{"id":6924,"date":"2020-03-22T02:20:53","date_gmt":"2020-03-22T01:20:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=6924"},"modified":"2020-03-21T11:23:08","modified_gmt":"2020-03-21T10:23:08","slug":"lepreuve-politique-de-la-pandemie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/03\/22\/lepreuve-politique-de-la-pandemie\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9preuve politique de la pand\u00e9mie"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: justify;\">La pand\u00e9mie du Covid-19 est une crise sanitaire, \u00e9conomique et sociale globale d\u2019un niveau exceptionnel.<\/h2>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu d\u2019\u00e9v\u00e9nements historiques peuvent lui \u00eatre compar\u00e9s, du moins \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Cette trag\u00e9die, d\u00e8s maintenant, est une \u00e9preuve pour toute l\u2019humanit\u00e9. \u00c9preuve au double sens du mot\u00a0: douleur, risque et danger d\u2019une part\u00a0; test, \u00e9valuation, jugement de l\u2019autre. \u00a0Ce que la pand\u00e9mie met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve, c\u2019est la capacit\u00e9 des organisations politiques et \u00e9conomiques \u00e0 faire face \u00e0 un probl\u00e8me global li\u00e9 aux interd\u00e9pendances individuelles, autrement dit qui touche \u00e0 la vie sociale la plus \u00e9l\u00e9mentaire. Comme une dystopie qui serait devenue r\u00e9alit\u00e9, ce que nous vivons laisse entrevoir ce qui, avec le changement climatique, attend l\u2019humanit\u00e9 dans quelques d\u00e9cennies si la structure \u00e9conomique et politique du monde ne change pas tr\u00e8s rapidement et tr\u00e8s radicalement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une r\u00e9ponse \u00e9tatique \u00e0 une crise globale\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Premi\u00e8re observation\u00a0: ici ou l\u00e0,\u00a0 on mise volontiers sur la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat national pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie globale, et ceci de deux fa\u00e7ons plus ou moins compl\u00e9mentaires et articul\u00e9es selon les pays\u00a0: d\u2019une part, on compte sur lui pour prendre des mesures autoritaires de limitation des contacts avec notamment la mise en place de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence\u00a0\u00bb (d\u00e9clar\u00e9e ou non), comme en Italie, en Espagne ou en France\u00a0; \u00a0d\u2019autre part, on attend que l\u2019\u00c9tat prot\u00e8ge les citoyens de \u00ab\u00a0l\u2019importation\u00a0\u00bb d\u2019un virus venant de l\u2019\u00e9tranger. Discipline sociale et protectionnisme national seraient les deux axes prioritaires de la lutte contre la pand\u00e9mie. On retrouve l\u00e0 les deux faces de la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat\u00a0: domination interne et ind\u00e9pendance externe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seconde observation\u00a0: on compte \u00e9galement sur l\u2019\u00c9tat pour aider les entreprises de toutes tailles \u00e0 passer l\u2019\u00e9preuve en leur apportant l\u2019aide et les garanties sur les cr\u00e9dits dont elles auraient besoin pour ne pas faire faillite et conserver autant que possible leur main d\u2019\u0153uvre.\u00a0 L\u2019\u00c9tat n\u2019a plus aucun scrupule \u00e0 d\u00e9penser sans limite pour \u00ab\u00a0sauver l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u00bb (<em>whatever it takes<\/em>), alors qu\u2019hier encore il opposait \u00e0 toute demande d\u2019augmenter les effectifs des h\u00f4pitaux et le nombre de lits dans les services d\u2019urgence le respect obsessionnel des contraintes budg\u00e9taires et des limites de l\u2019endettement public. Les \u00c9tats semblent aujourd\u2019hui red\u00e9couvrir les vertus de l\u2019intervention, du moins lorsqu\u2019il s\u2019agit de soutenir l\u2019activit\u00e9 des entreprises priv\u00e9es et de garantir le