{"id":7423,"date":"2020-05-14T03:59:03","date_gmt":"2020-05-14T01:59:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=7423"},"modified":"2020-05-10T08:03:02","modified_gmt":"2020-05-10T06:03:02","slug":"ainsi-tout-peut-ralentir-2-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/05\/14\/ainsi-tout-peut-ralentir-2-2\/","title":{"rendered":"Ainsi, tout peut ralentir 2\/2"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Les vieux r\u00e9flexes ont la vie dure\u2026<\/strong><\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7417 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Lejourdapres-88-300x172.jpg\" alt=\"\" width=\"556\" height=\"319\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Lejourdapres-88-300x172.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Lejourdapres-88.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 556px) 100vw, 556px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme en 2008, la crise est donc un moment de doute o\u00f9 les priorit\u00e9s politiques habituelles semblent comme suspendues. <em>Exit l\u2019\u00e9go\u00efste, <\/em>place \u00e0 la solidarit\u00e9\u2026 <em>Secondaires les questions budg\u00e9taires, <\/em>priorit\u00e9 \u00e0 la sant\u00e9\u2026 <em>Pas cool la comp\u00e9tition \u00e9conomique internationale d\u00e9brid\u00e9e<\/em>, il nous faut d\u2019urgence des millions de masques de protection que le monde entier s\u2019arrache\u2026 Attention toutefois \u00e0 ne pas prendre les vessies pour des lanternes pour gober tout cru, tel du velours, les discours politiciens du moment. Car si l\u2019on peut saluer les mesures gouvernementales visant \u00e0 enrayer au plus vite la pand\u00e9mie du Covid-19, force est de constater que les mensonges, les non-dits et les faux-fuyants n\u2019ont nullement d\u00e9sert\u00e9 la sc\u00e8ne\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Premi\u00e8rement, les gouvernements taisent dans toutes les langues la responsabilit\u00e9 accablante des choix politiques pass\u00e9s dans l\u2019<em>aggravation <\/em>de la crise du Covid-19. Pas une fois, on aura entendu un chef de gouvernement contester la privatisation pass\u00e9e de l\u2019industrie du m\u00e9dicament fonctionnant \u00e0 flux tendus, la foire aux d\u00e9localisations permise par les accords de libre-\u00e9change ou encore le manque criant d\u2019investissements publics dans le secteur des soins de sant\u00e9. Autant de renoncements politiques, vis-\u00e0-vis de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, qui ont pourtant un lien direct avec le manque de mat\u00e9riel m\u00e9dical visant tant\u00f4t \u00e0 se prot\u00e9ger du virus (masques de protection), tant\u00f4t \u00e0 d\u00e9tecter massivement sa pr\u00e9sence dans la population. Il est vrai que Sophie Wilm\u00e8s (Premi\u00e8re ministre belge jug\u00e9e exemplaire face \u00e0 la crise par de nombreux m\u00e9dias) peut difficilement critiquer\u2026 les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qu\u2019elle a supervis\u00e9e, de septembre 2015 \u00e0 octobre 2019, alors qu\u2019elle \u00e9tait ministre du Budget\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette amn\u00e9sie initiale (<em>surtout, pas un mot du pass\u00e9\u2026) <\/em>conduit \u00e0 d\u2019autres mensonges plus d\u00e9testables dans l\u2019instant pr\u00e9sent. Officiellement, on l\u2019a dit, le discours politique a chang\u00e9. Officiellement, dans la bouche des gouvernements, les mots <em>travailleurs <\/em>et <em>travailleuses <\/em>ne riment plus avec \u00ab\u00a0<em>gr\u00e9vistes ingrats<\/em>, <em>\u00e9ternels insatisfait\u00a0\u00bbs <\/em>ou \u00ab\u00a0<em>qu\u00e9mandeurs sans fins de moyens qui manquent\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>; le temps d\u2019une crise, les voil\u00e0 devenus <em>h\u00e9ros de premi\u00e8re ligne <\/em>permettant le maintien d\u2019activit\u00e9s essentielles tels que services m\u00e9dicaux, acc\u00e8s \u00e0 la nourriture, respect des consignes de distanciation sociale ou encore encadrement de groupes humains enferm\u00e9s pour diverses raisons (homes, prisons, services sociaux\u2026). Toutefois, la r\u00e9alit\u00e9 est plus triviale et moins reluisante\u00a0: faute d\u2019\u00e9quipement pour les prot\u00e9ger efficacement, ces travailleurs et travailleuses sont aussi et souvent de la <em>chair \u00e0 canon<\/em>. Qu\u2019ils bossent en magasin, dans la logistique, le monde hospitalier, les homes ou diff\u00e9rents services sociaux, ils sont tout bonnement envoy\u00e9s au casse-pipes face au virus qu\u2019ils doivent affronter sans test de d\u00e9pistage (ni pour eux, leurs coll\u00e8gues ou les gens dont ils s\u2019occupent) et sans maques de protection, alors m\u00eame que les mesures de distanciation sociale sont parfois impossibles \u00e0 maintenir dans certains contextes de travail. Ces travailleuses et travailleurs doivent donc s\u2019en remettre \u00e0 la chance, et \u00e0 la d\u00e9brouille en bricolant leur masque, pour ne pas \u00eatre infect\u00e9s et ne pas contaminer leur entourage\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La chose est d\u2019autant plus grave (on parle tout de m\u00eame d\u2019un virus potentiellement mortel) que la d\u00e9finition des activit\u00e9s essentielles rel\u00e8ve en partie d\u2019un choix arbitraire effectu\u00e9 hors champ d\u00e9mocratique. Deux exemples concrets en t\u00e9moignent\u00a0: lors des premi\u00e8res mesures de confinement, les coiffeuses et coiffeurs ont d\u00fb se mobiliser pour obtenir l\u2019arr\u00eat l\u00e9gal de leur activit\u00e9, initialement non concern\u00e9e par la d\u00e9cision gouvernementale de fermer la plupart des commerces\u00a0; quant au puissant secteur de la chimie, il a obtenu le maintien d\u2019activit\u00e9s aussi vitales\u2026 que la fabrication de jouets, de Tupperware ou de compl\u00e9ments alimentaires pour bodybuilders\u00a0! Bref, en ce mois d\u2019avril 2020, les activit\u00e9s \u00e9conomiques se poursuivant sont loin d\u2019\u00eatre toutes essentielles\u2026 alors m\u00eame qu\u2019aucune garantie s\u00e9rieuse de protection syst\u00e9matique n\u2019est offerte \u00e0 l\u2019ensemble des salari\u00e9s qui les exercent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela nous renvoie \u00e0 une vieille et sordide r\u00e9alit\u00e9\u00a0: en temps de crise, les mesures d\u2019urgence refl\u00e8tent, reproduisent et intensifient souvent des in\u00e9galit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans les soci\u00e9t\u00e9s. C\u2019est vrai pour l\u2019isolement social (personnes \u00e2g\u00e9es), pour la possibilit\u00e9 ou non de se prot\u00e9ger (tout le monde ne peut pas t\u00e9l\u00e9travailler), pour l\u2019acc\u00e8s aux soins de sant\u00e9 (mieux vaut ne pas \u00eatre pauvre aux \u00c9tats-Unis ou \u00eatre un \u00ab\u00a0<em>Covid-19<\/em>\u00a0\u00bb trop \u00e2g\u00e9 dans n\u2019importe quel pays\u2026) ou encore pour l\u2019obtention d\u2019aides \u00e9conomiques d\u2019urgence (sources potentielles d\u2019abus et d\u2019injustices qui m\u00e9riteraient \u00e0 elles seules un screening rapproch\u00e9). Bien entendu, l\u2019aggravation des injustices en temps de crise est aussi valable \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale, dans ces innombrables pays qui sont les perp\u00e9tuels dindons de la farce cynico-tragique nomm\u00e9e mondialisation. A toute r\u00e8gle cependant, ses exceptions\u00a0: s\u2019il est une in\u00e9galit\u00e9 qui ne sort pas du tout renforc\u00e9e de la crise sanitaire actuelle, c\u2019est notre ego surdimensionn\u00e9, notre pr\u00e9tention \u00e0 tout dominer, notre soit disant sup\u00e9riorit\u00e9 sur