
Le vrai … et le faux
Toutes les prévisions indiquent que le risque incendie augmente en fréquence et en intensité et va poursuivre cette progression. Nous le constatons déjà. Cette extension va se poursuivre sur le pourtour des zones habituelles, notamment dans nos massifs montagneux, et jusqu’au centre-ouest de la France d’ici la fin du siècle. Mais ce sont dans les zones déjà à risque que la fréquence et l’intensité des feux vont le plus augmenter. Le risque va s’étendre également dans le temps, pour être présent quasi toute l’année.
Bien que la culture du risque incendie soit plus présente en zone méditerranéenne, après chaque grand incendie, nous avons droit à un florilège de commentaires dans la presse et sur les réseaux sociaux, qui méritent d’être analysés calmement. Beaucoup reflètent des idées reçues formulées sous le coup de l’émotion, par simple ignorance ou à des fins de récupération politique.
C’est pourquoi nous vous proposons ce vrai-faux.
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» L’ECOLO EST RESPONSABLE DE L’EMBROUSSAILLEMENT »
FAUX
C’est devenu un refrain : “l’écolo” est la source de tous nos maux. Souvent galvaudé, parfois revendiqué (par des partis politiques, par nos associations, mais aussi par des organisations de chasse, par le monde agricole…), le qualificatif d’écologiste laisse le champ libre à pas mal d’interprétations. Pratique ! Ne sommes-nous pas tous l’écolo de quelqu’un ?
Bien qu’on ne sache pas exactement qui est ciblé, la vague émotionnelle qui suit chaque incendie ramène toujours “l’écolo” sur le devant de la scène. Face à l’outrance, la caricature et au besoin de trouver des boucs émissaires, restons calmes et attachons-nous aux faits.
La fermeture du paysage (ou “embroussaillement”) a des explications historiques, politiques, économiques et sociétales profondes. Et si on en parlait ? Les obligations légales de débroussaillement (OLD) font face à de nombreuses réticences, mais de la part de qui ? Pas notre fédération. Nous promouvons une part de naturalité dans nos paysages, notamment via la libre-évolution des forêts, mais quels sont réellement les buts et les effets de cette pratique ?
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Quelles sont les véritables causes de l’embroussaillement ?
Sommes-nous contre les obligations légales de débroussaillement ?
La libre-évolution des forêts est-elle la cause des incendies ?
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» LES CULTURES JOUENT LE RÔLE DE COUPE-FEU «
À NUANCER
La continuité du couvert forestier est une vulnérabilité, c’est pourquoi les coupe-feux sont utiles dans le paysage pour faciliter la lutte contre les incendies. Les activités agricoles sont bénéfiques à ce titre mais les cultures n’arrêtent pas forcément le feu. Elles peuvent le ralentir et réduire son intensité, et rendre plus aisée l’intervention des secours. Leur effet coupe-feu doit cependant être relativisé selon le type de culture, son niveau de maturité (un champ de paille s’embrase à la moindre étincelle et brûle très vite), et son mode de conduite. Par ailleurs, les espaces agricoles ne peuvent jouer leur rôle de coupe-feu que si la plus grande prudence est de mise lors des travaux agricoles, des feux étant régulièrement provoqués par l’utilisation de machines. Lorsqu’il n’existe pas de coupe-feux suffisants dans un paysage habité, il peut être nécessaire de créer et d’entretenir des coupe-feux dits DFCI (Défense des Forêts Contre les Incendies).
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Le piège du « choix » entre glyphosate et incendie
L’enjeu essentiel du pastoralisme
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» IL FAUT SE DÉBARRASSER DES RÉSINEUX «
À NUANCER
Les résineux sont considérés comme globalement plus combustibles que les essences caducifoliées, surtout en milieu méditerranéen, mais cette généralité n’est pas absolue et dépend de nombreux facteurs. Certains résineux sont très recherchés pour leur croissance rapide, leur rectitude et les propriétés de leur bois qui en font un matériau renouvelable économique et facile à industrialiser, surtout pour la construction. Dans une grande partie de la France, ils ont été abondamment plantés, comme le pin maritime dans les Landes, le Douglas dans le Morvan, le pin noir sur les grands causses… Si l’on souhaite réduire le risque d’incendie, il convient de limiter les conversions de forêts feuillues en nouvelles plantations résineuses, et de faire évoluer la sylviculture dans les plantations existantes, pour obtenir des peuplements moins homogènes et prévenir le risque d’incendie. Néanmoins, certaines essences résineuses sont largement présentes naturellement en zone méditerranéenne, où elles ont toute leur place, et la priorité doit être de comprendre leur écologie pour mieux gérer le risque d’incendie. Nous vous proposons un focus sur trois d’entre elles, mais cette liste n’est pas exhaustive.
