Après le discours de Philippe

Le gouvernement Macron veut la jouer Thatcher.

De toutes parts, montent les appels légitimes à amplifier la contestation.
Allons-nous regarder les jeunes dans les yeux et dire : « nous avons laisser-faire ». Non !
Le réseau unitaires Retraites décrypte, plus bas, les Intoxs multiples du gouvernement Macron.
Amplifions le mouvement, partout, toutes et tous.
Nous sauverons ainsi plus que nous-mêmes, une société solidaire.
La Fondation Copernic

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Décryptage des annonces du Premier ministre : le gouvernement modifie l’emballage sans toucher au contenu de sa réforme des retraites

Après 2 ans et demi de concertations menées par Jean-Paul Delevoye, Edouard Philippe a « dévoilé », ce mercredi 11 décembre au CESE le projet de réforme des retraites du Gouvernement. Ces annonces ne changent ni l’horizon du gouvernement sur la réforme des retraites, ni ses conséquences pour les retraité·e·s actuel·le·s et futur·e·s.

Comme on pouvait s’y attendre, Emmanuel Macron et son gouvernement s’obstinent face à la colère et à la mobilisation de masse actuellement en cours. Pour briser la solidarité entre générations, Edouard Philippe n’hésite pas à avoir recours à l’argument le plus méprisable : ne vous inquiétez pas ces mesures ne vous frapperont pas ; elles ne toucheront que vos enfants. Quelle meilleure preuve que la réforme est néfaste, qu’elle n’est pas favorable aux actifs !

Mais les personnes qui ne seront pas concernées par la réforme “à points” seront concernées par des nouvelles mesures de baisse, via l’instauration d’un âge “d’équilibre” à 64 ans dès 2027.

Alors qu’E. Philippe affirme que le système “financera un haut niveau de solidarité”, ce qui nécessiterait un financement bien plus important qu’aujourd’hui compte tenu des inégalités actuelles à corriger, la part de solidarité sera simplement maintenue à son niveau actuel, au début de la mise en œuvre. Comme elle sera sortie du système de retraite pour être financé par l’impôt, il y a fort à craindre que cette part soit rapidement rognée au nom des baisses de dépenses publiques.

Nouvel “âge d’équilibre” pour les plus de 47 ans (nés avant 1975), réforme à points pour les autres, tout le monde reste perdant !

Malgré les aménagements quant aux générations concernées par le système à points ou par des économies de court-terme, il n’y a pas d’évolution sur le plafonnement du financement des retraites à 14% du PIB… voire une baisse de cette part.

Les personnes qui ne seront pas concernées par le système à point seront fortement touchées par l’autre partie de la réforme : les économies à court terme, et notamment par un nouvel âge d’équilibre fixé à 64 ans en 2027. Toute personne qui partira avant cet âge subira une décote, quel que soit son nombre d’annuités. La nouvelle décote sera calculée en prenant le plus défavorable de deux critères pour chacun, entre durée de cotisation, et écart à cet âge d’équilibre. Une perte qui peut se chiffrer en centaines d’euro par mois. Et ce dès les prochaines générations.

Les générations nées après 1975 seront concernées par le nouveau système à point, calibré pour ajuster les pensions à la baisse à mesure que l’espérance de vie s’allonge. Ainsi, la réforme ne s’appliquera qu’aux personnes nées en 1975 et après, soit en 2037. D’ici là, dès 2022, les jeunes cotiseront au nouveau régime, ce qui veut dire que pendant 17 ans, les régimes existants vont être de plus en plus déficitaires, de plus en plus dans la main de l’Etat.

La conséquence de ces choix : une baisse des taux de remplacements brutale et plus forte que celle prévue par les précédentes réformes.

Des garanties en trompe l’oeil :

– L’indexation du point ne garantit pas le niveau des pensions

L’annonce de l’indexation de la valeur des points acquis sur les salaires se veut rassurante. Mais le niveau des pensions (niveau de la retraite par rapport au dernier salaire) n’est en aucun cas garanti. Ce qui importe n’est pas la valeur du point (qui n’est qu’un indice), mais le “taux de remplacement”, c’est à dire la part de pouvoir d’achat qu’on conserve lorsqu’on passe de l’emploi à la retraite. Et celui-ci va baisser, plus fortement qu’aujourd’hui. Ce que le gouvernement fait mine de garantir avec la valeur du point, il le reprend avec une décote variable.

