autre. Ils sont des hommes et des femmes qui comme ceux des ateliers et des bureaux veulent vivre d&rsquo;une r\u00e9mun\u00e9ration digne de ce nom.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>J&rsquo;ai aim\u00e9 ce film. Je l&rsquo;ai aim\u00e9 pour Rufus, Guillaume Canet, Veerle Baetens , Anthony Bajon et Samir Guesmi. Leur ton et leurs regards sont justes et ils s&rsquo;effacent derri\u00e8re leurs personnages qui sonnent vrais. Veerle Baetens\/Claire est \u00e0 l&rsquo;image de ces femmes de la campagne qui tout en \u00e9tant pr\u00e9sentes dans l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;exploitation, ont un emploi ext\u00e9rieur qui permet de suppl\u00e9er aux ressources parfois insuffisantes et assurent le moral de la troupe. Thomas sera-t-il \u00e9leveur \u00e0 son tour un jour ou sera-t-il ing\u00e9nieur-agronome, ni trop loin, ni trop pr\u00e8s de la tradition familiale ? Pierre saura-t-il trouver gr\u00e2ce aux yeux de son p\u00e8re mur\u00e9 dans ses certitudes dont toutes ne sont pas sans fondements ?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>J&rsquo;ai aim\u00e9 ce film. Je l&rsquo;ai aim\u00e9 pour sa contribution et ce qu&rsquo;il aurait pu dire de plus mais que nous pouvons faire nous-m\u00eame en modifiant notre regard sur le monde rural qui ne se r\u00e9sume pas \u00e0 des p\u00e2turages et ses h\u00f4tes qui atterriraient comme par enchantement dans nos assiettes.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai aim\u00e9 ce film. Je l&rsquo;ai aim\u00e9 car il est une invitation \u00e0 se souvenir. Une invitation pour ceux qui ont c\u00f4toy\u00e9 ou connu le travail \u00e0 la ferme mais \u00e9galement pour le citadin qui ne voient que les paysages d\u00e9filer quand il prend la route ou le TGV et pour qui les mastodontes de couleur rouge qui vont et viennent dans les champs ne sont que les symboles indiscutables d&rsquo;une prosp\u00e9rit\u00e9 suppos\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un texte de Freddy Klein<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">************\u00a0\u00a0 **************<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Dans T\u00e9l\u00e9rama<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/l.redaction.telerama.fr\/rts\/go2.aspx?h=663958&amp;tp=i-H43-Q2G-lUI-2oC3bY-2G-eUS-1c-2oBltv-tOaAb\">\u201cAu nom de la terre\u201d, un succ\u00e8s inou\u00ef qui touche les populations rurales au c\u0153ur <\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sorti le 25 septembre, le film d\u2019\u00c9douard Bergeon, inspir\u00e9 du suicide de son p\u00e8re agriculteur, a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 plus d\u20191,3 million d\u2019entr\u00e9es. Un succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal pour un sujet difficile, boud\u00e9 par les Parisiens, mais qui attire toujours plus de spectateurs en r\u00e9gions. Nous avons suivi l\u2019auteur dans le Doubs, lors d\u2019une projection-d\u00e9bat o\u00f9 l\u2019\u00e9motion \u00e9tait au rendez-vous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des murmures parcourent la salle \u00e0 l\u2019unisson. Les images de l\u2019\u00e9levage intensif de poulets dans lequel s\u2019embourbe Pierre Jarjeau, agriculteur surendett\u00e9 et \u00e9puis\u00e9, provoquent un \u00e9lectrochoc chez les spectateurs. Dimanche 20 octobre 2019, au cin\u00e9ma M\u00e9garama d\u2019\u00c9cole-Valentin, commune du Doubs situ\u00e9e \u00e0 environ 6 kilom\u00e8tres de Besan\u00e7on, la s\u00e9ance de 16 heures d\u2019<a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/au-nom-de-la-terre%2Cn6316049.php\"><em>Au nom de la terre<\/em><\/a> fait salle comble. Comme dans beaucoup d\u2019autres cin\u00e9s des zones rurales de France, qui ne d\u00e9semplissent pas depuis la sortie du film, le 25 septembre, alors qu\u2019il est totalement boud\u00e9 par les Parisiens \u2013 100 000 entr\u00e9es \u00e0 peine dans la capitale. On parle d\u2019un coefficient de pr\u00e8s de 13, ce qui signifie, en langage clair, que pour un seul spectateur parisien, il y en a douze en province.