{"id":703,"date":"2017-07-01T01:32:26","date_gmt":"2017-06-30T23:32:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=703"},"modified":"2018-08-06T11:10:40","modified_gmt":"2018-08-06T09:10:40","slug":"un-label-agricole-toujours-moins-exigeant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2017\/07\/01\/un-label-agricole-toujours-moins-exigeant\/","title":{"rendered":"Un label agricole toujours moins exigeant"},"content":{"rendered":"<h1 class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Quand le bio d\u00e9nature le bio<\/span><\/span><\/h1>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">D\u00e9marche vertueuse en termes d\u2019emploi, d\u2019utilisation des ressources et de sant\u00e9 publique, l\u2019agriculture biologique progresse rapidement en France. All\u00e9ch\u00e9es, l\u2019industrie agroalimentaire et la grande distribution entendent bien s\u2019emparer de ce march\u00e9. Au risque d\u2019en effacer les fondements en faisant pression sur la Commission europ\u00e9enne pour r\u00e9duire les exigences de qualit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"color: #000000;\"><i>\u00ab\u00a0<\/i><\/span><span style=\"color: #000000;\"><i>R<\/i><\/span><span style=\"color: #000000;\"><i>ien ne ressem<\/i><\/span><i>ble plus \u00e0 une pomme qu\u2019une autre pomme,<\/i> lance M.\u00a0Claude Gruffat, pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral de Biocoop. <i>Ce qui fait la diff\u00e9rence, ce sont les valeurs.\u00a0\u00bb<\/i> L\u2019agriculture biologique repr\u00e9sente d\u00e9sormais 5,7\u00a0% des surfaces agricoles fran\u00e7aises, soit trois\u00a0fois plus qu\u2019en 2002. Ce march\u00e9 en pleine croissance attire d\u2019importants groupes de transformation et de distribution, alors que les grandes surfaces alimentaires vendent d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des produits estampill\u00e9s \u00ab\u00a0bio\u00a0\u00bb (45\u00a0% pour la France en 2015). <i>\u00ab\u00a0La bio n\u2019est plus vue comme une valeur agronomique\u00a0; elle est de plus en plus valoris\u00e9e comme n\u2019importe quelle niche de march\u00e9\u00a0\u00bb,<\/i> constate Beno\u00eet Leroux, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en sociologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Poitiers.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019agriculture biologique est n\u00e9e d\u2019une contestation de la production intensive et du mod\u00e8le \u00e9conomique de l\u2019industrie agroalimentaire. Les approches alternatives apparaissent d\u00e8s les ann\u00e9es 1920, tandis que les premiers groupes se structurent entre\u00a01950 et\u00a01960. Cr\u00e9\u00e9e en 1964, l\u2019association Nature et Progr\u00e8s permet la reconnaissance du mouvement. Celui-ci milite pour redonner aux agriculteurs une plus grande autonomie vis-\u00e0-vis des interm\u00e9diaires. Pour gagner la confiance des consommateurs, n\u00e9cessaire \u00e0 la valorisation de leurs produits et \u00e0 leur d\u00e9veloppement, les militants entrent dans une phase d\u2019institutionnalisation.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">En 1978, Nature et Progr\u00e8s met en place le premier cahier des charges technique, tandis qu\u2019est cr\u00e9\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration nationale d\u2019agriculture biologique (FNAB). La F\u00e9d\u00e9ration internationale du mouvement de l\u2019agriculture biologique (Ifoam) d\u00e9termine un peu plus tard quatre grands principes\u00a0: la sant\u00e9 des sols, des plantes, des animaux et des hommes, consid\u00e9r\u00e9e comme une et indivisible\u00a0; l\u2019\u00e9cologie, en s\u2019accordant avec les \u00e9cosyst\u00e8mes et leurs cycles, en les imitant et en les aidant \u00e0 se maintenir\u00a0; l\u2019\u00e9quit\u00e9, \u00e0 la fois dans les rapports entre les \u00eatres humains et \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autres cr\u00e9atures vivantes\u00a0; et la pr\u00e9caution, par une conduite prudente et responsable.