Un minimum de pension à 1000€ (pour une carrière complète) pour les uns, la capitalisation pour les autres ?

Avec une baisse massive du niveau des pensions, une partie écrasante de la population française sera logée à la même enseigne : le nouveau « minimum de pension » à 1000€ (pour une carrière complète). Toutes les personnes n’atteignant pas l’âge pivot ou ayant une carrière incomplète auront beaucoup moins. C’est un des « alibis sociaux », les gagnants de la réforme : celles et ceux qui pourront prétendre au minimum après une vie de travail. Par ailleurs le gouvernement utilise les femmes comme alibi de la réforme en n’hésitant pas à les qualifier de “grandes gagnantes”, alors même que leurs droits et leur autonomie financière sont gravement menacés par de nombreuses dispositions (prise en compte de toute la carrière, pension de réversion dégradée, abandon des majorations de durée d’assurance pour les enfants). Pour les personnes pouvant se le permettre, il s’agira désormais de se tourner vers la capitalisation privée, grandement facilitée par le gouvernement et son Plan Epargne Retraite. Ce sont d’immenses opportunités pour les fonds de pensions, largement défiscalisés, et donc autant de manque à gagner pour les caisses de l’Etat.

En clair, ces annonces confortent le coeur de la réforme qui concerne tou·te·s les actif·ve·s du pays, soit la réduction du niveau des retraites dans notre système solidaire et un effet d’éviction vers les solutions de capitalisation privée. Dans le détail beaucoup de flou persiste sur la réelle prise en compte de la diversité des situations et des carrières. Les centaines de milliers de grévistes et de manifestant·e·s réuni·e·s depuis le début du mouvement semblent plus que jamais déterminé·e·s à continuer le mouvement, dès demain jeudi 12 décembre, et ce jusqu’au retrait définitif de son projet de réforme.

Le “Réseau Retraites”

Contacts du “Réseau Retraites”:

Collectif Nos retraites : Agathe 06 47 36 25 73 et Régis 06 12 10 90 29

ATTAC- Fondation Copernic : Pierre Khalfa 06 87 76 28 56 et Christiane Marty 06 86 25 23 88

Economistes atterrés : Henri Sterdyniak 06 72 19 15 51

Communiqué de Presse du “Réseau Retraites” (ATTAC, Economistes atterrés, Fondation Copernic, collectif Nos retraites)

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« Voici quelques propositions simples, où nous ne débattrons pas plus. »

Nous avons reçu cet appel à la grève aussi anonyme qu’original. Son auteur insiste, « c’est une ébauche, un truc banal, un peu rapide, mais peut-être de circonstance ». Comme tous les appels, il s’adressera d’abord à ceux qui l’entendent et viendront l’étoffer.

Chacune des entreprises contribuant à l’organisation, à l’enrichissement et au bon déroulement des petits divertissements du pouvoir en place, peuvent être stoppées, momentanément ou définitivement.

Il y a une grève en cours, et beaucoup de manières d’y prendre part, partout, encore, enfin.

Voici quelques propositions simples, où nous ne débattrons pas plus.
Ce texte est un poème incomplet, un appel, un pain, une chaise, un soin, une feuille de comptes.
Il met en perspective les quotidiens qui viennent, ceux que nous partageons,
en regard des fonctions que nous portons, des tâches que nous effectuons,
des services que nous rendons, du silence auquel nous sommes tenus.

Nous devons défaire ce que nous pouvons, là où nous sommes.
Il y a les organes vitaux du pouvoir en place, ses lieux de propagande.

