{"id":9927,"date":"2021-08-03T02:20:44","date_gmt":"2021-08-03T00:20:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/?p=9927"},"modified":"2021-07-31T07:23:50","modified_gmt":"2021-07-31T05:23:50","slug":"lunivers-covidique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/2021\/08\/03\/lunivers-covidique\/","title":{"rendered":"L\u2019univers covidique"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: left;\"><strong>R\u00e9flexions philosophiques sur le covid<\/strong><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-9916 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Voltaire-210730-300x235.jpg\" alt=\"\" width=\"503\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Voltaire-210730-300x235.jpg 300w, https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Voltaire-210730.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 503px) 100vw, 503px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Port du masque, entr\u00e9e en vigueur du pass sanitaire, politique de vaccination\u2026 <strong>Martin Steffens et Pierre Dulau<\/strong>, tous deux agr\u00e9g\u00e9s de philosophie et professeurs en classes pr\u00e9paratoires, ont publi\u00e9 r\u00e9cemment dans leur ouvrage \u00ab <em>Faire face \u2013 le visage et la crise sanitaire <\/em>\u00bb [1], des r\u00e9flexions au sujet de la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019hygi\u00e9nisme s\u00e9curitaire \u00bb dans laquelle nous entrons. Martin Steffens et Pierre Dulau voient dans notre \u00e9poque actuelle un moment cl\u00e9, celui du passage \u00e0 un nouveau type de soci\u00e9t\u00e9 en prenant occasion d\u2019un pr\u00e9texte sanitaire : l\u2019apparition du virus \u00ab Sars-CoV-2. \u00bb, le covid. Pr\u00e9texte, oui, car derri\u00e8re l\u2019avalanche d\u2019informations quotidiennes, les deux auteurs remarquent que les faits constat\u00e9s et rigoureusement \u00e9tablis sont tr\u00e8s souvent \u00ab <em>ou bien rares, ou bien nombreux et discordants <\/em>\u00bb. Il y a beaucoup de flou dans cette p\u00e9riode : \u00ab <em>les effets du virus sur la sant\u00e9 ne furent jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent jamais tels que les rem\u00e8des envisag\u00e9s dussent passer pour incontestables. Le doute demeure quant \u00e0 savoir si les rem\u00e8des choisis (confinements, couvre-feux, annonces spectaculaires, p\u00e9nalisation des \u00e9carts, restrictions radicales des libert\u00e9s fondamentales\u2026) ne sont pas pires que les maux<\/em>. <em>Le sentiment de \u00ab s\u2019\u00eatre fait avoir \u00bb traverse aujourd\u2019hui l\u2019esprit du plus honn\u00eate des hommes. <\/em>\u00bb Si la pr\u00e9sence d\u2019un virus est \u00e9videmment constat\u00e9e, il serait ridicule de l\u2019\u00e9quiparer \u00e0 la peste noire ou au chol\u00e9ra, nous ne voyons pas de cadavres joncher les rues ni la population mondiale diminuer sensiblement. Richard Horton, le r\u00e9dacteur en chef du <em>Lancet<\/em>[2], l\u2019indiquait d\u2019ailleurs en septembre 2020, \u00ab le covid-19 n\u2019est pas une pand\u00e9mie \u00bb, loin de toucher le peuple entier, il n\u2019est grave presque exclusivement que chez certaines personnes \u00e2g\u00e9es ou fragiles. Ce qui donne de l\u2019importance \u00e0 ce virus, c\u2019est que \u00ab <em>les gouvernements choisirent de compenser par l\u2019imagination et le conditionnement ce que l\u2019exp\u00e9rience sensible ne pouvait offrir. <strong>Afin que la catastrophe n\u2019e\u00fbt pas lieu, on frappa catastrophiquement les esprits<\/strong><\/em><strong>. <\/strong>\u00bb Par la peur instill\u00e9e et les mesures de distanciation sociale, la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019est trouv\u00e9e radicalement modifi\u00e9e. Si ces mesures ne sont pas seulement li\u00e9es \u00e0 un probl\u00e8me