{"id":7205,"date":"2020-04-25T06:00:24","date_gmt":"2020-04-25T04:00:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=7205"},"modified":"2020-04-25T06:01:43","modified_gmt":"2020-04-25T04:01:43","slug":"les-illusions-perdues-dans-le-nucleaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/04\/25\/les-illusions-perdues-dans-le-nucleaire\/","title":{"rendered":"Les illusions perdues dans le nucl\u00e9aire"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Chronique en forme de revue de presse <\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7198 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-200-264x300.jpg\" alt=\"\" width=\"352\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-200-264x300.jpg 264w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-200.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 352px) 100vw, 352px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chronique des illusions perdues dans la strat\u00e9gie de la France d&rsquo;exportation de r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires, de type EPR ou ATMEA, sous la forme d&rsquo;une revue de presse sur la p\u00e9riode 2005-2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/bernard-laponche\/blog\/070420\/nucleaire-les-illusions-perdues\">https:\/\/blogs.mediapart.fr\/bernard-laponche\/blog\/070420\/nucleaire-les-illusions-perdues<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extraits<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>R\u00e9sum\u00e9<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La promesse de l\u2019exportation de r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires de construction fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 et reste l\u2019un des principaux arguments des entreprises du secteur et des pouvoirs publics en faveur de la poursuite de programmes ambitieux de production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 d\u2019origine nucl\u00e9aire, selon l\u2019adage historique \u00ab\u00a0tout \u00e9lectrique, tout nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>A l\u2019or\u00e9e du XXI\u00e8me si\u00e8cle, alors que ces m\u00eames promoteurs proclamaient l\u2019imminence de la \u00ab\u00a0renaissance du nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb, la France, pouvoir politique et entreprises, lan\u00e7a une vaste offensive de promotion du \u00ab\u00a0nucl\u00e9aire fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, concentr\u00e9e essentiellement sur le r\u00e9acteur EPR. Les premiers projets, un r\u00e9acteur en Finlande et un en France, arrach\u00e9s par l\u2019annonce de performances techniques et \u00e9conomiques extraordinaires, accumulaient retards et augmentation vertigineuse des co\u00fbts, tandis que les deux r\u00e9acteurs construits en Chine s\u2019en sortaient un peu mieux et finissaient par d\u00e9marrer en 2019. De longues n\u00e9gociations aboutissaient enfin au lancement en 2019 de la construction tr\u00e8s contest\u00e9e d\u2019un EPR au Royaume-Uni, construit par EDF pour EDF.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>A part ces cas qui co\u00fbt\u00e8rent et co\u00fbteront tr\u00e8s cher aux Fran\u00e7ais, la p\u00e9riode de 2005 \u00e0 2020, loin de la renaissance annonc\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une s\u00e9rie d\u2019\u00e9checs dans la strat\u00e9gie d\u2019exportation dont les plus importants sont ceux de l\u2019EPR aux Etats-Unis, aux Emirats Arabes Unis et en Inde jusqu\u2019ici, et celui du r\u00e9acteur ATMEA en Turquie.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cet article pr\u00e9sente la chronique des illusions perdues en suivant ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e le d\u00e9roulement de cette strat\u00e9gie, sous la forme d\u2019une revue de presse des annonces, des promesses, voire des certitudes rapport\u00e9es par les m\u00e9dia, qu\u2019elles proviennent des entreprises elles-m\u00eames ou du sommet de l\u2019Etat.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cette chronique n\u2019est pas une\u00a0\u00ab\u00a0s\u00e9lection\u00a0\u00bb d\u2019\u00e9checs choisis par l\u2019auteur mais le r\u00e9cit complet de l\u2019application d\u2019une strat\u00e9gie\u00a0: il n\u2019y a eu aucune exportation de r\u00e9acteur de construction fran\u00e7aise sur cette p\u00e9riode.