{"id":8124,"date":"2020-10-31T02:13:39","date_gmt":"2020-10-31T01:13:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=8124"},"modified":"2020-10-29T06:24:30","modified_gmt":"2020-10-29T05:24:30","slug":"albert-camus-nous-parle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/10\/31\/albert-camus-nous-parle\/","title":{"rendered":"Albert Camus nous parle"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Il nous parle de Samuel Paty <\/strong><\/h2>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vendredi 16 octobre 2020, un d\u00e9cervel\u00e9 de 18 ans a d\u00e9capit\u00e9 un professeur d\u2019histoire-g\u00e9ographie dans une rue de France, \u00ab\u00a0au nom d\u2019Allah, le tout mis\u00e9ricordieux, le tr\u00e8s mis\u00e9ricordieux (1)\u00a0\u00bb. Celui qui n\u2019avait pas de t\u00eate a tranch\u00e9 celle de celui qui en avait une. O\u00f9 vont se loger l\u2019envie et le fanatisme sanguinaire. La mis\u00e9ricorde, nous dit le dictionnaire, est la sensibilit\u00e9 \u00e0 la mis\u00e8re, au malheur d\u2019autrui. Une vertu que nul n\u2019a mieux incarn\u00e9e que ces enseignants de la IIIe R\u00e9publique vomis par les ren\u00e9gats de la gauche postmoderne, anti-universaliste et tra\u00eetre \u00e0 ses propres valeurs d\u2019\u00e9mancipation. On se souvient de cet instituteur, ami du p\u00e8re de Marcel Pagnol, qui se r\u00e9jouissait de n\u2019avoir eu que deux guillotin\u00e9s parmi ses anciens \u00e9l\u00e8ves d\u2019un quartier pauvre de Marseille, contre six pour son pr\u00e9d\u00e9cesseur (<a href=\"http:\/\/www.piecesetmaindoeuvre.com\/spip.php?page=resume&amp;id_article=1333\">voir ici<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est aussi \u00e0 un ma\u00eetre d\u2019\u00e9cole qu\u2019Albert Camus l\u2019Alg\u00e9rois, orphelin de p\u00e8re et fils d\u2019une femme de m\u00e9nage analphab\u00e8te, doit l\u2019amour de la connaissance et la poursuite de ses \u00e9tudes au lyc\u00e9e. Dans <em>Le premier homme<\/em>, roman auquel il travaillait au moment de sa mort en 1960, l\u2019\u00e9crivain rend hommage \u00e0 M.\u00a0Germain (qu\u2019il nomme M.\u00a0Bernard), l\u2019instituteur qui ouvrait au monde des gamins dont l\u2019horizon se bornait au bout de la rue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces ma\u00eetres qui enseignaient \u00e0 apprendre, qui transmettaient pour \u00e9manciper, ont d\u00e9sormais contre eux des parents agressifs et hargneux qui les traitent en prestataires, exigeant un service sur-mesure, respectueux de leurs croyances et de leurs id\u00e9ologies personnelles. Ils ont contre eux la l\u00e2chet\u00e9 de leurs sup\u00e9rieurs, des d\u00e9cideurs et des intellectuels devant les intimidations identitaires et les geignardises victimaires. Ils ont contre eux les r\u00e9seaux sociaux, le tout-\u00e0-l\u2019\u00e9gout des z\u00e9ros sociaux, et l\u2019abrutissement massif d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration devant les \u00e9crans \u2013 \u00e9crans que l\u2019institution scolaire distribue en classe afin de saper plus encore la relation directe, vivante et humaine, avec leurs \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce que l\u2019on en sait, Samuel Paty, professeur d\u2019histoire-g\u00e9ographie assassin\u00e9, \u00e9tait de ces ma\u00eetres capables de surmonter ces obstacles \u00e0 l\u2019enseignement\u00a0; et aussi \u00e9pris de son m\u00e9tier que l\u2019\u00e9tait