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019emp\u00eache qu\u2019en moins de quatre semaines le film a franchi la barre du million d\u2019entr\u00e9es et il vient de d\u00e9passer 1,3 million de spectateurs. Un record inattendu sur un sujet aussi sensible : le suicide d\u2019un agriculteur pris dans l\u2019engrenage des dettes, de l\u2019\u00e9puisement et des fatalit\u00e9s qui se sont abattues sur son exploitation. <em>Au nom de la terre<\/em> est inspir\u00e9 de l\u2019histoire de Christian Bergeon. Son fils, le r\u00e9alisateur <a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/personnalite\/edouard-bergeon%2C387021.php\">\u00c9douard Bergeon<\/a>, l\u2019a vu mourir apr\u00e8s une longue descente aux enfers et l\u2019ingestion de glyphosate, entre autres pesticides, dans un cocktail fatal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cL\u2019agriculture fabrique une dramatique exclusion sociale et pourtant on en parle tr\u00e8s peu\u201d, Ferjeux Courgey, producteur de lait<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce jour-l\u00e0 \u00e0 \u00c9cole-Valentin, quelques membres de l\u2019association Solidarit\u00e9 Paysans (1), soutenue par l\u2019\u00e9quipe du film, sont venus parler de leur action d\u2019aide aux paysans en difficult\u00e9. Dans la salle, de nombreux agriculteurs se sont d\u00e9plac\u00e9s pour d\u00e9couvrir <em>Au nom de la terre <\/em>et, surtout, rencontrer \u00c9douard Bergeon \u00e0 l\u2019issue de la projection. Ferjeux Courgey, 58 ans, producteur de lait \u00e0 comt\u00e9 sur le plateau du Doubs, et membre b\u00e9n\u00e9vole de l\u2019association, accompagne <em>Au nom de la terre<\/em> pour la cinqui\u00e8me fois. <em>\u00ab L\u2019agriculture fabrique une dramatique exclusion sociale et pourtant on en parle tr\u00e8s peu, car cette r\u00e9alit\u00e9, dans une agriculture performante, est tr\u00e8s emb\u00eatante \u00e0 accepter \u00bb<\/em>, analyse l\u2019homme. Sa coll\u00e8gue Lison Guinchard, 29 ans, salari\u00e9e Solidarit\u00e9 Paysans, rench\u00e9rit : <em>\u00ab Le film est un moyen de faire le lien avec l\u2019association et de mettre la lumi\u00e8re sur ce qui se passe dans nos m\u00e9tiers. \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la salle de deux cent vingt places, une grosse cinquantaine de spectateurs est directement concern\u00e9e, dont notre voisin de fauteuil, qui travaille dans la pomme et les fruits rouges bio. Pierre Chupin, 50 ans, a h\u00e9sit\u00e9 avant d\u2019acheter son billet. <em>\u00ab Je n\u2019\u00e9tais pas motiv\u00e9 par ce sujet dramatique mais je savais aussi que le film porte une dimension politique, sur un secteur \u00e0 bout de souffle \u00bb,<\/em> explique-t-il. Il est venu avec Maxime, son fils de 12 ans, qui a h\u00e9rit\u00e9 de son regard bleu. Quand le g\u00e9n\u00e9rique de fin d\u00e9file sur le grand \u00e9cran, un autre voisin de rang\u00e9e, dont le fils est agriculteur, souffle un <em>\u00ab c\u2019\u00e9tait dur, hein ? \u00bb, <\/em>les yeux embu\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cMerci de nous avoir fait d\u00e9couvrir votre famille et vos difficult\u00e9s. On voit bien que c\u2019est quand votre p\u00e8re s\u2019est retrouv\u00e9 seul face \u00e0 son r\u00eave que c\u2019est devenu un cauchemar\u201d, un \u00e9leveur de moutons<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme il l\u2019a fait des dizaines et des dizaines de fois depuis le mois de juin, \u00c9douard Bergeon d\u00e9bat avec le public apr\u00e8s la s\u00e9ance. Plusieurs spectateurs prennent la parole, souvent pour parler de leur propre exp\u00e9rience ou partager des r\u00e9flexions sur l\u2019imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de changer de syst\u00e8me de production et distribution. <em>\u00ab Merci de nous avoir fait d\u00e9couvrir votre famille et vos difficult\u00e9s. On voit bien que c\u2019est quand votre p\u00e8re s\u2019est retrouv\u00e9 seul face \u00e0 son r\u00eave que c\u2019est devenu un cauchemar \u00bb, <\/em>s\u2019\u00e9meut un \u00e9leveur de moutons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Il \u00e9tait important pour moi de me rendre dans des territoires o\u00f9 je n\u2019\u00e9tais jamais venu \u00bb<\/em>, nous confie le r\u00e9alisateur de 37 ans, avant de raconter comment le film est n\u00e9 gr\u00e2ce au producteur Christophe Rossignon <em>(La Haine, La Loi du march\u00e9, Une hirondelle a fait le printemps\u2026),<\/em> quand le DVD du documentaire <em><a href=\"https:\/\/television.telerama.fr\/tele\/programmes-tv\/les-fils-de-la-terre,34765411.php\">Les Fils de la terre<\/a>, <\/em>r\u00e9alis\u00e9 par \u00c9douard Bergeon en 2012, s\u2019est retrouv\u00e9 sur son bureau. Dans ce film poignant, il suivait \u2013 d\u00e9j\u00e0 \u2013 un paysan de la vall\u00e9e du Lot aux prises avec de grandes difficult\u00e9s \u00e9conomiques, se battant contre la d\u00e9pression. En 2014, le producteur aguerri convainc \u00c9douard Bergeon de tirer un long m\u00e9trage de cette histoire. Le jeune r\u00e9alisateur avait aussi sign\u00e9 le documentaire <a href=\"https:\/\/television.telerama.fr\/tele\/programmes-tv\/l-entree-des-trappistes,33194063.php\"><em>L\u2019Entr\u00e9e des Trappistes<\/em><\/a>, sur l\u2019enfance de Jamel Debbouze, Nicolas Anelka et Omar Sy, et longtemps collabor\u00e9 avec le <em>13h15, <\/em>sur France 2, pour r\u00e9aliser des sujets au long cours, sur la toxicomanie chez les marins-p\u00eacheurs, les gamins qui vont faire le djihad ou encore le combat d\u2019un agriculteur, Paul Fran\u00e7ois, contre Monsanto.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ce nouveau projet, Bergeon allait faire ses premiers pas dans la fiction. Au m\u00eame moment, <a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/personnalite\/guillaume-canet%2C189.php\">Guillaume Canet<\/a> d\u00e9couvrait de son c\u00f4t\u00e9 <em>Les Fils de la terre<\/em>, \u00e0 la faveur d\u2019une rediffusion t\u00e9l\u00e9. L\u2019acteur a tenu \u00e0 incarner Christian Bergeon quand il a d\u00e9couvert qu\u2019<em>Au nom de la terre<\/em> allait se monter. Canet s\u2019est d\u2019ailleurs beaucoup impliqu\u00e9 dans l&rsquo;accompagnement du film \u00e0 travers la France et le soutien \u00e0 l\u2019association Solidarit\u00e9 Paysans. Patricia Lyautey, femme d\u2019un agriculteur \u00e0 la retraite qu\u2019elle a d\u00fb <em>\u00ab nourrir pendant quinze ans \u00bb <\/em>gr\u00e2ce \u00e0 son activit\u00e9 de salari\u00e9e, juge l\u2019implication du com\u00e9dien <em>\u00ab extraordinaire \u00bb <\/em>: <em>\u00ab C\u2019est une chance inou\u00efe d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s par une \u00e9quipe comme celle-l\u00e0 ! \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cC\u2019est un succ\u00e8s surprise, vraiment inattendu, m\u00eame si on a senti, d\u00e8s les avant-premi\u00e8res organis\u00e9es cet \u00e9t\u00e9, qu\u2019il se passait quelque chose\u201d, \u00c9douard