syst\u00e8me financier<sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn1\">[1]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce brutal changement de pied, que l\u2019on aurait tort de confondre avec la fin du n\u00e9olib\u00e9ralisme, pose une question centrale : le recours aux pr\u00e9rogatives de l\u2019\u00c9tat souverain, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, est-il de nature \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une pand\u00e9mie qui touche aux solidarit\u00e9s sociales \u00e9l\u00e9mentaires\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce que nous avons vu jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ne laisse pas d\u2019inqui\u00e9ter. La x\u00e9nophobie institutionnelle des Etats s\u2019est manifest\u00e9e au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019on prenait conscience de la dangerosit\u00e9 l\u00e9tale du virus pour l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re. C\u2019est en ordre parfaitement dispers\u00e9 que les Etats europ\u00e9ens ont apport\u00e9 les premi\u00e8res r\u00e9ponses \u00e0 la propagation du coronavirus. Tr\u00e8s vite, la plupart des pays europ\u00e9ens, notamment d\u2019Europe centrale, se sont enferm\u00e9s derri\u00e8re les murs administratifs du territoire national pour prot\u00e9ger les populations du \u00ab\u00a0virus \u00e9tranger\u00a0\u00bb. La carte des pays qui se sont clo\u00eetr\u00e9s les premiers recouvre d\u2019ailleurs significativement celle de la x\u00e9nophobie d\u2019\u00c9tat. Orban a vendu la m\u00e8che\u00a0: \u00ab <em>Nous menons une guerre sur deux fronts, celui de la migration et celui du coronavirus, qui sont li\u00e9s parce qu\u2019ils se propagent tous les deux avec les d\u00e9placements <\/em>\u00bb<sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn2\">[2]<\/a><\/sup>. Le ton a \u00e9t\u00e9 vite donn\u00e9\u00a0au niveau europ\u00e9en et mondial : chacun des Etats doit se d\u00e9brouiller seul, \u00e0 la grande joie de toutes les extr\u00eames droites europ\u00e9ennes et mondiales. Le plus abject a \u00e9t\u00e9 l\u2019absence de solidarit\u00e9 avec les pays les plus touch\u00e9s. \u00a0L\u2019abandon de l\u2019Italie \u00e0 son sort par la France et l\u2019Allemagne, qui ont pouss\u00e9 l\u2019\u00e9go\u00efsme jusqu\u2019\u00e0 refuser d\u2019y envoyer du mat\u00e9riel m\u00e9dical et des masques de protection, a sonn\u00e9 le glas de l\u2019Europe construite sur la base de la concurrence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e entre pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Souverainet\u00e9 \u00e9tatique et choix strat\u00e9giques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 11 mars, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9, Tedros Adhanom Ghebreyesus, d\u00e9clarait que nous avions affaire \u00e0 une pand\u00e9mie, et s\u2019inqui\u00e9tait vivement de la rapidit\u00e9 de la propagation du virus et du \u00ab\u00a0niveau alarmant d\u2019inaction\u00a0\u00bb des Etats. Comment expliquer cette inaction\u00a0? L\u2019analyse la plus convaincante a \u00e9t\u00e9 fournie par l\u2019experte des pand\u00e9mies, Suerie Moon, codirectrice du Centre de sant\u00e9 globale de l\u2019Institut de hautes \u00e9tudes internationales et du d\u00e9veloppement : \u00ab\u00a0La crise que nous traversons montre la persistance du principe de la souverainet\u00e9 \u00e9tatique dans les affaires mondiales. (\u2026) Mais rien d\u2019\u00e9tonnant. La coop\u00e9ration internationale a toujours \u00e9t\u00e9 fragile, mais elle l\u2019est encore plus depuis environ cinq ans avec l\u2019\u00e9lection de leaders politiques, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui aspirent \u00e0 se retirer de la globalisation. (\u2026) Sans la perspective globale que fournit l\u2019OMS, on court \u00e0 la catastrophe. (\u2026) Elle rappelle ainsi aux leaders politiques et de la sant\u00e9 \u00e0 travers la plan\u00e8te que l\u2019approche globale de la pand\u00e9mie et la solidarit\u00e9 sont des \u00e9l\u00e9ments essentiels qui incitent les citoyens \u00e0 agir de mani\u00e8re responsable.