
Un article de Claire NOUVION, superbe défenseuse des aires marines
Chers soutiens,
Il y a un an, jour pour jour, le 4 juin 2025, en pleine campagne contre les activités destructrices autorisées par l’État français au sein des aires marines dites « protégées », ma fille et moi découvrions au réveil que des malfaiteurs s’étaient introduits dans la nuit à notre domicile pour le vandaliser, pour m’insulter et nous terroriser.
Vous savez comme nous dans quelle séquence de harcèlement cet acte malveillant s’inscrivait : raids en ligne, sites diffamatoires, usurpation, insultes, intimidation physique et psychologique, sabotages…
Aujourd’hui, nous avons une immense victoire à partager avec vous : nous avons gagné en justice contre l’un de ces actes malveillants !
Mercredi 3 juin, les défenseurs de la pêche destructrice, qui avaient coordonné contre nous une procédure-bâillon destinée à nous réduire au silence, ont perdu leur procès honteux !
Un « procès-bâillon », c’est un usage abusif des procédures pour faire taire les critiques et empêcher les contre-pouvoirs de lancer des alertes et de dénoncer les destructions commises par des individus ou des secteurs néfastes.
Cette tentative d’instrumentalisation de la justice avait été coordonnée sous l’impulsion du Comité national des pêches maritimes : le fameux « Comité national » que vous identifiez sans doute mieux depuis la sortie de notre rapport « Les Oligarques de la mer ».
L’enjeu était d’une importance capitale : en l’absence de volonté de l’État d’interdire le chalutage dans les aires marines supposément « protégées », BLOOM avait appelé la grande distribution en 2025 à prendre ses responsabilités et à cesser de s’approvisionner en poisson provenant des navires utilisant l’une des méthodes de pêche les plus destructrices pour les animaux et les écosystèmes marins : le chalutage. Nous avions pour cela dressé la « liste rouge » des chalutiers opérant dans les aires marines dites « protégées ».
Cela avait déplu aux défenseurs du statu quo et des intérêts industriels qui avaient déployé une opération « totale » de dénigrement de BLOOM dont la stratégie, la sophistication et le professionnalisme, totalement inhabituels pour les lobbies de la pêche, laissent penser que des agences spécialisées en « campagnes négatives » l’ont coordonnée.
La procédure-bâillon contre nous était l’un de ces dispositifs ignobles et malhonnêtes visant à atteindre à notre réputation et même à nous mettre à terre : le Comité national et le Comité régional des pêches de Bretagne, notamment, réclamaient la condamnation de BLOOM au paiement d’une somme outrancière de plus d’un million d’euros au titre de « préjudices moraux » fantasmés…
Le tribunal judiciaire de Paris les a déboutés de toutes leurs accusations et pour finir, ce sont eux qui devront rembourser nos frais de justice !
Notre victoire est un revers important pour les personnes mal intentionnées qui ont orchestré cette manœuvre judiciaire contre nous, mais c’est aussi une victoire majeure pour tous les défenseurs de l’environnement, pour l’État de droit et la science, car le tribunal judiciaire de Paris a rendu un jugement consacrant la liberté d’expression et la possibilité pour les citoyens œuvrant pour l’intérêt général de s’opposer aux activités destructrices, qu’il s’agisse de chalutage ravageant les aires marines dites « protégées » ou de tout autre sujet méritant notre mobilisation et notre attention citoyenne.
Par ailleurs, mais c’est important de le souligner, ce que les lobbies des pêches destructrices visaient à travers cette procédure-bâillon, c’était aussi d’attaquer le sérieux de nos travaux scientifiques. Ce faisant, ils remettaient en cause toute la communauté de chercheurs engagée à analyser les actions des navires de pêche à travers le monde, car toutes et tous autant que nous sommes, nous avons recours au même outil, le seul outil disponible en l’absence de transparence des flottes de pêche, qui permet d’évaluer leurs activités en mer : Global Fishing Watch.
Le tribunal a écarté toutes les accusations portées contre la méthode et les données publiques utilisées par BLOOM.
La charge des lobbies industriels contre la science a échoué.
La justice nous a donné raison et a coupé net leur tentative d’instaurer, par la peur, le règne du silence et de l’opacité.
Pour la première fois en vingt ans de combats, BLOOM a eu à se justifier devant la justice. Cela nous a pris du temps et de l’énergie : c’est ce que les lobbies voulaient. Notre équipe juridique et nos avocats ont été une fois de plus formidables et notre équipe soudée face aux attaques.
Nous sommes en première ligne, mais nous savons très bien que vous n’êtes pas loin derrière, prêts à bondir pour nous soutenir, et croyez-moi, cela change tout.
Notre ambition sort renforcée de cette victoire judiciaire mais notre plan d’action pour en finir, une fois pour toutes, avec les activités destructrices qui mettent en péril l’habitabilité du monde va nous exposer, d’ici quelques semaines, à un déchaînement des forces néfastes et destructrices.
Nous avons besoin de vous pour affronter la tempête qui vient.
Merci de votre soutien. Il est vital pour nous.
Hauts les coeurs,
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