{"id":7932,"date":"2020-08-28T02:22:40","date_gmt":"2020-08-28T00:22:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=7932"},"modified":"2020-08-19T08:23:47","modified_gmt":"2020-08-19T06:23:47","slug":"huitres-assainissement-et-consommateurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/08\/28\/huitres-assainissement-et-consommateurs\/","title":{"rendered":"Huitres, assainissement et consommateurs"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: left;\"><strong>Dans le Morbihan, les ostr\u00e9iculteurs craignent de devoir mettre la clef sous la porte. <\/strong><\/h2>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leurs hu\u00eetres sont r\u00e9guli\u00e8rement porteuses et vectrices de norovirus et transmettent gastro-ent\u00e9rites et diarrh\u00e9es aux consommateurs. En cause : des stations d\u2019\u00e9puration et un r\u00e9seau d\u2019assainissement d\u00e9faillants, ainsi qu\u2019une urbanisation rampante.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>***********\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 ************<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0\u00ab\u00a0Si rien n\u2019est fait rapidement, on va \u00eatre ray\u00e9s de la carte&#8230;\u00a0\u00bb<\/em> Renan Henry, responsable du Comit\u00e9 de survie ostr\u00e9icole, exprime le ras-le-bol d\u2019une profession qui subit, depuis quatre ans, des fermetures administratives \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. L\u2019hiver dernier a \u00e9t\u00e9 dramatique pour les ostr\u00e9iculteurs du pays d\u2019Auray\u00a0: leurs \u00e9levages d\u2019hu\u00eetres ont \u00e9t\u00e9 atteints par le norovirus, la cause la plus courante de gastro-ent\u00e9rite et de diarrh\u00e9e. Pendant la p\u00e9riode charni\u00e8re des f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e, des centaines de personnes ayant d\u00e9gust\u00e9 ces fruits de mer ont \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9es, les lots rappel\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sant\u00e9 Publique France a comptabilis\u00e9 pas moins de 179 toxi-infections alimentaires collectives en d\u00e9cembre dernier, suspect\u00e9es d\u2019\u00eatre li\u00e9es \u00e0 la consommation de coquillages. C\u2019est environ 80\u00a0% de plus que les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Comment les hu\u00eetres se sont-elles retrouv\u00e9es porteuses et vectrices du virus\u00a0? <em>\u00ab\u00a0Les norovirus font partie des virus les plus r\u00e9sistants qui infectent l\u2019homme,<\/em> assure \u00e0 <em>Reporterre<\/em> Vincent Thibault, chef du service de virologie du centre hospitalier universitaire de Rennes. <em>Si quelqu\u2019un est infect\u00e9, il va \u00e9mettre \u00e9norm\u00e9ment de virus dans ses selles, qui vont se retrouver dans les eaux us\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/em> Il suffit alors d\u2019une fuite dans le r\u00e9seau d\u2019assainissement pour que le norovirus se r\u00e9pande dans les \u00e9levages ostr\u00e9icoles. <em>\u00ab\u00a0L\u2019hu\u00eetre filtre l\u2019eau, et la nature du virus fait qu\u2019il s\u2019accroche \u00e0 ses tissus,<\/em> explique \u00e0 <em>Reporterre<\/em> Renan Henry. <em>Il faut plusieurs semaines pour que le virus disparaisse.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0La cinqui\u00e8me vague de fermeture en quatre ans\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le Golfe du Morbihan, ces contaminations sont r\u00e9currentes. <em>\u00ab\u00a0On en est \u00e0 notre cinqui\u00e8me vague de fermeture en quatre ans\u00a0\u00bb<\/em>, se rappelle Renan Henry. <em>\u00ab\u00a0Ici\u00a0\u00bb<\/em>, c\u2019est Auray Quiberon Terre Atlantique, ou plus commun\u00e9ment <em>\u00ab\u00a0AQTA\u00a0\u00bb<\/em>, une communaut\u00e9 de communes qui regroupe vingt-quatre municipalit\u00e9s, plus de 86.000 habitants et un circuit d\u2019assainissement tr\u00e8s dense\u00a0: quinze stations d\u2019\u00e9puration et 853 kilom\u00e8tres