{"id":7228,"date":"2020-04-28T02:32:23","date_gmt":"2020-04-28T00:32:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=7228"},"modified":"2020-04-26T14:33:33","modified_gmt":"2020-04-26T12:33:33","slug":"covid-en-seine-saint-denis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/04\/28\/covid-en-seine-saint-denis\/","title":{"rendered":"Covid en Seine-Saint-Denis"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Et Covid dans les logements insalubres et suroccup\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7218 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-196-295x300.jpg\" alt=\"\" width=\"383\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-196-295x300.jpg 295w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Coronavirus-196.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 383px) 100vw, 383px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La Seine-Saint-Denis face au Covid <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Moins de t\u00e9l\u00e9travail, moins de lits, moins de tests\u00a0; avec une surmortalit\u00e9 de 101 %, c\u2019est le d\u00e9partement le plus frapp\u00e9 par l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, apr\u00e8s le Haut-Rhin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bibli<\/strong><strong>O<\/strong><strong>bs. <\/strong><strong>Vous travaillez depuis plusieurs ann\u00e9es sur l\u2019\u00e9tat sanitaire de la Seine-Saint-Denis : que sait-on de la surmortalit\u00e9 constat\u00e9e depuis le d\u00e9but de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Audrey Mariette<\/strong>. A premi\u00e8re vue, il y a l\u00e0 une \u00e9nigme. Le Covid frappe principalement les personnes de plus de 65 ans. La Seine-Saint-Denis ayant une population bien plus jeune qu\u2019ailleurs, elle aurait\u00a0 d\u00fb \u00eatre moins frapp\u00e9e que d\u2019autres d\u00e9partements d\u2019Ile-de-France et que le Grand-Est, les deux principaux clusters du Covid. Or, ce n\u2019est pas le cas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon les chiffres de l\u2019Insee, qui portent sur la p\u00e9riode du 1er mars au 6 avril, la mortalit\u00e9 en Seine-Saint-Denis a doubl\u00e9 (+101 %) par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode en 2019. Apr\u00e8s le Haut- Rhin (+143 %), c\u2019est le d\u00e9partement fran\u00e7ais qui conna\u00eet la plus importante surmortalit\u00e9, suivi par les Hauts-de-Seine (+99 %), le Val-de-Marne (+78 %), les Vosges (+74 %) et Paris (+61 %). Par ailleurs, c\u2019est le d\u00e9partement o\u00f9 la surmortalit\u00e9 des moins de 65 ans est la plus \u00e9lev\u00e9e (+63 %).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment cela s\u2019explique-t-il ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Audrey Mariette<\/strong>. M\u00eame si nous ne pouvons avancer que des hypoth\u00e8ses (qu\u2019il faudra v\u00e9rifier en r\u00e9alisant des enqu\u00eates approfondies), certains facteurs se d\u00e9gagent d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier tient \u00e0 la sociologie du d\u00e9partement : 55 % des actifs sont des employ\u00e9s et des ouvriers (contre 47,9 % \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale) ; 61,4 % travaillent dans la construction, le commerce, les transports et les services (contre 53 %).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Seine-Saint-Denis est \u00e9galement le premier d\u00e9partement en termes de population \u00e9trang\u00e8re (23 % de la population du d\u00e9partement) et de population immigr\u00e9e (30 %). L\u00e0 encore, c\u2019est un facteur aggravant, car les personnes racis\u00e9es sont surrepr\u00e9sent\u00e9es dans les emplois de service ou pr\u00e9caires (chauffeurs, livreurs, caissi\u00e8res, femmes de m\u00e9nage, aides-soignantes) et bon nombre d\u2019entre elles sont expos\u00e9es \u00e0 des contacts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s tout au long de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces classes populaires urbaines ne sont que tr\u00e8s peu concern\u00e9es par le