{"id":9822,"date":"2021-07-05T02:30:20","date_gmt":"2021-07-05T00:30:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=9822"},"modified":"2021-07-04T06:32:44","modified_gmt":"2021-07-04T04:32:44","slug":"un-exemple-dans-le-monde-agricole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2021\/07\/05\/un-exemple-dans-le-monde-agricole\/","title":{"rendered":"Un exemple dans le monde agricole"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: left;\"><strong>Au Pays basque, une chambre d\u2019agriculture alternative fait vaciller le mod\u00e8le productiviste et polluant<\/strong><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-9814 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Palestine-210525-253x300.jpg\" alt=\"\" width=\"443\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Palestine-210525-253x300.jpg 253w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Palestine-210525.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prot\u00e9ger la biodiversit\u00e9, am\u00e9liorer le sort des petits paysans, d\u00e9velopper l\u2019\u00e9conomie locale, int\u00e9grer \u00e9cologistes et consommateurs dans ses instances\u00a0: le beau bilan de la seule chambre d\u2019agriculture alternative de France, au Pays basque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Quand il n\u2019y a plus qu\u2019une ferme dans un village, il n\u2019y a plus de vie rurale\u00a0\u00bb<\/em>, ass\u00e8ne Iker Elosegi, coordinateur de la chambre d\u2019agriculture alternative du Pays basque. \u00c7a ne risque pas d\u2019arriver dans cette r\u00e9gion qui conna\u00eet une vie rurale encore tr\u00e8s dynamique, en partie gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019existence d\u2019une chambre d\u2019agriculture un peu sp\u00e9ciale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce territoire d\u2019\u00e9levage de brebis, les paysans \u00e9taient pouss\u00e9s \u00e0 produire de grands volumes de lait pour approvisionner les fromageries industrielles de Roquefort. Mais dans les ann\u00e9es 1970, les \u00e9leveurs basques ont mis fin \u00e0 cette d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019industrie laiti\u00e8re et ont commenc\u00e9 \u00e0 fabriquer leur propre fromage de brebis traditionnel local, vendu plus cher. Reconnu en 1980 par l\u2019appellation d\u2019origine prot\u00e9g\u00e9e Ossau-Iraty, il est produit aujourd\u2019hui par 1500 fermes. C\u2019est aussi dans ce territoire qu\u2019est n\u00e9e il y a seize ans, une chambre d\u2019agriculture alternative unique en France\u00a0: EHLG (\u00ab\u00a0Euskal Herriko Laborantza Ganbara\u00a0\u00bb en basque, dont <em>basta\u00a0!<\/em> vous parlait <a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Quand-l-Etat-s-acharne-contre-une\">d\u00e8s 2009<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart des chambres d\u2019agriculture officielles sont dirig\u00e9es par la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire. Elles m\u00e8nent des politiques agricoles tourn\u00e9es vers la comp\u00e9titivit\u00e9 et l\u2019exportation. Dans le d\u00e9partement Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques, territoire partag\u00e9 entre le Pays basque et le B\u00e9arn, deux mod\u00e8les agricoles se confrontent\u00a0: le mod\u00e8le dominant, productiviste et polluant, et celui des petites fermes en montagne <em>\u00ab\u00a0qui \u00e9taient en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s peu consid\u00e9r\u00e9es\u00a0\u00bb<\/em>, se souvient Francis Poineau, copr\u00e9sident de la chambre alternative basque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Tr\u00e8s vite, on nous a mis des b\u00e2tons dans les roues\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9leveur de brebis depuis 25 ans, Francis Poineau est arriv\u00e9 au Pays basque en 1975 en tant qu\u2019objecteur de conscience, refusant de faire le service militaire alors obligatoire. <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai choisi de donner des coups de main chez des petits paysans en difficult\u00e9. Pour nous, c\u2019\u00e9tait important de rendre service \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en soutenant l\u2019agriculture de montagne<\/em>, explique-t-il. <em>Depuis, je ne suis pas parti.