<\/span><\/p>\n<h3 class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Producteurs sous pression<\/span><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais ne reconna\u00eet qu\u2019en 1980 une agriculture qui n\u2019utilise pas de produits de synth\u00e8se,<\/i> explique Beno\u00eet Leroux. <i>Il faut m\u00eame attendre 1988 pour que le nom d\u2019\u201cagriculture biologique\u201d soit adopt\u00e9 comme tel.\u00a0\u00bb<\/i> Cette reconnaissance ne prend en compte que l\u2019absence de pesticides, \u00e9vacuant d\u2019embl\u00e9e la vision sociale port\u00e9e par les paysans. Cette logique se perp\u00e9tue en 1991, lors de la cr\u00e9ation de la r\u00e9glementation europ\u00e9enne. Depuis, l\u2019harmonisation impos\u00e9e par l\u2019Union europ\u00e9enne n\u2019a pas arrang\u00e9 les choses. La premi\u00e8re r\u00e9vision, appliqu\u00e9e en 2009, a entra\u00een\u00e9 la disparition de la possibilit\u00e9 pour chaque \u00c9tat d\u2019imposer un cahier des charges plus rigoureux, comme c\u2019\u00e9tait le cas en France.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Engag\u00e9e depuis 2013, l\u2019actuelle r\u00e9vision de la r\u00e9glementation europ\u00e9enne fait craindre la disparition de principes fondamentaux. Les batailles entre le Conseil des ministres, le Parlement et la Commission europ\u00e9enne, cens\u00e9es aboutir prochainement \u00e0 un nouveau r\u00e8glement europ\u00e9en, t\u00e9moignent de la volont\u00e9 de certains gouvernements de favoriser l\u2019agro-industrie. Apr\u00e8s quatorze trilogues et quatre pr\u00e9sidences du Conseil des ministres, soit la plus longue n\u00e9gociation agricole de l\u2019histoire, aucun accord n\u2019a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur plusieurs points litigieux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Exemple\u00a0: le Conseil des ministres europ\u00e9en souhaite autoriser (sous conditions de latitude ou d\u2019altitude) la culture hors sol. Imaginer des cultures en bacs qui faciliteraient une industrialisation fait bouillir des associations comme la FNAB. Les ministres invoquent son acceptation aux \u00c9tats-Unis pour l\u2019imposer en Europe, au nom de la concurrence et de la reconnaissance mutuelle des cahiers des charges. <i>\u00ab\u00a0Les Pays-Bas \u2014 principal pays producteur de tomates en Europe \u2014 soutiennent cette proposition,<\/i> explique le d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en Jos\u00e9 Bov\u00e9. <i>Comme l\u2019Italie et le Luxembourg.\u00a0\u00bb<\/i> Alors que les membres du Groupe des Verts &#8211;\u00a0Alliance libre europ\u00e9enne martelaient qu\u2019ils ne fl\u00e9chiraient pas, des voix se sont fait entendre pour r\u00e9clamer l\u2019arr\u00eat des n\u00e9gociations.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Autre point de blocage\u00a0: le passage d\u2019une obligation de moyens (ne pas utiliser de produits chimiques) \u00e0 une obligation de r\u00e9sultats (retrait de la certification si de tels produits sont d\u00e9cel\u00e9s). Or des contaminations peuvent se produire en provenance de champs voisins. Mais le Conseil des ministres ne veut pas entendre parler d\u2019un fonds d\u2019indemnisation des agriculteurs bio concern\u00e9s, ni de la mise en cause des v\u00e9ritables responsables.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pour \u00c8ve Fouilleux, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le probl\u00e8me est plus profond. Aujourd\u2019hui, les agriculteurs sont contr\u00f4l\u00e9s par des organismes certificateurs priv\u00e9s, ind\u00e9pendants et pay\u00e9s par le producteur. En France, ceux-ci sont accr\u00e9dit\u00e9s par une section du Comit\u00e9 fran\u00e7ais d\u2019accr\u00e9ditation (Cofrac), un organisme public. Cette mani\u00e8re de proc\u00e9der a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e par les normes europ\u00e9ennes. Il en existe une autre\u00a0: le syst\u00e8me participatif de garantie, reconnu notamment par le Br\u00e9sil, le Chili et l\u2019Inde. C\u2019est celui qu\u2019utilise Nature