Louis Germain, l\u2019instituteur d\u2019Albert Camus il y a cent ans. Cette \u00e9pitaphe, extraite de l\u2019ouvrage posthume de Camus, serait aussi d\u00e9risoire que les fleurs, les bougies, les minutes de silence et les marches \u00ab\u00a0blanches\u00a0\u00bb sous lesquels nous enfouissons depuis des ann\u00e9es nos morts, victimes des tueries islamistes, si Camus ne nous rappelait ce que furent l\u2019\u00e9cole et les ma\u00eetres, ce qu\u2019ils enseign\u00e8rent \u00e0 nos grands-parents, avant que les technocrates du minist\u00e8re de l\u2019Education nationale ne mettent en place leurs programmes de liquidation. Un peu apr\u00e8s la mort de Camus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pi\u00e8ces et main d\u2019\u0153uvre<\/strong><br \/>\nGrenoble, 21 octobre 2020<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>***<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Avec M.\u00a0Bernard, cette classe \u00e9tait constamment int\u00e9ressante pour la simple raison qu\u2019il aimait passionn\u00e9ment son m\u00e9tier. [\u2026] Seules les mouches par temps d\u2019orage d\u00e9tournaient parfois l\u2019attention des enfants. [\u2026] Mais la m\u00e9thode de M.\u00a0Bernard, qui consistait \u00e0 ne rien c\u00e9der sur la conduite et \u00e0 rendre au contraire vivant et amusant son enseignement, triomphait m\u00eame des mouches.<br \/>\n[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seule l\u2019\u00e9cole donnait \u00e0 Jacques et \u00e0 Pierre ces joies. Et sans doute ce qu\u2019ils aimaient si passionn\u00e9ment en elle, c\u2019est ce qu\u2019ils ne trouvaient pas chez eux, o\u00f9 la pauvret\u00e9 et l\u2019ignorance rendaient la vie plus dure, plus morne, comme referm\u00e9e sur elle-m\u00eame\u00a0; la mis\u00e8re est une forteresse sans pont-levis. [\u2026] Non, l\u2019\u00e9cole ne leur fournissait pas seulement une \u00e9vasion \u00e0 la vie de famille. Dans la classe de M.\u00a0Bernard du moins, elle nourrissait en eux une faim plus essentielle encore \u00e0 l\u2019enfant qu\u2019\u00e0 l\u2019homme et qui est la faim de la d\u00e9couverte. [\u2026] Dans la classe de M.\u00a0Germain , pour la premi\u00e8re fois ils sentaient qu\u2019ils existaient et qu\u2019ils \u00e9taient l\u2019objet de la plus haute consid\u00e9ration\u00a0: on les jugeait dignes de d\u00e9couvrir le monde. Et m\u00eame leur ma\u00eetre ne se vouait pas seulement \u00e0 leur apprendre ce qu\u2019il \u00e9tait pay\u00e9 pour leur enseigner, il les accueillait avec simplicit\u00e9 dans sa vie personnelle, il la vivait avec eux, leur racontant son enfance et l\u2019histoire d\u2019enfants qu\u2019il avait connus, leurs exposait ses points de vue, non point ses id\u00e9es, car il \u00e9tait par exemple anticl\u00e9rical comme beaucoup de ses confr\u00e8res et n\u2019avait jamais en classe un seul mot contre la religion, ni contre rien de ce qui pouvait \u00eatre l\u2019objet d\u2019un choix ou d\u2019une conviction, mais il n\u2019en condamnait qu\u2019avec plus de force ce qui ne souffrait pas de discussion, le vol, la d\u00e9lation, l\u2019ind\u00e9licatesse, la malpropret\u00e9.<br \/>\n[\u2026]<br \/>\n\u00ab\u00a0Voil\u00e0, dit M.\u00a0Bernard quand la classe fut vide. Vous \u00eates mes meilleurs \u00e9l\u00e8ves. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de vous pr\u00e9senter \u00e0 la bourse des lyc\u00e9es et coll\u00e8ges. Si vous r\u00e9ussissez, vous aurez une bourse et vous pourrez faire toutes vos \u00e9tudes au lyc\u00e9e jusqu\u2019au baccalaur\u00e9at. L\u2019\u00e9cole primaire est la meilleure des \u00e9coles. Mais elle ne vous m\u00e8nera \u00e0 rien. Le lyc\u00e9e vous ouvre toutes les portes. Et j\u2019aime mieux que ce soit des gar\u00e7ons pauvres comme vous qui entrent par ces portes. Mais pour \u00e7a, j\u2019ai besoin de l\u2019autorisation de vos parents. Trottez.\u00a0\u00bb<br \/>\n[\u2026]<br \/>\nQuand ils sortirent, M.\u00a0Bernard s\u2019assit sur son fauteuil et attira Jacques pr\u00e8s de lui. \u00ab\u00a0Alors\u00a0? \u2013 Ma grand-m\u00e8re dit que nous sommes trop pauvres et qu\u2019il faut que je travaille l\u2019an prochain. \u2013 Et ta m\u00e8re\u00a0? \u2013 C\u2019est ma grand-m\u00e8re qui commande. \u2013 Je sais\u00a0\u00bb, dit M.\u00a0Bernard. Il r\u00e9fl\u00e9chissait, puis il prit Jacques dans ses bras. \u00ab\u00a0\u00c9coute\u00a0: il faut la comprendre. La vie est difficile pour elle. \u00c0 elles deux, elles vous ont \u00e9lev\u00e9s, ton fr\u00e8re et toi, et elles ont fait de vous les bons gar\u00e7ons que vous \u00eates. Alors elle a peur, c\u2019est forc\u00e9. Il faudra t\u2019aider encore un peu malgr\u00e9 la bourse, et en tout cas tu ne rapporteras pas d\u2019argent pendant six ans \u00e0 la maison. Tu la comprends\u00a0?\u00a0\u00bb Jacques secoua la t\u00eate de bas en haut sans regarder son ma\u00eetre. \u00ab\u00a0Bon. Mais peut-\u00eatre on peut lui expliquer. Prends ton cartable, je viens avec toi\u00a0! \u2013 \u00c0 la maison\u00a0? dit Jacques. &#8211; Mais oui, \u00e7a me fera plaisir de revoir ta m\u00e8re.\u00a0\u00bb<br \/>\nUn moment apr\u00e8s, M.\u00a0Bernard, sous les yeux interdits de Jacques, frappait \u00e0 la porte de sa maison. La grand-m\u00e8re vint ouvrir en s\u2019essuyant les mains avec son tablier dont le cordon trop serr\u00e9 fait rebondir son ventre de vieille femme. Quand elle vit l\u2019instituteur, elle eut alors un geste vers ses cheveux pour les peigner. \u00ab\u00a0Alors, la m\u00e9m\u00e9, dit M.\u00a0Bernard, en plein travail, comme d\u2019habitude\u00a0? Ah\u00a0! vous avez du m\u00e9rite.\u00a0\u00bb [\u2026] \u00ab\u00a0Toi, dit M.\u00a0Bernard \u00e0 Jacques, va voir dans la rue si j\u2019y suis. Vous comprenez, dit-il \u00e0 la grand-m\u00e8re, je vais dire du bien de lui et il est capable de croire que c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9\u2026\u00a0\u00bb Jacques sortit, d\u00e9vala les escaliers et se posta sur le pas de la porte. Il y \u00e9tait encore une heure plus tard, et la rue s\u2019animait d\u00e9j\u00e0, le ciel \u00e0 travers les ficus virait au vert, quand M.\u00a0Bernard d\u00e9boucha de l\u2019escalier et surgit dans son dos. Il lui grattait la t\u00eate. \u00ab\u00a0Eh bien\u00a0! dit-il, c\u2019est entendu. Ta grand-m\u00e8re est une brave femme. Quant \u00e0 ta m\u00e8re\u2026 Ah\u00a0! dit-il, ne l\u2019oublie jamais.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Monsieur\u00a0\u00bb, dit soudain la grand-m\u00e8re qui surgissait du couloir. Elle tenait son tablier d\u2019une main et essuyait ses yeux. \u00ab\u00a0J\u2019ai oubli\u00e9\u2026 vous m\u2019avez dit que vous donneriez des le\u00e7ons suppl\u00e9mentaires \u00e0 Jacques. \u2013 Bien s\u00fbr, dit M.\u00a0Bernard. Et il ne va pas s\u2019amuser croyez-moi. \u2013 Mais nous ne pourrons pas vous payer.\u00a0\u00bb M.