
Cela se passe chez les écologistes et à Bordeaux !
La mairie écologiste de la ville soutient un énorme projet de data center
« C’est le monde dans lequel on vit »
Le maire écologiste, Pierre Hurmic, et la métropole de Bordeaux ont annoncé un projet de 5 datas centers et supercalculateur à Bordeaux. But de cette infrastructure ultra gourmande en énergie : répondre aux besoins de l’IA.
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La course à l’intelligence artificielle (IA) est lancée à Bordeaux. Un projet d’une ampleur unique, nommé BXIA, a été dévoilé par Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux, et Christine Bost, présidente de Bordeaux Métropole, à l’occasion des vœux au Medef, organisation patronale, le 7 janvier.
Il s’agit d’un site de 20 hectares regroupant cinq data centers d’une puissance de calcul de 50 mégawatts (MW) chacun. 80 % des capacités du site serviront à entraîner des modèles et supporter les usages de l’IA, et 20 % serviront à stocker des données. Cette infrastructure serait près de 2,5 fois plus puissante que le Paris Digital Park implanté en Seine-Saint-Denis.
BXIA nécessite un financement de 3 milliards d’euros, entièrement privé. Sa mise en œuvre est portée par un consortium formé par l’agence de production NFU Digital — qui compte dans ses rangs un ancien président de Bordeaux Métropole, Vincent Feltesse — et la société de gestion immobilière Osae Partners. Son exploitation démarrerait en 2030. Les opérateurs du futur site ne sont pas connus.
Gouffre énergétique
L’annonce, en pleine campagne électorale, d’un tel projet par une municipalité écologiste interroge. Car BXIA sera un gouffre énergétique. Delphine Jamet, conseillère déléguée au numérique de Bordeaux Métropole et adjointe au maire de la ville de Bordeaux, en charge notamment de la stratégie de la donnée, l’estime à « un quart de la consommation électrique des habitants de la métropole bordelaise par an » et évoque « une hausse de 33 % de la consommation énergétique métropolitaine lorsque le projet sera entièrement mis en service ».
« Ce n’est pas le monde dans lequel je veux vivre, mais c’est le monde dans lequel on vit. On ne peut pas fermer les yeux là-dessus », dit l’élue, qui malgré tout soutient le projet. Elle explique que les collectivités bordelaises ont poussé pour s’accorder sur un projet le plus « vertueux » possible.
Plusieurs promesses de conception sont avancées par les porteurs du projet : le refroidissement sera en circuit fermé pour économiser de l’eau et les porteurs vont conclure des contrats anticipés d’achat d’électricité verte issue d’énergies renouvelables, notamment auprès du développeur bordelais Valorem. Par ailleurs, le projet sera construit sur un parking recouvert d’ombrières photovoltaïques. Un site « déjà artificialisé », met en avant Delphine Jamet.
« On a bradé vingt hectares de bien commun en trois semaines : il y a une grosse problématique démocratique », soulève quant à elle Lucile Berthomé, coordinatrice du programme de la liste LFI pour les municipales de Bordeaux et représentante du parti Révolution Écologique pour le Vivant. Cette liste défend un moratoire sur le projet et une expertise scientifique indépendante sur ses impacts. « Le progrès technique ne doit pas se faire contre le vivant, la nature, et l’intérêt des citoyens », complète-t-elle.
Le dossier de presse du projet vante lui une autre promesse : le surplus de chaleur généré par les centres de données servira à chauffer les équipements voisins, comme le stade, le Parc des expositions ou un futur quartier d’habitations. « C’est ce que la loi demande », rappelle l’élue.
Enfin, elle voit également dans ce projet un « gage de souveraineté » pour les données françaises et européennes. Le dossier de presse de NFU Digital fait de ce point l’argument principal pour défendre le projet : « 92 % des données sont stockées et connectées dans des data centers aux États-Unis, seulement 13 % des infrastructures en Europe sont détenues par des Européens. »
Accaparement de l’électricité
Benjamin Delaux, directeur de NFU Digital, vante une infrastructure plus éthique qu’ailleurs : « Notre modèle, ce n’est pas un data center où les Américains louent et il n’y a plus rien à voir, plus rien à dire. Mieux vaut avoir bien ici que mal ailleurs. »
Un argumentaire qui ne passe pas pour la liste LFI-REV. Lucile Berthomé : « On nous demande de sacrifier une puissance électrique de 150 000 foyers pour une infrastructure dont on ne sait pas ce qu’il va se passer dedans. Si c’est pour favoriser des intérêts privés en ayant des conséquences publiques, ça nous pose un vrai souci. »
L’essor en flèche de l’IA en Europe n’est en effet pas sans conséquences. À Marseille, la municipalité s’inquiétait, en 2023, du rôle des data centers implantés à proximité dans le retard pris par le projet d’électrification des quais du port de la ville, dont le stationnement des ferries cause de graves problèmes de santé aux riverains. En Irlande, 20 % de l’électricité disponible est accaparée par les data centers, d’après un rapport du Shift Project en 2025. Si les projets annoncés en France se réalisent, leur part dans la consommation électrique du pays passera de 2 % aujourd’hui à 7,5 % en 2035, prévoit le même rapport.