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La politique fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement de la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 d\u2019origine nucl\u00e9aire a toujours mis en avant l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exportation de r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires pour les entreprises fran\u00e7aises. On se souvient que le \u00ab\u00a0Programme Messmer\u00a0\u00bb de 1974 d\u00e9cidait la construction de six r\u00e9acteurs par an sur la base des pr\u00e9visions d\u2019alors sur la croissance de la consommation nationale d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. A ceux qui s\u2019inqui\u00e9taient d\u2019un tel rythme de construction, la r\u00e9ponse \u00e9tait prometteuse\u00a0: six pendant deux ou trois ans, puis quatre pour la France et deux pour l\u2019export puis deux pour la France et quatre pour l\u2019export\u2026 La France en exportera 9[1] en trente ans (1974 \u2013 2004).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019argument reste en vigueur dans les ann\u00e9es 2000 dans une ambiance de \u00ab\u00a0renaissance du nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 une nouvelle aventure\u00a0: celle de l\u2019EPR et, \u00e0 un moindre degr\u00e9, ATMEA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le projet de r\u00e9acteur EPR, initialement port\u00e9 par le couple Areva-Siemens, puis par Areva seul et enfin par EDF, a connu un certain succ\u00e8s au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. All\u00e9ch\u00e9s par l\u2019annonce de performances remarquables et surtout par un prix \u00e9tonnamment bas pour des achats \u00ab\u00a0clefs en main\u00a0\u00bb, la Finlande ach\u00e8te un exemplaire en 2004, suivie par la France (EDF) en 2006 et la Chine en 2007 pour deux exemplaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette r\u00e9ussite du \u00ab\u00a0marketing\u00a0\u00bb d\u2019Areva soutenu par une action diplomatique permanente des pouvoirs publics allait se confronter \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 cruelle\u00a0: pr\u00e9vus respectivement pour 2009 en Finlande et 2012 en France, les d\u00e9marrages sont retard\u00e9s d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e et aujourd\u2019hui \u00ab\u00a0pr\u00e9vus\u00a0\u00bb \u00e0 un horizon 2023 en France et non pr\u00e9cis\u00e9 en Finlande. Quant au co\u00fbt, de 3 milliards d\u2019Euros \u00e0 la vente, ils s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 11 milliards pour la Finlande et 12,5 pour la France, les pertes, dans tous les cas, revenant \u00e9videmment aux Fran\u00e7ais\u2026 Les choses se sont mieux pass\u00e9es en Chine\u00a0: les r\u00e9acteurs ont d\u00e9marr\u00e9 en 2018 et 2019, donc avec un retard moindre et le co\u00fbt, semble-t-il, n\u2019a fait que doubler. La construction d\u2019un EPR au Royaume-Uni, commenc\u00e9e en 2019, par EDF et pour EDF, souffre d\u00e9j\u00e0 d\u2019un co\u00fbt annonc\u00e9 consid\u00e9rable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une telle d\u00e9b\u00e2cle, d\u2019une ampleur inattendue, ne fait toutefois que confirmer ce que d\u00e9clarait Andr\u00e9-Claude Lacoste, alors pr\u00e9sident de l\u2019Autorit\u00e9 de s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire ASN, le 6 juin 2012, lors d\u2019une conf\u00e9rence organis\u00e9e par l\u2019Usine Nouvelle\u00a0: \u00ab\u00a0Les contrats de vente de r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires \u00e0 l\u2019export sont obtenus \u00e0 des prix compl\u00e8tement brad\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela n\u2019emp\u00eacha pas les op\u00e9rateurs concern\u00e9s, essentiellement Areva et EDF, soutenus au plus haut niveau de l\u2019Etat, de poursuivre une politique agressive et co\u00fbteuse, de conqu\u00eate de march\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation de r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires et l\u2019EPR au premier chef.