la nature\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><br \/>\n<\/strong><strong>Ce que nous apprend le Coronavirus sur notre vraie nature<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car il faut bien le dire. Si un minuscule \u00eatre invisible peut bousculer \u00e0 ce point nos vies, et faire mettre un genou \u00e0 terre aux plus puissantes organisations (priv\u00e9es comme publiques) de la plan\u00e8te, cela tient \u00e0 un d\u00e9tail qu\u2019on a tendance \u00e0 occulter\u00a0: nous faisons indissociablement partie de la nature\u2026 Certes, nous en sommes tous conscients d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Mais lov\u00e9s dans le confort moderne et biberonn\u00e9s de technologies, nous vivons constamment sous perfusion marchande pour satisfaire l\u2019essentiel de nos besoins. Aveugl\u00e9s par ces interm\u00e9diaires qui nous sont familiers (magasins, e-commerce\u2026), nous renvoyons dans les limbes de notre inconscience les longues cha\u00eenes de production qui s\u2019\u00e9tendent en amont, formant des r\u00e9seaux en toile d\u2019araign\u00e9e qui relient les continents sous le contr\u00f4le h\u00e9g\u00e9monique d\u2019une poign\u00e9e de firmes priv\u00e9es, devenues des empires marchands plan\u00e9taires. Pourtant, c\u2019est tout au bout de ces longues cha\u00eenes de production \u00e9conomique que se trouve la source ultime de <em>toutes <\/em>nos richesses mat\u00e9rielles\u00a0: des produits miniers, des for\u00eats mill\u00e9naires, des p\u00e2turages pour b\u00e9tail, des champs cultiv\u00e9s, des esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales, animales, terrestres, marines, sous-marines\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette source ultime, nous l\u2019avons compl\u00e8tement perdue de vue. Bien s\u00fbr nous savons qu\u2019elle existe, nous savons m\u00eame qu\u2019elle fourmille de vie m\u00eame s\u2019il est plus commode de masquer ce fait perturbant sous des euph\u00e9mismes (\u00ab\u00a0<em>mati\u00e8res premi\u00e8res<\/em>, <em>ressources naturelles\u00a0\u00bb<\/em>) ravalant tout \u00e0 des objets inertes. Cette source ultime, qu\u2019importe ce qui l\u2019affecte, nous n\u2019y voyons aucun rapport avec notre vie quotidienne. Une <em>ruse de la raison<\/em>\u2026 Un stratag\u00e8me \u00e9vent\u00e9 pour bazarder \u00e0 bon compte notre mauvaise conscience tant il est \u00e9vident que ce rapport existe, qu\u2019il est structurel et m\u00eame extr\u00eamement agressif\u2026 Pour que notre consum\u00e9risme effr\u00e9n\u00e9 soit possible, il faut en effet passer par des stades o\u00f9 les empires marchands rognent, bouffent, traquent, d\u00e9truisent et asservissent impitoyablement le monde naturel, faisant reculer espaces sauvages et dispara\u00eetre par milliards les \u00eatres vivants. Si accuser ces empires marchands de piller la Terre pour faire du profit est totalement l\u00e9gitime, \u00e9luder notre responsabilit\u00e9 personnelle et collective serait manquer de courage\u00a0: esclaves de nos d\u00e9sirs mat\u00e9riels, nous sommes souvent complices volontaires de leurs m\u00e9faits, assoiff\u00e9s de <em>low-cost <\/em>ou d\u2019objets nouveaux et qu\u2018importe le co\u00fbt social ou \u00e9cologique \u00e0 payer. Apr\u00e8s tout, pensons-nous trop souvent, ce qui se passe \u00e0 l\u2019autre bout de la Terre n\u2019a gu\u00e8re d\u2019impacts n\u00e9gatifs sur notre quotidien\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 pourquoi un Jair Bolsonaro (pr\u00e9sident d\u2019extr\u00eame-droite du Br\u00e9sil) peut aggraver la politique de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs en rasant gratis la for\u00eat amazonienne et la livrer en p\u00e2ture aux producteurs de soja, d\u00e9sireux quant \u00e0 eux d\u2019augmenter leurs exportations de nourriture pour