À Bordeaux, le conseil métropolitain examinera le 30 janvier prochain une première délibération pour donner un accord de principe au projet. Suivra, au mois de juin, la vente du foncier puis la création d’un comité de pilotage et de gouvernance.
reporterre.net
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Commentaires sur ce premier article
de mieux en mieux.
écolos technolâtres ? oui oui oui. Marine TONDELIER n’a toujours pas répondu sur le procès Linky. Et pourtant sa commission « projet » a reçu, d’après Marine, le document en juin 2024, puis 2025 !
Ecolo pipeau, juste du markéting pour capter les bulletins des écolos en les manipulant. Les verts sont à l’écologie ce que la FNSEA est aux agriculteurs.
Je ne parie JAMAIS mais serais-tu prêt à parier qu’elle te répondra en juin et traitera du sujet « Linky »? Pas moi …Ses ambitions vont au-delà …
Des écolos pas très écolos ou – des écolos défaitistes. Une gauche molle et une gauche qui l’est moins.
AH oui … « faut vivre avec son temps coûte que coûte » !! Ben le Linky c’est du pipi de chat pour eux, c’est le monde dans lequel on vit mon pov monsieur.
Ce chef d’œuvre (dans la série : il a osé le dire) :Benjamin Delaux, directeur de NFU Digital, vante une infrastructure plus éthique qu’ailleurs : « Notre modèle, ce n’est pas un data center où les Américains louent et il n’y a plus rien à voir, plus rien à dire. Mieux vaut avoir bien ici que mal ailleurs. »
Un argumentaire qui ne passe pas pour la liste LFI-REV. Lucile Berthomé : « On nous demande de sacrifier une puissance électrique de 150 000 foyers pour une infrastructure dont on ne sait pas ce qu’il va se passer dedans. Si c’est pour favoriser des intérêts privés en ayant des conséquences publiques, ça nous pose un vrai souci. »
Les seuls écolos dans ce pays sont un petit groupe de LFI et quelques-uns autour de Ruffin. Pour le reste…
D’ailleurs les seules réponses positives pour notre requête Linky sont venues de LFI (5 sur… 15/925 !)
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A propos de la cheffe des écologistes !
l’extrême droite catholique : la gêne persiste chez Les Écologistes
La venue de Marine Tondelier au Dîner des bâtisseurs, fin 2025, ne passe toujours pas chez Les Écologistes. Cet événement, réunissant 600 leaders catholiques, a des liens avec les milliardaires réactionnaires Pierre-Édouard Stérin et Vincent Bolloré.
« La réalité, c’est que cette information nous fait honte. » Pour comprendre ce malaise exprimé par une militante écologiste, il faut remonter le temps. À commencer par le 27 novembre, lorsque Marine Tondelier participait au Dîner des bâtisseurs regroupant une partie des élites catholiques françaises, comme l’a rapporté le journal La Croix, dont certains ont des liens avec l’extrême droite. Seulement, chez Les Écologistes, la venue de la cheffe de file du parti passe mal.
La raison ? La présence de certaines figures proches de l’extrême droite interroge. L’événement se prétend apolitique mais, en 2024, le milliardaire à l’agenda réactionnaire Vincent Bolloré était présent. Lors de la première édition, en 2023, c’est le milliardaire Pierre-Édouard Stérin qui était de la partie. Ce libertarien anti-IVG qui a fait fortune dans les Smartbox prévoit d’injecter 150 millions d’euros pour faire gagner 300 villes au Rassemblement national lors des élections municipales de 2026, comme l’a révélé le journal L’Humanité.
L’ombre de Bolloré et Stérin
Sur la boucle de mails du conseil fédéral des Écologistes, certains exigent une justification quant à la participation de Marine Tondelier à ce dîner. « Le parti donne la consigne de ne pas aller dans les médias d’extrême droite, donc pourquoi Marine Tondelier se rend-elle à un tel événement ? » réagit auprès de Reporterre une militante du courant Radicalement vôtre, qui défend une « écologie radicale ». D’autant que le profil de certains des organisateurs, et leurs accointances avec Pierre-Édouard Stérin et Vincent Bolloré, sèment le doute.
