Le feu vert

Un livre de Bernard CHARBONNEAU écrit en 2009 !

Toujours et de plus en plus d’actualité

Résumé

« Peut-il y avoir protection de la nature par la société qui la détruit ? Poser la question, c’est y répondre », déclare Bernard Charbonneau. D’une rare lucidité sur le devenir du mouvement écologiste, ce livre en dresse un vaste tableau et revient sur sa genèse et ses fondements. Il analyse sans complaisance les contradictions qui le travaillent et risquent de le neutraliser, car « autant l’écologie peut être un gain pour la pensée quand elle rappelle à l’Homme qu’il n’est pas tout, et à une société obsédée par la production son impact sur l’environnement, autant, lorsqu’elle devient un écologisme, elle en fait une idéologie tout aussi abstraite que celle de la croissance. Parce qu’elle aussi oublie, non pas une valeur, mais un fait essentiel : l’Homme ».

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Un extrait

« Rien n’ayant jamais été donné pour rien sur terre, si l’homme prétend s’émanciper totalement de la nature, il pourrait bien le payer d’un contrôle social total. »

« Si la crise énergétique se développe, la pénurie peut parfois pousser paradoxalement au développement. Le pétrole manque ? Il faut multiplier les forages. La terre s’épuise ? Colonisons la mer. L’auto n’a plus d’avenir ? Misons sur l’électronique qui fera faire au peuple des voyages imaginaires. Mais on ne peut reculer indéfiniment pour mieux sauter.

Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint de pratiquer l’écologie. Une prospective sans illusions peut mener à penser que, sauf catastrophe, le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition très minoritaire dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra faire autrement.

Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance gèreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut être fait autrement. »