et Progr\u00e8s, dont la certification n\u2019est pas reconnue par l\u2019Union europ\u00e9enne. Les agriculteurs ainsi que les consommateurs se r\u00e9unissent localement par groupes pour v\u00e9rifier les pratiques de chacun. <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0Les normes actuelles enferment dans une pens\u00e9e marchande et entra\u00eenent une d\u00e9politisation. Le syst\u00e8me participatif permet au contraire un \u00e9change de pratiques et l\u2019implication de consommateurs et de citoyens dans le processus\u00a0\u00bb,<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> fait valoir \u00c8ve Fouilleux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans ce contexte, une grande diversit\u00e9 d\u2019agriculteurs bio et de transformateurs a vu le jour. Derri\u00e8re un discours environnemental bien lisse, les arguments \u00e9conomiques conduisent \u00e0 saper les normes internationales au nom de la rentabilit\u00e9. Carrefour, Monoprix, Syst\u00e8me U cr\u00e9ent de nouvelles fili\u00e8res, des marques de distributeur, des magasins sp\u00e9cialis\u00e9s, en investissant dans des partenariats avec des groupements de producteurs. <i>\u00ab\u00a0Pour l\u2019instant, la demande demeure si forte que les prix sont corrects. Celui du lait est de 30\u00a0\u00e0 40\u00a0% sup\u00e9rieur \u00e0 celui du conventionnel. Il ne faudrait pas que, sur le long terme, les prix soient tir\u00e9s vers le bas. Or cela a toujours \u00e9t\u00e9 la politique des grandes et moyennes surfaces<\/i> [GMS] \u00a0<i>\u00bb,<\/i> analyse Marc Beno\u00eet, \u00e9conomiste et codirecteur du Comit\u00e9 interne de l\u2019agriculture biologique de l\u2019Institut national de la recherche agronomique (INRA). Une fois que la grande distribution aura la mainmise sur ce march\u00e9, elle risque de faire pression pour r\u00e9duire les co\u00fbts.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">La fili\u00e8re \u0153ufs pr\u00e9figure-t-elle l\u2019\u00e9volution en cours\u00a0? Son cahier des charges limite le nombre de poules par b\u00e2timent \u00e0 trois mille\u00a0; mais il ne limite pas le nombre de b\u00e2timents et pr\u00e9voit un espace plus petit que le Label rouge (quatre m\u00e8tres carr\u00e9s par poule au lieu de cinq). En Italie, l\u2019entreprise Eurovo se vante de poss\u00e9der des \u00e9levages bio de 90\u00a0000\u00a0et 250\u00a0000 poules pondeuses pr\u00e8s de Florence. Les imp\u00e9ratifs de rentabilit\u00e9 ont largement pris le pas sur les valeurs de la bio. En France, 78\u00a0% des \u0153ufs bio sont vendus dans les GMS et les magasins sp\u00e9cialis\u00e9s dans les rabais. Les producteurs restent tr\u00e8s d\u00e9pendants des fournisseurs d\u2019aliments, m\u00eame si 20\u00a0% de la nourriture des animaux doit provenir de l\u2019exploitation ou, \u00e0 d\u00e9faut, de la r\u00e9gion. <i>\u00ab\u00a0Tr\u00e8s peu produisent leurs propres aliments en bio. M\u00eame s\u2019ils produisent la mati\u00e8re premi\u00e8re, les c\u00e9r\u00e9ales, ils les revendent au fabricant d\u2019aliments, car les formules sont tr\u00e8s techniques, et plus encore en bio\u00a0\u00bb,<\/i> indique Mme\u00a0Pascale Magdelaine, la directrice du service \u00e9conomie de l\u2019Institut technique de l\u2019aviculture.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">La d\u00e9pendance est aussi forte \u00e0 l\u2019\u00e9gard des centres de conditionnement qui ach\u00e8tent les \u0153ufs aux producteurs pour les revendre aux supermarch\u00e9s ou aux industries agroalimentaires. Certaines entreprises comme Cocorette et Matines proposent d\u2019ailleurs des contrats d\u2019int\u00e9gration. Elles ach\u00e8tent tout\u00a0: les b\u00e2timents, les poulettes, et fournissent m\u00eame les aliments \u2014 bio, \u00e9videmment. Le producteur n\u2019est alors qu\u2019un simple prestataire qui n\u2019a plus de pouvoir ni sur le prix qu\u2019on lui paie ni m\u00eame sur ce qu\u2019il produit et la fa\u00e7on dont il le produit. Avec les marques de distributeur, les agriculteurs perdent toute autonomie\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Les marques peuvent facilement changer de centre de conditionnement pour un autre moins cher\u00a0\u00bb,<\/i> t\u00e9moigne M.