de r\u00e9seau de collecte d\u2019eaux us\u00e9es. Environ 130 entreprises ostr\u00e9icoles install\u00e9es en AQTA, regroupant 650 employ\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 l\u2019arr\u00eat entre d\u00e9cembre et janvier dernier \u00e0 cause de contaminations au norovirus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anticiper ces vagues de contamination est un casse-t\u00eate. Pour la bact\u00e9rie <em>Escherichia coli<\/em>, des points de surveillance des zones conchylicoles, situ\u00e9s dans les cours d\u2019eau, permettent de d\u00e9tecter les contaminations f\u00e9cales d\u2019origine humaine ou animale. En revanche, aucune surveillance syst\u00e9matique n\u2019existe pour d\u00e9tecter la pr\u00e9sence de norovirus. <em>\u00ab\u00a0Le temps de v\u00e9rifier que c\u2019est bien les coquillages qui sont \u00e0 l\u2019origine de la contamination, il y a un d\u00e9lai de quinze jours \u00e0 un mois entre la d\u00e9claration de la maladie et la fermeture des zones\u00a0\u00bb<\/em>, analyse Nathalie Cochennec-Laureau, chercheuse \u00e0 la station d\u2019Ifremer de Lorient. Il n\u2019existe pas, non plus, de seuil r\u00e9glementaire au-del\u00e0 duquel le virus serait <em>\u00ab\u00a0susceptible d\u2019engendrer une maladie chez les hommes\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les fermetures administratives des zones conchylicoles sont une double peine pour les ostr\u00e9iculteurs\u00a0: leurs ventes sont \u00e0 l\u2019arr\u00eat et leur image ternie. <em>\u00ab\u00a0La confiance des consommateurs est tr\u00e8s importante et elle se perd progressivement,<\/em> regrette Beno\u00eet Le Joubioux, un ostr\u00e9iculteur morbihannais. <em>Ils ont peur d\u2019\u00eatre contamin\u00e9s. Moi, je n\u2019\u00e9tais pas ferm\u00e9, aucun de mes clients n\u2019\u00e9tait malade\u2026 Et pourtant mes ventes sont tomb\u00e9es de moiti\u00e9 entre d\u00e9cembre et f\u00e9vrier.\u00a0\u00bb<\/em> Un autre ostr\u00e9iculteur interrog\u00e9 par <em>Reporterre<\/em> dit avoir subi des diminutions de ventes <em>\u00ab\u00a0dramatiques\u00a0\u00bb<\/em> en janvier et en f\u00e9vrier, alors que son exploitation n\u2019a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e qu\u2019une semaine\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Pour les clients, c\u2019est devenu hu\u00eetres = gastro\u00a0\u00bb<\/em>. <em>\u00ab\u00a0D\u2019habitude, les \u00e9pisodes de contamination au norovirus tombaient sur des p\u00e9riodes plus calmes, c\u2019\u00e9tait surmontable,<\/em> ajoute Renan Henry. <em>Cette ann\u00e9e, l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de gastro est arriv\u00e9e beaucoup plus t\u00f4t.\u00a0J\u2019ai perdu 350.000\u00a0euros.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Derri\u00e8re les contaminations, les failles de l\u2019assainissement collectif<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Nathalie Cochennec-Laureau, ces contaminations pourraient \u00eatre \u00e9vit\u00e9es <em>\u00ab\u00a0si les r\u00e9seaux d\u2019assainissement ou les stations d\u2019\u00e9puration ne connaissaient pas de dysfonctionnements\u00a0\u00bb<\/em>. Des d\u00e9versements sauvages, des rejets de bateaux de plaisance ou encore des dispositifs d\u2019assainissement non collectif \u2014 installations individuelles de traitement des eaux domestiques \u2014 d\u00e9fectueux pourraient aussi contribuer \u00e0 cette situation. Mais depuis plusieurs ann\u00e9es, les ostr\u00e9iculteurs incriminent principalement la gestion de l\u2019assainissement collectif, une des missions d\u2019Auray Quiberon Terre Atlantique, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e au groupe priv\u00e9 SAUR, sp\u00e9cialis\u00e9 dans les services de l\u2019eau. <em>\u00ab\u00a0L\u2019assainissement, c\u2019est la b\u00eate noire des \u00e9lus. \u00c7a ne met vraiment pas en avant leur action, comme la construction d\u2019une salle des f\u00eates ou d\u2019un \u00e9quipement sportif,<\/em> raconte Brieuc Le Roch, juriste de l\u2019association Eau et Rivi\u00e8res de Bretagne.