\u00a0\u00bb<sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn3\">[3]<\/a><\/sup> Aussi fond\u00e9es et justes que soient ces remarques, elles omettent de rappeler que l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 depuis plusieurs d\u00e9cennies a \u00e9t\u00e9 financi\u00e8rement affaiblie et laiss\u00e9e aux mains de financeurs priv\u00e9s (80% de son financement provient de dons priv\u00e9s d\u2019entreprises et de fondations). Malgr\u00e9 cet affaiblissement, l\u2019OMS aurait pu d\u00e8s le d\u00e9but servir de cadre de coop\u00e9ration dans la lutte contre la pand\u00e9mie, non seulement parce que ses informations \u00e9taient fiables depuis d\u00e9but janvier mais aussi parce que ses recommandations de contr\u00f4le radical et pr\u00e9coce de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie \u00e9taient pertinentes. Pour le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OMS le choix d\u2019abandonner le test syst\u00e9matique et le tra\u00e7age des contacts, qui ont bien r\u00e9ussi en Cor\u00e9e ou \u00e0 Ta\u00efwan, a constitu\u00e9 une erreur majeure qui a contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9pandre le virus dans tous les autres pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re ce retard il y a des choix strat\u00e9giques. Des pays comme la Cor\u00e9e ont choisi le d\u00e9pistage syst\u00e9matique, l\u2019isolement des porteurs du virus et la \u00ab\u00a0distanciation sociale\u00a0\u00bb. L\u2019Italie a adopt\u00e9 assez t\u00f4t la strat\u00e9gie de confinement absolu pour stopper l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, comme cela avait \u00e9t\u00e9 fait auparavant en Chine. D\u2019autres pays ont beaucoup trop attendu pour r\u00e9agir, faisant le choix fataliste et crypto-darwinien d\u2019une strat\u00e9gie dite \u00ab\u00a0d\u2019immunit\u00e9 collective\u00a0\u00bb (<em>herd immunity<\/em>). La Grande Bretagne de Boris Johnson a dans un premier temps suivi la voie de la passivit\u00e9, tandis que d\u2019autres de fa\u00e7on plus ambigu\u00eb ont tard\u00e9 \u00e0 prendre des mesures restrictives, notamment la France et l\u2019Allemagne, sans parler des Etats-Unis. Tablant sur une \u00ab\u00a0att\u00e9nuation\u00a0\u00bb ou un \u00ab\u00a0retardement\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie par aplatissement de la courbe des contaminations, ces pays ont renonc\u00e9 de facto \u00e0 la garder sous contr\u00f4le d\u00e8s le d\u00e9but par le d\u00e9pistage syst\u00e9matique et le confinement g\u00e9n\u00e9ral de la population comme cela avait le cas \u00e0 Wuhan et dans la province de Hubei. Cette strat\u00e9gie d\u2019immunit\u00e9 collective suppose d\u2019accepter que 50 \u00e0 80 % de la population soit contamin\u00e9e selon les pr\u00e9visions des dirigeants allemands et du gouvernement fran\u00e7ais. Cela revient \u00e0 accepter la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes suppos\u00e9es les \u00ab\u00a0plus fragiles\u00a0\u00bb. L\u2019orientation de l\u2019OMS \u00e9tait pourtant claire\u00a0: les Etats ne devaient pas abandonner le d\u00e9pistage syst\u00e9matique et le tra\u00e7age des contacts des personnes test\u00e9es positives.