{"id":7134,"date":"2020-04-16T01:22:55","date_gmt":"2020-04-15T23:22:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=7134"},"modified":"2020-04-14T16:36:50","modified_gmt":"2020-04-14T14:36:50","slug":"reforestation-et-changement-dagriculture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/04\/16\/reforestation-et-changement-dagriculture\/","title":{"rendered":"Reforestation et changement d\u2019agriculture"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Des clefs pour la rupture<\/strong><\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7130 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-131-288x300.jpg\" alt=\"\" width=\"484\" height=\"504\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-131-288x300.jpg 288w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-131.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 484px) 100vw, 484px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les plantes repr\u00e9sentent la part essentielle de la biosph\u00e8re. Elles en formeraient 82 % de la masse, mesur\u00e9e en tonnes de carbone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/france.attac.org\/nos-publications\/les-possibles\/numero-23-printemps-2020\/dossier-la-planification-pour-la-transition-sociale-et-ecologique\/article\/reforestation-et-changement-d-agriculture-des-clefs-pour-la-rupture\">https:\/\/france.attac.org\/nos-publications\/les-possibles\/numero-23-printe<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extraits <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les bact\u00e9ries, arch\u00e9es+protistes en repr\u00e9senteraient respectivement 13 % et 2 %, les champignons 2 %.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est pourtant elles, qui avant que l\u2019homme ne vienne tout perturber, avaient cr\u00e9\u00e9, puis maintenu, l\u2019\u00e9tat de notre plan\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le cycle du carbone et de la vie : la longue construction d\u2019un syst\u00e8me auto-r\u00e9gul\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un retour tr\u00e8s en arri\u00e8re est n\u00e9cessaire. La naissance de l\u2019actuelle r\u00e9gulation est issue du long processus de la vie, apparue lors de l\u2019arch\u00e9en (entre 3,9 et 2,5 milliards d\u2019ann\u00e9es avant notre \u00e9poque), \u00e0 partir des \u00ab briques \u00bb (acides\u00a0 amin\u00e9s&#8230;) n\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9c\u00e9dente (4,5 \u00e0 3,9 milliards d\u2019ann\u00e9es) peu apr\u00e8s la formation de la Terre. Les premiers organismes vivants ont puis\u00e9 l\u2019\u00e9nergie du soleil, parfois de la terre (sources chaudes) pour se d\u00e9velopper, \u00e0 partir de carbone et d\u2019hydrog\u00e8ne principalement. Ceux-ci \u00e9taient disponibles dans les premiers environnements terrestres et ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s par les premi\u00e8res cellules vivantes pratiquant la photosynth\u00e8se.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard eut lieu le premier grand changement avec l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019oxyg\u00e8ne, puisqu\u2019il n\u2019y avait pour ainsi dire plus d\u2019hydrog\u00e8ne (ou de sulfure d\u2019hydrog\u00e8ne H2S) disponible, la vie a d\u00fb trouver l\u2019hydrog\u00e8ne ailleurs : les cyanobact\u00e9ries ont cass\u00e9 les mol\u00e9cules d\u2019eau pour l\u2019extraire et fabriquer les glucides, tout en rejetant ce qui restait : l\u2019oxyg\u00e8ne. C\u2019est\u00a0 l\u2019origine, il y a deux milliards d\u2019ann\u00e9es, du premier \u00ab holocauste \u00bb, car l\u2019oxyg\u00e8ne, tr\u00e8s corrosif, a d\u00e9truit bon nombre de cellules vivantes, tandis que d\u2019autres prosp\u00e9raient. L\u2019atmosph\u00e8re, m\u00e9lange de diff\u00e9rents gaz, s\u2019est stabilis\u00e9e progressivement \u00e0 21 % d\u2019oxyg\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vivant a, en \u00e9voluant, cr\u00e9\u00e9 des m\u00e9canismes qui maintenaient ce taux favorable \u00e0 la vie, avec des oscillations autour de l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9quilibre optimum. Le cycle du carbone (qui est aussi un cycle de la mati\u00e8re vivante) s\u2019est mis en place : parmi les organismes vivants, certains se d\u00e9veloppaient en cr\u00e9ant de la mati\u00e8re organique (algues, v\u00e9g\u00e9taux) et fabriquaient de l\u2019oxyg\u00e8ne \u00e0 partir de l\u2019\u00e9nergie du soleil, d\u2019autres d\u00e9gradaient cette mati\u00e8re organique morte (bact\u00e9ries, champignons), en \u00e9mettant pour la plupart du CO2 ou du m\u00e9thane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande innovation de l\u2019\u00e9volution a \u00e9t\u00e9 ensuite la naissance des cellules avec noyau (eucaryotes), qui ont int\u00e9gr\u00e9 d\u2019autres organismes autrefois ind\u00e9pendants pour assurer certaines fonctions (les mitochondries pour g\u00e9rer l\u2019\u00e9nergie, les chloroplastes pour la photosynth\u00e8se dans les plantes) : la <em>coop\u00e9ration <\/em>se r\u00e9v\u00e9lait un moteur essentiel de l\u2019\u00e9volution, en cr\u00e9ant de nouveaux organismes complexes par symbiose d\u2019entit\u00e9s existantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re trace de spores de champignons et de plantes date d\u2019environ 460 millions d\u2019ann\u00e9es. Acariens, araign\u00e9es, collemboles, millip\u00e8des et n\u00e9matodes se multipli\u00e8rent dans ces formations v\u00e9g\u00e9tales. Des champignons, par des acides s\u00e9cr\u00e9t\u00e9s, ont dissous les substrats min\u00e9raux du sol, tandis que d\u2019autres d\u00e9composaient la mati\u00e8re organique morte, constituant la couche de sol dans lequel les plantes vasculaires se sont ensuite d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La naissance des v\u00e9g\u00e9taux multicellulaires a entra\u00een\u00e9 l\u2019\u00e9l\u00e9vation du rendement de la photosynth\u00e8se, avec leur\u00a0 croissance en hauteur (avec les tiges puis les troncs), ce qui a multipli\u00e9 les surfaces expos\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re (feuilles des arbres). Cela a signifi\u00e9 aussi l\u2019apparition de la lignine, dans les tiges et les troncs, que des bact\u00e9ries ou des champignons ne savaient pas d\u00e9grader. Le bois pourrait dater au moins de 407 millions d\u2019ann\u00e9es. Le bois mort s\u2019est alors accumul\u00e9 et il s\u2019est alors constitu\u00e9 au cours des mill\u00e9naires d\u2019\u00e9normes stocks de carbone sous une forme non organique : le charbon de l\u2019\u00e8re carbonif\u00e8re (345-290 millions d\u2019ann\u00e9es) et la majorit\u00e9 des stocks d\u2019\u00e9nergie fossile que nous utilisons actuellement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est apparue, ensuite, apr\u00e8s probablement une mutation chez un champignon qui savait d\u00e9couper la cellulose, une enzyme capable de d\u00e9composer la lignine, donc de transformer le bois en humus, ce qui arr\u00eata la formation de gisements de lignite puis de houille par fossilisation du bois. C\u2019\u00e9tait \u00ab une modification cruciale du cycle du carbone forestier \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi s\u2019est constitu\u00e9 un syst\u00e8me vivant complexe, fait aujourd\u2019hui de multiples associations d\u2019organismes diff\u00e9rents qui coop\u00e8rent et se compl\u00e8tent :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des champignons, dont les r\u00e9seaux de filaments (mycorhizes) vont profond\u00e9ment d\u00e9grader le socle min\u00e9ral et procurer les sels min\u00e9raux aux plantes, ou m\u00eame v\u00e9hiculer de l\u2019eau existant en profondeur pour l\u2019amener aux racines des plantes. D\u2019autres en association avec une quantit\u00e9 de micro-organismes ou d\u2019organismes plus grands (lombrics) d\u00e9gradent la mati\u00e8re organique et la recyclent. Dans les l\u00e9gumineuses (vesce, pois, luzerne\u2026 et aussi acacia), la symbiose d\u2019une bact\u00e9rie avec des cellules des racines de la plante (\u00e0 tel point qu\u2019elle s\u2019ins\u00e8re dedans) se traduit par l\u2019apparition de nodosit\u00e9s qui fixent l\u2019azote, utilis\u00e9 par la plante pour fabriquer des acides amin\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019association entre plantes et r\u00e9seaux de mycorhizes a donc \u00e9t\u00e9 une des bases de la vie primitive et\u2026 elle existe toujours avec des m\u00e9canismes similaires et permet le d\u00e9veloppement des syst\u00e8mes vivants. Au sein de cycles, les d\u00e9chets d\u00e9compos\u00e9s deviennent des ressources pour le cycle suivant, l\u2019oxyg\u00e8ne est absorb\u00e9 par la plupart des \u00eatres vivants pour en tirer de l\u2019\u00e9nergie, tandis que certains le produisent par la photosynth\u00e8se.