<em> Les excr\u00e9ments, on ne veut pas les voir. Les r\u00e9seaux sont sous terre, on ne s\u2019en occupe pas.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Interrog\u00e9 par <em>Reporterre<\/em>, Roland Gastine, vice-pr\u00e9sident \u00e0 l\u2019assainissement collectif d\u2019AQTA, refuse de consid\u00e9rer la gestion de l\u2019assainissement comme la principale cause de ces contaminations. Il \u00e9voque <em>\u00ab\u00a0un probl\u00e8me diffus\u00a0\u00bb<\/em> pour lequel il serait <em>\u00ab\u00a0difficile de conna\u00eetre le coupable\u00a0\u00bb<\/em>. La r\u00e9habilitation de certaines stations d\u2019\u00e9puration par AQTA a pourtant fait ses preuves pour lutter contre le virus. Des travaux achev\u00e9s en 2013 sur la station de Saint-Philibert \u2014 \u00e0 proximit\u00e9 directe des entreprises ostr\u00e9icoles de la rivi\u00e8re d\u2019Auray \u2014 ont quasiment permis d\u2019\u00e9radiquer la pr\u00e9sence de norovirus dans les eaux trait\u00e9es, selon <a href=\"https:\/\/archimer.ifremer.fr\/doc\/00267\/37778\/35829.pdf\">une \u00e9tude men\u00e9e par l\u2019Ifremer en 2015<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La station d\u2019\u00e9puration de Locoal-Mendon est aujourd\u2019hui la seule dont l\u2019\u00e9quipement est sous-dimensionn\u00e9 pour traiter correctement l\u2019ensemble des eaux us\u00e9es qui lui parviennent. Le chantier pour sa mise aux normes a d\u00e9but\u00e9 au cours du mois de juin. Mais six autres stations d\u2019AQTA ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9es <em>\u00ab\u00a0non conformes en performance\u00a0\u00bb<\/em> en 2018, un avertissement habituellement utilis\u00e9 en cas de d\u00e9faillances ponctuelles. <em>\u00ab\u00a0Ces stations sont tr\u00e8s performantes techniquement,<\/em> assure Gilles Roudaut, chef de l\u2019unit\u00e9 eau et assainissement de la Direction d\u00e9partementale des territoires et de la mer (DDTM) du Morbihan. Il reconna\u00eet toutefois qu\u2019elles <em>\u00ab\u00a0apparaissent non conformes parce qu\u2019il manque quelques \u00e9quipements d\u2019autosurveillance\u00a0\u00bb<\/em>. L\u2019autosurveillance, poursuit-il, <em>\u00ab\u00a0est obligatoire et permet de confirmer le bon fonctionnement de l\u2019ouvrage et de mesurer ses possibles rejets d\u2019eaux us\u00e9es non trait\u00e9es dans la nature.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus, avoir des stations performantes n\u2019est pas suffisant si le syst\u00e8me de collecte, qui achemine les eaux us\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la station d\u2019\u00e9puration, est d\u00e9faillant. C\u2019est surtout l\u00e0 que le b\u00e2t blesse. Le r\u00e9seau d\u2019assainissement d\u2019ACTA est <em>\u00ab\u00a0s\u00e9paratif\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0: il est cens\u00e9 s\u00e9parer les eaux us\u00e9es des eaux pluviales. Dans ce cas, selon <a href=\"http:\/\/www.assainissement.developpement-durable.gouv.fr\/documents\/3%20-%20Commentaire%20technique%20AM%2021_07_2015%20-%20Partie%203%20Conformit%C3%A9%20Qref.pdf\">un commentaire technique de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 21\u00a0juillet 2015<\/a>, qui r\u00e9glemente l\u2019assainissement collectif en France, <em>\u00ab\u00a0le syst\u00e8me de collecte des eaux us\u00e9es ne doit pas engendrer de d\u00e9versement direct de pollution par temps de pluie\u00a0\u00bb<\/em>. Or, \u00e0 Auray Quiberon, la porosit\u00e9 des tuyaux et les mauvais branchements entra\u00eene la dispersion des eaux de mer, de nappes et surtout de pluie dans le r\u00e9seau d\u2019eaux us\u00e9es. R\u00e9sultat\u00a0: celui-ci sature, d\u00e9borde et l\u2019eau se d\u00e9verse dans la nature. <em>\u00ab\u00a0Ce sont des r\u00e9seaux tentaculaires qu\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 poser dans les ann\u00e9es 1960, 1970, 1980, qui \u00e9taient sous nos pieds et qu\u2019on a