{"id":745,"date":"2017-07-14T01:14:55","date_gmt":"2017-07-13T23:14:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=745"},"modified":"2018-08-06T11:10:39","modified_gmt":"2018-08-06T09:10:39","slug":"pour-une-socioanalyse-du-journalisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2017\/07\/14\/pour-une-socioanalyse-du-journalisme\/","title":{"rendered":"Pour une socioanalyse du journalisme"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Un livre revu et corrig\u00e9 par Alain Accardo\u00a0; \u00e9ditions Agone<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le sous-titre de l\u2019ouvrage \u2013 \u00ab\u00a0Du journalisme consid\u00e9r\u00e9 comme une fraction embl\u00e9matique de la nouvelle petite bourgeoisie intellectuelle\u00a0\u00bb \u2013 en d\u00e9finit la probl\u00e9matique qui prolonge un pr\u00e9c\u00e9dent travail de recherche de l\u2019auteur portant sur les classes moyennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">En une centaine de pages (en petit format), Alain Accardo propose une analyse tr\u00e8s dense qu\u2019il est difficile de r\u00e9sumer sans la mutiler. On n\u2019en retiendra ici que les aspects les plus saillants, en soulignant la question qui traverse cet ouvrage\u00a0: dans quelle mesure les journalistes sont-ils individuellement et collectivement responsables de l\u2019\u00e9tat de l\u2019information et des m\u00e9dias\u00a0? Dit autrement\u00a0: le d\u00e9ficit de pluralit\u00e9, la course aux <i>scoops<\/i> et la p\u00eache aux <i>buzzs<\/i> sont-ils imputables \u00e0 des journalistes qui cavaleraient derri\u00e8re les <i>desiderata<\/i> des chefferies, servant diligemment les int\u00e9r\u00eats et les volont\u00e9s des puissants au sein du champ, ou bien aux structures \u00e9conomiques, juridiques, sociales et politiques de la production de l\u2019information\u00a0? La question interpelle directement les militants politiques eux-m\u00eames, parfois prompts d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 d\u00e9noncer certains comportements dont les journalistes seraient responsables, ou au contraire \u00e0 les pr\u00e9senter comme surd\u00e9termin\u00e9s par l\u2019organisation de la profession et, litt\u00e9ralement, irresponsables de l\u2019\u00e9tat de la presse.<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">La bonne focale<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cet essai de \u00ab\u00a0socioanalyse du journalisme\u00a0\u00bb s\u2019ouvre par un pr\u00e9alable d\u2019une quarantaine de pages qui, l\u2019auteur le souligne lui-m\u00eame, n\u2019est pas \u00ab\u00a0<i>une simple digression th\u00e9orique\u00a0\u00bb<\/i> (p. 42), mais un ensemble de consid\u00e9rations indispensables \u00e0 une bonne compr\u00e9hension de la suite de sa d\u00e9monstration. En r\u00e9sum\u00e9, l\u2019auteur appelle \u00e0 sortir des fausses oppositions entre une perspective qui met l\u2019accent sur les d\u00e9terminations structurelles de l\u2019action, et une autre qui exalte l\u2019ind\u00e9pendance et l\u2019autonomie absolues des individus. Ce qui revient \u00e0 dire que les contraintes objectives qui p\u00e8sent sur les journalistes (produire dans l\u2019urgence un article ou un reportage correspondant \u00e0 la commande du r\u00e9dacteur en chef, elle-m\u00eame dict\u00e9e par le souci de l\u2019audimat et de la rentabilit\u00e9 du m\u00e9dia) ne sont pas subjectivement v\u00e9cues comme telles par les int\u00e9ress\u00e9s, mais plut\u00f4t comme les ferments d\u2019une saine \u00e9mulation professionnelle (la recherche acharn\u00e9e et fi\u00e9vreuse de l\u2019information, ou mieux, du scoop, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019information obtenue \u00ab\u00a0en exclusivit\u00e9\u00a0\u00bb, avant les concurrents).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"nh3\"><\/a><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 l\u2019aune de cette d\u00e9marche, l\u2019auteur \u00e9voque les pratiques des journalistes, \u00e0 commencer par <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0la perp\u00e9tuelle urgence dans laquelle [ils] travaillent\u00a0\u00bb<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">. Celle-ci s\u2019explique par la contrainte objective d\u2019un m\u00e9tier dont l\u2019un des r\u00f4les est de traiter de l\u2019 \u00ab\u00a0actualit\u00e9\u00a0\u00bb quotidienne, format\u00e9e par l\u2019emprise quasi h\u00e9g\u00e9monique de l\u2019audiovisuel et de l\u2019information \u00ab\u00a0en continu\u00a0\u00bb, mise \u00e0 jour heure par heure, quand elle n\u2019est pas \u00ab\u00a0en live\u00a0\u00bb. Or l\u2019urgence se traduit par des manquements syst\u00e9matiques aux m\u00e9thodes que la profession a historiquement constitu\u00e9es pour travailler \u00e0 la fois vite et bien. Faut-il pour autant consid\u00e9rer les journalistes comme de simples marionnettes, mues par l\u2019urgence impos\u00e9e par l\u2019exigence d\u2019audimat des actionnaires industriels des m\u00e9dias\u00a0? L\u2019existence de (rares) signes de m\u00e9contentement voire de contestation au sein de la profession, des \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>ferments de r\u00e9sistance interne<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">\u00a0\u00bb\u00a0[<a href=\"http:\/\/www.acrimed.org\/Lire-Pour-une-socioanalyse-du-journalisme-d-Alain#nb3\">3<\/a>] qu\u2019il ne faut certes pas \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>minimiser<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">\u00a0\u00bb, sans non plus en \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>surestimer<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">\u00a0\u00bb la port\u00e9e (p. 62), conduisent l\u2019auteur \u00e0 se demander \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>pourquoi dans leur grande masse les journalistes ne s\u2019insurgent pas davantage contre l\u2019adult\u00e9ration de leur travail<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">\u00a0\u00bb (p. 47).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pour le comprendre, il faut sortir des limites de l\u2019analyse macrosociologique. Les effets des contraintes \u00e9conomiques se doublent de ceux d\u2019une concurrence sp\u00e9cifique pour des enjeux symboliques et non pas \u00e9conomiques\u00a0: les journalistes, issus de la \u00ab\u00a0petite bourgeoisie\u00a0\u00bb dans laquelle les capitaux \u00e9conomiques sont suffisants pour \u00eatre moins valoris\u00e9s que le prestige symbolique, ne sont pas tant dispos\u00e9s \u00e0 la recherche de r\u00e9mun\u00e9rations mat\u00e9rielles qu\u2019\u00e0 celle de gratifications symboliques et sociales. Ainsi, sont-ils prompts \u00e0 d\u00e9noncer les milieux d\u2019affaires dont ils sont les <i>\u00ab\u00a0rivaux domin\u00e9s\u00a0\u00bb<\/i> (p. 91), riches de capitaux \u00e9conomiques mais souvent moins pourvus en capitaux culturels valoris\u00e9s par les journalistes. Aussi, cette position ambigu\u00eb dans les hi\u00e9rarchies sociales, \u00e0 la fois dominants culturellement, prompts \u00e0 produire des images m\u00e9lioratives d\u2019eux-m\u00eames (d\u00e9fenseurs de la d\u00e9mocratie, amoureux de la libert\u00e9 d\u2019expression), mais domin\u00e9s \u00e9conomiquement et m\u00e9pris\u00e9s par les \u00e9lites politico-financi\u00e8res, les dispose \u00e0 une attitude tout aussi ambigu\u00eb quant \u00e0 ces \u00e9lites\u00a0: s\u2019il est de bon ton de d\u00e9noncer les \u00ab\u00a0affaires\u00a0\u00bb du monde politico-\u00e9conomique, il ne s\u2019agit jamais que de jeter l\u2019opprobre sur telle \u00ab\u00a0brebis galeuse\u00a0\u00bb ou tel \u00ab\u00a0patron voyou\u00a0\u00bb. Or ce mode de d\u00e9nonciation ratifie implicitement la domination collective des bourgeoisies politico-\u00e9conomiques dont il ne faut souligner que les abus \u2013 trait\u00e9s comme de simples et exceptionnelles d\u00e9viances individuelles \u2013, laissant leur position structurelle de domination immacul\u00e9e \u2013 voire m\u00eame l\u00e9gitim\u00e9e par la fascination que la vie mondaine des \u00e9lites op\u00e8re sur les journalistes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">C\u2019est la m\u00eame ambivalence que traduit le <i>\u00ab\u00a0caract\u00e8re spontan\u00e9ment<\/i> populiste, <i>voire <\/i>mis\u00e9rabiliste, <i>du rapport avec les classes populaires\u00a0\u00bb<\/i> (p. 97), r\u00e9duites dans les reportages \u00e0 une collection de cas singuliers, tandis que les collectifs sont abord\u00e9s avec r\u00e9ticence et que les repr\u00e9sentants syndicaux sont maltrait\u00e9s\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Bref, tout se passe comme si le \u201cpeuple\u201d n\u2019\u00e9tait int\u00e9ressant pour les m\u00e9dias qu\u2019autant qu\u2019il est inoffensif, d\u00e9sorganis\u00e9, souffrant, pitoyable, m\u00fbr pour les Restos du c\u0153ur, l\u2019intervention caritative et le miracle du loto.