La gestion singulière de la commune de Quiéry-la-Motte

Mr le Maire de Quiéry-la-Motte veut sans cesse se prévaloir de sa  gestion budgétaire rigoureuse.

Effectivement, tous les ans les comptes budgétaires sont équilibrés (bien sûr puisque c’est obligatoire !) ; effectivement, les taux d’imposition restent pour l’instant inchangés même si les bases d’imposition sont en constante augmentation.

Pourtant, certains postes d’investissement peuvent poser des interrogations.

 

Deux exemples pour commencer

Exemple n°1 : béguinage

En 2018, la commune achète un terrain rue du vert gazon pour un total de 158 000 €, dans le but de le revendre. Pour le financer, elle réalise même un emprunt de 160 000 €. Elle le revend dans les douze mois qui suivent pour un euro (symbolique) à la société SIA, pour que cette entreprise puisse y réaliser un béguinage.

Cette transaction ne pose-t-elle pas un problème de légalité ? Une commune a-t-elle le droit de revendre à perte un bien immobilier au profit d’un privé ? N’est-ce pas une dilapidation de biens publics ou du patrimoine communal ? Il faut savoir que, pour ce motif, la ville de Lille a été condamnée !

L’excuse d’une éventuelle « utilité publique », non encore démontrée à ce jour, pourrait-elle être valable devant le tribunal administratif sachant que cette vente a été réalisée au profit d’une société qui, bien qu’étant bailleur social, ne demeure pour autant qu’une société privée ?

Outre ce problème quelque peu limite en terme de légalité et en terme de principe (utilisation de l’argent public au profit d’un privé), cette transaction coûtera dans les dix ou vingt budgets prochains de la commune, entre 8 000 € et 16 000 €/an (selon la durée d’emprunt). Les équipes municipales à venir –et les habitants- vont devoir supporter ces charges inadmissibles ?

Est-ce là de la bonne gestion communale ?

D’autres questions se posent. Le maire de la commune  ne tente-t-il pas, comme d’habitude, la recherche de voix du côté des personnes âgées … en vue d’élection prochaine ?

Par ailleurs, chacun sait que les communes d’Izel-les-Equerchin et d’Esquerchin ont déjà un béguinage. Dans ce contexte, le projet de construction à Quiéry –très favorable à SIA- sera-t-il aussi réussi ?

Avec 18 logements supplémentaires dans ce secteur, ne va-t-on pas encore aggraver les problèmes de stationnement et de circulation dans ces rues et la rue Raymonde Delabre déjà bien chargée ?

Enfin, l’emplacement de ce futur béguinage pose problèmes : ce regroupement de personnes âgées se fait à l’extrémité du village, très près du cimetière ! On voudrait isoler une certaine tranche de la population que l’on ne s’y prendrait pas autrement ! L’idée de « traverser la rue » a-t-elle germée dans la tête des personnes qui ont imaginé le projet ?

Exemple n°2 : travaux de la salle J Brel

Des travaux vont démarrer prochainement salle Jacques Brel –avec déjà un retard sur le planning prévisionnel. Ils consistent essentiellement à réaliser de l’isolation phonique et à installer une cloison de séparation pour que la salle puisse profiter à plusieurs associations ou utilisateurs simultanés. Des travaux imprévus ( !) de désamiantage venant s’ajouter aux travaux, ce projet qui devait se monter en 2017 à 357 000 €, se chiffre finalement en 2019 aux  environs de 600 000 € (annoncé lors des vœux du Maire). Certes une subvention de RTE viendra financer ce projet à hauteur de 200 000 €, ainsi qu’une subvention  du FARDA de 75 000 € ; le reste des investissements sera financé par le contribuable Quiérysien dans les prochaines années.

Et il n’est pas sûr qu’on pourra toujours nous faire croire que si à l’avenir on est contraint d’augmenter les impôts à Quiéry-la-Motte, ce sera à cause du gouvernement -comme il est stipulé en première page du dernier bulletin municipal.