\u00a0Bernard la regardait attentivement. Il tenait Jacques par les \u00e9paules. \u00ab\u00a0Ne vous en faites pas\u00a0\u00bb, et il secouait Jacques, \u00ab\u00a0il m\u2019a d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\n[\u2026]<br \/>\nLa porte s\u2019ouvrit et l\u2019appariteur lut \u00e0 nouveau une liste beaucoup plus courte qui \u00e9tait cette fois celle des \u00e9lus. Dans le brouhaha, Jacques n\u2019entendit pas son nom. Mais il re\u00e7ut une joyeuse claque sur la nuque et entendit M.\u00a0Bernard lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0Bravo, moustique. Tu es re\u00e7u.\u00a0\u00bb [\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[\u2026] dans la pauvre salle \u00e0 manger maintenant pleine de femmes o\u00f9 se tenaient sa grand-m\u00e8re, sa m\u00e8re, qui avait pris un jour de cong\u00e9 \u00e0 cette occasion, et les femmes Masson leurs voisines, il se tenait contre le flanc de son ma\u00eetre, respirant une derni\u00e8re fois l\u2019odeur d\u2019eau de Cologne, coll\u00e9 contre la ti\u00e9deur chaleureuse de ce corps solide, et la grand-m\u00e8re rayonnait devant les voisines. \u00ab\u00a0Merci, Monsieur Bernard, merci\u00a0\u00bb, disait-elle pendant que M.\u00a0Bernard caressait la t\u00eate de l\u2019enfant. \u00ab\u00a0Tu n\u2019as plus besoin de moi, disait-il, tu auras des ma\u00eetres plus savants. Mais tu sais o\u00f9 je suis, viens me voir si tu as besoin que je t\u2019aide.\u00a0\u00bb Il partait et Jacques restait seul, perdu au milieu de ces femmes, puis il se pr\u00e9cipitait \u00e0 le fen\u00eatre, regardant son ma\u00eetre qui le saluait une derni\u00e8re fois et qui le laissait d\u00e9sormais seul, et au lieu de la joie du succ\u00e8s, une immense peine d\u2019enfant lui tordait le c\u0153ur, comme s\u2019il savait d\u2019avance qu\u2019il venait par ce succ\u00e8s d\u2019\u00eatre arrach\u00e9 au monde innocent et chaleureux des pauvres, monde referm\u00e9 sur lui-m\u00eame, comme une \u00eele dans la soci\u00e9t\u00e9 mais o\u00f9 la mis\u00e8re tient lieu de famille et de solidarit\u00e9, pour \u00eatre jet\u00e9 dans un monde inconnu, qui n\u2019\u00e9tait plus le sien, o\u00f9 il ne pouvait croire que les ma\u00eetres fussent plus savants que celui-l\u00e0 dont le c\u0153ur savait tout, et il devrait d\u00e9sormais apprendre, comprendre sans aide, devenir un homme enfin sans le secours du seul homme qui lui avait port\u00e9 secours, grandir et s\u2019\u00e9lever seul enfin, au prix le plus cher.\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>Camus, <em>Le premier homme<\/em>, Gallimard, Folio p. 161-194<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Note\u00a0:<br \/>\n(1) Revendication sur Twitter, rapport\u00e9e par la presse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il nous parle de Samuel Paty<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8124","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8124","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8124"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8124\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8126,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8124\/revisions\/8126"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8124"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8124"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8124"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}