\u00a0\u00bb<\/i> (p. 100)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pis, cette position dans les processus de production les conduit \u00e0 c\u00e9der \u00e0 des conditions de travail pr\u00e9caires pour acc\u00e9der aux situations professionnelles les plus envi\u00e9es et valoris\u00e9es (au moins dans les milieux sociaux o\u00f9 ils \u00e9voluent). Dans un champ o\u00f9 la comp\u00e9tition pour un poste stable, et <i>a fortiori<\/i> d\u2019influence, est f\u00e9roce, l\u2019impression (plus ou moins fond\u00e9e) de faire partie d\u2019un collectif restreint, d\u2019une \u00e9lite difficile \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer, nourrit des repr\u00e9sentations de soi particuli\u00e8rement gratifiantes. Lesquelles tiennent tr\u00e8s largement du fantasme \u00e9tant donn\u00e9e la mis\u00e8re de position de la plupart des journalistes, pris entre le marteau des chefferies \u00e9ditoriales et l\u2019enclume de leurs r\u00eaves de libert\u00e9 d\u2019informer auxquels ils ne peuvent renoncer sans se renier. Aussi les journalistes n\u2019ont-ils g\u00e9n\u00e9ralement pas int\u00e9r\u00eat \u00e0 contester l\u2019injonction \u00e0 la rapidit\u00e9, sous peine de passer pour de mauvais professionnels. Les chefs de r\u00e9daction, devenus de v\u00e9ritables managers, peuvent ainsi affirmer qu\u2019\u00eatre un bon journaliste, c\u2019est faire un sujet avant son concurrent plut\u00f4t que de le faire bien, faisant d\u2019une r\u00e8gle \u00e9conomique (la concurrence et l\u2019imp\u00e9ratif de la profitabilit\u00e9) une r\u00e8gle journalistique sans rencontrer d\u2019opposition cons\u00e9quente. Avoir un scoop avant la concurrence tend \u00e0 devenir une r\u00e8gle journalistique aussi importante, voire plus, que la v\u00e9rification dudit scoop.<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pluralisme et uniformit\u00e9 sociale<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Partant du constat que la pluralit\u00e9 d\u2019opinions des journalistes, mise en sc\u00e8ne \u00e0 grands renforts de d\u00e9bats contradictoires, ne peut occulter le fort consensus au sein de la profession \u00e0 propos, notamment, de ce que doivent \u00eatre les m\u00e9dias, l\u2019auteur explique la faiblesse des contestations internes de l\u2019ordre m\u00e9diatique \u00e9tabli par un recrutement social tr\u00e8s homog\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il \u00e9met en effet <i>\u00ab\u00a0l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un habitus de classe\u00a0\u00bb<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un ensemble de dispositions sociales communes li\u00e9es \u00e0 une m\u00eame classe de conditions objectives d\u2019existence dont chaque <i>habitus<\/i> personnel (n\u2019) est (qu\u2019)une variante individuelle. Si les exp\u00e9riences individuelles des journalistes ne sont certes pas strictement identiques, leurs comportements sont comparables.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Alain Accardo ne r\u00e9fute pas les liens individuels entre certains journalistes et personnalit\u00e9s du monde des affaires et\/ou politique. Au contraire, ceci confirme selon lui \u00ab\u00a0<i>l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019habitus de classe <\/i>\u00a0\u00bb\u00a0: les mondes politiques, m\u00e9diatiques et les milieux d\u2019affaires partagent ainsi des r\u00e9f\u00e9rences, des comportements, des codes communs, les foyers sociaux de recrutement de ces diff\u00e9rents domaines \u00e9tant perm\u00e9ables voire quasi similaires.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Certes, l\u2019on pourrait souligner des cas de \u00ab\u00a0<i>transfuges\u00a0\u00bb<\/i> sociaux, issus des classes populaires et parvenant \u00e0 int\u00e9grer la profession, pour montrer l\u2019ouverture sociale des milieux m\u00e9diatiques. Le sociologue rappelle cependant qu\u2019en plus d\u2019\u00eatre num\u00e9riquement marginaux, les transfuges ne parviennent \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer un champ auquel ils n\u2019\u00e9taient pas <i>a priori <\/i>dispos\u00e9s qu\u2019au prix d\u2019un sur-effort d\u2019abandon des codes des classes populaires qui pouvaient \u00eatre les leurs et d\u2019adh\u00e9sion redoubl\u00e9e aux codes de la petite bourgeoisie intellectuelle \u00e0 laquelle ils doivent donner des gages d\u2019appartenance. Un renoncement pouvant provoquer une divergence entre l\u2019<i>habitus<\/i> primaire de l\u2019individu et les codes auxquels il est somm\u00e9 d\u2019adh\u00e9rer dans les salles de r\u00e9daction, et \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de situations d\u2019inconfort, voire de souffrance, pr\u00e9disposant les transfuges \u00e0 la critique de leur milieu.