\u00a0Bernard Devoucoux, pr\u00e9sident de la commission bio du Syndicat national des labels avicoles de France.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">La situation n\u2019est gu\u00e8re meilleure dans la fili\u00e8re lait. Producteur, M.\u00a0Vincent Perrier t\u00e9moigne d\u2019un probl\u00e8me d\u2019\u00e9coute\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Je suis parti en bio pour travailler diff\u00e9remment. Je cherchais aussi un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement harmonieux pour tous. J\u2019ai d\u2019abord continu\u00e9 chez Danone\u00a0; le bio partait pour sa filiale Les 2\u00a0Vaches. On me disait seulement\u00a0: \u201cIl y a un prix et si vous ne pouvez pas, c\u2019est que vous avez un probl\u00e8me de comp\u00e9titivit\u00e9, on va voir ailleurs.\u201d\u00a0\u00bb<\/i> Il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 claquer la porte et contacter Biolait, qui permet aux producteurs de se regrouper pour mieux peser\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Nous d\u00e9cidons ensemble de notre prix, le m\u00eame pour tous.\u00a0\u00bb<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Se regrouper pour \u00eatre plus fortes\u00a0: c\u2019est aussi le but des coop\u00e9ratives agricoles, dont le fonctionnement n\u2019a pourtant plus rien de d\u00e9mocratique aujourd\u2019hui. Conscients de ce risque de d\u00e9rive, les adh\u00e9rents de Biolait et de bien d\u2019autres structures, tel Biocoop pour la distribution, essaient de ne pas tomber dans les m\u00eames travers en conservant une vision commune\u00a0: celle du changement de soci\u00e9t\u00e9. <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0La capacit\u00e9 collective des producteurs \u00e0 peser sur le changement d\u2019\u00e9chelle est un des garde-fous de cette transformation. C\u2019est ce qu\u2019essaient de faire des organisations \u00e9conomiques de producteurs biologiques comme Biolait, Bio Loire Oc\u00e9an, BioBreizh et d\u2019autres\u00a0\u00bb,<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\"> explique Ronan Le Velly, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en sociologie.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">D\u00e9fendu fermement par la FNAB, l\u2019accompagnement des agriculteurs joue un r\u00f4le-cl\u00e9. Dans un syst\u00e8me biologique, la reconfiguration globale de l\u2019exploitation \u2014 et pas seulement la substitution d\u2019intrants chimiques par d\u2019autres agr\u00e9\u00e9s en bio \u2014 s\u2019av\u00e8re essentielle pour perdurer dans le temps. <i>\u00ab\u00a0Les agriculteurs bio qui r\u00e9ussissent sont ceux qui ont un syst\u00e8me complexe. Il n\u2019y a pas de recette unique. Les agriculteurs ont besoin de connaissances agronomiques, et bon nombre d\u2019entre eux ont perdu ces bases-l\u00e0\u00a0\u00bb,<\/i> analyse Marc Beno\u00eet.<\/span><\/p>\n<h3 class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Une approche uniquement technique<\/span><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, les agriculteurs bio sont pour la plupart des nouveaux convertis ou install\u00e9s,<\/i> observe Beno\u00eet Leroux. <i>Certes, il existe maintenant des formations en bio. Mais il y a une forme d\u2019atavisme professionnel. L\u2019agriculture biologique remet en question le mod\u00e8le consid\u00e9r\u00e9 comme celui du progr\u00e8s. Dans le milieu, la bio est toujours d\u00e9cri\u00e9e comme \u00e9tant incapable de nourrir la plan\u00e8te.\u00a0\u00bb<\/i> Incarnation du productivisme, la F\u00e9d\u00e9ration nationale des syndicats d\u2019exploitants agricoles (FNSEA) dispose pourtant d\u00e9sormais de sa propre commission bio. <i>\u00ab\u00a0Si on ne fait que r\u00e9p\u00e9ter qu\u2019il faut une modification totale de l\u2019exploitation, en culpabilisant les gens, les agriculteurs ne vont pas se convertir\u00a0\u00bb,<\/i> affirme M.