b\u00e9tail, nous n\u2019y trouvons rien \u00e0 redire. Pas m\u00eame quand l\u2019Union europ\u00e9enne d\u00e9cide d\u2019encourager ces pratiques mortif\u00e8res en annon\u00e7ant la conclusion d\u2019un accord de libre-\u00e9change avec les pays du Mercosur (dont fait partie le Br\u00e9sil). Car apr\u00e8s tout, les for\u00eats tropicales, les ressources naturelles, ce qui se passe en Afrique, en Asie, en Am\u00e9rique Latine, en Europe de l\u2019Est ou ailleurs, la mani\u00e8re dont les empires marchands et le monde politique s\u2019entendent pour puiser dans la source ultime des richesses mat\u00e9rielles, nous ne voyons toujours pas en quoi cela nous concerne. C\u2019est si loin, si distant, si \u00e9tranger \u00e0 notre quotidien\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette distance est illusoire. Dans la nature, en effet, tout se tient\u00a0: l\u2019infiniment grand <em>et <\/em>l\u2019infiniment petit, le visible <em>et <\/em>l\u2019invisible, le proche <em>et <\/em>le lointain, hier <em>et <\/em>demain. Dans l\u2019environnement, que cela nous plaise ou non, tout est interd\u00e9pendant et tout bouge tout le temps\u2026 \u00e0 l\u2019image de ce super migrateur qu\u2019est Covid-19 passant d\u2019un humain \u00e0 un autre pour arpenter la plan\u00e8te \u00e0 sa guise. Dans la nature, ce qui s\u2019est pass\u00e9 <em>hier <\/em>(17 novembre 2019) \u00e0 des <em>milliers de kilom\u00e8tres <\/em>de chez nous (Wuhan, Chine) peut impacter <em>demain <\/em>(mars, avril, mai, juin 2020\u2026) ce qui se passera <em>au plus pr\u00e8s de nous<\/em>. C\u2019est-\u00e0-dire dans notre quotidien, sous notre toit, parmi nos proches et nos voisins, dans tous ces c\u0153urs qui cessent de battre faute de pouvoir r\u00e9sister \u00e0 la visite impromptue d\u2019un virus qui ne demande l\u2019avis de personne pour emm\u00e9nager o\u00f9 il veut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019il est une chose que peut nous apprendre Covid-19, s\u2019il est une le\u00e7on \u00e0 tirer de cette crise sanitaire, c\u2019est bien celle-l\u00e0\u00a0: nous faisons partie de la nature et sommes intimement concern\u00e9s par ce qui s\u2019y passe, car d\u2019innombrables liens unissent le <em>proche <\/em>et le <em>lointain<\/em>, entrem\u00ealant inextricablement <em>hier <\/em>et <em>demain<\/em>. C\u2019est difficile \u00e0 comprendre pour notre cerveau, plus dou\u00e9 pour les \u00e9vidences imm\u00e9diates (n\u2019est vrai que ce qui se passe <em>ici <\/em>et <em>maintenant<\/em>, sous nos yeux), mais c\u2019est pourtant une r\u00e9alit\u00e9 que nous avons besoin d\u2019int\u00e9grer dans nos fa\u00e7ons de penser. Car nous vivons \u00e0 l\u2019heure d\u2019une mondialisation, pr\u00e9tendument heureuse, dont les logiques de destruction sont bien moins impitoyables <em>ici <\/em>(dans les pays riches) qu\u2019elles ne le sont <em>ailleurs <\/em>(dans des pays dits \u00ab pauvres \u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, m\u00eame en limitant le d\u00e9bat aux rapports humains, qu\u2019on cherche par exemple \u00e0 endiguer l\u2019exil de millions de migrants ou \u00e0 apaiser les ranc\u0153urs multiples envenimant le c\u0153ur des postulants au terrorisme, se soucier de ce qui se passe <em>ailleurs <\/em>est un devoir civique. Un devoir de solidarit\u00e9, au m\u00eame titre qu\u2019\u00e9viter de contaminer les autres quand une pand\u00e9mie mortelle r\u00f4de alentours. Cependant, nous ne pouvons plus limiter les d\u00e9bats \u00e0 la seule sph\u00e8re humaine. Cette mani\u00e8re de penser, r\u00e9volue, est dangereuse \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la mondialisation interf\u00e8re dans des processus naturels majeurs, et perturbe gravement des liens d\u2019interd\u00e9pendance d\u2019une incroyable \u00e9lasticit\u00e9 en termes