\u00a0\u00bb<\/em> Tr\u00e8s vite, il s\u2019engage au sein du syndicat basque \u00e9quivalent de la Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne, \u00ab\u00a0Pour une agriculture paysanne et durable au pays basque\u00a0\u00bb (ELB pour \u00ab\u00a0Euskal herriko laborarien batasuna\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Nous comptions des repr\u00e9sentants \u00e0 la chambre officielle d\u00e9partementale de Pau, mais leurs points de vue n\u2019\u00e9taient jamais pris en compte\u00a0\u00bb<\/em>, rappelle Francis Poineau. Les paysans du syndicat alternatif se rendent \u00e0 l\u2019\u00e9vidence\u00a0: leur place est ailleurs. En 1995, pour les \u00e9lections \u00e0 la chambre d\u2019agriculture d\u00e9partementale, pour la premi\u00e8re fois, le syndicat ELB est majoritaire. Le besoin d\u2019un nouvel outil pour repr\u00e9senter les int\u00e9r\u00eats des paysans basques est l\u00e9gitim\u00e9. Dix ans plus tard, un projet en gestation se r\u00e9alise\u00a0: la chambre de l\u2019agriculture alternative du pays basque est n\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0\u00ab\u00a0Tr\u00e8s vite, on nous a mis des b\u00e2tons dans les roues\u00a0\u00bb<\/em>, se souvient Francis Poineau. D\u00e8s la cr\u00e9ation de la structure, l\u2019\u00c9tat, qui voit la concurrence avec la chambre d\u2019agriculture de Pau d\u2019un mauvais \u0153il, leur intente un premier proc\u00e8s. Il perd, mais fait appel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0L\u2019agriculture est le probl\u00e8me de la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet acharnement finit par jouer en faveur d\u2019EHLG, <a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Relaxe-pour-l-association-agricole\">qui remporte non seulement la bataille juridique<\/a> mais recueille un soutien plus large. <em>\u00ab\u00a0\u00c0 vouloir nous emp\u00eacher de vivre, \u00e7a nous a donn\u00e9 encore plus d\u2019aura que s\u2019il nous avait laiss\u00e9s en paix\u00a0\u00bb<\/em>, se r\u00e9jouit Francis Poineau. <em>\u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat nous a permis d\u2019\u00eatre connus bien au-del\u00e0 de nos fronti\u00e8res. Il faudra que nous le remercions pour \u00e7a un jour\u00a0\u00bb<\/em>, ironise Iker Elosegi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les six ans, la chambre alternative, \u00e0 l\u2019instar des chambres d\u2019agriculture classiques, \u00e9lit ses repr\u00e9sentants. Avec une diff\u00e9rence de taille\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019int\u00e9grer les environnementalistes et les consommateurs\u00a0\u00bb,<\/em> explique Be\u00f1at Molimos, copr\u00e9sident d\u2019EHLG. Le collectif tient \u00e0 ce que tous les acteurs concern\u00e9s puissent discuter des probl\u00e8mes et trouvent ensemble des solutions. <em>\u00ab\u00a0L\u2019agriculture n\u2019est pas le probl\u00e8me des agriculteurs uniquement, mais de la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em>, souligne Be\u00f1at Molimos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La chambre s\u2019attaque d\u2019abord \u00e0 un sujet br\u00fblant\u00a0: les sites Natura 2000, cens\u00e9s prot\u00e9ger la biodiversit\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Le diable en personne pour les \u00e9lus locaux<\/em>\u00a0\u00bb, se souvient Iker Elosegi. Le dispositif europ\u00e9en de pr\u00e9servation des espaces naturels conna\u00eet des d\u00e9buts difficiles. <em>\u00ab\u00a0Il y avait une opposition tr\u00e8s forte des \u00e9lus vis-\u00e0-vis des sites Natura 2000, personne ne voulait s\u2019en emparer\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9cise Be\u00f1at Molimos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Des paysans qui prot\u00e8gent la biodiversit\u00e9 et des esp\u00e8ces menac\u00e9es d\u2019extinction<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Puisque la biodiversit\u00e9 