t\u00e9l\u00e9travail, voire pas du tout et, pour aller au travail, la plupart d\u2019entre elles utilisent les transports publics, qui sont une source possible de contamination. Selon les donn\u00e9es de l\u2019Insee, c\u2019est le cas pour 52,7 % des salari\u00e9s vivant dans le d\u00e9partement, contre 48,7 % dans les Hauts-de-Seine et 48,9 % dans le Val-de-Marne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a enfin la suroccupation des logements : le nombre d\u2019habitants par m\u00e8tre carr\u00e9 habitable y est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 (troisi\u00e8me d\u00e9partement derri\u00e8re la Guyane et Paris), plus d\u2019un quart des logements en Seine-Saint-Denis sont suroccup\u00e9s, ce qui contribue aux contaminations intrafamiliales. Quand l\u2019un des membres de la famille est malade, il lui est impossible de s\u2019isoler dans une pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre facteur aggravant : le poids des maladies chroniques au sein de la population du d\u00e9partement. La Seine-Saint-Denis occupe le troisi\u00e8me rang des d\u00e9partements fran\u00e7ais pour le diab\u00e8te, apr\u00e8s La R\u00e9union et La Guadeloupe, le huiti\u00e8me rang pour les maladies respiratoires, le quatorzi\u00e8me rang pour l\u2019hypertension art\u00e9rielle. La part des adultes souffrant d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 y est \u00e9galement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, bien plus qu\u2019\u00e0 Paris par exemple. Ces pathologies sont, on le sait, des facteurs importants de comorbidit\u00e9 en cas de Covid.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Restrictions budg\u00e9taires tous azimuts<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un r\u00e9cent rapport a montr\u00e9 que la Seine-Saint-Denis est devenue un d\u00e9sert m\u00e9dical. Dans quelle mesure cela joue dans la surmortalit\u00e9 face au Covid ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Laure Pitti<\/strong>. En effet, le d\u00e9partement occupe la 89e place en nombre de g\u00e9n\u00e9ralistes pour 100 000 habitants. On comptait 115 m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes pour 100 000 habitants en Seine-Saint-Denis au 1er janvier 2018, moins que la moyenne hexagonale, avec 153 g\u00e9n\u00e9ralistes pour 100 000 habitants. Les m\u00e9decins lib\u00e9raux qui partent \u00e0 la retraite ne sont pas ou peu remplac\u00e9s, et la situation est encore plus critique pour les sp\u00e9cialistes : par exemple, il n\u2019y a plus de gyn\u00e9cologue en lib\u00e9ral \u00e0 Saint-Denis. Dans plusieurs villes du d\u00e9partement, des centres de sant\u00e9, municipaux et parfois associatifs, jouent un r\u00f4le important, notamment pour des publics socialement d\u00e9favoris\u00e9s, mais cela ne compense pas le recul des g\u00e9n\u00e9ralistes lib\u00e9raux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question du d\u00e9sert m\u00e9dical doit \u00eatre articul\u00e9e \u00e0 la politique hospitali\u00e8re. Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, l\u2019Etat a initi\u00e9 ce qu\u2019on appelle \u00ab le virage ambulatoire \u00bb : des interventions ont lieu sur la journ\u00e9e, le patient rentre chez lui le soir m\u00eame et sera suivi \u00e0 domicile, par une infirmi\u00e8re ou un m\u00e9decin de ville. L\u2019objectif est de r\u00e9aliser des \u00e9conomies en r\u00e9duisant la dur\u00e9e de s\u00e9jour \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et le nombre de lits dits de \u00ab soins de suite \u00bb, o\u00f9 jadis l\u2019on pouvait rester apr\u00e8s une intervention ou en sortant de r\u00e9animation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, dans une stricte logique comptable, ces soins de suite rapportent moins que des actes chirurgicaux. Ce sont ces restrictions budg\u00e9taires tous azimuts que les mobilisations des personnels hospitaliers ont d\u00e9nonc\u00e9es depuis plus d\u2019un an. Et ceux de Seine-Saint-Denis n\u2019\u00e9taient pas en reste, car, sur ce territoire, ce virage ambulatoire n\u2019a