eu tendance \u00e0 oublier\u00a0\u00bb<\/em>, explique Gilles Roudaut. Roland Gastine, vice-pr\u00e9sident \u00e0 l\u2019assainissement collectif d\u2019AQTA, admet <em>\u00ab\u00a0tr\u00e8s bien savoir qu\u2019il existe des d\u00e9faillances et des d\u00e9bordements\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la fin du mois de janvier dernier, Jacques Carrer, pr\u00e9sident du syndicat ostr\u00e9icole de la Ria d\u2019\u00c9tel, a d\u00e9couvert dans une rivi\u00e8re de Landaul <em>\u00ab\u00a0entre 2.000 et 3.000 m\u00e8tres carr\u00e9s de merde\u00a0\u00bb<\/em> en aval de la station d\u2019\u00e9puration voisine. Dans un courriel transmis le 6\u00a0f\u00e9vrier dernier au syndicat mixte de la Ria d\u2019\u00c9tel, charg\u00e9 de la protection du fleuve, Julie Manceau, responsable du service eau et assainissement d\u2019AQTA, \u00e9voque l\u2019origine de cet incident. Il s\u2019agirait d\u2019un d\u00e9part de boues d\u2019\u00e9puration, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e9sidus issus du traitement des eaux us\u00e9es, d\u00e9tect\u00e9 presque deux mois plus t\u00f4t, d\u00e9but d\u00e9cembre. Pendant ce laps de temps, Jacques Carrer affirme <em>\u00ab\u00a0qu\u2019aucune action n\u2019a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em> par AQTA et, surtout, qu\u2019aucun ostr\u00e9iculteur n\u2019a \u00e9t\u00e9 mis au courant. Ni par la collectivit\u00e9, ni par la SAUR \u2014 qui a refus\u00e9 de r\u00e9pondre aux questions de <em>Reporterre<\/em>\u00a0\u2014, ni par le maire de Landaul Serge Cuvillier. S\u2019il n\u2019a pas averti les professionnels, celui-ci s\u2019\u00e9nerve toutefois de la mauvaise communication au sein d\u2019AQTA\u00a0: il n\u2019a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 qu\u2019une semaine apr\u00e8s l\u2019incident, quand <em>\u00ab\u00a0un chasseur est pass\u00e9 par l\u00e0\u00a0\u00bb<\/em>. Roland Gastine d\u00e9clare pour sa part avoir \u00e9t\u00e9 <em>\u00ab\u00a0pr\u00e9venu tardivement\u00a0\u00bb<\/em> et ne pas savoir <em>\u00ab\u00a0si les ostr\u00e9iculteurs ont \u00e9t\u00e9 mis au courant\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La restauration du r\u00e9seau d\u2019assainissement constitue un chantier tr\u00e8s co\u00fbteux, qui pourrait durer plus d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es. <em>\u00ab\u00a0Il y en a pour \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent et c\u2019est complexe techniquement,<\/em> reconna\u00eet Gilles Roudaut. <em>Il faut identifier les zones \u00e0 probl\u00e8mes alors que les r\u00e9seaux sont en plein centre-ville, sous la route, les trottoirs. Sans compter la mauvaise qualit\u00e9 des raccordements des habitations au r\u00e9seau collectif.\u00a0\u00bb<\/em> AQTA a d\u00e9j\u00e0 investi 40 millions d\u2019euros dans l\u2019assainissement depuis 2014, son premier poste de d\u00e9penses, et pr\u00e9voit d\u2019en investir 50 millions de plus d\u2019ici 2024.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une partie de ce budget provient de subventions octroy\u00e9es par l\u2019Agence de l\u2019eau Loire-Bretagne. Mais les deux acteurs sont en d\u00e9saccord sur la priorit\u00e9 des chantiers \u00e0 mener. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Agence de l\u2019eau,<em> \u00ab\u00a0on pr\u00e9f\u00e9rerait que les travaux soient orient\u00e9s vers les urgences sanitaires li\u00e9es aux usages conchylicoles\u00a0\u00bb<\/em>, selon Olivier Brunner, chef du service assainissement. Mais pour r\u00e9duire les co\u00fbts, AQTA privil\u00e9gie des travaux d\u2019opportunit\u00e9\u00a0: elle profite par exemple de la r\u00e9novation d\u2019une route pour am\u00e9liorer l\u2019\u00e9tat des tuyaux se trouvant en dessous, m\u00eame si leur r\u00e9novation ne repr\u00e9sente qu\u2019un b\u00e9n\u00e9fice environnemental minime. <em>\u00ab\u00a0On est parfois sollicit\u00e9s pour une commune situ\u00e9e loin du littoral alors qu\u2019on sait qu\u2019une partie