Créé en 2023 par une bande de quatre amis, le Dîner des bâtisseurs est une soirée mondaine annuelle soutenue par la Conférence des évêques, regroupant près de 600 leaders catholiques. « Nous réunissons des catholiques qui s’engagent et ont un pouvoir d’influence important », résume Louise Chaulin, conseillère en communication et secrétaire de l’association.
Lors de l’édition de 2025, les convives ont également pu apercevoir l’humoriste Gad Elmaleh ; l’évêque d’Ajaccio, le cardinal François Bustillo ; le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard ; l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) ; la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ; ou encore le député Rassemblement national (RN) Franck Allisio. À table, les discussions étaient animées par un responsable autour de la notion d’espérance. Des personnalités sont également venues prendre la parole, comme Mgr Jacques Mourad, archevêque de Homs (Syrie) et ancien otage de Daech.
Soutien des mouvements traditionalistes
Marine Tondelier, qui y participait pour la deuxième année consécutive, n’a pas souhaité répondre aux questions de Reporterre. Dans les colonnes de Mediapart, elle expliquait s’être inquiétée, en amont, de liens potentiels avec Pierre-Édouard Stérin. Ce à quoi Louise Chaulin lui aurait répondu : « Non pas du tout, je ne l’ai jamais vu de ma vie. » À sa sortie de la salle de l’Élysée Montmartre, où s’est tenu l’événement, la candidate à l’élection présidentielle de 2027 aurait « parlé aux quatre cofondateurs » qui lui auraient « redit la même chose ».
Derrière l’association qui abrite le Dîner des bâtisseurs, on trouve : le président Jérémie Berthon, cadre chez Axa ; le vice-président Stanislas Billot de Lochner, cofondateur de la start-up Obole ; le trésorier Jonathan Langlois, animateur d’un podcast soutenu par le diocèse de Paris ; et Louise Chaulin, secrétaire et conseillère en communication.
Nuit du bien commun, réseaux anti-avortement…
« Le Dîner ne revendique rien, son seul objectif est de fédérer les forces vives du catholicisme en France », détaille Louise Chaulin. Cette dernière omet de préciser que plusieurs figures de la galaxie de Pierre-Édouard Stérin se retrouvent derrière l’organisation de l’événement. À commencer par Stanislas Billot de Lochner, qui a créé en 2017, aux côtés de Thibault Farrenq et de Pierre-Édouard Stérin, La Nuit du bien commun via sa start-up Obole. Prétendument, là encore, apolitique, cet événement caritatif soutient notamment des associations proches des réseaux catholiques traditionalistes et des mouvements anti-avortement tels que Familya, la Maison de Marthe et Marie, Laissez-les servir, ou le réseau d’écoles hors contrat aux valeurs réactionnaires Excellence Ruralités.
Au capital d’Obole on trouve donc, depuis 2020, Pierre-Édouard Stérin, à hauteur de « moins de 2% », précise Stanislas Billot de Lochner, mais également Vincent Bolloré, propriétaire du groupe Canal+, qui assume de se servir de ses médias « pour mener un combat civilisationnel ». Selon les informations révélées par Mediacités mi-décembre, le groupe Bolloré est actionnaire d’Obole à hauteur de 29,26 % depuis 2024. Joint par Reporterre, le groupe n’a pas donné suite.
Des actionnaires réactionnaires
Autre information soulevée par le journal d’investigation local : la famille Michaud, argentière emblématique de l’extrême droite radicale, est aussi actionnaire d’Obole depuis 2021. Ce soutien se fait à travers la Financière de Rosario. Fondée par une figure du Groupe union défense (GUD) — du nom de ce groupuscule violent d’extrême droite —, Jean-François Michaud, elle est aujourd’hui dirigée par son fils, Édouard Michaud, un ancien cadre du groupe Génération identitaire et des néonazis des Zouaves Paris. La Financière de Rosario, encore au capital jusqu’en 2023 d’après Mediapart, n’est plus actionnaire d’Obole, affirme Stanislas Billot de Lochner à Reporterre.
D’après les informations de Reporterre, Stanislas Billot de Lochner n’est pas le seul lien entre le Dîner des bâtisseurs et Obole. À sa genèse, le chef de projet de l’association était Thibaut Vercken : responsable de projets stratégiques d’Obole de 2022 à novembre 2025. Autre figure réactionnaire : les formalités administratives de création de l’association ont été faites par Lionel Devic, membre du cabinet Delsol Avocats, et administrateur de La Nuit du bien commun jusqu’en 2025. L’avocat fiscaliste est également derrière la création de la Fondation pour l’école, acteur phare de l’enseignement hors contrat traditionaliste.