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0A part ces cas qui co\u00fbt\u00e8rent et co\u00fbteront tr\u00e8s cher aux Fran\u00e7ais, la p\u00e9riode de 2005 \u00e0 2020, loin de la renaissance annonc\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une s\u00e9rie d\u2019\u00e9checs dans la strat\u00e9gie d\u2019exportation dont les plus importants sont ceux de l\u2019EPR aux Etats-Unis, aux Emirats Arabes Unis et en Inde jusqu\u2019ici, et celui du r\u00e9acteur ATMEA en Turquie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet article pr\u00e9sente la chronique des illusions perdues en suivant ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e le d\u00e9roulement de cette strat\u00e9gie, sous la forme d\u2019une revue de presse des annonces, des promesses, voire des certitudes rapport\u00e9es par les m\u00e9dia, qu\u2019elles proviennent des entreprises elles-m\u00eames ou du sommet de l\u2019Etat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019il y a eu quelques autres tentatives avort\u00e9es, notamment en Afrique du Sud et au Vietnam, cette chronique n\u2019est pas une\u00a0\u00ab\u00a0s\u00e9lection\u00a0\u00bb d\u2019\u00e9checs choisis par l\u2019auteur mais le r\u00e9cit complet de l\u2019application d\u2019une strat\u00e9gie\u00a0: il n\u2019y a eu aucune exportation de r\u00e9acteur de construction fran\u00e7aise sur cette p\u00e9riode.<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong> Etats-Unis &#8211; EPR<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2005<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Aux Etats-Unis, Areva fait avancer le projet de r\u00e9acteur nucl\u00e9aire EPR <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Article de Jean-Michel Bezat, Le Monde, 13 mai-25 septembre 2005<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Areva vient de marquer un point aux Etats-Unis, o\u00f9 le groupe fran\u00e7ais a de grandes ambitions. Le producteur d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 Constellation Energy a demand\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire am\u00e9ricaine, le 4 mai, d&rsquo;inclure l&rsquo;EPR (r\u00e9acteur de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration) dans son programme de certification. C&rsquo;est une porte qui s&rsquo;ouvre, au moment o\u00f9 l&rsquo;administration Bush affirme sa volont\u00e9 de relancer le nucl\u00e9aire dans un pays qui n&rsquo;a pas construit de centrales depuis les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Areva, num\u00e9ro un mondial de l&rsquo;industrie nucl\u00e9aire, a d\u00e9pos\u00e9 le 24 mars un dossier aupr\u00e8s de la Commission de r\u00e9gulation nucl\u00e9aire (NRC). La compagnie de Baltimore (Maryland) juge que l&rsquo;option EPR est <em>\u00ab\u00a0viable\u00a0\u00bb <\/em>et son soutien est le bienvenu, m\u00eame s&rsquo;il est encore pr\u00e9matur\u00e9, pour elle, de prendre une d\u00e9cision d&rsquo;achat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Construire un EPR outre-Atlantique marquerait une \u00e9tape capitale dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;Areva. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, le groupe occupe des segments de march\u00e9 am\u00e9ricain o\u00f9 il est seul \u00e0 retraiter du plutonium (le Mox) et o\u00f9 il jouit d&rsquo;une r\u00e9putation d&rsquo;excellence dans la fabrication de composants pour la prolongation de quarante \u00e0 soixante ans de la dur\u00e9e de vie des centrales am\u00e9ricaines ou pour le stockage des d\u00e9chets (projet Yucca Mountain). Areva y r\u00e9alise d\u00e9j\u00e0 20 % de son chiffre d&rsquo;affaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa pr\u00e9sidente, Anne Lauvergeon, multiplie donc les contacts avec l&rsquo;administration et le monde de l&rsquo;\u00e9nergie. <em>\u00ab\u00a0L&rsquo;EPR convient tr\u00e8s bien au march\u00e9 am\u00e9ricain\u00a0\u00bb <\/em>par sa taille, sa puissance (1 600 MW) et sa s\u00fbret\u00e9, assure-t-elle : ce serait le seul r\u00e9acteur capable de r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;attaque d&rsquo;un avion. Un argument de poids face aux concurrents, General Electric et Westinghouse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Areva aimerait