Des histoires

De Julos, de Fallet, d’arbres …

Les vrais amis sont comme les arbres
Ils ont hâte de te voir
Mais restent imperturbables
Si tu ne passes pas dire bonsoir

 

Même après une longue absence
Tu peux renouer avec eux
Il n’y a pas d’intermittence
Te revoir les rend heureux

 

Les vrais amis sont comme les arbres
Plantés très loin ou bien tout près
Sans jalousie et sans alarme
Ils croissent, c’est leur métier

 

Les vrais amis sont comme les arbres
Ils tendent leurs bras, ne plient pas
Ils grimpent vers la lumière
C’est ce qui les met en joie

 

Les vrais amis sont comme les arbres
L’univers est dans leur peau
Qu’il fasse pluie, glace ou bourrasque
Ils parfument et tiennent chaud

 

Les vrais amis quand ils trépassent
N’en finissent pas de fleurir
Dans nos mémoires opiniâtres
Même coupés les arbres prient

 

Les vrais amis sont comme les arbres
Ils ont hâte de te voir
Mais restent imperturbables
Si tu ne passes pas dire bonsoir

  Julos BEAUCARNE

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Quelques citations de Julos

 Le bonheur, c’est marcher inlassablement vers soi-même.
Anarchiste, je le suis jusque dans la moelle de mes os ! Anarchiste, selon moi ça veut dire proposer des pistes que les autres n’ont pas encore explorées et enfoncer des portes qui n’ont pas été encore ouvertes. C’est ce que je fais depuis cinquante ans maintenant.
Il faut toujours que j’égare mon stylo juste au moment où je vais écrire la pensée de ma vie.
Les artistes c’est comme les pieuvres ils crachent de l’encre pour se cacher.
Plus on aimera trop, moins ce sera assez.
Au nom du pèze, du fisc et du saint bénéfice, on essaye de nous détourner de nous-mêmes.

Mais si tout le monde suivait sa propre voie, il n’y aurait pas de chômage : chacun trouverait sa place et aurait une tâche particulière à accomplir.
Le voyageur ne prend qu’une direction ; le rêveur les prend toutes.
L’essentiel est de pouvoir remonter la montre de son cœur.

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« – […] Moi, je vais vous dire : ce qu’ils veulent détruire, c’est pas les vieux quartiers. Les taudis, ça les empêche pas de dormir, vu qu’ils ont jamais dormi dedans. Ce qu’ils veulent détruire, c’est plus subtil : c’est l’amitié. Oui l’amitié. Dans les H.L.M., au moins, y en a plus, y a plus de conversations, plus rien. Les types se voient pas, se connaissent pas, leur reste que la famille, et c’est pas toujours primesautier, pas vrai ?

Sûr, approuva Civadusse.

On est d’accord, poursuivit Gogaîlle. Quittez pas mon raisonnement. Au point de vue politique, si l’homme peut plus en causer avec des copains, qu’est-ce qui lui reste ?

La télé ? insinua Bitouillou.

Tu m’as compris ! L’opinion à domicile, comme l’eau courante. Plus besoin de bouger un arpion. L’homme, faut l’isoler, le mettre sous un béret. Sans quoi il attrape la réflexion. Qui dit bistrot dit contact. Pas de bistrots aux H.L.M. Quand tu prendras ton verre de beaujolpif à un distributeur automatique, la France sera finie. Nettoyée. »

René Fallet – Paris au mois d’août, 1964.

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Quoi de plus beau lorsqu’on est chez soi que de voir un ou deux arbres !

C’est une chance, un cadeau !

Autour de chez moi, c’est rempli d’arbres. Le matin, c’est un formidable gazouillis d’oiseaux qui me réveillent … Une pure merveille ! Je voie des moineaux, des passereaux, des pies, des corneilles !

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La prière de l’arbre

Homme, écoute-moi !

Par les froides nuits de novembre, je suis la chaleur de ton foyer !

C’est en me consumant moi-même que je peux te réchauffer !

Je suis l’ombrage rafraîchissant sous le soleil torride de l’été !

Je suis la charpente de ta maison et le toit de tes abris !

Je suis la planche de ta table et la chaise sur laquelle tu peux te reposer !

Je suis la voûte de tes églises et de tes cathédrales !

Je suis le lit sur lequel tu dors lorsque ta journée de travail est terminée !

Je suis la matière vivante qui crée l’harmonie de ton violon et les sons harmonieux de ta flûte !

Je suis le manche de tes outils, le patin de ton traîneau et la porte de ton enclos !

Je suis le coffre de tes biens ; le rouleau qui façonne la pâte et la cuillère qui remue ton potage !

Je suis le berceau de ton ton enfant et serai le cercueil quand tu quitteras ce monde !

Homme, je suis ton ami !

Pourquoi alors, es-tu si cruel envers moi ?

Pourquoi me détruis-tu ?

Tu devrais me protéger puisque ta propre vie est intimement liée à la mienne !

Sillon belge ; article du 10 janvier 2014