Jusqu’où iront-ils ?

Nous sommes attaqués comme jamais.

En amont de la Conférence des Nations Unies sur l’océan qui se tient actuellement à Nice, les lobbies de la pêche industrielle se sont déchaînés contre BLOOM. Leur acharnement habituel contre nous a changé d’ampleur et de nature : il s’est transformé en guerre sale qui s’autorise tous les moyens, même les plus infâmes, pour tenter de nous faire taire : les industriels nous pourchassent en mer avec des navires, ils s’accoquinent avec des élus d’extrême droite pour nous diffamer dans les institutions politiques, ils nous insultent sur les réseaux sociaux où des campagnes de désinformation sont organisées à base de sites anonymes, « d’astroturfing », de bots et de faux comptes, ils tentent de perturber les événements que nous organisons…

… Et désormais, ils nous intimident aussi physiquement et psychologiquement.

Il y a exactement une semaine, jour pour jour, les lobbies de la pêche industrielle ont franchi une ligne rouge, une ligne sacrée : ils s’en sont pris à moi et ont terrorisé ma fille. Dans la nuit du 3 au 4 juin, des individus se sont introduits dans mon immeuble et ont saccagé la porte de mon appartement, l’aspergeant de peinture noire et taguant des messages diffamatoires.

C’est ma fille qui a découvert la scène en partant à l’école. Effrayée, elle a fondu en larmes. Ces actes sont d’une gravité inouïe. Mon immeuble est doublement sécurisé, les noms n’apparaissent sur aucune porte : ceux qui ont agi sont des professionnels du crime, et ceux qui commanditent ces actes odieux sont des mafieux prêts à tout pour nous abattre.

Jusqu’où iront-ils la prochaine fois ?

J’ai immédiatement appelé la police et porté plainte pour qu’une enquête soit ouverte. Car ces faits s’inscrivent dans une escalade terrifiante de violence : depuis des semaines, je suis devenue la cible privilégiée des lobbyistes de la pêche destructrice : insultes, menaces de mort, chanson diffamatoire, diabolisation… Tous les thèmes y passent, même les visuels et le code couleur – l’écarlate – pour me dépeindre en sorcière possédée par le diable. C’est ainsi que les destructeurs du monde se représentent les femmes qui se battent pour sa préservation

Ce déchaînement de violences et d’intimidations n’est pas un hasard : les lobbies de la pêche industrielle essaient de déstabiliser et de neutraliser BLOOM, qu’ils considèrent, à raison, comme leur principal adversaire.

C’est en effet nous qui déployons contre eux une campagne totale contre l’anéantissement de l’océan par les pêches destructrices, qui va de l’expertise scientifique à l’action judiciaire en passant par le plaidoyer institutionnel et la mobilisation de la société civile.

C’est nous, qui depuis 20 ans, gagnons nos combats contre la première cause historique de destruction de l’océan : la pêche industrielle.

C’est nous qui avons obtenu la protection de l’océan profond en 2016 au-delà de 800 mètres de profondeur. C’est nous qui avons fait interdire la pêche électrique en 2021. C’est nous qui avons gagné le vote interdisant la pêche à la senne démersale en 2022 (avant que le gouvernement ne casse notre victoire au cours des négociations opaques de « trilogue » et choisisse de trahir les pêcheurs français pour soutenir les industriels néerlandais). C’est nous qui avons fait la bascule pour l’adoption de la Loi européenne sur la restauration de la nature en 2023. C’est nous qui attaquons l’État français pour corruption dans le cadre des pêches thonières, pour obstruction dans l’accès aux données publiques, pour injustice sociale dans la répartition des quotas de pêche, pour non-contrôle des navires de pêche, pour opacité sur les droits de pêche, et bien plus encore.

C’est encore nous qui faisons chuter les ventes de thon lorsque nous révélons que 100% des boîtes de thon sont contaminées au mercure.

En un mot, c’est nous qui faisons trembler le système : le système opaque, corrompu, corrupteur, frauduleux, brutal et mafieux de la pêche industrielle. Un système qui a pris le pouvoir sur le secteur de la pêche, qui domine les organes de représentation des pêcheurs, un système qui écrase les petits artisans, qui refuse toute forme de justice sociale, qui règne par la terreur mais qui est encore soutenu mordicus par le Président de la République et tout l’appareil d’État.

Les lobbies attaquent car ils paniquent. Ce n’est qu’une question de temps pour que notre camp ancré dans la justice sociale, les faits, la science et l’humanisme gagne. Jour après jour, nous gagnons du terrain, nous révélons de nouveaux scandales, nous faisons progresser nos idées dans les institutions, dans la rue, dans les médias, sur les réseaux sociaux.

Qu’ils le veuillent ou non : le changement a commencé. Et les destructeurs de l’océan le savent. Plus personne n’est dupe, car la petite équipe formidable de BLOOM (je vous le dis, c’est ma fierté personnelle : cette équipe ULTRA motivée et experte) donne le « la » du débat public.

Si vous étiez ici avec nous à Nice, à la Conférence de l’ONU sur l’océan, vous ressentiriez comme moi cette immense fierté de faire partie de l’aventure de BLOOM, car vous en faites partie intégralement. Tout ce que nous sommes en capacité de faire, c’est par la liberté totale que vous nous donnez. La seule vérité immuable, c’est qu’il n’y a pas de liberté de parole sans liberté financière. Notre force de chêne, qu’aucune tempête n’abat, a quatre racines : notre expertise, notre stratégie, la communauté que nous formons avec vous, et notre autonomie financière grâce à vous.

Sans vous, nous n’existerions pas. Sans votre mobilisation absolument exceptionnelle, nous n’aurions pas la possibilité de gagner nos combats.

Il faut, je vous l’ai déjà dit et vous le redirai, que vous preniez conscience qu’un bout de chacune de nos victoires vous revient. Il doit venir se loger dans un espace intime qui nourrit la joie de réussir l’impossible : gagner contre un système malhonnête et terrifiant.

La pression qu’ils exercent met l’équipe de BLOOM sous tension : la police surveille désormais mon logement mais nous devons aussi renforcer nos systèmes de sécurité et mettre nos collègues à l’abri. 

Nous savons que cette guerre d’usure ira très loin. Nous vous ferons un jour la narration complète de ce qu’il se passe, jusqu’à Nice où les actes malveillants se poursuivent. Pour le moment, nous sommes sur le pont nuit et jour à la Conférence des Nations Unies, et nous avons besoin de vous plus que jamais.

Si vous voulez me protéger, si vous voulez protéger nos combats communs et protéger notre capacité à faire face à ces pratiques mafieuses, merci de nous en donner les moyens nécessaires. Merci de renouveler votre soutien et de partager à trois proches mon message. Tout le monde doit savoir jusqu’où peuvent aller les destructeurs du monde

Je compte sur vous, je vous sais solidaires, et vraiment, croyez-moi, c’est en votre soutien que je puise ma force. Vous me donnez le feu sacré.

Merci.

La lutte ne fait que commencer.

Claire Nouvian, responsable de BLOOM