Bergeon<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jamais \u00c9douard Bergeon, qui a \u0153uvr\u00e9 deux ans et demi \u00e0 l\u2019\u00e9criture du sc\u00e9nario, n\u2019aurait imagin\u00e9 conna\u00eetre pareil triomphe. D\u2019autant que, selon Didier Lacourt, distributeur historique chez Diaphana, le film pourrait, \u00e0 ce rythme, atteindre 1,8 million d\u2019entr\u00e9es, voire franchir la barre des 2 millions. <em>\u00ab C\u2019est un succ\u00e8s surprise, vraiment inattendu, m\u00eame si on a senti, d\u00e8s les avant-premi\u00e8res organis\u00e9es cet \u00e9t\u00e9 sans affiche ni bande-annonce, qu\u2019il se passait quelque chose, face \u00e0 ces salles pleines. \u00bb <\/em>Distribu\u00e9 sur 437 \u00e9crans lors de sa sortie, il atteint aujourd\u2019hui les 550 en cinqui\u00e8me semaine d\u2019exploitation. \u00c0 quelque 600 kilom\u00e8tres du M\u00e9garama d\u2019\u00c9cole-Valentin, l\u2019engouement ne faiblit pas non plus. Cathy Coppey, qui dirige l\u2019Ocin\u00e9, \u00e0 Saint-Omer (Pas-de-Calais), approche les 5500 entr\u00e9es dans son cin\u00e9ma de 1500 places.<em> \u00ab Le film a march\u00e9 tr\u00e8s vite, tr\u00e8s fort, et notamment lors des s\u00e9ances du dimanche apr\u00e8s-midi, toujours pleines, avec une client\u00e8le qui ne vient pas forc\u00e9ment d\u2019habitude : une population issue du milieu agricole qui se rend compte que ce film provoque des discussions. \u00bb <\/em>M\u00eame son de cloche \u00e0 Saint-Brieuc, en Bretagne, o\u00f9 G\u00e9rard Hoffmann, exploitant du Cin\u00e9land, se r\u00e9jouit d\u2019avoir franchi les 13 000 entr\u00e9es. <em>\u00ab Une telle constance, on n\u2019a jamais vu \u00e7a ! \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, il est pr\u00e9vu dans la foul\u00e9e une sortie DVD\/VOD exceptionnelle <em>\u00ab avec une grosse implantation dans les hypermarch\u00e9s r\u00e9gionaux et une moyenne de 50 000 DVD pr\u00e9vus, ce qui est un chiffre \u00e9norme aujourd\u2019hui \u00bb, <\/em>explique Simon Sastre, responsable de l\u2019\u00e9dition vid\u00e9o-VOD chez Diaphana. Mais, au-del\u00e0 de ce triomphe commercial, \u00c9douard Bergeon insiste sur la port\u00e9e politique, militante m\u00eame, d\u2019<em>Au nom de la terre<\/em>. Il profite syst\u00e9matiquement de la parole qui lui est donn\u00e9e pour enjoindre les consommateurs \u00e0 <em>\u00ab acheter le plus court possible \u00bb<\/em> et esp\u00e9rer que son film va <em>\u00ab r\u00e9veiller les consciences \u00bb<\/em>. Pour que son p\u00e8re ne soit pas qu\u2019une statistique de plus chez les agriculteurs qui ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 mourir plut\u00f4t que finir \u00e0 genoux. Plus de six cents d\u2019entre eux se sont donn\u00e9s la mort en 2015, selon les derniers chiffres de la Mutualit\u00e9 sociale agricole rendus publics cet \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) Plus d\u2019infos sur le site <a href=\"https:\/\/solidaritepaysans.org\/index.php?rubrique_id=1\">www.solidaritepaysans.org<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au nom de la terre relate la vie d&rsquo;une famille d&rsquo;\u00e9leveurs, qui apr\u00e8s avoir \u00e9lev\u00e9 des caprins, entame une reconversion dans la volaille de chair qui a la\u00a0 vocation en principe de nous nourrir.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6366","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6366","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6366"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6366\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6377,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6366\/revisions\/6377"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}