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le \u00ab\u00a0paternalisme libertarien\u00a0\u00bb en temps d\u2019\u00e9pid\u00e9mie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi les Etats n\u2019ont-ils accord\u00e9 qu\u2019une tr\u00e8s faible confiance dans l\u2019OMS et surtout pourquoi ne lui ont-ils pas attribu\u00e9 un r\u00f4le central dans la coordination des r\u00e9ponses \u00e0 la pand\u00e9mie\u00a0? Sur le plan \u00e9conomique, l\u2019\u00e9pid\u00e9mie en Chine a t\u00e9tanis\u00e9 les pouvoirs \u00e9conomiques et politiques car arr\u00eater la production et les \u00e9changes ne s\u2019\u00e9tait jamais vu \u00e0 cette \u00e9chelle et aurait entra\u00een\u00e9 une crise \u00e9conomique et financi\u00e8re d\u2019une gravit\u00e9 exceptionnelle. Les h\u00e9sitations en Allemagne, en France et encore plus aux Etats-Unis tiennent au fait que les gouvernements ont choisi de maintenir le plus longtemps possible l\u2019\u00e9conomie en marche, ou plus exactement \u00e0 leur volont\u00e9 de garder la main sur l\u2019arbitrage entre imp\u00e9ratifs sanitaires et imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques en fonction de la situation constat\u00e9e \u00ab\u00a0au jour le jour\u00a0\u00bb sans s\u2019attacher aux pr\u00e9visions les plus dramatiques pourtant connues d\u2019eux. Ce sont les projections catastrophiques de <em>l\u2019Imperial College<\/em>, selon lesquelles le laisser faire entra\u00eenerait des millions de morts, qui ont fait basculer les gouvernements entre le 12 et le 15 mars, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s tard, vers la solution du confinement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9<sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn4\">[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient l\u2019influence tr\u00e8s n\u00e9faste de l\u2019\u00e9conomie comportementale et de la th\u00e9orie du \u00ab\u00a0<em>nudge<\/em>\u00a0\u00bb sur la d\u00e9cision politique<sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn5\">[5]<\/a><\/sup>. On sait maintenant que la \u00ab\u00a0<em>nudge unit<\/em>\u00a0\u00bb qui conseille le gouvernement britannique a r\u00e9ussi \u00e0 imposer la th\u00e9orie selon laquelle les individus trop vite contraints par des mesures s\u00e9v\u00e8res se lasseraient et rel\u00e2cheraient leur discipline au moment o\u00f9 celle-ci serait le plus n\u00e9cessaire lorsque le pic \u00e9pid\u00e9mique serait atteint. Depuis 2010 l\u2019approche \u00e9conomique de Richard Thaler expos\u00e9e dans son livre<em> Nudge <\/em>est cens\u00e9e inspirer la \u00ab\u00a0gouvernance efficiente\u00a0\u00bb de l\u2019\u00c9tat<sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn6\">[6]<\/a><\/sup>. Elle consiste \u00e0 inciter les individus, sans les contraindre, \u00e0 prendre les bonnes d\u00e9cisions par des \u00ab\u00a0coups de pouce\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire par des influences douces, indirectes, agr\u00e9ables et optionnelles, sur un individu qui doit rester libre de ses choix. \u00a0Ce \u00ab\u00a0<em>libertarian paternalism<\/em>\u00a0\u00bb en mati\u00e8re de lutte contre l\u2019\u00e9pid\u00e9mie s\u2019est traduit par deux orientations\u00a0: d\u2019une part le refus de la contrainte sur la conduite individuelle et la confiance dans les \u00ab\u00a0gestes barri\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0: se tenir \u00e0 distance, se laver les mains, s\u2019isoler si l\u2019on tousse, et ceci dans son propre int\u00e9r\u00eat. Le pari de l\u2019incitation douce et volontaire \u00e9tait risqu\u00e9, il ne s\u2019appuyait sur aucune donn\u00e9e scientifique prouvant sa pertinence en situation \u00e9pid\u00e9mique. Il a conduit \u00e0 l\u2019\u00e9chec que l\u2019on sait. Il convient de rappeler que cela a \u00e9t\u00e9 aussi le choix des responsables fran\u00e7ais jusqu\u2019au samedi 14 mars. Macron s\u2019\u00e9tait jusque-l\u00e0 refus\u00e9 \u00e0 prendre des mesures de confinement car, disait-il le vendredi 6 mars, \u00ab\u00a0si on prend des mesures qui sont tr\u00e8s contraignantes, ce n&rsquo;est pas tenable dans la dur\u00e9e\u00a0\u00bb. A la sortie du th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 il est all\u00e9 ce m\u00eame jour avec son \u00e9pouse, il d\u00e9clarait\u00a0: \u00ab\u00a0La vie continue. Il n\u2019y a aucune raison, mis \u00e0 part pour les populations fragilis\u00e9es, de modifier nos habitudes de sortie\u00a0\u00bb. Derri\u00e8re ces propos qui paraissent aujourd\u2019hui