pas les m\u00eames cons\u00e9quences qu\u2019ailleurs : on manque de m\u00e9decins et les logements sont, on vient de le voir, suroccup\u00e9s. Comme nous l\u2019a dit un chef de service lors de notre enqu\u00eate : \u00ab rentrer \u00e0 la maison, cela ne signifie pas la m\u00eame chose pour tout le monde \u00bb. A l\u2019h\u00f4pital de Saint-Denis, de 2012 \u00e0 2016, la moiti\u00e9 des lits de soins de suite ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s et dans les h\u00f4pitaux publics du d\u00e9partement, il y avait, en 2017, 97,4 lits d\u2019hospitalisation en m\u00e9decine pour 100 000 habitants, soit moiti\u00e9 moins qu\u2019\u00e0 Paris (227,5 lits pour 100 000 habitants). On peut supposer que cette sous-dotation en structures sanitaires publiques n\u2019aura pas facilit\u00e9 la prise en charge des malades du Covid.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Concr\u00e8tement, un malade du Covid habitant la Seine-Saint-Denis sera-t-il moins bien soign\u00e9 que s\u2019il habitait Paris ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Laure Pitti<\/strong>. Sans aller jusque-l\u00e0, on est dans une situation que des m\u00e9decins de sant\u00e9 publique qualifient de \u00ab perte de chance \u00bb : selon l\u2019endroit o\u00f9 vous vivez, selon les moyens \u00e9conomiques que vous avez, vous ne disposerez pas des m\u00eames chances pour vous soigner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cas du Covid, on a beaucoup parl\u00e9 des tris \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en r\u00e9animation faute de lits en nombre suffisant, mais ce n\u2019est pas le seul \u00e9l\u00e9ment qui joue. En ce sens, le Covid a un effet loupe : il r\u00e9v\u00e8le qu\u2019aux diverses in\u00e9galit\u00e9s sociales dont nous venons de parler s\u2019ajoute un cumul d\u2019in\u00e9galit\u00e9s devant la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019\u00e9tranget\u00e9 de la langue m\u00e9dicale<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>On a aussi entendu dire, ces derniers temps, que les habitants des quartiers populaires ont tendance \u00e0 n\u2019appeler le m\u00e9decin ou les urgences qu\u2019au dernier moment \u2013 et donc trop tard pour ce qui concerne le Covid.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Laure Pitti<\/strong>. De tels raccourcis sont aberrants ! Oui, il existe, dans les milieux populaires comme ailleurs, ce que Luc Boltanski a appel\u00e9 dans un article de 1971 une \u00ab culture somatique \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un rapport au corps, aux d\u00e9faillances du corps, aux sympt\u00f4mes, \u00e0 la souffrance ou, \u00e0 l\u2019inverse, \u00e0 l\u2019endurance. Cette culture somatique varie selon les classes sociales et la mani\u00e8re dont on a \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 concernant ce rapport au corps. Dans le monde du travail manuel, celui des ouvriers ou des employ\u00e9es, la force physique et l\u2019endurance constituent un capital que la douleur vient amoindrir, d\u2019o\u00f9 souvent une sous-\u00e9valuation de la douleur, une endurance valoris\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est aussi la distance sociale qui joue entre classes populaires et m\u00e9decins : plusieurs enqu\u00eates l\u2019ont montr\u00e9, la qualit\u00e9 de la prise en charge (l\u2019ampleur des examens r\u00e9alis\u00e9s, par exemple) varie selon les milieux sociaux. Les chances de survie d\u2019un infarctus du myocarde sont deux fois moins \u00e9lev\u00e9es en Seine-Saint-Denis que dans les Hauts-de-Seine. Enfin, il faut replacer cette culture somatique et cette qualit\u00e9 de la prise en charge dans un contexte plus large, marqu\u00e9 par la pauvret\u00e9 et la faiblesse de la couverture sociale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car une autre statistique marquante de la Seine-Saint-Denis est la proportion tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e de personnes b\u00e9n\u00e9ficiant de la couverture maladie universelle (en 2014 : 6,3 % contre 3,4 % en Ile-de-France) ou encore de la CMU compl\u00e9mentaire (en 2016 : 14,4 % en Seine-Saint-Denis contre 7,5 % en Ile-de-France). Or une \u00e9tude r\u00e9cente du D\u00e9fenseur des droits a montr\u00e9 que la CMU comme l\u2019Aide m\u00e9dicale d\u2019\u00c9tat pour les patients \u00e9trangers sans titre de s\u00e9jour occasionnaient des refus de soin. Qui plus est, nombre de patients n\u2019ont tout simplement pas de couverture et ne peuvent se payer une consultation ; beaucoup n\u2019ont pas de mutuelle et ne peuvent avancer les frais m\u00e9dicaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Audrey Mariette<\/strong>. \u00c0 seulement dire que les patients de quartiers populaires appellent trop tard sans avoir en t\u00eate ces enjeux, on en vient \u00e0 faire porter la responsabilit\u00e9 de la maladie aux malades eux-m\u00eames ! Et d\u2019autres facteurs peuvent entrer en jeu, comme la question de la langue. Une bonne prise en charge passe par une double compr\u00e9hension. Il faut que le malade puisse expliquer ses sympt\u00f4mes au m\u00e9decin et aussi que celui-ci explique clairement ses consignes au malade. Il existe un syst\u00e8me d\u2019interpr\u00e9tariat \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et dans les autres lieux de soins, mais cela co\u00fbte cher et tous les professionnels ne peuvent y avoir recours. Comme le montre notre enqu\u00eate, m\u00eame quand le patient ma\u00eetrise le fran\u00e7ais, l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de la langue m\u00e9dicale reste enti\u00e8re et les m\u00e9decins oublient parfois qu\u2019ils parlent eux-m\u00eames une langue \u00e9trang\u00e8re aux profanes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Aujourd\u2019hui, est-il possible d\u2019\u00e9tablir les profils sociologiques des malades du Covid en Seine-Saint-Denis et de faire une comparaison avec les autres d\u00e9partements ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Laure Pitti<\/strong>. Non, pas \u00e0 ce stade. Les donn\u00e9es publi\u00e9es par Sant\u00e9 Publique France sont assez pauvres en informations. De plus, le nombre de morts du Covid en Ehpad par d\u00e9partement n\u2019est pas public. Selon des m\u00e9decins et des \u00e9pid\u00e9miologistes, c\u2019est d\u2019ailleurs un probl\u00e8me dans le traitement du virus car il faudrait pouvoir collecter ces informations (commune de r\u00e9sidence, cat\u00e9gories\u00a0 socioprofessionnelles notamment) pour intervenir au plus pr\u00e8s du terrain. Il faut esp\u00e9rer qu\u2019elles soient rendues accessibles au plus vite aux chercheurs. Pour le moment, nous ne disposons que des chiffres de l\u2019Insee qui permettent d\u2019\u00e9valuer la surmortalit\u00e9, mais ne distinguent pas ceux qui sont morts du Covid des autres causes de d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Audrey Mariette<\/strong>. Cette fragilit\u00e9 des donn\u00e9es se retrouve pour les chiffres de d\u00e9pistage du Covid. Nous connaissons uniquement le nombre de tests du Covid-19 r\u00e9alis\u00e9s par les laboratoires de ville dans les d\u00e9partements. Au 9 avril dernier, ils \u00e9taient au nombre de 3\u00a0811 en Seine-Saint-Denis, ce qui en faisait le vingti\u00e8me d\u00e9partement par nombre de tests pour 10 000 habitants. Un classement pour le moins \u00e9tonnant, vu le fort impact local de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et le pourcentage des tests positifs est d\u2019ailleurs tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 : 45,8 %, ce qui la classe au quatri\u00e8me rang des d\u00e9partements fran\u00e7ais. Si les moyens de d\u00e9pistage ne sont pas \u00e0 la hauteur des besoins sanitaires en France, c\u2019est particuli\u00e8rement vrai dans ce d\u00e9partement. On peut y voir un nouvel exemple des in\u00e9galit\u00e9s de traitement entre populations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Audrey Mariette <\/strong><strong>et <\/strong><strong>Laure Pitti <\/strong><strong>sont sociologues \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris 8 Saint-Denis et au <\/strong><strong>Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris. Elles ont men\u00e9 une enqu\u00eate sociologique sur la sant\u00e9 dans les territoires populaires de la Seine-Saint-Denis.