du r\u00e9seau est \u00e0 l\u2019origine de d\u00e9versements \u00e0 500 m\u00e8tres d\u2019une zone conchylicole\u00a0\u00bb<\/em>, ajoute le chef de service, \u00e9voquant des d\u00e9bats r\u00e9guliers et souvent houleux avec AQTA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0L\u2019Agence de l\u2019eau a son analyse, mais pour la collectivit\u00e9 \u00e7a devient rapidement une obligation de regrouper les travaux communaux\u00a0\u00bb<\/em>, r\u00e9plique Roland Gastine. De ces discussions compliqu\u00e9es r\u00e9sultent des refus de subventions et un faible renouvellement du r\u00e9seau\u00a0: 0,51\u00a0% entre 2013 et 2017, selon l\u2019Observatoire national des services d\u2019eau et d\u2019assainissement. AQTA pr\u00e9voit de consacrer 27 millions d\u2019euros au renouvellement de ce r\u00e9seau d\u2019ici 2028. Mais cette somme permettrait seulement de r\u00e9nover 80 des 230 kilom\u00e8tres identifi\u00e9s comme probl\u00e9matiques par la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le m\u00eame temps, le r\u00e9seau continue de s\u2019\u00e9tendre sous l\u2019effet d\u2019une urbanisation croissante\u00a0: plus de 800.000 m\u00e8tres carr\u00e9s de surface de logements et environ 8.000 habitants suppl\u00e9mentaires entre 2007 et 2017. La c\u00f4te sauvage de Quiberon et des alentours attire les touristes\u00a0: dans certaines communes, la population est parfois multipli\u00e9e par dix pendant la saison estivale. <em>\u00ab\u00a0L\u2019extension du r\u00e9seau repr\u00e9sente des kilom\u00e9trages tr\u00e8s importants de canalisations, alors que l\u2019enjeu est surtout de diminuer voire d\u2019\u00e9viter compl\u00e8tement l\u2019occurrence de ces d\u00e9bordements d\u2019eaux us\u00e9es non trait\u00e9es\u00a0\u00bb<\/em>, explique Jean-Come Piquet, chef de projet surveillance microbiologique \u00e0 l\u2019Ifremer. En d\u2019autres termes, ajouter des ramifications au r\u00e9seau augmente les risques d\u2019incidents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En outre, de nombreux ostr\u00e9iculteurs condamnent les investissements faits dans l\u2019extension du r\u00e9seau plut\u00f4t que dans sa r\u00e9novation. Gilles Roudaut, le chef de l\u2019unit\u00e9 eau et assainissement de la DDTM, envisage une solution radicale\u00a0: <em>\u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019avenir, la pr\u00e9fecture pourrait dire<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Vous ne pouvez plus vous agrandir, parce que votre syst\u00e8me d\u2019assainissement n\u2019est pas performant \u00ab\u00a0<em>. Mais personne ne veut \u00e7a.\u00a0\u00bb<\/em> Si AQTA continue d\u2019injecter de l\u2019argent dans l\u2019agrandissement du r\u00e9seau, et re\u00e7oit m\u00eame des subventions de l\u2019Agence de l\u2019eau en ce sens (voir graphique ci-dessus), Roland Gastine assure que ce budget sert presque uniquement \u00e0 raccorder des habitations disposant de syst\u00e8mes d\u2019assainissement non collectif d\u00e9fectueux aux stations d\u2019\u00e9puration. Il reconna\u00eet toutefois <em>\u00ab\u00a0payer les pots cass\u00e9s d\u2019une urbanisation galopante\u00a0\u00bb<\/em> et des <em>\u00ab\u00a0investissements faits sur les extensions au d\u00e9triment de la r\u00e9habilitation des r\u00e9seaux\u00a0\u00bb<\/em> avant la cr\u00e9ation d\u2019AQTA, en 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Si nous sommes \u00e0 nouveau ferm\u00e9s cet hiver, c\u2019est fini\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Inquiets \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une nouvelle vague de contaminations l\u2019hiver prochain, les conchyliculteurs envisagent d\u2019installer des bassins ferm\u00e9s sur leurs exploitations. L\u2019eau y serait purifi\u00e9e et les virus \u00e9limin\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de rayons ultra-ultraviolets. <em>\u00ab\u00a0La r\u00e9novation du r\u00e9seau va \u00eatre extr\u00eamement longue alors on a besoin de ces bassins pour continuer \u00e0 travailler,<\/em> estime Jacques Carrer, ostr\u00e9iculteur implant\u00e9 dans la Ria d\u2019Etel. <em>C\u2019est une solution beaucoup plus rapide mais ce sont des \u00e9quipements tr\u00e8s co\u00fbteux.