Soutien à l’Université de Birzeit en Palestine

suite à l’assaut militaire israélien

Le mardi 6 janvier 2026, l’Université de Birzeit en Cisjordanie a été prise pour cible par une intervention armée des troupes israéliennes. Cette attaque contre une institution universitaire constitue non seulement une grave atteinte à la liberté académique et au droit fondamental à l’éducation, mais une terreur exercée à l’encontre de la jeunesse et de la pensée palestinienne. Par Hourya Bentouhami, Elsa Dorlin et Matthieu Renault.

Le mardi 6 janvier 2026, l’Université de Birzeit en Cisjordanie a été prise pour cible par une intervention armée des troupes israéliennes, au cours de laquelle quarante-et-un étudiant-e-s ont été blessé-e-s. Cette attaque contre une institution universitaire constitue non seulement une grave atteinte à la liberté académique et au droit fondamental à l’éducation, mais une terreur exercée à l’encontre de la jeunesse et de la pensée palestinienne. 

L’assaut militaire sans précédent contre l’université de Birzeit indique clairement que le gouvernement israélien ne cherche pas seulement à intimider les étudiant-e-s engagé-e-s, mais également à dicter ce qui est permis sur le campus. Cette invasion viole de manière flagrante le droit international ainsi que les Conventions de Genève qui protègent les établissements d’enseignement supérieur contre toute incursion militaire ou policière.

Nous réaffirmons notre soutien à la détermination de l’université de Birzeit à défendre le droit des Palestiniens à l’éducation et à protéger son autonomie institutionnelle face à la volonté d’Israël de punir et de surveiller la vie universitaire. L’autonomie universitaire est vitale, non seulement comme condition indispensable à l’enquête libre et critique, mais également comme élément de la résistance légitime des Palestiniens face à l’expropriation coloniale et à la tentative de destruction systématique de leurs lieux d’éducation, d’instruction et d’élaboration de la pensée critique.

Notre indignation est d’autant plus vive que cette opération militaire est intervenue alors que certain-e-s de nos collègues palestiniens étaient engagé-e-s dans l’organisation du colloque international « The Reception and Legacy of Frantz Fanon in Palestine », prévu les 12 et 13 janvier 2026 à Birzeit. Ce colloque, dont l’objectif est d’interroger la pensée critique de Frantz Fanon dans le contexte contemporain de la lutte anticoloniale du peuple palestinien et des formes de domination globale, réunissait des chercheur-e-s, des étudiant-e-s et des universitaires de plusieurs pays.

En tant que professeures et professeurs de philosophie à l’université de Toulouse- Jean Jaurès, travaillant nous-mêmes sur la pensée de Frantz Fanon, nous exprimons notre solidarité intellectuelle et morale envers nos collègues, les étudiant-e-s et toutes les personnes directement touchées. Nous saluons leur engagement dans la production et la circulation du savoir malgré un contexte de violence coloniale en Cisjordanie et de violence génocidaire à Gaza, ainsi que d’empêchement d’un enseignement supérieur essentiel à toute société.

Nous appelons nos institutions universitaires, nos organisations de recherche et nos instances publiques à condamner fermement les attaques ciblées d’étudiant.e.s et de professeur.es, ainsi que les atteintes portées à la liberté d’enseignement et de recherche, et à renforcer les liens diplomatiques, scientifiques et pédagogiques avec les universités palestiniennes. La protection des institutions de savoir et des communautés universitaires doit demeurer un impératif absolu.

Hourya Bentouhami, professeure de philosophie sociale et politique, Université de Toulouse – Jean Jaurès

Elsa Dorlin, professeure de philosophie politique, Université de Toulouse – Jean Jaurès

Matthieu Renault, professeur d’histoire critique

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Trouvé sur un blog de mediapart