{"id":7986,"date":"2020-09-12T02:16:29","date_gmt":"2020-09-12T00:16:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=7986"},"modified":"2020-09-07T14:18:20","modified_gmt":"2020-09-07T12:18:20","slug":"andre-gorz-et-ses-trois-vies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/09\/12\/andre-gorz-et-ses-trois-vies\/","title":{"rendered":"Andr\u00e9 Gorz et ses trois vies"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: left;\"><strong>Ami de Sartre et d\u2019Ivan Illitch, lecteur critique de Marx &#8230;<\/strong><\/h2>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&#8230; th\u00e9oricien de l\u2019ali\u00e9nation et introducteur de l\u2019autogestion en France<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le philosophe exer\u00e7a une influence intellectuelle consid\u00e9rable sur toute une g\u00e9n\u00e9ration de militants des ann\u00e9es 1960-1980, au croisement du PSU et de la CFDT. Il \u00e9tait n\u00e9\u00a0Gerhard Hirsh en 1923 \u00e0 Vienne, devint G\u00e9rard Horst\u00a0\u00e0 la conversion de son p\u00e8re pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019antis\u00e9mitisme, et dut fuir en Suisse en 1939, lorsque Hitler annexa l\u2019Autriche.\u00a0Le 22 septembre 2007, il se suicida en compagnie de son \u00e9pouse Dorine. Un geste annonc\u00e9 dans son dernier livre,\u00a0<em>Lettre \u00e0 D. Histoire d\u2019un amour,<\/em>\u00a0paru en 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">******\u00a0\u00a0 ******<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rarement on aura vu intellectuel de premier plan aussi modeste et aussi discret. Andr\u00e9 Gorz, \u00e9tait, selon Sartre, \u00ab<em>\u00a0<\/em><a href=\"http:\/\/www.nonfiction.fr\/article-65-le_cas_gorz.htm\"><em>une des intelligences les plus agiles et des plus aigu\u00ebs que je connaisse<\/em><\/a>\u00a0<em>\u00bb<\/em><a href=\"https:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/andre-gorz-trois-vies\/00093559?utm_source=emailing#footnote1_ghlsmqh\"><em>1<\/em><\/a>, sans doute l\u2019un de ceux dont la pens\u00e9e a marqu\u00e9 en profondeur l\u2019analyse sociale contemporaine. Et pourtant, il ne faisait pas partie de ceux qui s\u2019expriment bruyamment dans la sph\u00e8re publique, que ce soit sur les plateaux de t\u00e9l\u00e9vision ou dans les tribunes des journaux. Il avait quitt\u00e9 Paris et ses d\u00eeners en ville depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, pour vivre avec son \u00e9pouse dans un petit village de l\u2019Aube.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis plus de trente ans, il avait choisi pour publier ses livres une petite maison d\u2019\u00e9dition, de grande qualit\u00e9 certes, mais connue des sp\u00e9cialistes plus que du grand public. Bref, Andr\u00e9 Gorz mettait au premier rang de ses exigences davantage la rigueur que la notori\u00e9t\u00e9<a href=\"https:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/andre-gorz-trois-vies\/00093559?utm_source=emailing#footnote2_2aw42kt\">2<\/a>, et c\u2019est cela qui lui a valu d\u2019\u00eatre assez largement m\u00e9connu de ce grand public en France. Un grand public qu\u2019il avait su pourtant atteindre, dans les ann\u00e9es 70, sous le pseudonyme de Michel Bosquet, lorsqu\u2019il travaillait au\u00a0<em>Nouvel Observateur<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une vie sartrienne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Andr\u00e9 Gorz a eu successivement trois vies, qui se sont nourries et enrichies l\u2019une l\u2019autre. La premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 sartrienne, parce qu\u2019il l\u2019a v\u00e9cue dans la mouvance de Jean-Paul Sartre. Elle a commenc\u00e9 en 1946 \u00e0 Lausanne, lorsque ce dernier vient y faire une conf\u00e9rence. Le jeune G\u00e9rard Horst\u00a0\u2013\u00a0 car tel est son nom\u00a0\u2013\u00a0 termine alors des \u00e9tudes d\u2019ing\u00e9nieur et, tr\u00e8s marqu\u00e9 par la lecture de\u00a0<em>L\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant<\/em>, il a entam\u00e9 la r\u00e9daction d\u2019un \u00ab\u00a0trait\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0de philosophie visant \u00e0 prolonger l\u2019existentialisme de Sartre. La rencontre pousse Andr\u00e9 Gorz \u00e0 quitter la Suisse pour Paris (1949), o\u00f9 il devient journaliste (sous le nom de Michel Bosquet, traduction