est permise par les paysans, ils doivent \u00eatre au c\u0153ur de cette mesure\u00a0\u00bb<\/em>, estime Iker Elosegi. Si le Pays basque regorge aujourd\u2019hui d\u2019une telle biodiversit\u00e9, c\u2019est aux yeux d\u2019EHLG gr\u00e2ce aux petites fermes et aux pratiques traditionnelles de transhumance. Dans une approche constructive, la chambre basque r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9mystifier le dispositif Natura 2000 aupr\u00e8s des \u00e9lus et des paysans locaux. <em>\u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat voulait notre peau et en m\u00eame temps il nous disait\u00a0: \u00ab\u00a0Heureusement que vous \u00eates l\u00e0, nous allons enfin pouvoir travailler avec les agriculteurs\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/em>, rapporte le coordinateur de la chambre alternative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que les chambres d\u2019agriculture classiques soutiennent trop souvent des politiques de standardisation industrielle des semences ou <a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Comment-les-multinationales-font-main-basse-sur-les-genes-des-animaux-de-ferme\">des races d\u2019animaux<\/a>, EHLG s\u2019attache \u00e0 sauvegarder la diversit\u00e9 locale, parfois menac\u00e9e d\u2019extinction\u00a0: races rustiques de vaches, de brebis et de canards, l\u2019abeille noire ou encore les vari\u00e9t\u00e9s de cerises d\u2019Itxassou\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Nous avons besoin de la montagne pour vivre\u00a0\u00bb<\/em>, alerte l\u2019\u00e9leveur de brebis. R\u00e9implanter ces races permet d\u2019entretenir le paysage et de maintenir les milieux ouverts. Habitu\u00e9es \u00e0 p\u00e2turer en montagne, les brebis de la race Sasi ardia sont ainsi capables de valoriser tous les espaces hors de l\u2019exploitation. Elles \u00e9taient presque introuvables il y a quinze ans. On en compte aujourd\u2019hui plus d\u2019un millier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Renaissance d\u2019une fili\u00e8re locale de pain<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre objectif, relocaliser la production. <em>\u00ab\u00a0Il y a cinquante ans, on produisait du bl\u00e9 sur la ferme, on le donnait \u00e0 la boulang\u00e8re et en \u00e9change elle nous donnait les pains<\/em>, se souvient Alain Claverie, paysan de 61 ans. Puis, <em>les machines et les coop\u00e9ratives sont arriv\u00e9es pour qu\u2019on produise \u00e0 tout-va\u00a0\u00bb.<\/em> Le bl\u00e9 a progressivement disparu, remplac\u00e9 par la monoculture de ma\u00efs, grand consommatrice d\u2019eau, qui appauvrit les sols.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2009, deux meuniers proposent de relancer la culture de bl\u00e9 pour produire du pain local. L\u2019id\u00e9e de retrouver le pain de son enfance s\u00e9duit Alain Claverie. Avec un autre paysan et un boulanger, ils se mettent autour d\u2019une table\u00a0: comment relancer une fili\u00e8re disparue depuis des d\u00e9cennies\u00a0? <em>\u00ab\u00a0Nous nous sommes rapproch\u00e9s des coop\u00e9ratives mais elles n\u2019\u00e9taient pas int\u00e9ress\u00e9es car les unit\u00e9s de transformation du bl\u00e9 en farine \u00e9taient trop petites.\u00a0\u00bb<\/em> EHLG accepte d\u2019accompagner les meuniers. La production de bl\u00e9 basque est ainsi relanc\u00e9e et les premiers pains \u00ab\u00a0Herriko\u00a0\u00bb \u2013 \u00ab\u00a0du pays\u00a0\u00bb, en fran\u00e7ais \u2013 sont commercialis\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Avant, les paysans vivaient tr\u00e8s bien sur de petites exploitations\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0D\u00e8s le d\u00e9part, nous nous sommes pos\u00e9 la question de la r\u00e9mun\u00e9ration du paysan\u00a0\u00bb<\/em>, explique Francis Poineau, l\u2019ancien objecteur de conscience. <em>\u00ab\u00a0Quand vous semez le ma\u00efs, vous ne savez pas combien vous allez gagner<\/em>, t\u00e9moigne Alain Claverie. <em>L\u2019agriculture est devenue une loterie.