sanitaire, alors concluent logiquement Steffens et Dulau, \u00ab <em>il n\u2019y a aucune esp\u00e8ce de raison pour que les restrictions \u00e0 nos libert\u00e9s fondamentales soient un jour enti\u00e8rement lev\u00e9es. <\/em>\u00bb Ce r\u00e9gime de l\u2019hygi\u00e9nisme s\u00e9curitaire devient permanent. Pourtant, actuellement, la plupart des gens de bonne volont\u00e9 croient que ces mesures ne sont que provisoires, ils les prennent au s\u00e9rieux dans l\u2019espoir qu\u2019en les respectant elles ne dureront pas, qu\u2019ils contribuent au bien commun, montrent le bon exemple. Submerg\u00e9s depuis un an et demi d\u2019informations qui orientent leur jugement, on leur fait miroiter un retour toujours futur \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019avant, mais qui ne vient jamais. C\u2019est justement ce m\u00e9canisme de fausses promesses all\u00e9chantes qui permet aux restrictions de s\u2019installer durablement. Leur logique fondamentale ne poss\u00e8de aucune limite en elle-m\u00eame et, pour Pierre Dulau, \u00ab <strong>tout pouvoir qu\u2019on c\u00e8de \u00e0 l\u2019Etat, l\u2019Etat n\u2019y renonce jamais. C\u2019est un principe historique. <\/strong>[\u2026] L\u2019histoire n\u2019est pas une phrase o\u00f9 l\u2019on peut faire des pauses et revenir \u00e0 l\u2019objet principal.[3] \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019humain distanci\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est ind\u00e9niable que le masque sanitaire port\u00e9 habituellement modifie les apparences et les relations des uns et des autres, selon nos auteurs il \u00ab <em>fait du visage humain une figure angoiss\u00e9e qui manque d\u2019air et de celui qui le contemple, le spectateur impuissant d\u2019une asphyxie. [\u2026] Cette humiliation physique quotidienne a pour propri\u00e9t\u00e9 manifeste d\u2019\u00eatre disgracieuse <\/em>\u00bb. Le masque est un \u00ab <em>symbole de d\u00e9sunion, de d\u00e9fiance, de peur, d\u2019\u00e9vitement <\/em>\u00bb, de renoncement au <em>Principe de Visibilit\u00e9 R\u00e9ciproque <\/em>n\u00e9cessaire \u00e0 toute relation humaine fond\u00e9e sur une confiance donn\u00e9e a priori. De m\u00eame, par les mesures de distanciation, \u00ab <em>l\u2019autre est pos\u00e9 a priori comme une menace fant\u00f4me dont il faut se d\u00e9fier et, moi-m\u00eame, je ne puis qu\u2019appara\u00eetre que comme un mal dont il faudrait que chacun puisse toujours se pr\u00e9server. <\/em>\u00bb Cette s\u00e9paration collective d\u00e9courage les liens sociaux essentiels \u00e0 la vie de toute communaut\u00e9. Les seuls sourires licites deviennent ceux qu\u2019arborent les publicit\u00e9s, ils donnent l\u2019illusion que la libert\u00e9 repose dans la consommation, l\u2019argent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la sant\u00e9 est un bien n\u00e9cessaire \u2013 il faut en effet un minimum de sant\u00e9 pour pouvoir vivre et poss\u00e9der les autres biens humains \u2013 elle n\u2019est pas cependant le plus important des biens. On peut tr\u00e8s bien sacrifier la sant\u00e9 pour une raison sup\u00e9rieure (le salut \u00e9ternel, la foi, la cit\u00e9 politique, la famille\u2026) car celle-ci n\u2019est pas une fin en soi, elle est relative \u00e0 des biens plus \u00e9lev\u00e9s. Les professeurs Steffens et Dulau nous invitent \u00ab <em>\u00e0 ne pas reculer devant le paradoxe : la surench\u00e8re de pr\u00e9cautions sanitaires, la tentative pour faire de la communaut\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9vitement gr\u00e2ce \u00e0 un hygi\u00e9nisme s\u00e9curitaire et technologique, tout cela, qui boucle la vie sur elle-m\u00eame, ne satisfait en dernier ressort qu\u2019un imp\u00e9ratif au mieux bestial, au pire morbide. La pulsion de vie se fait ici pulsion de mort : ne