fran\u00e7aise de Horst), d\u2019abord \u00e0\u00a0<em>Paris Presse<\/em>, puis, en 1955, \u00e0\u00a0<em>L\u2019Express<\/em>, o\u00f9 il s\u2019occupe d\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1954, il finit par pr\u00e9senter son \u00ab\u00a0trait\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0\u00e0 Sartre. Sans grand succ\u00e8s, ce qui l\u2019incite \u00e0 \u00e9crire alors une sorte d\u2019autobiographie intellectuelle puisant dans l\u2019existentialisme et le marxisme,\u00a0<em>Le tra\u00eetre<\/em>, pour laquelle il demande un avant-propos \u00e0 Sartre. Lequel, impressionn\u00e9 par la profondeur et la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture, r\u00e9dige un long texte, tr\u00e8s \u00e9logieux, qui assure au livre (paru en 1958 au Seuil) un succ\u00e8s non n\u00e9gligeable. En 1961, il entre au comit\u00e9 de direction des\u00a0<em>Temps Modernes<\/em>, la revue fond\u00e9e par Sartre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contre le structuralisme qui prend alors son essor dans les sciences sociales, il affirme l\u2019importance de l\u2019autonomie de chaque individu, dans la lign\u00e9e quasi libertaire d\u2019un Marcuse, dont il est proche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Contre un marxisme dogmatique et emp\u00eatr\u00e9 dans un langage r\u00e9volutionnaire impuissant, il affirme, dans la lign\u00e9e d\u2019un Bruno Trentin, le leader syndical italien, que l\u2019\u00e9panouissement de l\u2019homme r\u00e9side moins dans le produire que dans le produire autrement<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Strat\u00e9gie ouvri\u00e8re et n\u00e9ocapitalisme<\/em>\u00a0(1964),\u00a0<em>Le socialisme difficile<\/em>\u00a0(1967) et\u00a0<em>R\u00e9forme et r\u00e9volution<\/em>\u00a0(1969) influencent alors fortement ceux qui, en 1968, tenteront de \u00ab\u00a0changer la vie\u00a0\u00bb\u00a0et militent (\u00e0 la CFDT notamment) en faveur de l\u2019autogestion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une tonalit\u00e9 \u00e9cologique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde vie d\u2019Andr\u00e9 Gorz s\u2019inscrit dans le droit fil de la premi\u00e8re\u00a0\u2013\u00a0 \u00e0 la fois anticapitaliste et favorable \u00e0 l\u2019autonomie de chacun\u00a0\u2013, mais avec une tonalit\u00e9 \u00e9cologique qui va fortement s\u2019affirmer. En 1964, il suit Jean Daniel et Serge Lafaurie dans l\u2019aventure du\u00a0<em>Nouvel Observateur<\/em>. Michel Bosquet, son nom de plume, vulgarise avec talent les th\u00e8ses de Marcuse et celles de son ami Ivan Illich, sur la soci\u00e9t\u00e9 industrielle qui croit lib\u00e9rer l\u2019homme alors qu\u2019elle l\u2019asservit. \u00ab<em>\u00a0La richesse rend pauvre<\/em>\u00a0<em>\u00bb<\/em>, explique-t-il, \u00e0 la fois en raison de l\u2019accaparement qu\u2019elle suppose au b\u00e9n\u00e9fice de certains et de l\u2019envie qu\u2019elle fait na\u00eetre chez ceux qui en sont priv\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La norme sociale, en \u00e9voluant vers plus d\u2019opulence, cr\u00e9e de la frustration chez beaucoup en m\u00eame temps que de la satisfaction chez quelques-uns. Et il souligne que la logique des outils ne contribue pas \u00e0 l\u2019autonomie des hommes, mais \u00e0 leur d\u00e9pendance. Ses articles (dont certains ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis en 1975 dans un volume intitul\u00e9\u00a0<em>Ecologie et politique<\/em>, sign\u00e9 pour la premi\u00e8re fois de ses deux noms de plume et publi\u00e9 par les Editions Galil\u00e9e) connaissent un succ\u00e8s consid\u00e9rable en raison de leur clart\u00e9 et de leur force de conviction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il devient ainsi le critique sans doute le plus influent du syst\u00e8me industriel, d\u00e9non\u00e7ant par exemple la course en avant technologique repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019option nucl\u00e9aire en France\u00a0: sous pr\u00e9texte de produire massivement de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, ce syst\u00e8me flirte avec des risques inacceptables <\/strong>et, surtout, rend la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re d\u00e9pendante d\u2019une technique que seul un tr\u00e8s petit nombre ma\u00eetrise, ce qui leur conf\u00e8re un pouvoir