Devant ces coûts exorbitants pour un résultat final minime, n’aurait-il pas été plus judicieux de renoncer à ces travaux ?

N’y avait-il pas d’autres solutions pour faciliter l’utilisation des salles par nos associations ?

Grace à cette cloison, les associations pourront-elles réellement utiliser la salle en simultané, sans que cette situation ne pose problème(s) (état des lieux, sanitaires en commun, chauffage …) ?

Les associations n’auraient-elles pas dû être consultées pour trouver ensemble des  solutions plus adaptées ?

La subvention de RTE –utile ou nuisible ?- n’aurait-elle pas pu être utilisée d’une autre façon plus économe en termes de budget ?

Pour revenir sur cette subvention, il faut tout de même rappeler que cette subvention –se montant initialement à 150 000 €- est le fruit de la courbette du maire au projet inutile et nuisible  de renforcement de la ligne Très Haute Tension (THT) entre Gavrelle et Avelin. Les communes sages qui verront passer cette nouvelle ligne sur leur territoire et ont accepté  ce projet pharaonique ont été récompensées par une subvention. Il ne faut pas oublier que ce projet est prévu dans l’optique où Gravelines –avec ses six centrales nucléaires- ne fonctionnerait plus et dans celle où l’EPR de Flamanville serait mis en circulation.

  • Or, de l’argent a été engouffré pour renforcer (!) la sécurité de Gravelines –avec ses centrales qui datent des années 80. On joue avec le feu !
  • Or le projet de Flamanville devait voir le jour en 2012 ; il sera peut-être opérationnel en 2021 ou 2022 ou …, si on n’est pas trop difficile sur les normes de sécurité ! Par ailleurs, le coût de l’opération devait se monter à 3 milliards ; on en est à plus de 11 milliards … et la facture ne s’arrêtera pas là.

Tout cela pour continuer à envoyer principalement de l’électricité en Belgique : une opération essentiellement spéculative !

Autre élément à connaitre : le projet de renforcement de la ligne THT devait coûter 90 millions d’euros. Elle se monte actuellement à … 260 millions ; et ce n’est pas fini !

La subvention de 150 000 € -maintenant 200 000 € !- donnée par RTE à chacune des éventuelles quarante communes sages augmente évidemment le coût de ce renforcement de ligne. Au final, il faut bien se mettre dans la tête que ce seront les consommateurs qui paieront la note.

Dans cette histoire, RTE passe pour le gentil. C’est confirmé dans un article de La Voix du Nord paru le 22 mai

Extraits

Donnez un euro pour un projet participatif, RTE en verse un autre… jusqu’à cent mille euros

Qu’on soit pour ou contre la reconstruction de la ligne à très haute tension, entre Avelin et Gavrelle, on peut bénéficier d’un coup de pouce de RTE (Réseau de transports d’électricité) pour des projets participatifs, dans les 19 communes le long de la ligne.

pour lire l’article : VdN 22 mai

Un autre problème sous-jacent à cette subvention obtenue facilement. Les communes n’ont plus autant d’argent de la part de l’Etat qui ne joue plus son rôle comme dans les années précédentes. Donc, très souvent, les communes recherchent de l’argent du côté des entreprises ; des grosses en priorité.

La conséquence ne se fera pas attendre dans les années à venir. Les fameuses entreprises qui donnent de l’argent vont se mêler de plus en plus de la gestion des communes et dicteront leur loi : le maire et son conseil n’auront plus qu’à entériner … et on aura perdu notre indépendance… Merci Messieurs les maires …

En résumé, le béguinage et les travaux de la salle J Brel sont, parait-il,  les deux derniers projets qui tiennent à cœur à Mr Le Maire de Quiéry-la-Motte en cette fin de son dernier mandat.

Mais ces deux projets qu’il tient absolument à mettre à son actif honorifique, ne risquent-ils pas de lui être ajoutés aussi à son passif de gestionnaire ?

A méditer !

Quiérysien tout un chacun !

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La suite des évènements sur Quiéry dans un prochain article