irresponsables, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser que l\u2019option du paternalisme libertarien \u00e9tait aussi une mani\u00e8re de diff\u00e9rer les mesures draconiennes qui allait n\u00e9cessairement affecter l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Souverainet\u00e9 de l\u2019Etat\u00a0ou services publics ? <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9chec du paternalisme libertarien\u00a0a conduit les autorit\u00e9s politiques \u00e0 un virage impressionnant, mais que l\u2019on commen\u00e7ait \u00e0 percevoir d\u00e8s la premi\u00e8re allocution pr\u00e9sidentielle du 12 mars avec l\u2019appel \u00e0 l\u2019unit\u00e9 nationale, \u00e0 l\u2019union sacr\u00e9e, \u00e0 la \u00ab\u00a0force d\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb du peuple fran\u00e7ais. \u00a0La deuxi\u00e8me allocution de Macron le 16 mars a \u00e9t\u00e9 encore plus explicite dans le choix de la posture et de la rh\u00e9torique martiales\u00a0: l\u2019heure serait \u00e0 la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019abn\u00e9gation patriote\u00a0\u00bb, puisque \u00ab\u00a0nous sommes en guerre\u00a0\u00bb. D\u00e9sormais c\u2019est la figure de l\u2019\u00c9tat souverain qui se manifeste de la fa\u00e7on la plus extr\u00eame mais aussi la plus classique, celle du glaive qui va frapper un ennemi \u00ab\u00a0qui est l\u00e0, invisible, insaisissable, qui progresse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il y avait une autre dimension dans son allocution du 12 mars, qui n\u2019a pas manqu\u00e9 de surprendre. Emmanuel Macron s\u2019est soudainement et presque miraculeusement mu\u00e9 en d\u00e9fenseur de l\u2019Etat-providence et de l\u2019h\u00f4pital public, allant jusqu\u2019\u00e0 affirmer l\u2019impossibilit\u00e9 de tout r\u00e9duire \u00e0 la logique du march\u00e9. Nombre de commentateurs et d\u2019hommes politiques, dont certains situ\u00e9s \u00e0 gauche, se sont empress\u00e9s de saluer dans cette prise de position une reconnaissance de la fonction irrempla\u00e7able des services publics. Somme toute, on aurait l\u00e0 une forme de r\u00e9action diff\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019interpellation \u00e0 laquelle avait donn\u00e9 lieu sa visite \u00e0 la Piti\u00e9 Salp\u00eatri\u00e8re\u00a0le 27 f\u00e9vrier dernier : au professeur de neurologie qui r\u00e9clamait de sa part un \u00ab\u00a0choc d\u2019attractivit\u00e9\u00a0\u00bb en faveur des h\u00f4pitaux, Macron aurait fini par apporter une r\u00e9ponse positive, au moins dans le principe. Que les annonces faites \u00e0 cette occasion rel\u00e8vent tr\u00e8s largement du trompe l\u2019\u0153il et ne remettent pas en cause les politiques n\u00e9olib\u00e9rales m\u00e9thodiquement poursuivies depuis des ann\u00e9es, voil\u00e0 qui a \u00e9t\u00e9 d\u2019embl\u00e9e reconnu<sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn7\">[7]<\/a><\/sup>. Il y a plus. Au cours de cette m\u00eame conf\u00e9rence, le Pr\u00e9sident a reconnu que \u00ab\u00a0d\u00e9l\u00e9guer notre alimentation, notre protection, notre capacit\u00e9 \u00e0 soigner, notre cadre de vie au fond \u00e0 d\u2019autres\u00a0\u00bb \u00e9tait une \u00ab\u00a0folie\u00a0\u00bb et qu\u2019il fallait \u00ab\u00a0en reprendre le contr\u00f4le\u00a0\u00bb. Cette invocation de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat-nation a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e de divers bords, y compris par les n\u00e9ofascistes du RN. La d\u00e9fense des services publics se confondrait ainsi avec celle des pr\u00e9rogatives de l\u2019Etat\u00a0: soustraire la sant\u00e9 publique \u00e0 la logique du march\u00e9 rel\u00e8verait d\u2019un acte de souverainet\u00e9, lequel viendrait corriger les trop nombreuses d\u00e9l\u00e9gations consenties par le pass\u00e9 \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne. Mais est-il si \u00e9vident que la notion de services