de temps et de distance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est temps de comprendre que des activit\u00e9s \u00e9conomiques remontant bien avant notre naissance (par exemple, du temps de nos grands-parents) peuvent bouleverser de fond en comble le quotidien futur de proches qui ne sont pas encore n\u00e9s aujourd\u2019hui (par exemple, celle de nos petits-enfants). De la pollution nucl\u00e9aire au r\u00e9chauffement climatique g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les gaz \u00e0 effets de serre, les exemples sont multiples\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><br \/>\n<\/strong><strong>Et demain\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019on parle d\u2019extermination massive d\u2019\u00eatres vivants, de biodiversit\u00e9 en chute libre, d\u2019\u00e9radication d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes marins ou forestiers, de pollutions chimiques ou de r\u00e9chauffement climatique (pour ne citer que quelques-uns des probl\u00e8mes environnementaux contemporains), une chose devrait nous frapper l\u2019esprit\u00a0: les m\u00e9canismes \u00e0 l\u2019\u0153uvre sont <em>grosso modo <\/em>les m\u00eames que ceux qui r\u00e9gissent la crise du Covid-19\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e0 aussi, des scientifiques sp\u00e9cialistes du vivant disposent d\u2019une connaissance pr\u00e9cieuse pour comprendre les tenants et les aboutissants de ces crises majeures\u2026 L\u00e0 aussi, les scientifiques sp\u00e9cialistes du vivant mettent en garde\u00a0: nous ne pouvons pas faire comme si de rien n\u2019\u00e9tait et feindre d\u2019ignorer le probl\u00e8me en esp\u00e9rant passer au travers. \u00c0 ne rien changer \u00e0 nos habitudes collectives, \u00e0 poursuivre la route du <em>business as usual<\/em>, nous courons tout droit vers des catastrophes qui donneront \u00e0 la crise sanitaire actuelle (celle du Covid-19) les traits d\u2019une aimable plaisanterie. Car l\u2019horreur qui s\u2019annonce est celle d\u2019une cascade cumulative d\u2019\u00e9v\u00e8nements catastrophiques (o\u00f9 les virus inconnus ne seraient qu\u2019un de nos nombreux ennuis) s\u2019amplifiant les uns les autres\u00a0! L\u00e0 encore, les scientifiques ont le sens du timing\u00a0: \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 nous parlons, sur des enjeux plan\u00e9taires comme le r\u00e9chauffement climatique, nous avons d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 le stade de l\u2019Espagne ou de l\u2019Espagne s\u2019y prenant trop tard pour contrer le Coronavirus. Autrement dit\u00a0: m\u00eame avec les meilleures mesures du monde prises aujourd\u2019hui, les d\u00e9s de l\u2019interd\u00e9pendance entre <em>hier <\/em>et <em>demain <\/em>sont d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9s et vont provoquer, dans les d\u00e9cennies et si\u00e8cles \u00e0 venir, des catastrophes majeures (mont\u00e9e des oc\u00e9ans, \u00e9v\u00e8nements m\u00e9t\u00e9os extr\u00eames, perte de fertilit\u00e9 agricole\u2026) dont une partie consid\u00e9rable de l\u2019humanit\u00e9 va souffrir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 tout, l\u00e0 aussi, l\u00e0 encore, nous avons le choix. Le choix, par exemple, de vouloir \u00ab\u00a0<em>\u00eatre libre de continuer \u00e0 faire n\u2019importe quoi\u00a0\u00bb<\/em>. Sortant de la crise du Coronavirus, nous crions <em>hip hip hourrah <\/em>\u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un vaccin et de m\u00e9dicaments efficaces, et on reprend tout comme avant. Pour un tour de man\u00e8ge, on se relaisse emporter par l\u2019\u00e9go\u00efsme capitaliste et l\u2019utopie politique qui a domin\u00e9 les derni\u00e8res d\u00e9cennies\u00a0: laissons faire les empires marchands, poursuivons la foire aux d\u00e9localisations, faisons