« Le projet politique de Pierre-Édouard Stérin est très clair, insiste une élue Les Écologistes. Ce n’est pas uniquement un moment entre catholiques, ce sont des gens qui s’organisent de manière efficace. »
Sur le plateau de CNews, en octobre, chaîne du groupe Bolloré, Stanislas Billot de Lochner déclarait à propos des mobilisations contre la tenue de La Nuit du bien commun : « Le prétexte Pierre-Édouard Stérin est devenu un nouvel argument pour taper sur la philanthropie privée. »
Des crispations chez Les Écologistes
« Stratégiquement, la question de l’écologie traverse beaucoup de catholiques aujourd’hui donc, sur le fond, la présence de Marine Tondelier à un événement de réseautage ne semble pas complètement aberrant », souligne la spécialiste du catholicisme Céline Béraud. La sociologue, autrice d’Une religion parmi d’autres (éd. PUF), relève « une nouvelle forme de publicisation chez des politiques de gauche qui, depuis une poignée d’années, n’hésitent pas à parler publiquement de leur foi ». En guise d’exemple, la sociologue cite le cas de Marine Rosset, élue du Parti socialiste dans le 5e arrondissement de Paris, ouvertement lesbienne et qui défend le droit à l’avortement.
Chez Les Écologistes, plusieurs militants regrettent que la présence de leur cheffe de file à ce dîner n’ait fait l’objet d’aucun débat. Ce n’est pas le fait d’afficher sa foi catholique qui pose problème, mais bien les liens avec des figures d’extrême droite à l’agenda politique largement documenté.
« Les organisateurs avaient affirmé à Marine Tondelier qu’il n’y avait aucun lien avec l’extrême droite, donc elle n’avait aucune raison de ne pas venir discuter avec les catholiques, notamment de gauche, qui représentent un vivier d’électeurs comme les autres, rétorque une militante d’Île-de-France. Mais si ces liens sont en fait avérés, alors notre posture ne sera nécessairement plus la même. »
« Il n’est pas ici question de foi, mais de prosélytisme »
Une ligne de crête, au contraire, ambiguë pour Claire Monod, militante et présidente du laboratoire d’idées l’Institut Cité écologique, qui voit dans la venue de Marine Tondelier « un mauvais signal ». « Au moment où l’on combat l’emprise des milliardaires réactionnaires, il n’est pas difficile d’anticiper qu’il n’est pas ici question de foi, mais de prosélytisme : ce sont des gens qui s’organisent pour généraliser l’image d’une France mystifiée au service d’une idéologie », explique-t-elle.
« Il ne faut pas laisser la religion catholique aux fachos, je suis d’accord, mais dans ce cas on peut organiser aussi des événements auprès d’associations catholiques et solidaires classées à gauche », renchérit une élue Les Écologistes.
Dans la lutte contre l’extrême droite, celle qui a affronté Marine Le Pen à trois législatives dans le Pas-de-Calais possède pourtant une certaine expérience. En 2017, alors élue d’opposition au conseil municipal de Hénin-Beaumont, Marine Tondelier publiait Nouvelles du Front (éd. Les Liens qui libèrent), un récit accablant décrivant de l’intérieur l’exercice du pouvoir du Front national.
Convictions personnelles et politiques : une limite fine
Marine Tondelier n’est pas la seule représentante de l’écologie politique à s’être rendue au Dîner des bâtisseurs. En 2023 et 2024, l’ancienne ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, Cécile Duflot, en était. Formée au militantisme via la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), l’actuelle directrice d’Oxfam assume publiquement sa foi depuis longtemps. C’est elle qui a d’ailleurs soufflé le nom de Marine Tondelier aux organisateurs du dîner reposant sur un système de cooptation.
« C’était une expérience humaine enrichissante, j’ai rencontré des personnes avec des opinions différentes, raconte Cécile Duflot à Reporterre. En tant que représentante d’un courant catholique de gauche, j’étais par contre clairement minoritaire. »
Dans un livre publié fin octobre, Gagnons ! (éd. Les Petits matins), Cécile Duflot revient sur son départ du gouvernement en 2014 pour protester contre la nomination de Manuel Valls à Matignon, sous la présidence de François Hollande. Aujourd’hui, elle qualifie son geste d’« erreur politique » aux lourdes conséquences. « Si la remise en question est nécessaire, en affirmant qu’elle n’avait pas assez ouvert son parti en son temps, Cécile Duflot affaiblit la limite entre convictions personnelles et politiques », pointe Claire Monod.
Toujours est-il qu’au Dîner des bâtisseurs, il s’agit de côtoyer des croyants issus d’une certaine classe sociale. Participer à l’événement requiert un budget : comptez 195 euros pour la soirée. Des tarifs préférentiels existent toutefois pour les responsables d’association ainsi que les membres du clergé. Le financement de l’événement se fait grâce à des mécènes privés et au soutien des quatre partenaires : le Collège des Bernardins, le groupe Bayard, Flornoy Ferri et Le jour du Seigneur.
reporterre.net