Angle mort

Ces millions de décès imputables aux énergies fossiles

« The 2025 Lancet Countdown » fait l’état des lieux des impacts du dérèglement climatique sur la santé humaine ; l’occasion de se pencher sur le nombre de décès imputables aux énergies fossiles. Ce chiffre s’élève à environ 10 millions, par an. Regarder ces morts en face nous place devant une obligation. Est-ce la raison pour laquelle nous n’en parlons pas ? L’éléphant au milieu de la pièce, mort.

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https://blogs.mediapart.fr/remiberranger/blog/060126/angle-mort-ces-millions-de-deces-imputables-aux-energies-fossiles

Extraits

substance-mort

Les combustibles fossiles sont issus de la transformation lente de matières organiques. Ils constituent les restes de gigantesques quantités de plantes et d’animaux, morts en des temps que l’homme n’a jamais connus. Ces fosses d’avant l’histoire, enfouies dans les entrailles de la terre depuis plusieurs millions d’années, ont lentement pris des formes très diverses : visqueuses, huileuses, collantes, nauséabondes, friables, explosives, poussiéreuses,… pour donner naissance aux pétrole, charbon, lignite et gaz naturel.

Depuis quelques décennies que nous carburons au culte de cette énergie noir-carbone, nos sociétés ont produit des miracles de technologies et une accélération impensable. Mais l’euphorie passée, il flotte dans l’air une odeur grise, une fumée âcre que nous feignons d’ignorer, qui infuse jusque nos inconscients gagnés par l’inquiétude. Cette substance-mort – pour la désigner par son ingrédient principal, par sa source – pèse désormais sur nos vies et sur notre avenir. Par un étrange phénomène, un rideau de fumée recouvre la scène, la question pourtant inscrite dans son essence même n’est jamais posée. De combien de décès cette matière est-elle le nom ?

10 millions

Il serait exagéré de prétendre qu’on ne mentionne jamais le nombre de morts dûs aux dérèglement climatique dans les médias. Chaque catastrophe va avec son lot de victimes : 19 490 morts en France avec la canicule de l’été 2003, 210 morts dans les inondations de Valence, une dizaine de morts cet été dans les incendies « hors norme » transformant un million d’hectares des forêts d’Europe en paysages calcinés. Mis bout à bout, les chiffres commencent à inquiéter, mais restent ridicules par rapport au nombre de victimes des épidémies et des guerres. Du moins, c’est l’idée qu’on peut s’en faire. Pourtant, si on se penche sur les éléments disponibles dans l’étude The Lancet Countdown, le constat contredit totalement cette impression. 

Les énergies fossiles, cause principale du réchauffement climatique s’il était encore nécessaire de le rappeler, rejettent non seulement toujours plus de gaz à effet de serre qui perturbent le climat, mais provoquent également des millions de morts par la pollution. Au total, Marina Romanello, la Directrice exécutive du Lancet Countdown à l’University College London, mentionne dans une interview en marge du rapport, un total de plus de 10 millions de vies à sauver par an. Un rythme qui tient la comparaison avec celui de la seconde guerre mondiale et d’autres événements qui marquent l’imaginaire collectif. Si la nature de ce chaos n’a pas d’équivalent dans l’histoire, le nombre de victimes donne la mesure de l’urgence.

Il s’agit pour commencer de s’emparer de ces chiffres, pour les confronter à d’autres catastrophes emblématiques, et s’interroger sur ce que signifie être écolo aujourd’hui.

Eléments de contexte

Il est bon de rappeler ici en introduction quelques faits concernant le réchauffement climatique, si c’était encore nécessaire. Les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais cessé d’augmenter. Exception faite des années du COVID et de la crise des subprimes, elles battent chaque année de nouveaux records, en contradiction avec les alertes répétées des scientifiques et l’engagement des pays ayant ratifié les accords de Paris en 2015, qui nous astreignent à une diminution d’environ 5% par an. Aujourd’hui nous émettons presque deux fois plus qu’en 1995, année de la première COP.

Les gaz à effet de serre, de plus en plus concentrés dans l’atmosphère, poursuivent leur action de forçage radiatif positif, c’est-à-dire agissent comme une loupe géante qui concentrerait les rayons du soleil directement au-dessus de nos têtes. Si nous arrêtions subitement d’émettre du CO2, les quantités de gaz déjà émises resteraient malgré tout actives dans la nature pendant au moins 50 à 200 ans, poursuivant le réchauffement et provoquant l’instabilité croissante de nos climats, potentiellement jusqu’à des points de bascule irréversibles dangereux (qui justifient les cibles de 1,5 et 2 degrés des Accords de Paris). On ne sait pas réduire l’épaisseur de la loupe (capturer le carbone de l’atmosphère), il s’agit donc d’arrêter de la faire grossir chaque année, le plus rapidement possible. 