publics appelle d\u2019elle-m\u00eame celle de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat, comme si la premi\u00e8re \u00e9tait fond\u00e9e sur la seconde et les deux notions indissociables\u00a0l\u2019une de l\u2019autre ? La question m\u00e9rite un examen d\u2019autant plus s\u00e9rieux qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un argument central des partisans de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Commen\u00e7ons par la question de la nature de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat. Souverainet\u00e9 signifie proprement \u00ab\u00a0sup\u00e9riorit\u00e9\u00a0\u00bb (du latin <em>superanus<\/em>), mais \u00e0 l\u2019\u00e9gard de quoi\u00a0? A l\u2019\u00e9gard des lois et des obligations de toutes sortes qui sont susceptibles de limiter la puissance de l\u2019Etat, tant dans ses relations avec les autres Etats que dans ses rapports avec ses propres citoyens. L\u2019Etat souverain se place au-dessus d\u2019engagements et d\u2019obligations qu\u2019il est libre de contracter et de r\u00e9voquer \u00e0 sa guise. Mais l\u2019Etat, consid\u00e9r\u00e9 comme personne publique, ne peut agir que par ses repr\u00e9sentants cens\u00e9s en incarner la continuit\u00e9 au-del\u00e0 de la dur\u00e9e de l\u2019exercice de leurs fonctions. La sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019Etat signifie donc dans les faits la sup\u00e9riorit\u00e9 de ses repr\u00e9sentants \u00e0 l\u2019\u00e9gard des lois, obligations et engagements qui peuvent le lier durablement. Et c\u2019est cette sup\u00e9riorit\u00e9 qui est \u00e9lev\u00e9e au rang de principe par tous les souverainistes. Cependant, pour d\u00e9plaisante que cette v\u00e9rit\u00e9 soit \u00e0 leurs oreilles, ce principe vaut ind\u00e9pendamment de l\u2019orientation politique des gouvernants. L\u2019essentiel est que ceux-ci agissent en qualit\u00e9 de repr\u00e9sentants de l\u2019Etat, quelle que soit l\u2019id\u00e9e qu\u2019ils se font de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat. Les d\u00e9l\u00e9gations successivement consenties par les repr\u00e9sentants de l\u2019Etat fran\u00e7ais en faveur de l\u2019UE l\u2019ont \u00e9t\u00e9 souverainement, la construction de l\u2019UE ayant proc\u00e9d\u00e9 d\u00e8s les premiers pas de la mise en \u0153uvre du principe de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat. De la m\u00eame mani\u00e8re, le fait que l\u2019Etat fran\u00e7ais, comme tant d\u2019autres en Europe, se soit soustrait \u00e0 ses obligations internationales en mati\u00e8re de d\u00e9fense des droits humains rel\u00e8ve d\u2019une logique de souverainet\u00e9\u00a0: la d\u00e9claration des d\u00e9fenseurs des droits humains fait obligation aux Etats de cr\u00e9er un environnement sain et protecteur pour ces d\u00e9fenseurs, mais les lois et les pratiques des Etats signataires, particuli\u00e8rement celles de la France \u00e0 la fronti\u00e8re qu\u2019elle partage avec l\u2019Italie, violent ces obligations internationales. La m\u00eame remarque doit \u00eatre faite \u00e0 propos des obligations climatiques dont s\u2019\u00e9mancipent all\u00e8grement les Etats au gr\u00e9 de leurs int\u00e9r\u00eats du moment. En mati\u00e8re de droit public interne, l\u2019Etat n\u2019est pas non plus en reste. Ainsi, pour nous en tenir au cas fran\u00e7ais, les droits des Am\u00e9rindiens de Guyane sont d\u00e9ni\u00e9s au nom du principe de la \u00ab\u00a0R\u00e9publique\u00a0une et indivisible\u00a0\u00bb, expression qui nous renvoie l\u00e0 encore \u00e0 la sacro-sainte souverainet\u00e9 de l\u2019Etat. En d\u00e9finitive, cette derni\u00e8re est l\u2019alibi permettant aux repr\u00e9sentants de l\u2019Etat de s\u2019exempter de toute obligation l\u00e9gitimant un contr\u00f4le de la part des citoyens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gardons ce point \u00e0 l\u2019esprit, il va nous aider \u00e0 expliciter le caract\u00e8re public