{"id":8177,"date":"2020-11-11T02:15:51","date_gmt":"2020-11-11T01:15:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=8177"},"modified":"2020-11-08T09:16:53","modified_gmt":"2020-11-08T08:16:53","slug":"lhopital-au-bord-de-la-rupture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2020\/11\/11\/lhopital-au-bord-de-la-rupture\/","title":{"rendered":"L\u2019h\u00f4pital au bord de la rupture"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: left;\"><strong>\u00ab\u00a0Je n\u2019en peux plus d\u2019expliquer aux malades qu\u2019il n\u2019y a plus de lits disponibles\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que le pic de la seconde vague du Covid-19 n\u2019est pas encore atteint, les signaux en provenance de l\u2019h\u00f4pital public sont alarmants\u00a0: \u00e9puis\u00e9s, d\u00e9courag\u00e9s, meurtris, les personnels hospitaliers sont \u00e0 la limite de la rupture. Du manque chronique de moyens en remise en question des motivations, leurs t\u00e9moignages laissent augurer l\u2019effondrement de tout un syst\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec le temps, le r\u00e9cit du \u00ab\u00a0pic Covid\u00a0\u00bb, lors de la premi\u00e8re vague de contaminations, prend des allures d\u2019\u00e9pisode cathartique. <em>\u00ab\u00a0Les m\u00e9decins et les soignants avaient pris le pouvoir. Nous avons pu g\u00e9rer les choses comme nous l\u2019entendions\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0se souvient Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers SNPI CFE-CGC. Plus de r\u00e9unions ni de projets \u00ab\u00a0abscons\u00a0\u00bb, retient Guillaume\u00a0[<a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Hopital-public-burn-out-rupture-paroles-de-soignants-suppression-de-lits-reanimation-covid?utm_source=Base+de+donn%C3%A9es+Basta+%21&amp;utm_campaign=fefd97cce6-EMAIL_CAMPAIGN_2019_03_14_01_18_COPY_01&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_d3aba6cc82-fefd97cce6-69126359#nb2-1\">1<\/a>], cadre aux urgences psychiatriques dans le Sud-Est. Matthieu a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par \u00ab\u00a0tous ces renforts\u00a0\u00bb\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Il n\u2019y a jamais eu autant de personnel dans le service\u00a0\u00bb<\/em>, t\u00e9moigne ce pneumologue, appel\u00e9 pour l\u2019\u00e9pid\u00e9mie dans un h\u00f4pital parisien. <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai eu un contrat en deux jours\u00a0! On nous a pr\u00eat\u00e9 un \u00e9chographe cardiaque flambant neuf\u00a0! Du jamais vu&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous parlent d\u2019une grande solidarit\u00e9. Quand bien m\u00eame ils peuvent dire aussi qu\u2019ils \u00e9taient \u00ab\u00a0soulag\u00e9s\u00a0\u00bb que <em>\u00ab\u00a0les personnels administratifs ne soient pas dans [leurs] pattes puisqu\u2019ils t\u00e9l\u00e9travaillaient\u00a0\u00bb<\/em>. Et que des soignants qui ont fait tourner les autres services s\u2019estiment oubli\u00e9s malgr\u00e9 leur participation \u00e0 l\u2019effort commun. Enfin, le printemps n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 que galvanisant. L\u2019effet \u00ab\u00a0nez-dans-le-guidon-sans-toucher-le-sol\u00a0\u00bb a dur\u00e9 un moment. Et, finalement, la catharsis n\u2019a pas eu lieu. La parenth\u00e8se s\u2019est referm\u00e9e, avant un hiver qui s\u2019annonce tr\u00e8s compliqu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fin septembre, quand Paule Bourret, sociologue et coordinatrice d\u2019un master destin\u00e9 aux cadres de soin \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montpellier, a revu la vingtaine de professionnels qui suivent cette formation continue, elle les a sentis <em>\u00ab\u00a0las, d\u00e9courag\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em>. En juin encore elle les trouvait seulement <em>\u00ab\u00a0fatigu\u00e9s mais satisfaits d\u2019avoir repris la main, au plus pr\u00e8s du terrain\u00a0\u00bb<\/em>. Infirmi\u00e8re \u00e0 Belfort et secr\u00e9taire nationale de la Coordination nationale infirmi\u00e8re (CNI), C\u00e9line Durosay parle de <em>\u00ab\u00a0contre-coup\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0: <em>\u00ab\u00a0On se demande comment on a pu travailler dans ces conditions, avec toutes ces injonctions contradictoires, sans les protections n\u00e9cessaires parce qu\u2019elles n\u2019existaient pas. Certaines exp\u00e9riences laissent d\u2019importants traumatismes\u00a0\u00bb<\/em>, raconte-t-elle, marqu\u00e9e par des r\u00e9cits gla\u00e7ants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Des m\u00e9decins exp\u00e9riment\u00e9s sortant de garde \u00ab\u00a0avec des yeux de lapins fous\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Une coll\u00e8gue n\u2019arrive toujours pas \u00e0 dormir parce qu\u2019elle entend un bruit de visseuse, tous les soirs. Pendant le pic Covid, les pompes fun\u00e8bres venaient dans son service excentr\u00e9 de l\u2019h\u00f4pital et, pour des raisons l\u00e9gales, elle devait assister au scellement du cercueil\u2026\u00a0\u00bb<\/em> Matthieu, le pneumologue de Paris, a vu des m\u00e9decins de dix ans de plus que lui <em>\u00ab\u00a0sortir de garde avec des yeux de lapins fous\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Il n\u2019y avait pas assez de ventilateurs pour tout le monde. On surveillait les patients non intub\u00e9s tout le temps, en se disant \u00ab\u00a0\u00e7a passe ou \u00e7a casse\u00a0!\u201d Il y a un traumatisme massif qui date de cette premi\u00e8re vague. Cela explique qu\u2019aujourd\u2019hui il y ait un vent de panique m\u00eame si la situation n\u2019est pas la m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paule Bourret identifie <em>\u00ab\u00a0une peur latente, exacerb\u00e9e par le Covid\u00a0\u00bb<\/em>, estimant que <em>\u00ab\u00a0les cadres ont toujours un peu peur parce qu\u2019ils savent que, dans les conditions de travail qui sont les leurs, d\u00e9grad\u00e9es, ils ne sont jamais compl\u00e8tement en r\u00e8gle. Cette peur aujourd\u2019hui est moins celle de la maladie, qui est mieux connue, que de ne pas pouvoir assurer le management s\u2019il y a un nouvel afflux de malades. Il n\u2019y pas eu d\u2019absent\u00e9isme pendant la premi\u00e8re vague. Au contraire, les personnels ont prolong\u00e9 leurs journ\u00e9es et sont revenus sur des repos. Mais cette fois-ci\u00a0? Les cadres ont peur de ce qui se passe \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et qui est aggrav\u00e9 par l\u2019\u00e9pid\u00e9mie.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En septembre, 100 000 postes \u00e9taient vacants dans les \u00e9tablissements de sant\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sociologue fait r\u00e9f\u00e9rence au manque d\u2019effectifs, que <em>\u00ab\u00a0les consultants ont l\u2019habitude de faire passer pour un manque d\u2019organisation\u00a0\u00bb<\/em>. Ce que le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a repris \u00e0 son compte le 6 octobre, en visite dans un h\u00f4pital parisien. En juillet, \u00e0 l\u2019issue du S\u00e9gur de la sant\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9s, entre autres, 15 000 recrutements \u00e0 l\u2019h\u00f4pital public, une revalorisation des salaires de 183 euros par mois pour l\u2019ensemble de la fonction publique hospitali\u00e8re et l\u2019ouverture, ou la r\u00e9ouverture, de 4000 lits d\u2019h\u00f4pital \u00ab\u00a0\u00e0 la