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9gulation de ces cycles s\u2019est constitu\u00e9e peu \u00e0 peu au cours de l\u2019\u00e9volution et a abouti \u00e0 un syst\u00e8me qui cr\u00e9ait la mati\u00e8re organique puis la d\u00e9gradait, qui g\u00e9n\u00e9rait de l\u2019oxyg\u00e8ne d\u2019un c\u00f4t\u00e9, du gaz carbonique de l\u2019autre. Ce syst\u00e8me s\u2019est auto-entretenu et a assur\u00e9 sa propre reproduction, avec des oscillations (glaciations li\u00e9es \u00e0 des cycles astronomiques).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait compter sans un \u00ab g\u00eaneur \u00bb, l\u2019homme, qui, d\u2019abord a d\u00e9frich\u00e9 et d\u00e9forest\u00e9 d\u2019\u00e9normes surfaces pour pratiquer l\u2019\u00e9levage et l\u2019agriculture, ce qui a modifi\u00e9 les milieux naturels \u2013 nous le verrons plus loin. Il a s\u00e9lectionn\u00e9 des c\u00e9r\u00e9ales, l\u00e9gumes, fruits, animaux pour les produire en quantit\u00e9 et se nourrir, puis, plus r\u00e9cemment, il a cherch\u00e9 \u00e0 en tirer des rendements maximum et les a marchandis\u00e9s \u00e0 la recherche de profits \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a cru pouvoir substituer aux cycles naturels du carbone et de l\u2019eau l\u2019usage d\u2019une agriculture artificielle, bas\u00e9e sur des ressources fossiles (azote fabriqu\u00e9 par les usines et non plus capt\u00e9 par des plantes qui savent le faire, phosphates exploit\u00e9s dans des mines ; alors que le vivant sait souvent se les procurer, en recyclant l\u2019urine des animaux qui contient aussi d\u2019autres min\u00e9raux et de l\u2019azote, ou par les mycorhizes descendant sur le socle min\u00e9ral).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est une conception \u00ab bello-m\u00e9caniste \u00bb (suivant l\u2019expression de Matthieu Calame) de l\u2019agriculture qui a triomph\u00e9 : la nature est une machine et pour tout lui procurer les techniques issues de la guerre sont utilis\u00e9es : nitrates des engrais azot\u00e9s issus des explosifs, insecticides pour \u00ab tuer les nuisibles \u00bb issus des gaz de combat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cycles du vivant qui permettaient \u00e0 la mati\u00e8re organique de se recr\u00e9er \u00e0 partir de mati\u00e8re organique morte (compost, fumier, d\u00e9gradation sur place d\u2019anciens couverts v\u00e9g\u00e9taux\u2026) ne sont plus respect\u00e9s. Le taux de mati\u00e8re organique dans le sol, l\u2019humus qui permet la fertilit\u00e9 des sols chute de mani\u00e8re continue. Il a \u00e9t\u00e9 plus que divis\u00e9 par 2 depuis les ann\u00e9es 1950 en France : autour de 4 % \u00e0 l\u2019origine, il chute dans les sols c\u00e9r\u00e9aliers en agriculture conventionnelle \u00e0 2 %, voire 1,5 % ou moins. En mara\u00eechage, c\u2019est analogue. J\u2019ai moi-m\u00eame, lors d\u2019une formation \u00ab sols vivants \u00bb, entendu le t\u00e9moignage d\u2019une horticultrice en bio du d\u00e9partement de la Manche qui a parl\u00e9 d\u2019une exploitation voisine, en conventionnel, o\u00f9 le taux d\u2019humus \u00e9tait tellement bas que faute d\u2019humus les collemboles (vers de taille millim\u00e9trique qui d\u00e9gradent la mati\u00e8re organique) creusaient des galeries dans les carottes ! Dans les for\u00eats, l\u2019exploitation industrielle compromet gravement la formation naturelle de l\u2019humus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lombrics qui permettent le recyclage des mati\u00e8res mortes dans les turricules qu\u2019ils laissent \u00e0 la surface sont en chute libre : leur nombre est divis\u00e9 par 10 voire 20 dans les terres de grande culture. Or ils sont essentiels : leurs galeries a\u00e8rent le sol et facilitent le d\u00e9veloppement des racines. Leur mucus stabilise leurs galeries. \u00c0 une \u00e9chelle plus fine, des bact\u00e9ries assemblent les particules du sol, tandis que des champignons avec leurs r\u00e9seaux de filaments s\u00e9cr\u00e8tent leur propre colle, la glomaline, ce qui forme les micro-agr\u00e9gats. Tous ensemble, ils participent \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019a\u00e9ration du sol et \u00e0 sa stabilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous ces processus, \u00e0 un niveau plus ou moins important, sont perturb\u00e9s par l\u2019agriculture conventionnelle actuelle : les sols, qui devraient comporter 50 % de vides remplis d\u2019air ou d\u2019eau en cas de pluie, sont de plus en plus compacts, voire se couvrent d\u2019une \u00ab cro\u00fbte de battance \u00bb qui favorise le ruissellement et emp\u00eache la p\u00e9n\u00e9tration de l\u2019eau des orages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on \u00e9voque la chute de la biodiversit\u00e9, on pense aux ours blancs, aux phoques, aux oiseaux et aux abeilles. C\u2019est oublier une grande extinction dont les cons\u00e9quences sont bien plus dramatiques, celle des vers de terre et, dans une moindre mesure, des n\u00e9matodes, collemboles, acariens, champignons du sol avec leurs r\u00e9seau de filaments, des petits arthropodes qui font la diff\u00e9rence entre un sol mort, assist\u00e9 \u00e0 coups de chimie, et un sol vivant qui se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re \u00e0 chaque cycle de culture\u2026 et qui, en plus, stocke du carbone au lieu d\u2019\u00e9mettre des gaz \u00e0 effet de serre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, c\u2019est cette vie dans le sol qui a permis au syst\u00e8me vivant de se d\u00e9velopper. Doit-on continuer \u00e0 l\u2019\u00e9liminer \u2013 ou la perturber \u2013 sachant que nous ne savons pas faire ce que font les m\u00e9canismes de la nature, le faisons bien plus mal et menons les \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e0 la catastrophe ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Redonner du carbone au sol (sous forme d\u2019humus), c\u2019est aussi lui redonner sa capacit\u00e9 \u00e0 stocker de l\u2019eau dans ses vides, donc c\u2019est augmenter la r\u00e9silience des cultures et leur permettre d\u2019affronter la s\u00e9cheresse. 1 % de carbone en plus (\u00e9quivalent \u00e0 2 % de mati\u00e8re organique), c\u2019est une capacit\u00e9 de stockage d\u2019eau de 190 m\u00b3 par hectare, et c\u2019est aussi une plus grande humidit\u00e9 moyenne du sol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La baisse constante des rendements agricoles, l\u2019\u00e9puisement des sols, la d\u00e9gradation des cycles du vivant en leur sein, prouvent qu\u2019il n\u2019y a pas de choix pour le monde \u00e0 venir : il faut changer d\u2019agriculture, engager \u00e0 grande \u00e9chelle une restauration des sols, arr\u00eater au plus vite l\u2019agriculture chimique \u2013 ce qui ne veut pas dire d\u2019un seul coup, car rien ne peut se faire sans les agriculteurs. Les lobbies des pesticides ne doivent plus dicter la politique agricole, si on veut la rupture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des solutions existent : l\u2019agriculture biologique, bien s\u00fbr, mais aussi la permaculture, tr\u00e8s intensive en particulier pour les fruits et l\u00e9gumes. Si celles-ci utilisent encore des m\u00e9thodes de l\u2019agriculture conventionnelle (labour, sols nus apr\u00e8s les r\u00e9coltes\u2026) mais sans chimie, leur rendement est \u00e9videmment moins \u00e9lev\u00e9. C\u2019est pourtant ainsi que sont faites les comparaisons au niveau agricole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les m\u00e9thodes doivent \u00eatre diff\u00e9rentes : plantation d\u2019arbres (agroforesterie) et de haies dans les cultures et les prairies, non labour (pas forc\u00e9ment syst\u00e9matique), cultures altern\u00e9es ou associ\u00e9es avec des l\u00e9gumineuses, \u00e9crasement par roulage de plantes interm\u00e9diaires pour enrichir naturellement le sol, enrichissement du sol par compost et fumier\u2026 En milieu temp\u00e9r\u00e9, les d\u00e9penses sont beaucoup moins importantes, mais les gains le sont aussi. En milieu tropical, les syst\u00e8mes alternatifs (l\u2019agriculture syntropique qui est une forme intensive d\u2019agroforesterie) peuvent obtenir des r\u00e9sultats tr\u00e8s sup\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019agriculture conventionnelle, sans d\u00e9truire l\u2019\u00e9tat des sols, mais au contraire en l\u2019am\u00e9liorant consid\u00e9rablement avec des forts taux de mati\u00e8re organique et une absence de pollution chimique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ensemble