construire un premier EPR entre 2010 et 2015, apr\u00e8s ceux d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 command\u00e9s en Finlande et en France. Et peut-\u00eatre ceux que choisira la Chine, qui doit d\u00e9signer, courant 2006, la ou les soci\u00e9t\u00e9s retenues pour la construction de quatre nouveaux r\u00e9acteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2007<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Communiqu\u00e9 d\u2019EDF de juillet 2007<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">EDF et l\u2019\u00e9lectricien am\u00e9ricain Constellation Energy (CEG) ont sign\u00e9 un accord relatif \u00e0 la cr\u00e9ation par les deux soci\u00e9t\u00e9s d\u2019une joint-venture \u00e0 50\/50. L\u2019objet de cette joint-venture est de d\u00e9velopper, r\u00e9aliser, d\u00e9tenir et exploiter, de mani\u00e8re conjointe, des centrales nucl\u00e9aires de type EPR aux Etats-Unis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pierre Gadonneix, Pr\u00e9sident Directeur G\u00e9n\u00e9ral d\u2019EDF, a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Nous nous r\u00e9jouissons de ce partenariat avec Constellation Energy, un des op\u00e9rateurs nucl\u00e9aires majeurs en Am\u00e9rique du Nord. Cet accord confirme l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019EDF pour la relance de l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire aux Etats-Unis et sa contribution \u00e0 la fourniture d&rsquo;une \u00e9lectricit\u00e9 s\u00fbre et non-\u00e9mettrice de gaz \u00e0 effet de serre. EDF apportera \u00e0 la joint-venture son expertise et son exp\u00e9rience sans \u00e9quivalent comme exploitant de 58 r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires depuis plus de 20 ans en France, et comme investisseur dans l\u2019EPR \u00e0 Flamanville. Le Groupe EDF va ainsi participer au d\u00e9veloppement, aux Etats-Unis, de nouvelles centrales nucl\u00e9aires utilisant la technologie EPR, d\u00e9velopp\u00e9e par AREVA. Cette alliance b\u00e9n\u00e9ficie de la coop\u00e9ration \u00e9tablie depuis deux ans entre AREVA et Constellation Energy au sein d\u2019UniStar qui a permis \u00e0 <strong>l\u2019EPR d\u2019\u00eatre reconnu comme une solution innovante, s\u00fbre et comp\u00e9titive.<\/strong> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2008<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Novembre 2007-F\u00e9vrier 2008- Le Monde, Article de Sylvain Cypel<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Elle parle de <em>\u00ab\u00a0renaissance\u00a0\u00bb <\/em>du nucl\u00e9aire, d&rsquo;\u00e9volution <em>\u00ab\u00a0colossale\u00a0\u00bb <\/em>aux Etats-Unis, besoins en \u00e9lectricit\u00e9 et r\u00e9chauffement climatique obligent. Venue le 7 novembre \u00e0 New York recevoir le prix Benjamin-Franklin de la French-American Foundation, Anne Lauvergeon, patronne d&rsquo;Areva, \u00e9tait aussi en tourn\u00e9e de promotion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sidente d&rsquo;Areva a tendance \u00e0 sous-estimer les difficult\u00e9s : l&rsquo;\u00e9tat r\u00e9el de l&rsquo;opinion et l&rsquo;attitude de l&rsquo;administration. Aucun r\u00e9acteur n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 fourni par un \u00e9tranger aux Etats-Unis, et les investisseurs priv\u00e9s attendent des incitations fiscales qui n&rsquo;existent pas encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mme Lauvergeon a nomm\u00e9 Spencer Abraham, ministre de l&rsquo;\u00e9nergie de George Bush de 2001 \u00e0 2005, pr\u00e9sident non ex\u00e9cutif d&rsquo;Areva Inc. aux Etats-Unis. Sa t\u00e2che rel\u00e8ve du lobbying. <em>\u00ab\u00a0Relance du nucl\u00e9aire et retraitement sont in\u00e9luctables\u00a0\u00bb<\/em>, clame-t-il\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2008<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>18 d\u00e9cembre 2008 &#8211; Le Figaro, article de Jacques-Olivier Martin, <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>EDF construira huit r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires EPR. <\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9cid\u00e9ment EDF ne conna\u00eet pas la crise. En moins de quatre mois, le