chercher qu\u2019\u00e0 r\u00e9it\u00e9rer obsessionnellement la vie, afin qu\u2019elle ne se perde pas, c\u2019est ne plus la vivre. <\/em>\u00bb <em>Test\u00e9, re-test\u00e9, \u00e0 nouveau test\u00e9 alors qu\u2019il n\u2019est pas malade, cas contact d\u2019un cas contact, lui-m\u00eame ayant crois\u00e9 par hasard un cas contact, le citoyen sera bient\u00f4t conditionn\u00e9 \u00e0 ne s\u2019\u00e9prouver lui-m\u00eame que comme un virus<\/em>. Steffens et Dulau remarquent \u00e9galement que Sant\u00e9 et March\u00e9 font bon m\u00e9nage, \u00ab <em>les maux s\u2019accroissent \u00e0 proportion des moyens con\u00e7us en amont d\u2019eux pour les soulager. En convainquant chacun qu\u2019il est une menace potentielle contre tous, on introduit cette id\u00e9e que chacun est un malade potentiel, un malade qui s\u2019ignore et qui a donc besoin de soins. <\/em>\u00bb Tout un march\u00e9 du soin s\u2019ouvre et augure des affaires \u00e0 proportion d\u2019une demande surexalt\u00e9e, \u00ab <em>test\u00e9, re-test\u00e9, \u00e0 nouveau test\u00e9 alors qu\u2019il n\u2019est pas malade, cas contact d\u2019un cas contact, lui-m\u00eame ayant crois\u00e9 par hasard un cas contact, le citoyen sera bient\u00f4t conditionn\u00e9 \u00e0 ne s\u2019\u00e9prouver lui-m\u00eame que comme un virus<\/em>. \u00bb La fascination entretenue par les m\u00e9dias engendre une nouvelle \u00e9conomie bas\u00e9e sur le spectre de la mort qu\u2019entrainerait potentiellement une contamination, \u00ab <em>le besoin d\u2019\u00e9couler les stocks ne saurait manquer, un beau jour d\u2019hiver, de produire par les m\u00eames biais les peurs qui viennent alimenter son industrie. De produire l\u2019homme qui convient : craintif, scrupuleux, \u00ab citoyen \u00bb, comme l\u2019on dit d\u00e9sormais pour d\u00e9signer ceux qui surjouent le jeu sanitaire. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La vaccination, un nouveau contrat social <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un entretien donn\u00e9 au site d\u2019information <em>Aleteia <\/em>le 9 juillet 2021[4], Pierre Dulau observe que, d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00ab le vaccin, c\u2019est le masque \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du corps. Les gens ne se vaccinent pas pour arr\u00eater de se prot\u00e9ger les uns les autres, ils se vaccinent pour ne plus jamais cesser de se prot\u00e9ger les uns des autres. \u00bb La m\u00eame fuite en avant pour immuniser la vie contre la mort se prolonge. Il constate qu\u2019 \u00ab <strong>\u00e0 95 ans, les gens ne meurent plus de vieillesse. Ils meurent du Covid. <\/strong>Autant dire qu\u2019au fond, la vie devrait pouvoir se poursuivre ind\u00e9finiment si nous n\u2019\u00e9tions pas constamment mis en danger de la menace potentielle que constitue toujours notre voisin. \u00bb Avec le vaccin, la sant\u00e9 se trouve aussi soumise aux insatiables exigences \u00e9conomiques : \u00ab C\u2019est aujourd\u2019hui le syst\u00e8me immunitaire de l\u2019homme qui appara\u00eet comme un nouveau march\u00e9 exploitable [\u2026], il s\u2019agit d\u00e9sormais de vous vendre le \u00ab forfait immunit\u00e9 \u00bb pour seulement 19,99 euros par mois. La nouveaut\u00e9 est que si l\u2019on refuse, on perd des droits. \u00bb Le pouvoir va jusqu\u2019\u00e0 mettre en place un jeu tr\u00e8s dangereux, \u00ab apr\u00e8s avoir jou\u00e9 la carte de la peur, <strong>utilise maintenant la carte du ressentiment <\/strong>en affirmant que les vaccin\u00e9s vont \u00eatre (o\u00f9 sont d\u00e9j\u00e0) victimes des non-vaccin\u00e9s. \u00bb Si beaucoup de gens se font vacciner sous la contrainte des obligations ou pour qu\u2019on les laisse en paix, d\u2019autres esp\u00e8rent retrouver leur vie d\u2019avant ou croient ainsi montrer l\u2019exemple, mais