des services dits \u00ab\u00a0publics\u00a0\u00bb. C\u2019est le sens du mot \u00ab\u00a0public\u00a0\u00bb qui doit retenir ici toute notre attention. On s\u2019avise trop peu souvent du fait que, dans cette expression, \u00ab\u00a0public\u00a0\u00bb est absolument irr\u00e9ductible \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9tatique\u00a0\u00bb. Car le <em>publicum<\/em> ici d\u00e9sign\u00e9 renvoie non \u00e0 la seule administration \u00e9tatique, mais \u00e0 la collectivit\u00e9 tout enti\u00e8re\u00a0en tant qu\u2019elle est constitu\u00e9e de l\u2019ensemble des citoyens : les services publics ne sont pas les services de l\u2019Etat au sens o\u00f9 l\u2019Etat pourrait en disposer \u00e0 sa guise, ils ne sont pas non plus une projection de l\u2019Etat, ils sont publics en ce qu\u2019ils sont \u00ab\u00a0au service du public\u00a0\u00bb. Ils rel\u00e8vent en ce sens d\u2019une <em>obligation positive<\/em> de l\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9gard des citoyens. Autrement dit, ils sont dus par l\u2019Etat et les gouvernants aux gouvern\u00e9s, loin d\u2019\u00eatre une faveur que ferait l\u2019Etat aux gouvern\u00e9s, comme la formule d\u2019\u00ab\u00a0Etat-providence\u00a0\u00bb, pol\u00e9mique car d\u2019inspiration lib\u00e9rale, donne \u00e0 l\u2019entendre. Le juriste L\u00e9on Duguit, th\u00e9oricien majeur des services publics, l\u2019avait fait remarquer d\u00e8s le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle\u00a0: c\u2019est la primaut\u00e9 des devoirs des gouvernants envers les gouvern\u00e9s qui constitue le fondement de ce que l\u2019on appelle le \u00ab\u00a0service public\u00a0\u00bb. A ses yeux, les services publics constituent, non une manifestation de la puissance de l\u2019Etat, mais une limite du pouvoir gouvernemental. Ils sont ce par quoi les gouvernants sont les serviteurs des gouvern\u00e9s<u><sup><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/les-invites-de-mediapart\/blog\/190320\/l-epreuve-politique-de-la-pandemie#_ftn8\">[8]<\/a><\/sup><\/u>. Ces obligations qui s\u2019imposent aux gouvernants, s\u2019impose \u00e9galement aux agents des gouvernants et ce sont elles qui fondent la \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9 publique\u00a0\u00bb. C\u2019est pourquoi les services publics rel\u00e8vent du principe de la <em>solidarit\u00e9 sociale<\/em>, qui s\u2019impose \u00e0 tous, et non du principe de la souverainet\u00e9 qui est incompatible avec celui de la responsabilit\u00e9 publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette conception des services publics a certes \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9e par la fiction de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat. Mais c\u2019est pourtant elle qui continue de se faire entendre \u00e0 travers la relation tr\u00e8s forte que les citoyens entretiennent avec ce qu\u2019ils tiennent pour un <em>droit<\/em> fondamental. C\u2019est que le droit des citoyens aux services publics est le strict pendant du devoir de services publics qui incombent aux repr\u00e9sentants de l\u2019Etat. C\u2019est ce qui explique que les citoyens des divers pays europ\u00e9ens touch\u00e9s par la crise ont tenu \u00e0 manifester sous des formes les plus diverses leur attachement \u00e0 ces services engag\u00e9s dans le combat quotidien contre le coronavirus\u00a0: les citoyens de nombreuses villes espagnoles ont ainsi applaudi de leurs balcons les \u00e9quipes des services sanitaires, quelle que soit par ailleurs leur attitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Etat unitaire centralis\u00e9. C\u2019est que les deux choses doivent \u00eatre soigneusement disjointes. L\u2019attachement des citoyens aux services publics, en particulier aux services hospitaliers, n\u2019est en rien une adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 ou \u00e0 la puissance publique sous ses diff\u00e9rentes formes, mais un attachement \u00e0 des services qui ont pour finalit\u00e9 essentielle de pourvoir aux besoins du public. Loin de manifester un repli identitaire sur la nation, cet attachement t\u00e9moigne d\u2019un sens de l\u2019universel qui traverse les fronti\u00e8res et nous rend si sensibles aux \u00e9preuves v\u00e9cues par nos \u00ab\u00a0concitoyens en pand\u00e9mie\u00a0\u00bb, qu\u2019ils soient italiens, espagnols, et finalement europ\u00e9ens ou non.