L’effondrement

La crise du Coronavirus : étape et accélérateur de l’effondrement

         Vous me direz : mais quel rapport y a-t-il entre la crise du coronavirus et l’effondrement ?  Et seconde question : qu’entend-t-on par effondrement ?

         Cela nécessite quelques explications, retours en arrière pour comprendre ce qui se passe.

         C’est dans la décennie 1970 – 1980, en fin d’une période de croissance exceptionnelle – baptisée bien mal à propos « les 30 glorieuses »- que nous avons franchi pour la 1ère fois depuis l’apparition de l’humanité sur terre les limites de ce que nos écosystèmes peuvent fournir et supporter.

         A cette même époque en 1972 a été publié par le club de Rome un rapport  connu sous le nom de « Halte à la croissance ». Ce rapport nous alertait de notre mise en danger par un fonctionnement économique hyper-productiviste ayant de fortes répercussions sur nos écosystèmes, et cela dans un système terre ayant des limites. En gros : Attention votre moteur chauffe et arrive en zone rouge !

         Ce rapport pas plus que ceux qui ont suivi (Conférences diverses, sommets de la terre, GIEC,  Biodiversité …) n’a été pris en compte. Résultat : il nous faut aujourd’hui au niveau mondial 1,7 terre. S’agissant de la France, le jour du dépassement s’est produit le 5 Mars 2020. Voir article ci-contre :

https://www.lefigaro.fr/sciences/le-5-mars-2020-jour-ou-la-france-a-emis-plus-de-carbone-qu-elle-n-en-capte-en-un-an-20200305

         La survenue de la pandémie du Covid19 trouve ses racines dans une surexploitation des ressources terrestres, aussi assistons-nous depuis 30 ans à la multiplication de zoonoses, c’est à dire au transfert de maladies animales à l’humain.

         Par contre la gestion de la crise mondiale du Coronavirus, et notamment l’usage à grande échelle du confinement, fait que cette crise au départ sanitaire s’est élargie à d’autres secteurs.

         C’est toute la population mondiale qui est touchée, avec des répercussions sociales importantes sur les populations, notamment les plus pauvres, mais aussi économiques et financières.

         Selon différents économistes et experts, cette crise économique serait la plus grave que nous ayons eu depuis la mémorable récession de l930. Douze ans après la crise des subprimes, le système financier mondial est de nouveau menacé d’effondrement.

         Par contre, quand je parle d’effondrement, il s’agit d’un processus plus global, connu aussi sous le nom de collapsologie. Pablo Servigne co-auteur de « Comment tout peut s’effondrer », paru en 2015 et qui a connu un certain succès, est le collapsologue le plus connu du public.

         D’autres scientifiques, personnalités ont également travaillé dans ce domaine, et notamment Yves Cochet, et son institut Momentum créé en 2009.

         Le processus d’effondrement a d’abord été analysé au niveau historique, où de nombreuses civilisations, empires politiques ont décliné puis disparu.

         L’effondrement est le fruit de processus où vont interagir différents éléments, notamment d’ordre social, politique, économique, avec à chaque fois une constante forte et déterminante : la dégradation des écosystèmes permettant la vie.

         De par les évolutions technologiques, mais aussi la mondialisation et donc une dépendance forte aux autres – illustré aujourd’hui avec la pénurie de masques et tests Coronavirus-, nos sociétés sont devenues très vulnérables.

         De nombreux aléas peuvent survenir  et gravement nous affecter :
– catastrophes climatiques,   pouvant détruire nos infrastructures, habitat et réseaux mais aussi  provoquer des pénuries alimentaires, en eau ….
– Conflits ou fortes tensions, portant notamment sur les approvisionnements en énergie, matières 1ères, mais aussi sur l’eau et les ressources alimentaires

         Des « petits cailloux » peuvent également casser ou gravement endommager la machine : bugs ou  attaques sur les réseaux informatiques, de téléphonie et Internet, attaques terroristes, survenue de maladies ou pandémies affectant le vivant, l’humain et notre vie quotidienne. Le Coronavirus en est un exemple concret.

         De par leur organisation, et complexité nos sociétés sont vraiment vulnérables. Une rupture dans un secteur peut en entraîner d’autres, c’est l’effet domino.

 

L’effondrement est une réalité concrète

         Avec plus d’un demi-siècle de surrégime – dépassement des limites de la terre, utilisation massive de l’énergie fossile, de produits chimiques et pesticides ….- nous avons gravement endommagé nos écosystèmes, provoquant le recul de l’habitabilité de notre planète, mais aussi de la vie.