\u00a0\u00bb<\/em> Les cours mondiaux, souvent bas, sont aussi extr\u00eamement fluctuants. Nombre de paysans sont pris en tenaille dans un syst\u00e8me productiviste mondialis\u00e9, oblig\u00e9s de produire toujours plus pour tenter de maintenir un revenu \u00e0 peine d\u00e9cent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fili\u00e8re Herriko montre qu\u2019il est possible de faire autrement. Quand un probl\u00e8me se pr\u00e9sente, paysans, meuniers et boulangers se r\u00e9unissent pour penser collectivement une solution, en veillant aux besoins de chacun. <em>\u00ab\u00a0L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e9tait tr\u00e8s mauvaise pour le bl\u00e9<\/em>, illustre Alain Claverie. Le groupe a alors d\u00e9cid\u00e9 d\u2019augmenter le prix du bl\u00e9, pour compenser la baisse de production. <em>\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, quand on fait du bl\u00e9 Herriko, nous savons que nous ne sommes pas perdants.\u00a0\u00bb<\/em> Pour donner l\u2019opportunit\u00e9 \u00e0 chacun de b\u00e9n\u00e9ficier de cette production \u00e0 forte plus-value, le groupement a aussi limit\u00e9 la surface de bl\u00e9 \u00e0 huit hectares par paysan. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est le contraire du syst\u00e8me des coop\u00e9ratives agricoles habituelles\u00a0\u00bb,<\/em> enferm\u00e9es dans la spirale des surproductions \u00e0 bas co\u00fbt, pointe Alain Claverie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une soixantaine de boulangeries basques produisent d\u00e9sormais du pain Herriko. D\u00e9passant les ambitions initiales, des pizzerias et une brasserie l\u2019ont m\u00eame adopt\u00e9. ELHG a \u00e9galement mis en place une fili\u00e8re de viande bovine basque, qui \u00e9tait jusqu\u2019alors vendue \u00e0 l\u2019export pour l\u2019engraissement. <em>\u00ab\u00a0Ces projets n\u2019auraient pas vu le jour si nous n\u2019avions pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0\u00a0\u00bb<\/em>, assure Iker Elosegi, son coordinateur .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Certaines structures s\u2019accaparent l\u2019argent public, les autres n\u2019en ont plus\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le Pays basque est associ\u00e9 \u00e0 l\u2019image des brebis en transhumance qui p\u00e2turent dans les estives, cette pratique est menac\u00e9e par l\u2019agrandissement des fermes. <em>\u00ab\u00a0La ferme des milles vaches\u00a0? Nous avons la m\u00eame chose en brebis\u00a0\u00bb<\/em>, explique Iker Elosegi. Deux fermes-usines se sont install\u00e9es au pays basque, avec plus de 5000 b\u00eates pour la plus grande d\u2019entre elles\u00a0[<a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/EHLG-chambre-d-agriculture-alternative-pays-basque-fromage-de-brebis-pain-Herriko#nb2-1\">1<\/a>]. Face \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne, EHLG s\u2019attache \u00e0 d\u00e9fendre les petites fermes. Plus r\u00e9silientes \u00e9conomiquement, elles restent pourtant les grandes oubli\u00e9es de la PAC, bas\u00e9e sur des aides en fonction de la surface et la taille des troupeaux. <em>\u00ab\u00a0Si j\u2019ai 1000 hectares \u00e0 mon nom, je peux recevoir 150 000 euros sans rien faire\u00a0\u00bb<\/em>, illustre Iker Elosegi. Aussi aberrant soit-il d\u2019un point de vue \u00e9cologique autant que social, ce syst\u00e8me n\u2019est toujours pas remis en question <a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Baisse-des-aides-Agriculture-Bio-subventions-Politique-agricole-commune-Julien-Denormandie-pesticides\">dans la nouvelle PAC<\/a> qui se pr\u00e9pare \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">EHLG a cherch\u00e9 \u00e0 faire \u00e9voluer les aides de la r\u00e9gion Nouvelle-Aquitaine, qui m\u00e8ne \u00e0 ses yeux une politique contre-productive. Si elle soutient l\u2019appellation d\u2019origine prot\u00e9g\u00e9e (AOP) Ossau iraty, la r\u00e9gion a lanc\u00e9 une aide \u00e0 investir dans les b\u00e2timents d\u2019\u00e9levage. <em>\u00ab\u00a0Vous ne pouvez pas continuer \u00e0 financer le d\u00e9veloppement d\u2019une appellation d\u2019origine prot\u00e9g\u00e9e et en m\u00eame temps des syst\u00e8mes hors sol intensifs qui d\u00e9truisent l\u2019emploi paysan\u00a0\u00bb<\/em>, d\u00e9nonce Iker Elosegi. Lui est persuad\u00e9 que <em>\u00ab\u00a0ces deux syst\u00e8mes ne sont pas compatibles, puisqu\u2019un syst\u00e8me d\u00e9truit l\u2019autre. Dans un territoire avec dix fermes, toutes les fermes ne peuvent pas doubler de volume<\/em>, illustre-t-il. Il en est de m\u00eame avec les aides financi\u00e8res. <em>Quand certaines structures s\u2019accaparent l\u2019argent public, les autres n\u2019en ont plus.