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019urgence des communs mondiaux<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne peut ajouter foi \u00e0 la promesse de Macron selon laquelle il serait le premier \u00e0 mettre en cause \u00ab\u00a0notre mod\u00e8le de d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb apr\u00e8s la crise. On peut m\u00eame l\u00e9gitimement penser que les mesures drastiques en mati\u00e8re \u00e9conomique r\u00e9p\u00e8teront celles de 2008 et viseront un \u00ab\u00a0retour \u00e0 la normale\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la destruction de la plan\u00e8te et l\u2019in\u00e9galisation croissante des conditions sociales. On doit plut\u00f4t craindre d\u00e8s maintenant que l\u2019\u00e9norme facture pour \u00ab\u00a0sauver l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u00bb ne soit \u00e0 nouveau pr\u00e9sent\u00e9e aux salari\u00e9s et aux contribuables les plus modestes. Pourtant, \u00e0 la faveur de cette \u00e9preuve, quelque chose a chang\u00e9 qui fait que rien ne pourra plus \u00eatre tout \u00e0 fait comme avant. Le souverainisme d\u2019\u00c9tat, par son r\u00e9flexe s\u00e9curitaire et son tropisme x\u00e9nophobe, a fait la preuve de sa faillite. Loin de contenir le capital global, il en am\u00e9nage l\u2019action en exacerbant la concurrence. Deux choses sont d\u00e9sormais apparues \u00e0 des millions d\u2019hommes. D\u2019une part, la place des services publics comme institutions du commun capables de mettre en \u0153uvre la <em>solidarit\u00e9 vitale<\/em> entre humains. D\u2019autre part, le besoin politique le plus urgent de l\u2019humanit\u00e9, l\u2019institution des <em>communs mondiaux<\/em>. Puisque les risques majeurs sont globaux, l\u2019entraide doit \u00eatre mondiale, les politiques doivent \u00eatre coordonn\u00e9es, les moyens et les connaissances doivent \u00eatre partag\u00e9es, la coop\u00e9ration doit \u00eatre la r\u00e8gle absolue. Sant\u00e9, climat, \u00e9conomie, \u00e9ducation, culture ne doivent plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es ou des biens d\u2019\u00c9tat\u00a0: ils doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des communs mondiaux et \u00eatre institu\u00e9s politiquement comme tels. Une chose est d\u00e9sormais s\u00fbre\u00a0: le salut ne viendra pas d\u2019en haut. Seules des insurrections, des soul\u00e8vements et des coalitions transnationales de citoyens peuvent l\u2019imposer aux Etats et au capital.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pierre <strong>Dardot<\/strong> et Christian <strong>Laval<\/strong>, auteurs de <em>Commun. Essai sur la r\u00e9volution au XXI si\u00e8cle<\/em>, La D\u00e9couverte, 2014 (Poche\/ La D\u00e9couverte, 2015), et de <em>Dominer. Enqu\u00eate sur la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat en Occident<\/em>, La D\u00e9couverte, 2020 (\u00e0 para\u00eetre).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pand\u00e9mie du Covid-19 est une crise sanitaire, \u00e9conomique et sociale globale d\u2019un niveau exceptionnel.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6924","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6924","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6924"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6924\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6927,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6924\/revisions\/6927"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}