En 2024, les + 1,5 degrés ont été dépassés pendant douze mois, et il est admis que l’objectif n’est plus accessible et sera officiellement franchi dès 2029 selon l’ONU. Il devient donc urgent de ne pas dépasser les +1,51 degrés. La poursuite des tendances actuelles mènerait à un réchauffement mondial compris entre +2,7 et +4,4 degrés en fonction des scénarios du GIEC. Sachant que les engagements pris par les pays en COP n’ont jamais été suivis d’effet sur la réalité des émissions, il serait hasardeux de tabler sur le scénario le plus optimiste. 

Canicules

Le premier effet du réchauffement climatique, le plus simple à observer en terme d’impact sur la santé humaine, est la multiplication des canicules. Le nombre de morts directement imputables aux vagues de chaleur a augmenté de 63% depuis les années 1990, atteignant un total de 546 000 décès par an en moyenne, un par minute. En 2024, une personne était exposée en moyenne à 16 jours de niveaux de chaleur dangereux qui ne se seraient pas produits en l’absence de changements climatiques. Les personnes à risques (nourrissons, personnes âgées, maladies chroniques, femmes enceintes) ont été confrontés à plus de 20 jours de canicule par personne au total, soit quatre fois plus qu’au cours des 20 dernières années.

Incendies

Le risque des feux de forêts s’est accru, en conséquence, 2024 a battu un record de décès causés par les fumées charriant particules fines et pollution : 154 000. 

Insécurité Alimentaire

Conséquences des feux de forêt et des sécheresses : 123,7 millions de personnes de plus que sur la période 1981-2010 ont été placées en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave en 2023, répartis dans 124 pays. Le rapport ne dit pas combien parmi ces millions finiront par tomber malades et éventuellement mourir, fragilisés par la faim et la malnutrition. Sous l’influence de Trump et de la vague des populismes nationalistes, l’aide internationale a atteint son niveau le plus bas depuis dix ans. Il ne me paraît pas déraisonnable de penser que quelques pourcents, soit plusieurs millions de vies sont en jeu. 

Sur ce volet, l’étude de tient pas compte d’autres facteurs, difficilement mesurables. Toujours en octobre cette année, on apprenait d’un rapport de 160 scientifiques, que le premier point de bascule aurait été atteint : les récifs coralliens d’eaux chaudes sont désormais condamnés. Au-delà des belles images sous-marines instagrammables, ces écosystèmes qui subissent un « dépérissement généralisé », font aujourd’hui vivre près de 1 milliard de personnes et un quart de la vie marine.

Le rapport n’aborde pas non plus les chiffres de l’effondrement de la biodiversité. En quelques siècles et particulièrement ces dernières décennies, le massacre de la fine pellicule de vie répandue autour du caillou Terre depuis 4 milliards d’années s’est accéléré à une vitesse telle qu’elle surpasse la précédente extinction de masse, qui causa la disparition des dinosaures.

Plus d’1 million d’espèces sont menacées. Les humains ne sont pas seuls à souffrir, les plantes et les animaux meurent aussi. Que ce soit à cause des nouvelles conditions climatiques ou de la pression humaine croissante, le résultat est le même. La mort des plantes, des insectes, des oiseaux, des organismes marins, etc. ne sera pas sans effet sur les vies humaines. Des rendements agricoles s’effondrent déjà à cause de la chute des pollinisateurs. Les forêts dépérissent et deviennent émettrices en CO2, mettant à mal notre stratégie pour atteindre la neutralité carbone. L’action combinée du climat et de la fragilisation du vivant par nos activités est une bombe à retardement largement passée sous silence, dont l’explosion semble inévitable.

Maladies 

Les conditions climatiques augmentent également les risques de transmission de maladies mortelles. La dengue a touché 7,6 millions de personnes en 2024 (16 000 cas sévères et plus de 3000 décès), soit une augmentation de 48% de la forme Ae albopictus et 12% de Ae aegypti, en comparaison avec la période 1951-1960. La même tendance à l’augmentation est observée avec les virus chikungunya (+48%) et zika, la malaria (+13%, 500 000 morts par an, affectant majoritairement enfants et femmes enceintes), la leishmaniose (+29%, parasites causant la mort de 20 000 à 40 000 individus par an), les maladies liées aux tiques (+7% pour la tique R sanguineus, +3% pour la Hyalomma, soit 364 millions de nouvelles personnes infectées et donc à risque). 

Si les zones tropicales traditionnellement sujettes à ces maladies ne sont pas toujours plus fortement touchées, l’augmentation paraît nette dans les climats tempérés habituellement protégés.  A l’heure où ce papier est écrit, la dermatose nodulaire provoque l’abattage de troupeau entiers de vaches. Cette maladie est favorisée par le réchauffement climatique. 