exorbitant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ruptures id\u00e9ologique et professionnelle<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa troisi\u00e8me vie commence en 1980, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 il publie ses\u00a0<em>Adieux au prol\u00e9tariat<\/em>. Il cherche \u00e0 penser une alternative \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 boulimique de marchandises et de richesse. Le probl\u00e8me, \u00e9crit-il, n\u2019est plus \u00ab<em>\u00a0de se lib\u00e9rer au sein du travail ni de se rendre ma\u00eetre du travail<\/em>\u00a0(&#8230;)\u00a0<em>\u00bb<\/em>, comme le croient les partisans du socialisme. Il est \u00ab<em>\u00a0de se lib\u00e9rer du travail en en refusant tout \u00e0 la fois la nature, le contenu, la n\u00e9cessit\u00e9 et les modalit\u00e9s<\/em>\u00a0<em>\u00bb<\/em>, parce que le travail est aujourd\u2019hui tout entier au service du d\u00e9veloppement de forces productives qui vont \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019autonomie des hommes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quand bien m\u00eame les travailleurs de la soci\u00e9t\u00e9 industrielle\u00a0\u2013\u00a0 le prol\u00e9tariat, dans le langage marxiste\u00a0\u2013\u00a0 parviendraient \u00e0 conqu\u00e9rir le pouvoir, ils ne sauraient que poursuivre sur la voie d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 industrielle qui nous ali\u00e8ne au lieu de nous lib\u00e9rer.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Aussi plaide-t-il en faveur d\u2019une \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 dualiste\u00a0\u00bb, dans laquelle la sph\u00e8re industrielle, qu\u2019il qualifie, en reprenant le langage d\u2019Illich, d\u2019h\u00e9t\u00e9ronome,\u00a0serait limit\u00e9e et subordonn\u00e9e au profit d\u2019une sph\u00e8re autonome, lieu de production \u00ab\u00a0<em>des biens et services mat\u00e9riels et immat\u00e9riels, non n\u00e9cessaires mais conformes aux d\u00e9sirs, aux go\u00fbts et \u00e0 la fantaisie de chacun<\/em>\u00a0<em>\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le monde de la n\u00e9cessit\u00e9, celui o\u00f9 la complexit\u00e9 des objets implique une stricte organisation du travail\u00a0; de l\u2019autre, le monde de la libert\u00e9, o\u00f9 chacun fait ce dont il a envie et, dans ses activit\u00e9s, s\u2019\u00e9panouit plus qu\u2019il ne travaille. C\u2019\u00e9tait en fait une double rupture. D\u2019abord, et principalement, \u00e0 l\u2019\u00e9gard du socialisme, la substitution du pouvoir du travail \u00e0 celui du capital ne r\u00e9glant en rien la question d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 productiviste et porteuse d\u2019ali\u00e9nation. Ensuite, \u00e0 l\u2019\u00e9gard des \u00e9cologistes \u00ab\u00a0durs\u00a0\u00bb, les tenants de ce qu\u2019on appelle d\u00e9sormais la d\u00e9croissance, r\u00eavant de se passer de tout syst\u00e8me industriel alors que le probl\u00e8me est de le contenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette rupture id\u00e9ologique se double d\u2019une rupture professionnelle. Il ne se reconna\u00eet plus dans\u00a0<em>Les Temps Modernes<\/em>\u00a0et leur d\u00e9rive mao\u00efste. Au\u00a0<em>Nouvel Observateur<\/em>, les frictions se sont multipli\u00e9es\u00a0: on lui reproche par exemple d\u2019avoir, par sa position sur l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire, amen\u00e9 EDF \u00e0 refuser de faire de la publicit\u00e9 dans l\u2019hebdo, et certains trouvent excessive sa critique du syst\u00e8me industriel. Bref, il lui devient de plus en plus difficile d\u2019exprimer sa radicalit\u00e9 dans son journal. Aussi, en 1983, il quitte<em>\u00a0Le Nouvel Obs<\/em>\u00a0et Paris \u00e0 la faveur d\u2019une pr\u00e9retraite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019il d\u00e9serte la sc\u00e8ne publique, il ne d\u00e9serte pas la sc\u00e8ne intellectuelle. Il \u00e9crit encore quelques articles, notamment dans\u00a0<em>Alternatives Economiques<\/em><a href=\"https:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/andre-gorz-trois-vies\/00093559?utm_source=emailing#footnote3_3lkafm3\"><em>3<\/em><\/a>\u00a0. Et, surtout, il approfondit son analyse sur la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9velopper des espaces de vie autonomes au sein de la soci\u00e9t\u00e9 et d\u2019y