selon Pierre Dulau r\u00e9pondant \u00e0 <em>Aleteia<\/em>, ils \u00ab n\u2019ont peut-\u00eatre pas \u00e0 l\u2019esprit qu\u2019on leur proposera une troisi\u00e8me, puis une quatri\u00e8me dose, puis un nouveau type de tra\u00e7age en temps r\u00e9el de leur m\u00e9tabolisme, etc. Encore une fois, il n\u2019y a pas de limite immanente \u00e0 ce processus. \u00bb <strong>La vaccination devient ainsi \u00ab un acte d\u2019adh\u00e9sion \u00e0 un nouveau contrat social de type technico-sanitaire fond\u00e9 sur un id\u00e9al d\u2019hygi\u00e8ne commune. \u00bb <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un discours moralisateur <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les slogans gouvernementaux ass\u00e9n\u00e9s partout sur le mode publicitaire sont des plus simples : \u00ab quand on aime ses proches, on ne s\u2019approche pas trop \u00bb, \u00ab en restant chez soi, on sauve des vies \u00bb. Ils sont comme les commandements d\u2019une <strong>nouvelle morale. <\/strong>Ce discours public, toujours selon l\u2019ouvrage <em>Faire Face <\/em>de Steffens et Dulau, \u00ab <em>entend nous convaincre que si nous nous comportons bien, nous vaincrons le virus ; ce qui signifie que si nous nous comportons mal, nous cherchons \u00e0 le propager<\/em>. \u00bb Les accusations de complotisme, d\u2019assassinat des plus fragiles et de s\u00e9dition pleuvent sur quiconque s\u2019oppose fermement \u00e0 la surench\u00e8re hygi\u00e9niste, le refus d\u2019\u00e9couter les voix contradictoires est absolu. Un cercle infernal enfi\u00e8vre les discours politiques : \u00ab <em>si de telles mesures ne fonctionnent pas, si malgr\u00e9 le passeport sanitaire et les couvre-feux, il y a encore des malades, alors il faut renforcer ces contraintes ; mais si, \u00e0 l\u2019inverse, elles fonctionnent, si on s\u2019imagine qu\u2019on a pu endiguer la catastrophe du seul fait de l\u2019anticiper, c\u2019est donc qu\u2019il faut les maintenir, voire, l\u00e0 encore, les renforcer [\u2026] <strong>L\u2019Etat voit le mal partout, sauf en lui-m\u00eame. Tr\u00e8s exactement, il ne le voit qu\u2019en nous. <\/strong><\/em><strong>\u00bb <\/strong><em>Enterr\u00e9s vivants, b\u00e2illonn\u00e9s, d\u00e9figur\u00e9s, nous serons encore accus\u00e9s par notre fossoyeur bienveillant. <\/em>Cette le\u00e7on de morale permanente repose sur une politique de la d\u00e9fiance et de l\u2019amertume, donnant l\u2019impression infantilisante d\u2019\u00eatre soumis \u00e0 une ma\u00eetresse d\u2019\u00e9cole : \u00ab <em>elle nous reproche de ne pas avoir mis notre masque, de ne pas avoir respect\u00e9 les gestes barri\u00e8res, de ne pas nous \u00eatre fait d\u00e9pister \u00e0 temps [\u2026] Par notre faute, peut-\u00eatre, l\u2019Etat qui pourvoit h\u00e9ro\u00efquement \u00e0 tout, va devoir proc\u00e9der \u00e0 un nouveau confinement. [\u2026] Enterr\u00e9s vivants, b\u00e2illonn\u00e9s, d\u00e9figur\u00e9s, nous serons encore accus\u00e9s par notre fossoyeur bienveillant. <\/em>\u00bb La vertu s\u2019efface dans une telle soci\u00e9t\u00e9 au profit du protocole d\u00e9taill\u00e9, de la nouvelle morale technico-sanitaire. L\u2019hygi\u00e9nisme supplante le bien, la politesse, le savoir-vivre \u00e9l\u00e9mentaire, Steffens et Dulau notent avec justesse que \u00ab <em>vivre sera d\u00e9sormais une affaire d\u2019Etat. On formule l\u2019hypoth\u00e8se que les citoyens sont tous des barbares n\u00e9gligents et inconscients auxquels il faut apprendre \u00e0 se laver les mains. L\u2019hygi\u00e9nisme s\u00e9curitaire coiff\u00e9 par un Etat maternel, met fin aux moeurs. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019Etat tout-puissant <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux philosophes rappellent qu\u2019 \u00ab <strong><em>il y a totalitarisme quand l\u2019Etat perd tout contour, qu\u2019il devient tout<\/em><\/strong><em>. <\/em>\u00bb, quand la vie politique ne s\u2019articule qu\u2019autour de l\u2019all\u00e9geance \u00e0 son projet, sans qu\u2019aucune contradiction ne soit possible. <strong>L\u2019Etat, pour parvenir \u00e0 cet \u00e9tat, d\u00e9truit l\u2019amiti\u00e9 entre les citoyens, s\u2019ing\u00e8re dans la vie familiale et priv\u00e9e. <\/strong><strong><em>(Ndlr EHS France compteur connect\u00e9 Linky) <\/em><\/strong>C\u2019est bien ce que nous constatons, aux termes belliqueux du gouvernement \u00ab Guerre \u00bb, \u00ab couvre-feu \u00bb, \u00ab mobilisation \u00bb, \u00ab tra\u00e7age \u00bb, \u00ab bataille \u00bb, correspond un ennemi \u00e0 combattre. Cet ennemi est d\u00e9j\u00e0 dans le pays, \u00ab <em>on dira que l\u2019ennemi est surtout le virus, que nous sommes unis dans notre lutte contre lui. Certes. Mais de cet ennemi, chacun a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, avec insistance, comme le potentiel passeur. Ce qui signifie que chacun est pour son concitoyen un tra\u00eetre potentiel. <\/em>\u00bb Chacun est combattant et tra\u00eetre simultan\u00e9ment, malade qui s\u2019ignore[5] il se met lui-m\u00eame en auto-surveillance en remplissant ses attestations de sortie ou en pr\u00e9sentant son pass sanitaire, il surveille ses voisins\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains imaginent le totalitarisme comme le r\u00e9gime de l\u2019ordre, en fait \u00ab <em>c\u2019est un r\u00e9gime de la surench\u00e8re contraignante qui dissimule l\u2019absence d\u2019un ordre r\u00e9el. [\u2026] Lorsqu\u2019on ne sait plus se d\u00e9cider de mani\u00e8re rationnelle, on infeste la vie de r\u00e8gles visant \u00e0 en organiser jusqu\u2019au moindre d\u00e9tail marginal. [\u2026] Comme les masques, l\u2019Etat totalitaire colle \u00e0 votre peau, au plus pr\u00e8s de votre respiration. <\/em>\u00bb <strong>Pour instaurer une telle situation, la peur est le ressort indispensable, il faut que la terreur soit institu\u00e9e de fa\u00e7on permanente <\/strong>; \u00ab <em>les clips command\u00e9s par l\u2019Etat, les annonces r\u00e9p\u00e9titives sur tous les m\u00e9dias, la litanie du nombre de d\u00e9c\u00e8s, les messages d\u2019avertissements dans tous les transports forment bel et bien un r\u00e9seau de signes qui vise \u00e0 faire de la crainte la passion dominante de la vie sociale. <\/em>\u00bb On l\u2019accentuera ou on la diminuera selon les comportements que l\u2019on souhaite obtenir. <em>Peu importe ce dont on parle, pourvu qu\u2019on le chiffre. D\u2019o\u00f9 ce paradoxe abyssal : bien que, sur la totalit\u00e9 des vivants, peu d\u2019hommes mourront du covid, tous auront \u00e9t\u00e9 <strong>gravement atteints <\/strong>par la ritournelle de son \u00e9vocation. <\/em>L\u2019Etat totalitaire repose sur une vision archi technicis\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9, tout processus doit absolument \u00eatre chiffr\u00e9. <strong>Seul compte le nombre <\/strong>: \u00ab <em>le nombre des d\u00e9c\u00e8s, de patients hospitalis\u00e9s en service de r\u00e9animation, des individus malades, des porteurs asymptomatiques du virus, du taux d\u2019incidence, etc. Ces nombres, bien s\u00fbr, n\u2019ont par eux-m\u00eames aucun sens : ils ne sont que les ombres chiffr\u00e9es d\u2019un r\u00e9el appauvri. Pourtant, ils ont cette efficacit\u00e9 propre de donner \u00e0 la tendance totalitaire toujours plus de mobiles de se renforcer. Aussi ne cesse-t-elle de les invoquer. Ils sont l\u2019appr\u00eat du rationnel en r\u00e9gime d\u00e9raisonnable. <\/em>\u00bb Le r\u00e8gne de la technique, du calculable, du sigle abstrait (covid, test pcr, qr code, ephad, pass, etc.) vient r\u00e9duire tout \u00eatre, toute vie, \u00e0 la dimension