\u00a0\u00bb<\/em> <em>\u00ab\u00a0Quand il y a une alerte au norovirus, il est d\u00e9j\u00e0 trop tard. Il faut qu\u2019on puisse anticiper ce genre de choses. Et c\u2019est AQTA le pollueur, alors c\u2019est AQTA qui doit payer\u00a0\u00bb<\/em>, insiste Renan Henry.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette r\u00e9clamation ne fait pas consensus au sein de la profession. Des producteurs d\u2019hu\u00eetres comme Beno\u00eet Le Joubioux, pr\u00e9sident de l\u2019association Ostr\u00e9iculteur traditionnel, d\u00e9fendent la production d\u2019hu\u00eetres en mer\u00a0: <em>\u00ab\u00a0En tant qu\u2019ostr\u00e9iculteurs, nous sommes garants de l\u2019estran, d\u2019une biodiversit\u00e9, d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me. Notre profession d\u00e9pend de cet \u00e9quilibre. Si on veut avoir des hu\u00eetres en bonne sant\u00e9, il faut mettre le prix pour que l\u2019assainissement soit nickel\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des chercheurs et chercheuses d\u2019Ifremer s\u2019appr\u00eatent \u00e0 lancer un programme de recherche dans la rivi\u00e8re de Crac\u2019h pour mieux comprendre le comportement des particules virales dans l\u2019eau. <em>\u00ab\u00a0On d\u00e9veloppe des outils de surveillance du milieu pour mieux orienter les acteurs de la qualit\u00e9 de l\u2019eau sur les secteurs o\u00f9 il faut am\u00e9liorer les r\u00e9seaux d\u2019assainissement\u00a0\u00bb<\/em>, explique Jean-C\u00f4me Piquet, chef de projet surveillance microbiologique \u00e0 l\u2019Ifremer. Dans le m\u00eame temps, ils cherchent des techniques pour faciliter la d\u00e9contamination des coquillages, et ainsi aider les professionnels. Le projet aurait d\u00fb d\u00e9buter en avril, mais le coronavirus en a report\u00e9 le top d\u00e9part. Roland Gastine s\u2019inqui\u00e8te\u00a0: <em>\u00ab\u00a0On sait tr\u00e8s bien que si cet hiver est aussi pluvieux, on risque encore d\u2019avoir des petits soucis\u00a0\u00bb<\/em>. Un euph\u00e9misme, au regard de ce que vivent les ostr\u00e9iculteurs, dont la situation se pr\u00e9carise au fil des ans et des contaminations. <em>\u00ab\u00a0Si nous sommes \u00e0 nouveau ferm\u00e9s, c\u2019est fini&#8230;\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9dit Renan Henry.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cette enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par quatre \u00e9tudiants en licence professionnelle de journalisme sp\u00e9cialit\u00e9 web \u00e0 l\u2019IUT de Lannion (C\u00f4tes-d\u2019Armor). Ils ont \u00e9t\u00e9 encadr\u00e9s par Laurence Dierickx, Philippe Gestin et Olivier Tr\u00e9dan, enseignants \u00e0 l\u2019IUT, Donatien Huet, journaliste \u00e0 <\/em>Mediapart<em>, et Alexandre-Reza Kokabi, journaliste \u00e0 <\/em>Reporterre<em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/reporterre.net\/Dans-le-Morbihan-le-reseau-d-assainissement-defaillant-empoisonne-les-huitres-et-les\">https:\/\/reporterre.net\/Dans-le-Morbihan-le-reseau-d-assainissement-def<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le Morbihan, les ostr\u00e9iculteurs craignent de devoir mettre la clef sous la porte.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7932","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7932","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7932"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7932\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7934,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7932\/revisions\/7934"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7932"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7932"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7932"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}