payer la crise sanitaire aux finances publiques, laissons les actionnaires se gaver de profits, votons en faveur des fachos si on est d\u00e9\u00e7u par le syst\u00e8me, applaudissons aux ramifications infinie des r\u00e9seaux d\u2019espionnage num\u00e9riques, et continuons joyeusement \u00e0 d\u00e9truire la plan\u00e8te\u00a0! En cas de doute ou de panique, su\u00e7ons notre pouce et \u00e9coutons papa-patronat et maman-\u00e9conomie nous fredonner que la croissance infinie offrira, un jour lointain, des miettes de richesse aux pauvres du monde entier. Ce choix-l\u00e0 est le choix du pire\u00a0: celui qui consiste \u00e0 faire la f\u00eate, \u00e0 inviter des amis, \u00e0 nocer avec des inconnus, \u00e0 rouler des pelles au hasard, \u00e0 ne penser qu\u2019\u00e0 soi et qu\u2019\u00e0 court-terme en pleine pand\u00e9mie de Coronavirus\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que le confinement nous ram\u00e8ne aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019essentiel (nous sommes tous mortels, le filament qui nous tient en vie est fragile, et une existence r\u00e9ussie consiste \u00e0 \u00eatre heureux avec ses proches et ses amis), nous pouvons aussi renoncer aux fables absurdes de l\u2019\u00e9conomie. La croissance infinie des productions mat\u00e9rielles est un mythe, grotesque, aussi peu cr\u00e9dible pour notre futur que chercher l\u2019origine de l\u2019humanit\u00e9 chez Adam et \u00c8ve. Renon\u00e7ant \u00e0 cette folie, on doit alors prendre acte que la solidarit\u00e9 n\u2019est pas un <em>luxe qu\u2019on ne peut plus se payer<\/em>, mais bien au contraire un imp\u00e9ratif prioritaire\u00a0: il faut limiter les \u00e9carts de richesse, et par cons\u00e9quent raboter s\u00e9rieusement les possessions inou\u00efes des plus riches parmi les nantis, car aucune soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique ne peut avancer en abandonnant une multitude de ses semblables au bord du chemin. Par semblables, nous devons \u00e9videmment inclure les humains d\u2019<em>ici<\/em>, mais aussi les humains d\u2019<em>ailleurs <\/em>\u2013 autrement dit, revoir de fond en comble les termes iniques et les rapports fauss\u00e9s du commerce international avec des pays devenus pauvres \u00e0 force d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 saign\u00e9s \u00e0 blanc par d\u2019avides multinationales, d\u2019opulents \u00e9tats et des si\u00e8cles de colonialisme occidental\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si d\u2019aventure vous trouvez que c\u2019est beaucoup exiger d\u2019une d\u00e9mocratie, sachez que ce n\u2019est pas encore assez. Car parmi nos semblables \u00e0 ne pas abandonner en bord du chemin, il faut aussi inclure ces milliards de vies \u2013 animales, v\u00e9g\u00e9tales, terrestres, marines\u2026 \u2013 qui nous rendent au quotidien une multitude de services totalement gratuits (comme fabriquer de l\u2019oxyg\u00e8ne, transformer des toxines en nutriments, nous fournir de l\u2019eau douce, r\u00e9guler le climat, etc.). Des services innombrables et tellement gratuits qu\u2019ils en sont, \u00e0 nos yeux d\u2019experts-comptables, tout aussi invisibles que le Coronavirus\u2026 Mais ces services existent bel et bien, et si nous voulons qu\u2019ils persistent pour les g\u00e9n\u00e9rations futures, c\u2019est <em>aujourd\u2019hui <\/em>et <em>maintenant <\/em>que nous devons accorder une place plus grande aux vies sauvages, aussi bien dans nos consciences que sur la plan\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, rien de tout cela n\u2019est simple. Cela implique de reconna\u00eetre qu\u2019on s\u2019est tromp\u00e9 de chemin. Cela n\u00e9cessite de changer de fond en comble certaines de nos habitudes. Sur le plan individuel, cela implique de renoncer \u00e0 des r\u00e9flexes compulsifs et des