quantifiable et mod\u00e9lisable informatiquement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que l\u2019on soit pour ou contre les mesures prises par l\u2019Etat, chacun doit concr\u00e8tement se plier aux \u00ab bons r\u00e9flexes \u00bb qui nous prot\u00e8gent de notre libert\u00e9. Les gestes impos\u00e9s \u00e0 tous sans limite sont, selon Jacques Ellul[6], typiques de la propagande moderne qui cherche \u00e0 obtenir bien plus qu\u2019une orthodoxie (pens\u00e9e unique), une orthopraxie (pratique unique). Pour en arriver l\u00e0, <strong>il faut casser la capacit\u00e9 de r\u00e9flexion en soumettant de force la population \u00e0 des injonctions contradictoires et absurdes <\/strong>: \u00ab <em>\u00e0 d\u00e9faut de comprendre, le sujet agira. <\/em>\u00bb Les exemples avanc\u00e9s par nos auteurs nous sont malheureusement bien familiers, on exhorte les citoyens \u00ab <em>\u00e0 prendre soin des plus fragiles tout en leur interdisant de les voir. Les inviter \u00e0 partir en guerre, en restant chez eux. Se plaindre des risques de contaminations du fait de l\u2019engorgement des supermarch\u00e9s mais imposer le confinement dans les grandes villes d\u00e8s 18 heures. Exhorter les citoyens \u00e0 la responsabilit\u00e9 personnelle tout en leur promettant des amendes mirobolantes et des mois de prison ferme en cas d\u2019infraction. Les inviter \u00e0 jouir sans crainte d\u2019un d\u00e9confinement qui s\u2019accompagne pourtant d\u2019un couvre-feu\u2026 <\/em>\u00bb L\u2019effet de toutes ces contradictions est de cr\u00e9er \u00ab <em>un \u00e9tat de sid\u00e9ration qui redouble celui de la crainte initiale provoqu\u00e9e par la maladie. <\/em>\u00bb <strong>Le citoyen perd tout jugement devant une multitude d\u2019ordres incompatibles<\/strong>, d\u00e9sesp\u00e8re de sa libert\u00e9, n\u2019a plus de go\u00fbt pour rien. Le totalitarisme trouve alors un \u00eatre parfaitement mall\u00e9able, cr\u00e9dule, contr\u00f4lable, il pourra sans difficult\u00e9 aller jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9gler \u00ab <em>les heures des repas, les mani\u00e8res d\u2019aimer et de sourire, de se laver les mains et de mourir, les paroles autoris\u00e9es et les paroles interdites. <\/em>\u00bb C\u2019est le despotisme de l\u2019irrationnel, l\u2019absurde devient normal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une soci\u00e9t\u00e9 invers\u00e9e <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par une sorte de suicide, la soci\u00e9t\u00e9 actuelle renonce \u00e0 la vie selon un mode in\u00e9dit dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, \u00ab <em>c\u2019est rendu possible par une illusion : celle qui consiste \u00e0 croire que vivre serait, primordialement, conserver la vie. [\u2026] On peut la nommer, avec Olivier Rey<\/em>[7]<em>, \u00ab l\u2019idol\u00e2trie de la vie \u00bb. On l\u2019appelle aujourd\u2019hui \u2018sant\u00e9 publique<\/em>\u2018 \u00bb. Pourtant aucune vie n\u2019est possible sans qu\u2019il y ait des risques \u00e0 prendre, c\u2019en est m\u00eame la condition sous peine de se condamner \u00e0 l\u2019\u00e9tat de mollusque qui, m\u00eame eux, finissent par mourir un jour ! Nos deux auteurs donnent l\u2019image du marin qui de toute fa\u00e7on \u00ab <em>coulera avec le navire, si par peur de se noyer, il refuse de se jeter \u00e0 l\u2019eau<\/em>. \u00bb Un monde d\u2019esclaves n\u2019a rien d\u2019enviable, c\u2019est pourtant ce qui se profile avec l\u2019existence \u00ab <em>d\u2019un homme diminu\u00e9 au point de vouloir sa servitude et de ch\u00e9rir son effacement comme un moyen de salut paradoxal. De cette nouvelle religion de la d\u00e9sincarnation, le coronavirus est l\u2019apocalypse asymptomatique. Ni odyss\u00e9e tragique qui fa\u00e7onne des h\u00e9ros, ni charit\u00e9 