Les chaînes de télévision peuvent être coupées ou réquisitionnées, par ceux-là même qui les font, les éclairagistes, les caméramans, les moniteurs, les oreillettes, les régisseurs, les monteurs, les pigistes ; il en va de même pour les ondes radio, les transports, les grandes imprimeries ses machines, ses conducteurs, ses fournisseurs de papiers, tous les intermédiaires, les livreurs, les routiers, les coursiers, les péages peuvent être levés ou filtrants, tout comme les routes, les artères, les dispositifs de paiement, de contrôle, de gestion, peuvent être stoppés n’en décident que ses agents et ses usagers,
et là il faut insister : agents et usagers.

réquisitionner le matériel là où il est,  là où il abonde, et travailler sur place, avec ce qui est là,  au détournement des outils présents, avec les collègues et amis en présence, tisser des complicités, se parler tête à tête, se préparer,  prise et autogestion de grands magasins par ses magasiniers mêmes,  à pas de loups, il ne reste que quelques vigiles à convaincre et à destituer discrètement,  il est possible de rompre le jeu, pendant que tout fait mine de continuer, soit à assécher les flux soit les détourner, en redistribuer le contenu, devenir complices en équipes, d’une distribution gratuite de produits variés,  d’une fabrique clandestine de journaux, d’une intervention sur la distribution des courants, des informations, des transactions, de tout ce qui d’habitude nous file entre les mains ;

Depuis les bureaux : la suppression des facturations, l’annulation des dettes, des relances, des mises en demeure,

Depuis chaque poste une bande, un groupe, une assemblée, vous avez tous, nous avons tous un patron, vous connaissez les ordres, vous savez ce qui peut nuire, vous savez ce qui vous casse, vous surveille, vous ponctionne, vous réduit,

Pourriez-vous d’où vous êtes, multiplier les erreurs, fomenter des malentendus,
pourriez-vous d’où vous êtes, distribuer les codes d’accès, les clefs des palais,
pourriez-vous d’où vous êtes, faire mine d’être dedans tout en faisant lien vers le dehors,

Si nous ne faisons que nous contenter de journées de grèves définies nous laisserons la résignation nous prendre, si nous laissons la résignation nous prendre c’est l’humanité que nous perdons.

Il s’agirait soit de quitter nos fonctions, nos costumes, soit d’en user subtilement en tapant fort.
Tous les secteurs sont concernés, absolument aucun ne doit être mis à l’écart, et là même où l’on ne produit rien, où l’on pense ne pas travailler pour le compte des dominants.

Multipliez les petits gestes, les débranchements, les accidents.

Simultanément à la réquisition subtile des outils de production dont les employés sont les moteurs, il faudra bien que les travailleurs chez les fabricants d’armes commencent à se faire entendre,
vous risquez votre vie pour des monstres, vous engendrez des monstres,
vous êtes un élément actif au sein d’une chaîne de production de morts et de mutilés, travailleurs des usines Seveso : si votre rôle est de prendre part à la guerre qui nous est faite, préparez-vous à la reconversion si ce n’est à une retraite anticipée, ou rejoignez la grève, sabotez !

Et si les grandes vacances d’été commençaient maintenant ?
Pour ajuster au dérèglement climatique, il nous faudrait dérégler le temps, toute cette temporalité dans laquelle nous sommes tous façonnés, qui rythme nos nuits, nos journées, nos semaines, fabrique nos manques et nos frustrations, délimite les espaces et rythme le grand partage de tout ce dont nous sommes privés. Pourquoi continuer de servir la soupe à qui nous la refuse. Une interruption, un imprévu, une panne, vient interrompre concrètement, matériellement, le déroulement d’un temps qui n’est pas le nôtre mais celui de l’économie.

À toutes les équipes déjà constituée : c’est le moment de devenir conséquent,
aux cantines, aux ateliers, aux bâtis, aux savoirs de toutes parts, techniques et matériels, aux sensibilités de toutes parts, écrites ou orales, à tout ce qui déjà est en place, et ne demande qu’à se mettre en mouvement. Nous devons rendre la situation consistante. Nous devons rendre cette situation de grève consistante et élancée, diffuse et insondable et permanente.

Le monde qui nous enferme est fêlé ;
multiplions les trous, les percées, les fuites.

Un invisible parmi d’autres

lundi.am

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Un article dans reporterre

https://reporterre.net/la-reforme-des-retraites-aggraverait

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Communiqué du SNUIPP-FSU

https://www.snuipp.fr/actualites/posts/des-annonces-