num\u00e9ro un mondial de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 vient de r\u00e9aliser deux acquisitions d&rsquo;envergure. La premi\u00e8re en septembre, avec le rachat pour 15,6 milliards d&rsquo;euros de British Energy, le num\u00e9ro un britannique du nucl\u00e9aire. La seconde, hier, avec l&rsquo;acquisition pour 3,3 milliards d&rsquo;euros de 50% du parc nucl\u00e9aire de l&rsquo;am\u00e9ricain Constellation Energy. Avec ces deux op\u00e9rations, EDF augmente ses capacit\u00e9s de production de 13 000 m\u00e9gawatts, soit 10% du total de son parc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces mouvements devraient apporter de l&rsquo;eau au moulin de ceux qui s&rsquo;interrogent sur une fuite en avant d&rsquo;EDF, rappelant de mauvais souvenir apr\u00e8s les d\u00e9convenues du d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, en Italie et surtout en Am\u00e9rique du Sud. La question se pose d&rsquo;autant plus que l&rsquo;\u00e9lectricien fran\u00e7ais propose, pour 50% des activit\u00e9s nucl\u00e9aires de Constellation, \u00e0 peu pr\u00e8s autant que Warren Buffett pour la totalit\u00e9 \u00a0du groupe \u00e9nerg\u00e9tique am\u00e9ricain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les faits, m\u00eame si les parcs nucl\u00e9aires ne sont pas comparables, l&rsquo;offre d&rsquo;EDF valorise le m\u00e9gawatt d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 nucl\u00e9aire de Constellation au m\u00eame prix que le m\u00e9gawatt achet\u00e9 \u00e0 British Energy. Le titre EDF avait alors termin\u00e9 sur une forte hausse. Hier encore, les march\u00e9s<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de signes d&rsquo;inqui\u00e9tude. L&rsquo;action a cl\u00f4tur\u00e9 en hausse de 2,16%.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Force de frappe consid\u00e9rable <\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre interrogation : EDF ne va-t-il pas \u00eatre contraint de sacrifier ses investissements en France pour financer le renouvellement du nucl\u00e9aire britannique et am\u00e9ricain ? Les sommes en jeu sont consid\u00e9rables. L&rsquo;\u00e9lectricien a annonc\u00e9 la construction de huit r\u00e9acteurs de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (EPR), soit un investissement de 32 milliards d&rsquo;euros si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re au prix de l&rsquo;EPR de Flamanville (Manche). EDF assure \u00eatre en mesure de financer ces investissements. Le groupe dispose d&rsquo;une force de frappe consid\u00e9rable. Il d\u00e9gagera 10,6 milliards d&rsquo;euros de cash-flow cette ann\u00e9e. Le groupe est par ailleurs en mesure d&rsquo;investir une bonne dizaine de milliards d&rsquo;euros par an. Autre caract\u00e9ristique, les programmes d&rsquo;investissement au Royaume-Uni et aux \u00c9tats-Unis s&rsquo;\u00e9taleront sur les vingt prochaines ann\u00e9es. Quant au risque pesant sur<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">la France, il n&rsquo;est pas d&rsquo;actualit\u00e9. D&rsquo;autres \u00e9nerg\u00e9ticiens, l&rsquo;instar de GDF Suez, sont candidats \u00e0 la construction de centrales nucl\u00e9aires en France. En outre, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;urgence \u00e0 renouveler le parc nucl\u00e9aire fran\u00e7ais, encore tr\u00e8s jeune. Et ce d&rsquo;autant plus qu&rsquo;EDF estime que la dur\u00e9e de vie des r\u00e9acteurs peut \u00eatre port\u00e9e de quarante \u00e0 soixante ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2009<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Enerzine, juin 2009<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Areva est entr\u00e9 en n\u00e9gociations avec les am\u00e9ricains Duke Energy et UniStar nuclear Energy en vue de d\u00e9velopper un r\u00e9acteur EPR dans l\u2019Ohio. <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les n\u00e9gociations exclusives dureront dix-huit mois. Areva y coordonnera les analyses techniques en vue de pr\u00e9parer les documents n\u00e9cessaires \u00e0 la demande de permis de construire, puis de licence, du r\u00e9acteur qui seront examin\u00e9es par l\u2019Autorit\u00e9 de S\u00fbret\u00e9 am\u00e9ricaine (la Nuclear Regulatory Commission\/NRC).