demande\u00a0\u00bb. Olivier V\u00e9ran a \u00e9galement promis 2000 places suppl\u00e9mentaires dans les Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les h\u00f4pitaux sont repartis \u00e0 la chasse aux candidats pour \u00e9viter de se retrouver avec autant de postes vacants qu\u2019avant la premi\u00e8re vague. Mais ils peinent toujours \u00e0 recruter dans des m\u00e9tiers de moins en moins attractifs, tandis que, parmi les soignants en poste, les d\u00e9parts sont incessants. En septembre, 100\u00a0000 postes \u00e9taient vacants dans les \u00e9tablissements de sant\u00e9, dont 34 000 d\u2019infirmi\u00e8res et 24 000 d\u2019aides soignantes, selon <a href=\"http:\/\/www.pressreader.com\/france\/aujourdhui-en-france\/20200920\/281706912111152\"><em>Le Parisien<\/em><\/a>. R\u00e9sultats\u00a0: des lits ferment encore aujourd\u2019hui, faute de personnel. Les 2,4 milliards d\u2019euros suppl\u00e9mentaires annonc\u00e9 le 20 octobre pour les h\u00f4pitaux par le ministre de la Sant\u00e9, confi\u00e9s aux Agences r\u00e9gionales de sant\u00e9, arrivent bien tard. Il faut du temps pour former, recruter, fid\u00e9liser du personnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le \u00ab\u00a0crachat dans le dos\u00a0\u00bb du gouvernement<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Pour recruter, il faut revaloriser les salaires, de meilleures conditions de travail et des effectifs adapt\u00e9s \u00e0 la charge de travail. Le S\u00e9gur de la sant\u00e9 r\u00e9pond en partie au premier point, tr\u00e8s peu au deuxi\u00e8me et au troisi\u00e8me\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9crit R\u00e9mi Salomon, pr\u00e9sident de la commission m\u00e9dicale de l\u2019AP-HP, sur Twitter. <em>\u00ab\u00a0L\u2019augmentation de salaire de 183 euros ne nous aligne toujours pas sur le salaire infirmier de l\u2019OCDE et surtout ne r\u00e9sout pas la question de la d\u00e9shumanisation\u00a0\u00bb<\/em>, rench\u00e9rit Fabien Paris, membre du Collectif Inter-urgences (CIU) cr\u00e9\u00e9 lors du mouvement de gr\u00e8ve national de 2019.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les soignants interrog\u00e9s gardent en travers de la gorge le renoncement de l\u2019ex\u00e9cutif \u00e0 la promesse faite en juin de <a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Covid-19-reconnaissance-en-maladie-professionnelle-soignants-Olivier-Veran\">reconna\u00eetre automatiquement le Covid en maladie professionnelle<\/a> pour eux. Finalement, seuls ceux qui ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par une forme s\u00e9v\u00e8re, <em>\u00ab\u00a0ayant n\u00e9cessit\u00e9 une oxyg\u00e9noth\u00e9rapie ou tout autre forme d\u2019assistance ventilatoire\u00a0\u00bb<\/em>, peuvent y pr\u00e9tendre. <em>\u00ab\u00a0Nous l\u2019avons tr\u00e8s mal v\u00e9cu, vous ne pouvez pas imaginer\u2026\u00a0\u00bb<\/em>, t\u00e9moigne Thierry Amouroux, du SNPI CFE-CGC. \u00ab\u00a0Un manque de consid\u00e9ration\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un crachat dans le dos\u00a0\u00bb\u2026 Une grande incompr\u00e9hension pour des personnels qui attendaient \u00ab\u00a0un v\u00e9ritable changement dans les priorit\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Je n\u2019en peux plus d\u2019expliquer aux malades que je n\u2019ai pas le temps de r\u00e9pondre \u00e0 leurs questions ni de les rassurer, ou qu\u2019il faut qu\u2019ils rentrent chez eux parce que nous n\u2019avons plus de lits d\u2019hospitalisation disponibles et que, s\u2019ils restent, ce sera sur un brancard aux urgences.