         Avec une perte en quelques décennies de près de 60%       des vertébrés, et de 80% des insectes, il faut être naïf ou inconscient pour croire que cela ne peut pas nous affecter, nous les humains.

         Un quart de la population mondiale est en insécurité alimentaire modérée ou grave et ce chiffre a augmenté ces 6 dernières années. Les politiques ultra libérales qui accaparent la richesse créée au profit d’une classe ultra minoritaire de super riches y ont évidemment une énorme responsabilité.

         La crise du Covid 19 a encore aggravé la situation mondiale. Selon Oxfam, 121 millions de personnes supplémentaires pourraient être exposées à la famine à cause des répercussions sociales et économiques de la pandémie.

         En France, selon le gouvernement, 8 millions de personnes – soit près de 12% de la population – auront besoin d’ici fin 2020 d’une aide alimentaire soit 2,5 millions de personnes en plus.

  L’effondrement politique est lui aussi commencé, c’est ce que nous dit Alain Bertho, anthropologue. Voir article de la revue Terrestre

 

         Pour sa part Yves Cochet, auteur de  « Devant l’effondrement » paru en 2019, nous alerte : « L’effondrement de nos sociétés est possible dès 2020,  et certain pour 2030. Il y aura impossibilité de satisfaire des besoins fondamentaux : Eau, alimentation, logement, se vêtir, assurer la sécurité, mobilité, avoir un logement, accéder à l’énergie. ».

Quand les plus puissants veulent se débarrasser d’une partie de la population

         Si le rêve fou et dangereux de contrôle et manipulation de l’humain par quelques-uns a toujours existé, nous avons tous en mémoire le génocide et   l’extermination entrepris lors de la seconde guerre mondiale au nom de la pureté de la race aryenne.

         Ce rêve, ou plutôt cauchemar, continue de subsister et de nous menacer. Quasiment personne ne sait qu’aujourd’hui quelques super milliardaires particulièrement influents ayant bien compris que la vie sur terre est menacée, ambitionnent de diminuer drastiquement la population mondiale- certains envisagent de la ramener à moins d’un Milliard -, et cela afin de pouvoir continuer à vivre dans un super luxe totalement débridé et irresponsable.

         C’est notamment le cas de David Rockefeller –pour mémoire la fondation Rockefeller avait soutenu les Nazis dans leur programme Eugéniste-, ainsi que de Bill Gates. Ce dernier espère réduire de 10 à 15% la population mondiale via ses campagnes de vaccination mondiale des enfants – finalité peu avouable qu’il cache, préférant faire croire à de véritables sentiments humanistes -. Voir à ce propos l’article du journaliste d’investigation Peter Koenig : Bill Gates et le programme de dépeuplement.

         Personnage parmi les plus riches et influents du monde et toujours hyper actif dans l’ombre, Bill Gates a invité à un sommet  de nombreux philanthropes milliardaires afin de discuter de la nécessité de mise en œuvre d’un programme mondial de dépopulation. Ces discussions se poursuivent dans une structure baptisée « Good club ».

Un autre monde est possible et urgent !

         Une fois de plus, nos dirigeants disent nous entendre et récupèrent à leur profit des éléments forts pour mieux nous endormir et ne rien changer. Il en est ainsi du développement durable, de la lutte pour le climat,  et aujourd’hui de la revendication forte d’un monde d’après.

         Ne soyons pas naïfs, cet autre monde ne se fera que si nous nous mobilisons.

         Cette crise a provoqué une forte indignation, mais aussi des sursauts extrêmement positifs de solidarité et des perspectives politiques pour un monde radicalement différent, issues de nous société civile.

         Cet autre monde, où nous arrêterions de détruire et polluer notre planète, où chacun vivrait simplement, mangerait des produits sains, qui utiliserait les énergies renouvelables, abandonnerait l’agriculture intensive et chimique est possible. De nombreuses expériences de par le monde l’attestent, qui ont été mises en œuvre.

         Il est clair que trop de temps a été perdu en inaction, et que la vie  demain sera particulièrement difficile. A la fois en raison de l’effondrement qui a commencé, mais aussi  du chaos social à venir et dont le contrôle général des populations et les violences policières largement utilisées sont un avant-goût.

         Pour autant nous pouvons agir, d’autant que nous sommes 1000 fois plus nombreux que ceux qui décident et nous manipulent.

         Prenons notre destin en mains, rejoignons les collectifs de lutte et de construction / défense des communs pour un autre monde plus solidaire, juste, respectueux du vivant et de l’humain.

Seuls, nous ne pouvons rien, Ensemble, nous pouvons beaucoup !

Alain Vandevoorde, militant pour la défense du vivant et de l’humain