des cycles naturels de l\u2019eau et du carbone sont restaur\u00e9s, tout en produisant une alimentation saine et de qualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il existe donc aujourd\u2019hui une alternative agricole qui permet la reproduction et l\u2019am\u00e9lioration des milieux naturels, qui respecte les cycles du vivant et qui est favorable au climat (augmentation de l\u2019eau stock\u00e9e dans le sol et de l\u2019humidit\u00e9 du sol, croissance de l\u2019\u00e9vapotranspiration par la pr\u00e9sence d\u2019arbres et d\u2019arbustes dans les cultures et les prairies ou autour d\u2019elles, captage du CO2 d\u00fb \u00e0 l\u2019activit\u00e9 humaine). Cette agriculture peut m\u00eame faire mieux que l\u2019agriculture du XXe si\u00e8cle qui savait alterner les cultures et utiliser les l\u00e9gumineuses, pratiquait la polyculture associ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9levage, utilisait les haies, mais labourait, ne connaissait pas l\u2019agriculture associant les cultures sur le m\u00eame terrain, ne savait pas bien utiliser la lutte biologique contre les nuisibles, n\u2019avait qu\u2019en partie compris l\u2019apport des arbres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Am\u00e9rique du Nord, l\u2019agriculture r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative \u00ab regenerative agriculture \u00bb repr\u00e9sente un courant en plein d\u00e9veloppement, dont l\u2019un des fondateurs est IFOAM International (Organisation internationale de l\u2019agriculture biologique) et l\u2019un des membres Rain for Climate (r\u00e9seau sur l\u2019eau et le climat bas\u00e9 en Slovaquie) d\u2019o\u00f9 proviennent certaines des r\u00e9f\u00e9rences cit\u00e9es ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils se sont en particulier associ\u00e9s \u00e0 l\u2019initiative 4 \u2030 qui visait, en changeant les m\u00e9thodes agricoles, \u00e0 stocker 0,4 % de carbone dans le sol chaque ann\u00e9e sous forme de mati\u00e8re organique, ce qui tout en r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant les sols y stocke du carbone et r\u00e9duit le taux de CO2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En France, \u00ab Pour une agriculture du vivant \u00bb repr\u00e9sente cette mouvance de l\u2019agriculture r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice, et on peut citer aussi l\u2019Association fran\u00e7aise d\u2019agroforesterie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019important ici est qu\u2019en r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant les sols, on assure aussi le bon d\u00e9roulement du cycle de l\u2019eau (sols stockant plus d\u2019eau, peu de ruissellement, plus de r\u00e9silience).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le cycle de l\u2019eau et le r\u00f4le essentiel des for\u00eats<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour installer l\u2019agriculture, il y a environ 10 000 ans, il a fallu d\u00e9truire des for\u00eats et des habitats naturels. Depuis les d\u00e9buts de notre civilisation, ce sont 46 % des for\u00eats qui ont disparu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les for\u00eats participent aux cycles naturels et contribuent \u00e0 r\u00e9guler l\u2019environnement, tel qu\u2019il s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 au cours de l\u2019\u00e9volution. Jusqu\u2019au XVIIIe si\u00e8cle, l\u2019action de l\u2019homme n\u2019a pas mis en cause la r\u00e9gulation g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019environnement, m\u00eame si, localement, elle a pu ne plus fonctionner, causant la chute ou le d\u00e9p\u00e9rissement de civilisations (Croissant fertile devenu d\u00e9sertique, chute de l\u2019empire Maya).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des clefs pour la rupture<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7134","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7134","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7134"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7134\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7135,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7134\/revisions\/7135"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7134"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}