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Le pin d’Alep : une essence théoriquement transitoire
Le pin maritime : une essence mal-aimée mais adaptée
Le pin de salzmann : un patrimoine rare à préserver
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» LES INCENDIES SONT NATURELS DONC C’EST PAS GRAVE «
FAUX
Le feu fait partie de l’écosystème méditerranéen. Les communautés animales et végétales y sont adaptées et sur le long terme, à l’échelle d’un paysage naturel, le feu introduit des perturbations qui peuvent être globalement bénéfiques à la biodiversité d’un territoire en créant de l’hétérogénéité. Ce constat scientifique, vrai mais partiel, peut conduire à un relativisme exagéré sur l’impact des feux sur nos écosystèmes.
En effet les incendies actuels sont largement liés aux activités humaines et au changement climatique. Si certains milieux résistent au feu, l’intensification des incendies menace durablement la biodiversité, les sols et les forêts, ainsi que la population.
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Le caractère naturel des feux est contestable
La résilience naturelle a ses limites
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» ÇA A BRULÉ DONC PLEIN D’AMÉNAGEURS VONT VOULOIR FAIRE DES PARCS PHOTOVOLTAÏQUES ! «
VRAI
Après chaque feu de forêt, on entend invariablement certains porteurs de projets photovoltaïques, en particulier ceux dont les projets ont fait l’objet d’un recours ou sont suspendus à une dérogation pour la destruction d’espèces protégées, entonner un refrain désormais bien connu: “bon, maintenant que la biodiversité a été détruite par le feu, pourquoi nous empêcher d’agir alors qu’il n’y a plus rien à protéger ?”. Ils sont souvent rejoints, malheureusement, par certains élus des communes et commuautés de communes concernées, plus alléchés par la manne financière que par la protection de l’environnement.
Pourtant, il faut le rappeler, la doctrine de l’État (pour le moment) est qu’un espace à vocation naturelle, agricole ou forestière garde cette vocation même après le passage d’un incendie dévastateur. Pour autant, le fait que des boisements anciens aient pu être détruits par le feu réduit la nécessité de demander certaines autorisations, notamment en matière de déboisement, et peut faciliter l’obtention des autorisations. Il existe donc un vrai risque de voir les forêts brûlées remplacées par des panneaux photovoltaïques, et ce risque ne fait que s’accroître dans le contexte actuel de destruction active du droit de l’environnement.
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» LES INCENDIES SONT LIÉS AU CHANGEMENT CLIMATIQUE DONC ON NE PEUT RIEN Y FAIRE «
FAUX
Le réchauffement climatique est un moyen commode pour les décideurs de se disculper ou de masquer leur imprévoyance. Comme nous l’avons vu, les incendies ne sont pas dus uniquement au changement climatique, mais avant tout à l’extension de l’urbanisation et des activités humaines dans les zones à risque, à l’évolution de l’agriculture, à la déprise pastorale et à la fermeture du paysage, à des facteurs macroéconomiques, et au manque de politiques de prévention. Si le changement climatique est un facteur aggravant important sur lequel nous avons peu de prise à l’échelon local, nous pouvons agir sur les autres facteurs de risque.
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Nos préconisations
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Liens utiles en période de risque
- Météo des forêts de Météo-France : niveau de danger de feux de forêts établi à partir des prévisions météorologiques et l’état de sécheresse de la végétation
- Ayons les bons réflexes face aux feux de forêt et de végétation – Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement
- Risque-prevention-incendie.fr : carte des restrictions d’accès aux massifs forestiers en fonction du risque par département
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Pour en savoir beaucoup plus :