fr\u00e9n\u00e9sies consum\u00e9ristes, procurant des plaisirs si fugaces qu\u2019on doit les renouveler constamment\u2026 Sur le plan collectif, cela requiert de prononcer le divorce \u2013 qu\u2019on peut entamer par un confinement dans des chambres s\u00e9par\u00e9es \u2013 entre l\u2019\u00e9tat et les empires marchands. Car m\u00eame v\u00eatues du droit de vote et d\u2019expression, nos d\u00e9mocraties contemporaines sont confisqu\u00e9es par des pouvoirs priv\u00e9s qui feraient p\u00e2lir d\u2019envie \u2013 en termes d\u2019influence, mais surtout de nuisances \u2013 les plus fous des Inquisiteurs de l\u2019\u00e9glise catholique \u00e0 l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale. De nos jours, les empires marchands dictent de nombreuses lois \u00e0 l\u2019Europe, imposent l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 aux pouvoirs publics, \u00e9quipent nos maisons et lieux de vie de dispositifs de surveillance \u00e9lectronique, nous charment \u00e0 coups de publicit\u00e9s mais polluent notre environnement, souillent nos corps de toxines, hypoth\u00e8quent l\u2019avenir de g\u00e9n\u00e9rations qui ne sont pas encore n\u00e9es, ravalent l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral au rang de caprice d\u00e9suet, et ont le toupet et la morgue d\u2019ajouter qu\u2019on devrait compter sur eux pour r\u00e9soudre la multitude de probl\u00e8mes qu\u2019ils g\u00e9n\u00e8rent et ne cessent d\u2019amplifier\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fin de cette \u00e9poque doit sonner. Le Dieu marchand tout puissant doit descendre de son tr\u00f4ne, car nous avons d\u2019autres priorit\u00e9s \u00e0 assigner aux \u00e9tats que celle d\u2019une course infinie aux profits permanents. Osons le mot\u00a0: une r\u00e9volution culturelle nous attend. L\u2019\u00e9treindre ou lui tourner le dos d\u00e9pend de nos choix. Comme ce fut mon cas avec le coronavirus, on peut avoir le d\u00e9clic collectif ou pas. Mais l\u2019horloge tourne, ce que nous faisons <em>ici <\/em>et <em>aujourd\u2019hui <\/em>aura des cons\u00e9quences <em>demain <\/em>et <em>ailleurs<\/em>. Pour le meilleur comme le pire, nous disposons du libre-arbitre, du droit de vote, du droit de gr\u00e8ve, du droit d\u2019insurrection, du droit de manifester, du droit de boycotter, du droit de penser aux autres et du droit de penser diff\u00e9remment des autres. Nous disposons aussi du droit de faire des liens entre <em>ici <\/em>et <em>ailleurs<\/em>, entre <em>aujourd\u2019hui <\/em>et <em>demain<\/em>, du droit d\u2019\u00eatre un rouage passif dans la machine \u00e9conomique ou un grain de sable branch\u00e9 sur courant alternatif. En un mot comme en cent, nous disposons du droit de r\u00eave collectif. C\u2019est gratuit. C\u2019est puissant. C\u2019est infini. Il faut juste avoir le courage et l\u2019envie de s\u2019en servir\u2026 \u00e0 plusieurs de pr\u00e9f\u00e9rence\u2026 raison pour laquelle il est crucial de serrer la main et d\u2019embrasser les r\u00eaveurs et r\u00eaveuses qu\u2019on croise en chemin\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bruno Poncelet\u00a0; pour.press<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les vieux r\u00e9flexes ont la vie dure\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7423","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7423","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7423"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7423\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7424,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7423\/revisions\/7424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7423"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7423"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7423"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}