
Opprimer les activistes de l’écologie
Quoi de plus urgent pour le Ministère de l’intérieur que de s’en prendre aux jeunes écologistes ? Le pays brûle mais la police veille : une dizaine d’activistes interpellé·es et gardé·es à vue pendant 96 heures. Qui sont les malfaiteurs en bande organisée ? On les connait, ils sont au pouvoir.
Quand le pays brûle, quand les flammes dévastent les forêts, s’emparent de maisons, poussent devant elles des milliers d’évacué·es. Quand les canicules successives tuent. Quand la sécheresse gagne, qu’il n’y aura bientôt plus d’eau, on sait ce que fait le gouvernement : soutenir les banques qui soutiendront financièrement Marine Le Pen en campagne présidentielle. On connaît aussi les lois écocides votées par l’engeance droitarde et extrême droitarde des parlements avant des vacances bien méritées. Mais, vous demandez-vous, à quoi s’occupent donc les brigades de recherche et d’intervention de la police nationale ? À traquer enfin les violeurs d’enfants qui coulent des jours heureux malgré les dépôts de plaintes ? Ah, non non non. Un danger beaucoup plus grave menace : les jeunes militants de l’écologie.
Tremblez braves gens qui hésitez entre boire votre dernier verre d’eau pour ne pas succomber aux fortes chaleurs ou l’utiliser pour sauver votre maison des méga-feux, tremblez car juste à côté de chez vous vit peut-être un·e terrible activiste écolo. Horreur ! L’éco-terroriste est peut-être même chez vous, un pinceau entre les dents, ourdissant la confection de banderoles derrière la porte de sa chambre !
C’est ainsi qu’une brigade de ces perdreaux affutés se sont invités à la maison dès potron-minet, sans trouver la sonnette. Porte fracassée, ça s’appelle perquisition à grand spectacle, c’est sûr qu’on en a pris plein nos yeux encore ensommeillés.
C’est ainsi qu’une dizaine de jeunes écolos se sont mangés 96 heures de garde à vue et un passage devant les juges tandis que la population avait, à juste titre, le regard tourné vers les Landes et la Gironde en feu.
C’est ainsi que, payés par vos impôts, des fonctionnaires ont filé pendant des jours un jeune activiste écolo dans sa routine quotidienne.
C’est ainsi que, parmi les effrayantes pièces à conviction butinées lors de la perquiz, un policier brandit, rouge et noire,… une carte de fidélité de la librairie Libertalia.
Mais l’intimidation est sans effet sur celles et ceux qui agissent avec l’aisance d’esprit que donne le fait d’être du bon côté de la lutte. La restriction des libertés individuelles n’arrête pas les têtes bien faites de penser.
Qui sont les malfaiteurs en réunion ? Pas nos jeunes qui s’impliquent avec courage et détermination à contrer la politique écocide dévastatrice qu’un pouvoir à la solde du patronat impose aux populations et à tout le vivant. Qui sont les malfaiteurs ? Qui sont les pyromanes ? Les mêmes politiciens et politiciennes déliquant·es, les mêmes prébendé·es des médias, les mêmes milliardaires, profiteurs de la mort des autres, qui n’ont pour objectif que l’accaparement des ressources et du pouvoir, pour dessein ultime de placer toutes les manettes dans les mains climaticides, racistes, corrompues, de l’extrême droite.
Juliette Keating ; mediapart