Le rapport n’aborde pas le risque de l’apparition de nouvelles zoonoses, favorisées par le rapprochement des humains et animaux sauvages induit par la dégradation des habitats sauvages, mais aussi sa fragilisation par le climat. La fonte du permafrost pourrait libérer des virus aujourd’hui disparus, comme la variole contre laquelle nos enfants ne sont pas vaccinés. Pour mémoire quelques zoonoses tristement célèbres : rage, tuberculose, Ebola, SRAS, grippe aviaire, peste, maladie de Lyme, salmonelloses, monkey pox, herpès virus B, MERS, Creutzfeltd-Jakob, fièvre jaune, botulisme, … VIH, et COVID ?

Tout comme pour l’insécurité alimentaire, les chiffres donnés par le rapport n’intègrent donc pas des risques de surmortalité majeurs.

Pollution Atmosphérique

La pollution atmosphérique n’est pas un effet strictement induit par le changement climatique. Certaines particules ont même un effet refroidissant qui compensent légèrement le réchauffement de l’atmosphère. Sans aucune pollution nous aurions déjà franchi les + 1,5 degrés. Cependant, difficile de se réjouir puisqu’elle affecte massivement la santé des citadins, avant d’empoisonner tout l’environnement. Tout comme l’eau, l’air s’inscrit dans un cycle qui implique la totalité des organismes vivants. Plutôt qu’un gaz inerte, l’air doit être pensé comme la somme de toutes les respirations, le résultat de ce que les plantes et les animaux absorbent et rejettent en permanence, avec leurs feuilles ou avec leurs poumons. Le fog de New Delhi pourrait bien se retrouver in fine au fond des poumons d’une vache normande ou dilué dans un crachin breton (pour rappel, l’eau de pluie n’est aujourd’hui plus potable).

La pollution atmosphérique n’est pas le résultat de la perturbation du climat. Néanmoins celle produite par les énergies fossiles découle de la même source. Double effet pas très kiss cool qui nourrit la même nécessité : en finir avec le charbon, le pétrole et le gaz. En 2022, 2,5 millions de personnes sont mortes à cause de particules rejetées par la combustion d’énergies fossiles. 

A cela s’ajoutent la pollution du secteur de l’agriculture (pas d’estimations), et la pollution domestique générée par la cuisine et le chauffage qui est estimée à 2,3 millions de morts.

LES ABSENTS, ceux qui ne sont pas comptés dans le rapport

Cyclones

Le réchauffement climatique est responsable de la multiplication de ces évènements et de leur intensité croissante. En 2025, 4181 personnes sont mortes des suites du passage de 47 cyclones. Cependant une étude publiée dans Nature en octobre 2024 réalisée sur la base de quinze années d’observation, démontre que le nombre de victimes est bien supérieur à ce qui est observé directement après la survenue de la catastrophe. Le nombre de décès excédentaires se poursuit dans les faits sur les 15 années qui suivent, et atteint environ 300 fois plus que les chiffres officiels.

Le nombre moyen de décès officiellement déclarés lors de ces différentes tempêtes était de 24. Mais si l’on tient compte des décès indirects les années suivantes, le nombre moyen de victimes se situe entre 7 000 et 11 000, environ 300 fois plus que les chiffres officiels”, estime l’étude. Les chercheurs ont avancé plusieurs pistes pour l’expliquer. Par exemple, une personne utilisant sa retraite pour réparer sa maison après un ouragan, se retrouve ensuite à court d’argent pour sa santé. Selon leur analyse, les bébés nés même cinq à dix ans après une tempête risquent beaucoup plus de mourir prématurément dans les régions touchées.

Invisibles

Difficile de statuer précisément sur les raisons qui poussent des millions de personnes à fuir leur logement. Les inondations jettent en quelques heures des familles entières sur la route. Dans d’autres cas plusieurs motifs se mêlent : mauvaises récoltes causées par les sécheresses, salinisation des côtes provoquée par la hausse du niveau des mers rendant les terres impropres aux cultures, etc. Une exposition organisée par l’OIM à la maison des réfugiés du 20eme arrondissement de Paris, donne quelques exemples de la réalité de parcours de réfugiés climatiques. Tony ne pouvait plus exercer son métier de taxi à cause des inondations répétées. Ali a rejoint la France après la pire sécheresse survenue en Somalie depuis 40 ans, provoquant une crise alimentaire. Au Burkina Fasso, Bance-Houdou a vécu le manque d’eau. Kathy a fui le Congo à cause des fortes pluies, du volcan et de ses engagements politiques…

Migrations massives, révoltes et tensions politiques peuvent surgir de l’émergence d’événements climatiques. Ces conflits font parfois partie du contexte qui participe au déclenchement de guerres, comme cela été évoqué pour la Syrie. Il ne s’agit pas d’une question à proprement parler de santé, elle est donc logiquement absente du rapport de The Lancet. Cependant parmi ces millions de personnes qui partent tenter leur chance ailleurs, qui tentent de sauver leur peau, un grand nombre n’arriveront jamais au bout du voyage. 