\u00a0R\u00e9my Fabre, l\u2019un de ses membres.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Du c\u00f4t\u00e9 des chambres d\u2019agriculture, on explique que les possibilit\u00e9s d\u2019accompagnement sont limit\u00e9es par l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Nous avons des moyens contraints. Un conseiller agricole ne peut pas se contenter d\u2019accompagner dix agriculteurs\u00a0; il doit suivre quatre-vingts \u00e0 cent exploitations. Il n\u2019y a que des groupements bio, des syndicats, qui peuvent faire ce travail pour d\u00e9fendre leur syst\u00e8me de pens\u00e9e,<\/i> estime M.\u00a0Jacques Pior, responsable national du d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture biologique au sein de l\u2019Assembl\u00e9e permanente des chambres d\u2019agriculture. <i>En tant qu\u2019organisme public, nous devons nous occuper de tous les agriculteurs, nous ne pouvons pas op\u00e9rer une s\u00e9gr\u00e9gation entre eux.\u00a0\u00bb<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Fin 2016, le pr\u00e9sident de la r\u00e9gion Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes, M.\u00a0Laurent Wauquiez (Les R\u00e9publicains), a d\u00e9cid\u00e9 de transf\u00e9rer l\u2019accompagnement technique, jusque-l\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 par des associations r\u00e9unies au sein de Corabio, vers les chambres d\u2019agriculture. Cette mesure s\u2019est accompagn\u00e9e de la suppression des financements aux associations de soutien \u00e0 l\u2019agriculture paysanne telles que Terre de liens. Or, si les chambres d\u2019agriculture d\u00e9tiennent de r\u00e9elles comp\u00e9tences, la g\u00e9n\u00e9ralisation d\u2019une approche exclusivement technique exclut toute vision philosophique ou \u00e9thique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">En s\u2019int\u00e9grant aux circuits classiques et aux logiques financi\u00e8res dominantes, l\u2019agriculture biologique, cens\u00e9e repr\u00e9senter une solution de rechange \u00e0 un syst\u00e8me global, ne risque-t-elle pas de perdre son \u00e2me\u00a0? D\u00e9j\u00e0, une bio \u00e0 deux vitesses se dessine. La premi\u00e8re, guid\u00e9e par les nouveaux acteurs de ce march\u00e9, se cale sur un respect minimal des normes, quitte \u00e0 reproduire les aberrations et les in\u00e9galit\u00e9s du syst\u00e8me conventionnel. La seconde tente de pr\u00e9server sa sp\u00e9cificit\u00e9 en renfor\u00e7ant ses engagements par des chartes, des labels plus exigeants ou des groupements de producteurs. Reste \u00e0 savoir si les consommateurs auront les moyens de faire la diff\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Claire Lec\u0153uvre\u00a0; le monde diplo de juin 2017<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-774 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170618-21.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170618-21.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170618-21-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170618-21-100x100.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand le bio d\u00e9nature le bio<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":779,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[15,35,33],"class_list":["post-703","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-environnement","tag-agriculture","tag-ecologie","tag-social"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/703","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=703"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/703\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":785,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/703\/revisions\/785"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/779"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=703"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=703"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=703"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}