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2010 \u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019Express \u2013 Article de Charles Haquet \u00ab\u00a0Mais qui veut tuer l\u2019EPR\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que la fili\u00e8re nucl\u00e9aire fran\u00e7aise vient de subir plusieurs revers, EDF et Areva, ses deux principaux acteurs, persistent dans une rivalit\u00e9 croissante. Au c\u0153ur du conflit, le nouveau r\u00e9acteur EPR.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est un vrai dossier noir pour EDF, et il pourrait lui co\u00fbter 2 milliards de dollars. Les deux r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires que l&rsquo;\u00e9lectricien fran\u00e7ais doit construire aux Etats-Unis sont remis en question. Constellation, son partenaire am\u00e9ricain, a gel\u00e9 l&rsquo;un des projets (Nine Mile Point, Etat de New York) et menace de r\u00e9duire drastiquement son financement dans le second (Calvert Cliffs, Maryland). Sa participation passerait de 50 \u00e0 25%.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour couronner le tout, ce projet nucl\u00e9aire n&rsquo;a toujours pas re\u00e7u de garantie de l&rsquo;Etat f\u00e9d\u00e9ral. \u00ab\u00a0L&rsquo;administration bloque sur des histoires d&rsquo;assurance\u00a0\u00bb, dit-on en interne. Or, sans cette pr\u00e9cieuse caution, il est impossible d&rsquo;obtenir des pr\u00eats aupr\u00e8s des banques&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">EDF va-t-il jeter l&rsquo;\u00e9ponge ? Au si\u00e8ge parisien, avenue de Wagram, on y songe s\u00e9rieusement. Mais l&rsquo;on sait aussi que le terrain est min\u00e9. Car le groupe fran\u00e7ais ne peut pas divorcer \u00e0 l&rsquo;amiable, il est tenu \u00e0 la gorge par son partenaire am\u00e9ricain. Tout \u00e7a \u00e0 cause d&rsquo;une petite clause du contrat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Explication : l&rsquo;accord sign\u00e9 entre les deux groupes \u00e9lectriques, en 2008, pr\u00e9voit que Constellation peut, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin 2010, vendre certaines de ses centrales thermiques \u00e0 EDF \u00e0 un prix \u00e9tabli \u00e0 l&rsquo;avance : 2 milliards de dollars. Dans le jargon financier, on appelle cela un <em>put<\/em>. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que ces actifs ont connu depuis une forte d\u00e9pr\u00e9ciation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Des deux r\u00e9acteurs EPR qu&rsquo;EDF devait construire aux Etats-Unis, il n&rsquo;est plus question que d&rsquo;un seul. Et encore. Son financement semble compromis. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0La situation est donc simple, r\u00e9sume un cadre dirigeant d&rsquo;EDF. Soit nous d\u00e9cidons de quitter les Etats-Unis, et Constellation ne se g\u00eanera pas pour lever cette option de vente qui nous est d\u00e9favorable. Soit nous poursuivons le projet de r\u00e9acteur dans le Maryland. Mais, dans ce cas, nous devrons d\u00e9bourser \u00e0 peu pr\u00e8s 1,5 milliard d&rsquo;euros suppl\u00e9mentaires pour boucler le tour de table. Dans les deux cas, on est marrons !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2011<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>17 Mai 2011, dans France-Am\u00e9rique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nucl\u00e9aire US : Areva certaine de vendre un EPR en 2012<\/strong><strong>\u2028<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2026<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique en forme de revue de presse<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7205","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7205","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7205"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7205\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7207,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7205\/revisions\/7207"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7205"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7205"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7205"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}