Je cite ici un rapport Oxfam de Septembre 2022. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés calcule qu’en moyenne, depuis 2008, 21,5 millions de personnes ont été déplacées chaque année de force, à cause de catastrophes telles que des inondations, des tempêtes, des incendies ou des températures extrêmes. Les projections présentent une progression qui va de 260 millions de réfugiés climatiques en 2030, jusqu’à 1,2 milliards en 2050.

Si on ne peut dire précisément combien de réfugiés climatique meurent sur les routes, on sait combien de réfugiés ont péri en méditerranée : entre 2014 et 2024 ce sont 40 000 personnes qui ont disparu (68 000 depuis 2000). En 2024 l’agence de l’ONU pour la migration statuait : 

Plus de 72 000 personnes sont mortes ou ont disparu le long des routes migratoires à travers le monde au cours de la dernière décennie, la plupart d’entre eux dans des pays touchés par des crises. L’année 2024 a été marquée par le plus grand nombre de décès de migrants jamais enregistré, avec au moins 8 938 personnes mortes sur les routes migratoires.

Plastiques

Pour compléter ce tableau déjà trop sombre, il convient d’élargir le bilan à l’ensemble des dérivés du pétrole. L’utilisation des engrais, des pesticides et des plastiques a un coût non négligeable sur la santé humaine. Il est difficile de donner les chiffres de la surmortalité associée. Cela nécessiterait des études coûteuses qui vont à l’encontre d’intérêts économiques considérables. Pourtant, ces victimes de la chimie pétrolière sont bien réelles.

L’inserm confirme une présomption forte d’un lien entre l’exposition aux pesticides et plusieurs pathologies : lymphomes non hodgkiniens (LNH), myélome multiple, cancer de la prostate, maladie de Parkinson, troubles cognitifs, bronchopneumopathie chronique obstructive et bronchite chronique. Des liens ont été identifiés pour d’autres pathologies ou événements de santé avec une présomption moyenne. C’est le cas notamment pour la maladie d’Alzheimer, les troubles anxio-dépressifs, certains cancers (leucémies, système nerveux central, vessie, rein, sarcomes des tissus mous), l’asthme et les sifflements respiratoires, et les pathologies thyroïdiennes. Combien de victimes du chlordécone au glyphosate ? Combien de victimes parmi les agriculteurs, combien parmi les consommateurs ?

La pollution plastique est souvent associée aux tortues marines échouées. A-t-on une idée du coût humain ? On sait désormais que des quantités infimes ingérées par les animaux peuvent provoquer leur mort, mais aucun homme n’est officiellement jamais décédé des effets du plastique. Pourtant les études montrent à quel point nos corps sont envahis, de la même façon que tout ce qui nous entoure. En 2017, des scientifiques belges ont révélé que les amateurs de fruits de mer pouvaient consommer jusqu’à 11 000 particules de plastique par an en mangeant des moules. Les plus fines pénètrent dans nos poumons par l’air que nous respirons. On en trouve dans notre sang et même à l’intérieur de cellules.

Les plastiques sont composés de polymères, mais aussi d’un mélange de différents additifs qui sont de potentiels contaminants chimiques. De plus, d’autres contaminants supplémentaires (métaux lourds) et biologiques (bactéries) peuvent se fixer à la surface des plastiques, selon une publication de l’ANSES.

Comme avec le dérèglement climatique, ces menaces sur nos vies sont d’autant plus anxiogènes qu’elles sont à la fois omniprésentes et difficiles à chiffrer. Il a fallu dix ans aux scientifiques pour prouver la nocivité du tabac et établir le lien avec le cancer, à cause de la puissance des lobbys de la cigarette. Il me semble que l’histoire se répète. Dans combien de cancers, combien de maladies cardio-vasculaires, les pesticides et les plastiques ont-ils joué un rôle, même secondaire ? Sur le papier, les chiffres n’existent pas. Dans la vraie vie, les malades souffrent, et meurent parfois.

Guerres

Le décompte n’est pas encore complet si on cherche à visualiser le tableau dans son entièreté. Les énergies fossiles permettent en ce moment même à la Russie de financer la guerre en Ukraine (1,4 millions de morts ou blessés ?). Plusieurs conflits ont cyniquement été motivés par des intérêts pétroliers (guerre du Golf, bientôt le Vénézuéla, …). Ces combats, imputables au moins en partie aux énergies fossiles, génèrent des victimes supplémentaires sur le champ de bataille, mais aussi de grandes quantités de gaz à effet de serre. La boucle infernale est bouclée, le serpent se mord la queue. 

L’ADDITION