<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">D\u2019autres m\u00e9dias sont-ils possibles\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">D\u00e8s lors, quelle libert\u00e9 peut-on reconna\u00eetre aux journalistes\u00a0? Quand ils revendiquent leur libert\u00e9, les journalistes, en g\u00e9n\u00e9ral, manifestent en r\u00e9alit\u00e9 la concordance des structures organisant la profession et leurs propres aspirations subjectives, aspirations r\u00e9sultant largement de l\u2019\u00e9tat desdites structures. Bref, <i>\u00ab\u00a0ils font librement ce qu\u2019ils sont socialement programm\u00e9s \u00e0 faire\u00a0\u00bb<\/i> (p. 108) Celles et ceux qui se disent les plus libres sont bien souvent les journalistes qui, pr\u00e9cis\u00e9ment, sont en position de domination, et peuvent justement influer sur l\u2019organisation de la profession. Or cette influence se r\u00e9sume bien souvent \u00e0 verrouiller l\u2019ordre social organisant la profession.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0Quelle th\u00e9rapie pour les m\u00e9dias dominants\u00a0?\u00a0\u00bb<\/i>\u00a0: telle est la question \u00e0 laquelle Alain Accardo apporte une double r\u00e9ponse \u00e0 la fin de son ouvrage.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00ab\u00a0Les grands m\u00e9dias\u00a0\u00bb<\/i>, dit-il, <i>\u00ab\u00a0sont partie int\u00e9grante des moyens de d\u00e9fense et de reproduction de l\u2019ordre capitaliste et on ne saurait donc les changer en profondeur sans s\u2019attaquer \u00e0 ce qui est la racine de leur fonctionnement\u00a0: la logique de march\u00e9 et la recherche de la rentabilit\u00e9 et du profit maximum <\/i>\u00a0\u00bb. La <i>\u00ab\u00a0lib\u00e9ration des m\u00e9dias\u00a0\u00bb <\/i>supposerait donc de <i>\u00ab\u00a0casser les reins aux empires de presse\u00a0\u00bb<\/i>. Et cela de deux fa\u00e7ons\u00a0: par l\u2019expropriation de groupes industriels et financiers et par la cr\u00e9ation d\u2019un grand service public de l\u2019information.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais cela ne suffirait pas. Il conviendrait encore de <i>\u00ab\u00a0changer le type de journalisme et donc de journalistes que les structures actuelles ont fa\u00e7onn\u00e9\u00a0\u00bb<\/i>, en modifiant leur recrutement et en cr\u00e9ant <i>\u00ab\u00a0un r\u00e9seau d\u2019\u00e9coles du journalisme\u00a0\u00bb<\/i> ajust\u00e9 aux besoins d\u2019un service public de l\u2019information, \u00e0 la diff\u00e9rence des m\u00e9diocres \u00e9coles actuelles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ce n\u2019est qu\u2019au prix de ce double changement conjointement men\u00e9 que le journalisme, <i>\u00ab\u00a0m\u00e9tier de la production symbolique\u00a0\u00bb<\/i> (p. 123) et donc puissant g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019affects, cesserait de contribuer \u00e0 produire des sujets <i>\u00ab\u00a0d\u00e9vou\u00e9s corps et \u00e2mes\u00a0\u00bb<\/i> \u00e0 l\u2019ordre capitaliste \u00e9tabli (p. 125).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">acrimed.org<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-818 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170622-08-297x300.jpg\" alt=\"\" width=\"297\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170622-08-297x300.jpg 297w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170622-08-100x100.jpg 100w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/SalonDames-170622-08.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un livre revu et corrig\u00e9 par Alain Accardo\u00a0; \u00e9ditions Agone<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":835,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-745","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture-formation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/745","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=745"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/745\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":830,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/745\/revisions\/830"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/835"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}