<\/em><strong>\u00a0Je suis riche de savoir-faire, beaucoup plus que de capitaux\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour \u00e9viter que les fermes ne soient rachet\u00e9es par des plus gros lorsque des agriculteurs partent \u00e0 la retraite, EHLG fait de la transmission un enjeu important. Comme partout en France, le Pays basque voit de plus en plus de fermes sans reprise. <em>\u00ab\u00a0La transmission est un sujet un peu tabou\u00a0\u00bb<\/em>, confie Francis Poineau. Ses fils \u00e9tant encore trop jeunes, l\u2019\u00e9leveur de 65 ans ne peut pas attendre qu\u2019\u00e9ventuellement l\u2019un deux choisisse de reprendre son exploitation. Le berger s\u2019appr\u00eate donc \u00e0 confier son troupeau \u00e0 un jeune couple motiv\u00e9 avec qui il est d\u00e9j\u00e0 parti en estives. Cette transition pleine d\u2019incertitudes n\u2019est pas simple \u00e0 appr\u00e9hender pour les paysans. Pour s\u2019y pr\u00e9parer, Francis Poineau a assist\u00e9 \u00e0 plusieurs formations organis\u00e9es par ELHG\u00a0: <em>\u00ab\u00a0L\u2019exercice, c\u2019est de se mettre \u00e0 la place de l\u2019autre. Transmettre ne signifie pas reproduire ce que l\u2019on fait.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0En tant que berger sans terres, j\u2019ai peu de choses \u00e0 moi\u00a0: un troupeau de brebis et un peu de mat\u00e9riel. Je suis riche de savoir-faire, beaucoup plus que de capitaux\u00a0\u00bb,<\/em> dit-il. Comment amener les animaux en montagne, les soigner, les alimenter\u00a0: ce sont toutes ses connaissances qu\u2019il doit transmettre. \u00c0 l\u2019automne prochain, le berger prendra sa retraite et la jeune g\u00e9n\u00e9ration prendra la rel\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Nous existons avec plus de force chaque ann\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em>, se r\u00e9jouit Iker, le coordinateur de la chambre. Quelle est la prochaine \u00e9tape\u00a0? Maintenant qu\u2019une communaut\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration du Pays basque existe, des discussions sont en cours avec les \u00e9lus et l\u2019\u00c9tat pour cr\u00e9er <em>\u00ab\u00a0un office public de l\u2019agriculture et de l\u2019alimentation sur le territoire\u00a0\u00bb<\/em>, annonce Be\u00f1at Molimos. Cette instance r\u00e9unirait la diversit\u00e9 des acteurs concern\u00e9s par l\u2019agriculture, des repr\u00e9sentants de la profession agricole aux \u00e9cologistes en passant par les consommateurs, de mani\u00e8re \u00e0 construire en commun le syst\u00e8me agricole et alimentaire du Pays basque. Un pas vers une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie alimentaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/\">https:\/\/www.bastamag.net\/<\/a> <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au Pays basque, une chambre d\u2019agriculture alternative fait vaciller le mod\u00e8le productiviste et polluant<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-9822","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9822","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9822"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9822\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9824,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9822\/revisions\/9824"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9822"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9822"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9822"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}