fid\u00e8le qui r\u00e9v\u00e8le des saints, mais quoi donc alors, pour tenir lieu de monde humain ? <\/em>\u00bb La terre comme antichambre de l\u2019enfer, n\u2019est-ce pas l\u00e0 le plus cher d\u00e9sir des anges d\u00e9chus ? Steffens et Martin ne manquent pas \u00e0 la fin de leur ouvrage d\u2019entrouvrir l\u2019issue de secours, \u00ab <em>le christianisme, ici, nous \u00e9claire, qui nous dit que la vie ici-bas, d\u00e8s lors qu\u2019elle se prend pour l\u2019absolu, n\u2019est jamais qu\u2019une mort [\u2026] Se consacrer exclusivement \u00e0 sa vie, la retenir fi\u00e9vreusement, c\u2019est choisir sa propre damnation <\/em>\u00bb. Fondamentalement, la vieille lutte des premiers chr\u00e9tiens face \u00e0 l\u2019univers de la Rome pa\u00efenne n\u2019est pas finie, seules les circonstances changent, \u00ab <em>l\u2019univers covidique est un univers pa\u00efen hyper-technologique, superstitieux et f\u00e9tichiste, dont l\u2019id\u00e9al d\u2019existence est le service de r\u00e9animation o\u00f9 la vie est mesur\u00e9e par la seule survie. <\/em>\u00bb Pour nous, nous le savons, notre vie terrestre est ordonn\u00e9e \u00e0 plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019elle, nous la recevons de Dieu pour retourner \u00e0 Dieu par Notre-Seigneur J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><strong><em>Faire face, le visage et la crise sanitaire<\/em><\/strong><strong>, Martins Steffens et Pierre Dulau, \u00c9ditions Premi\u00e8re Partie, avril 2021, 17 euros. <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>Notes de bas de page <\/strong><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>Martin Steffens et Pierre Dulau, <em>Faire Face \u2013 Le visage et la crise sanitaire<\/em>, Editions Premi\u00e8re Partie, 2021. Le pr\u00e9sent article n\u2019\u00e9quivaut \u00e9videmment pas \u00e0 une adh\u00e9sion \u00e0 tout ce que ces auteurs peuvent \u00e9crire par ailleurs.[\u21a9]<\/li>\n<li>L\u2019une des plus importantes revues scientifiques mondiales. Richard Horton, \u00ab COVID-19 is not a pandemic \u00bb, <em>The Lancet<\/em>, 26 septembre 2020.[\u21a9]<\/li>\n<li><em>Aleteia<\/em>, entretien du 9 juillet 2021 avec Pierre Dulau \u00ab Nous entrons dans une soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019hygi\u00e9nisme s\u00e9curitaire \u00bb.[\u21a9]<\/li>\n<li><em>Ibidem. <\/em>Les r\u00e9flexions de l\u2019entretien ne sont pas en italique afin de les diff\u00e9rencier de celles de l\u2019ouvrage <em>Faire Face<\/em>.[\u21a9]<\/li>\n<li>Dans la c\u00e9l\u00e8bre pi\u00e8ce de Jules Romain<em>, Docteur Knock \u2013 le Triomphe de la m\u00e9decine<\/em>, tous les gens en bonne sant\u00e9 ne sont jamais que malades qui s\u2019ignorent. La maladie est la norme, non la sant\u00e9.[\u21a9]<\/li>\n<li>Jacques Ellul<em>, Propagandes<\/em>, Economica, 1990, r\u00e9imp. 2008, p. 36-38.[\u21a9]<\/li>\n<li>Olivier Rey, L\u2019Idol\u00e2trie de la vie, coll. \u00ab Tracts \u00bb, Gallimard, 2020.[\u21a9]<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>EHS-France<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9flexions philosophiques sur le covid<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-9927","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9927","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9927"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9927\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9928,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9927\/revisions\/9928"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9927"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9927"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.quieryavenir.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9927"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}