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nouvelobs<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">************ ***********<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Logements insalubres et suroccup\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Association des Familles Victimes du Saturnisme (AFVS) alerte sur les risques de sant\u00e9 li\u00e9s au confinement et demande des mesures imm\u00e9diates\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les 4000000 de mal-log\u00e9s, la Fondation Abb\u00e9 Pierre estime que 200000 personnes vivent dans un logement qui est \u00e0 la fois insalubre et suroccup\u00e9. Ces personnes, souvent accompagn\u00e9es de jeunes enfants, vivent le confinement dans des conditions particuli\u00e8rement inhumaines et dangereuses pour leur sant\u00e9 et celle de leur famille (risque d&rsquo;asthme, d&rsquo;ecz\u00e9ma, d&rsquo;infections respiratoires, de d\u00e9pression etc).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sur-occupation favorise l&rsquo;humidit\u00e9, les moisissures et l&rsquo;effritement des peintures qui, dans les logements anciens,\u00a0 contiennent du plomb. Elle amplifie ces d\u00e9gradations elles-m\u00eames potentialis\u00e9es par le confinement. Ces conditions de vie augmentent notablement les risques d&rsquo;aggravation des pathologies et du saturnisme dont les cons\u00e9quences toxiques sont irr\u00e9versibles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les enfants vivant le confinement dans un tel environnement insalubre sont sur-intoxiqu\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nous demandons qu&rsquo;un logement d\u00e9cent soit de toute urgence attribu\u00e9 \u00e0 ces familles.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les personnes atteintes du COVID 19 ne peuvent s&rsquo;isoler dans un logement sur-occup\u00e9, ce qui favorise la propagation du coronavirus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les enfants contraints de rester confin\u00e9s avec un proche malade dans des logements insalubres contenant du plomb sont ainsi surexpos\u00e9s au saturnisme et au COVID 19, voire \u00e0 d&rsquo;autres pathologies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nous demandons que les personnes vivant dans un logement surpeupl\u00e9 et qui sont atteintes du COVID 19 puissent s&rsquo;isoler dans des chambres en h\u00f4tels, en centres de vacances, en au<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>berges de jeunesse qui ne re\u00e7oivent plus de public, ainsi que dans les h\u00f4pitaux et maternit\u00e9s ayant fait l\u2019objet d\u2019une fermeture administrative. Et cela en appliquant toutes les r\u00e8gles de protection pour les occupants comme pour le personnel amen\u00e9 \u00e0 travailler dans ces \u00e9tablissements.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rappelons que le ministre du Logement avait, le 10 f\u00e9vrier 2020, fait part de son intention de r\u00e9quisitionner des locaux vacants \u00e0 des fins d\u2019h\u00e9bergement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Communiqu\u00e9 de l\u2019AFVS en date du 21 avril<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et Covid dans les logements insalubres et suroccup\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7228","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7228","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7228"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7228\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7230,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7228\/revisions\/7230"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7228"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7228"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7228"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}