\u00a0\u00bb<\/em> Infirmier \u00e0 Saint-Nazaire, Fabien Paris se demande si, en restant \u00e0 l\u2019h\u00f4pital public, il <em>\u00ab\u00a0n\u2019entretient pas le syst\u00e8me\u00a0\u00bb<\/em>. <em>\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas \u00e0 moi de vendre les choix du gouvernement. Parfois je me dis qu\u2019il faudrait que je trouve autre chose mais, le temps de se le dire, je suis d\u00e9j\u00e0 embrigad\u00e9 dans une urgence.\u00a0\u00bb<\/em> Partir pour sauver sa sant\u00e9 et ses valeurs, ou rester, mais \u00e0 quel prix\u00a0? Ils sont nombreux dans les personnels interrog\u00e9s \u00e0 balancer entre survie et culpabilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Chaque semaine depuis un mois, on me demande comment poser une d\u00e9mission\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les membres \u2013 au nombre de six \u2013 du premier bureau du Collectif Inter-urgences, la moiti\u00e9 ne travaille plus dans le secteur public\u00a0[<a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Hopital-public-burn-out-rupture-paroles-de-soignants-suppression-de-lits-reanimation-covid?utm_source=Base+de+donn%C3%A9es+Basta+%21&amp;utm_campaign=fefd97cce6-EMAIL_CAMPAIGN_2019_03_14_01_18_COPY_01&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_d3aba6cc82-fefd97cce6-69126359#nb2-2\">2<\/a>]. Et, selon une consultation de l\u2019Ordre national des infirmiers, publi\u00e9e par <a href=\"http:\/\/www.leparisien.fr\/societe\/sante\/crise-du-covid-19-pourquoi-les-soignants-rendent-leur-blouse-blanche-10-10-2020-8400360.php\"><em>Le Parisien<\/em><\/a>, 40% des infirmiers interrog\u00e9s ont envie de changer de m\u00e9tier depuis la crise sanitaire. Plus d\u2019un tiers travaillent en effectifs r\u00e9duits, deux tiers d\u00e9clarent que leurs conditions de travail se sont encore d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es depuis le d\u00e9but de la crise. Enfin, 43\u00a0% ont le sentiment de ne pas \u00eatre <em>\u00ab\u00a0mieux pr\u00e9par\u00e9s collectivement pour r\u00e9pondre \u00e0 une nouvelle vague de contaminations\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0\u00ab\u00a0Chaque semaine depuis un mois, une ou deux personnes me demandent comment poser une d\u00e9mission ou prendre une disponibilit\u00e9. Elles s\u2019effondrent quand je leur dis que \u00e7a ne peut se faire qu\u2019\u00e0 une date fix\u00e9e par l\u2019employeur pour cause de n\u00e9cessit\u00e9 de continuit\u00e9 de service\u00a0\u00bb<\/em>, constate C\u00e9line Durosay. <em>\u00ab\u00a0En discutant, je me rends compte qu\u2019elles ont avant tout besoin de prendre un arr\u00eat maladie parce qu\u2019elles sont \u00e0 bout\u00a0\u00bb<\/em>. Selon elle, ces demandes \u00e9taient moins fr\u00e9quentes il y a quelques ann\u00e9es et ne provenaient pas des m\u00eames profils. <em>\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait des jeunes, qui n\u2019\u00e9taient pas depuis longtemps dans la profession. On se disait que c\u2019\u00e9tait g\u00e9n\u00e9rationnel, m\u00eame si l\u2019argument \u00e9tait toujours qu\u2019ils ne voulaient pas travailler \u00e0 l\u2019envers de leurs valeurs. Le motif est le m\u00eame aujourd\u2019hui mais de la part de personnes plus \u00e2g\u00e9es. Certaines ne sont pas loin de la retraite et elles pr\u00e9cipitent leur d\u00e9part alors qu\u2019elles pensaient prolonger.