r\u00e9duire la part du travail au sens classique\u00a0\u2013\u00a0 \u00e9conomique\u00a0\u2013\u00a0 du terme. Cela passe notamment, estime-t-il, par la cr\u00e9ation d\u2019un \u00ab\u00a0revenu social\u00a0\u00bb, qu\u2019il imagine d\u2019abord (dans\u00a0<em>Les chemins du paradis<\/em>, \u00e9d. Galil\u00e9e, 1983) li\u00e9 \u00e0 une contrepartie en travail, avant de renoncer (dans\u00a0<em>Mis\u00e8res du pr\u00e9sent, richesse du possible<\/em>, \u00e9d. Galil\u00e9e, 1997) \u00e0 une probl\u00e9matique qui aurait pu l\u00e9gitimer une limitation drastique et inacceptable de la libert\u00e9 individuelle\u00a0: il se rallie alors \u00e0 un revenu d\u2019existence inconditionnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Proph\u00e9ties<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A-t-il renonc\u00e9 pour autant au combat pour un socialisme respectueux des personnes, comme on le lui a parfois reproch\u00e9\u00a0? Ce serait se m\u00e9prendre, mais il ne mettait pas forc\u00e9ment, sous ce terme, ce que la majorit\u00e9 de ses partisans mettent, comme il l\u2019explique dans un texte de 1989 reproduit dans\u00a0<em>Capitalisme, socialisme, \u00e9cologie<\/em>\u00a0(\u00e9d. Galil\u00e9e, 1991)\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Il n\u2019existe pas d\u2019autre \u00e9conomie d\u2019entreprise\u00a0\u2013\u00a0 d\u2019autre rationalit\u00e9 micro\u00e9conomique\u00a0\u2013\u00a0 que la capitaliste. Il s\u2019agit seulement de savoir dans quelle mesure les crit\u00e8res de la rationalit\u00e9 \u00e9conomique doivent \u00eatre subordonn\u00e9s \u00e0 d\u2019autres types de rationalit\u00e9. Il faut concevoir le socialisme comme la subordination restrictive de la rationalit\u00e9 \u00e9conomique\u00a0<\/em>(&#8230;)\u00a0<em>\u00e0 des buts soci\u00e9taux d\u00e9mocratiquement \u00e9labor\u00e9s, qui auront bien \u00e9videmment aussi pour effet de restreindre l\u2019application de crit\u00e8res purement \u00e9conomiques \u00e0 la gestion des entreprises.\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Toute sa vie, il aura mis en garde contre l\u2019expansion de la logique marchande dans la vie sociale<\/strong>, l\u2019\u00e9mergence de la production immat\u00e9rielle lui faisant craindre le pire dans ce domaine, \u00e0 savoir la transformation d\u2019un bien public comme la connaissance, voire la pens\u00e9e, en marchandise ou en capital destin\u00e9 \u00e0 rapporter un profit. Cette mise en garde profond\u00e9ment \u00e9thique en faisait \u00e0 la fois un proche et un proph\u00e8te. C\u2019est pour cela que son oeuvre restera.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>altereco\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><a href=\"https:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/andre-gorz-trois-vies\/00093559?utm_source=emailing#footnoteref1_ghlsmqh\">1.<\/a>La phrase de Sartre est cit\u00e9e par Christophe Fourel dans la remarquable pr\u00e9sentation qu\u2019il fait du Tra\u00eetre, l\u2019une des oeuvres majeures (et semi-autobiographique) de Gorz. Voir www.nonfiction.fr\/article-65-le_cas_gorz.htm<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/andre-gorz-trois-vies\/00093559?utm_source=emailing#footnoteref2_2aw42kt\">2.<\/a>Ce qui est un trait assez commun aux grands philosophes, qu\u2019il s\u2019agisse de Paul Ricoeur, de Jacques Bouveresse ou d\u2019Emmanuel Levinas.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/andre-gorz-trois-vies\/00093559?utm_source=emailing#footnoteref3_3lkafm3\">3.<\/a>Notamment dans les num\u00e9ros de juillet 1982, juillet 1983, juillet 1984, mai 1987, d\u00e9cembre 1988, mars 1998 et mars 2003.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ami de Sartre et d\u2019Ivan Illitch, lecteur critique de Marx &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7986","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7986","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7986"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7986\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7987,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7986\/revisions\/7987"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7986"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7986"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7986"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}