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une majorit\u00e9 de soignants en qu\u00eate de plan B<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Dans mon secteur, on a perdu la moiti\u00e9 du personnel sur un an. Ils partent pour du priv\u00e9, de l\u2019int\u00e9rim\u00a0\u00bb<\/em>, raconte \u00c9ric, cadre de sant\u00e9 aux urgences dans le Sud-Est. <em>\u00ab\u00a0Ce sont des jeunes mais aussi des soignants apr\u00e8s 20 ou 30 ans de carri\u00e8re, ce qui ne se voyait pas avant\u00a0\u00bb<\/em>, constate l\u2019ancien infirmier. Lui-m\u00eame compte quitter l\u2019\u00e9tablissement\u00a0: <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai un plan, B qui correspond plus \u00e0 mes valeurs. Je vais \u00eatre prestataire de services \u00e0 domicile dans le priv\u00e9 \u00e0 but non-lucratif, coordonner le parcours des patients, avoir du temps pour eux. Ici, c\u2019est frustrant d\u2019en arriver \u00e0 \u00eatre des gestionnaires. Je voulais prendre une disponibilit\u00e9 cet automne mais j\u2019ai repouss\u00e9 \u00e0 cause de la crise.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Emma Beynel, \u00e9tudiante infirmi\u00e8re pour quelques jours encore, \u00e0 Paris, le constate d\u00e9j\u00e0\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Dans mon cercle d\u2019une vingtaine d\u2019\u00e9tudiants de la promo, tous se posent la question de partir.\u00a0\u00bb<\/em> Pas en clinique priv\u00e9e\u00a0: leur formation les y a peu amen\u00e9s, mais plut\u00f4t en lib\u00e9ral. M\u00eame Emma l\u2019envisage, elle qui a toujours voulu travailler aux urgences, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital public. <em>\u00ab\u00a0Au moins en lib\u00e9ral, on g\u00e8re notre planning, le temps qu\u2019on passe avec les patients. Et puis on est chez eux, ce qui change beaucoup le sens du soin. Cela me correspond mieux.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[<a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Hopital-public-burn-out-rupture-paroles-de-soignants-suppression-de-lits-reanimation-covid?utm_source=Base+de+donn%C3%A9es+Basta+%21&amp;utm_campaign=fefd97cce6-EMAIL_CAMPAIGN_2019_03_14_01_18_COPY_01&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_d3aba6cc82-fefd97cce6-69126359#nh2-1\">1<\/a>]\u00a0Les pr\u00e9noms ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s \u00e0 la demande des int\u00e9ress\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[<a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Hopital-public-burn-out-rupture-paroles-de-soignants-suppression-de-lits-reanimation-covid?utm_source=Base+de+donn%C3%A9es+Basta+%21&amp;utm_campaign=fefd97cce6-EMAIL_CAMPAIGN_2019_03_14_01_18_COPY_01&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_d3aba6cc82-fefd97cce6-69126359#nh2-2\">2<\/a>]\u00a0Une a quitt\u00e9 l\u2019h\u00f4pital et est actuellement sans activit\u00e9, une seconde a voulu se lancer dans la restauration d\u00e9but 2020 mais le Covid l\u2019a contrainte de revenir \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour pouvoir travailler, une troisi\u00e8me est actuellement en disponibilit\u00e9 de la fonction publique hospitali\u00e8re pour une mission soignante dans une entreprise priv\u00e9e, une quatri\u00e8me est \u00e0 ce jour en arr\u00eat maladie, la cinqui\u00e8me travaille toujours aux urgences et occupe d\u00e9sormais un mandat syndical, la derni\u00e8re est toujours en poste aux urgences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>bastamag<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je n\u2019en peux plus d\u2019expliquer aux malades qu\u2019il n\u2019y a plus de lits disponibles\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8177","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8177","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8177"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8177\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8178,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8177\/revisions\/8178"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8177"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8177"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8177"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}