Réincarnation du groupuscule identitaire lillois La Citadelle
Lors de la dernière campagne municipale, une dizaine de militants identitaires lillois encagoulés ont perturbé le meeting de Patrick Proisy, alors maire LFI de Faches-Thumesnil. Quatre d’entre eux seront jugés à l’été pour « violences aggravées sur des élus ». C’est l’action récente la plus visible d’un groupe informel, baptisé « Nouvelle droite », dont Mediacités est parvenu à infiltrer des réunions pendant plusieurs mois.
Le 6 mars, quatre voitures stationnent devant la salle Baron de Faches‐Thumesnil. À bord, une quinzaine d’individus. Dix d’entre eux forcent l’entrée et parviennent à pénétrer dans la salle où se tient un meeting électoral du maire sortant LFI, Patrick Proisy.
Alors que le député insoumis Aurélien Le Coq prononce un discours « contre l’extrême droite », les perturbateurs jettent de la farine au visage du maire et dispersent de la peinture rouge dans la salle. Ils prennent ensuite la pose avec des pancartes sur lesquelles sont inscrits les mots « Justice pour Quentin », ou « La France insoumise hors de nos mairies ».
Malgré le port d’une cagoule par certains, ce groupuscule ne se cache pas vraiment. La signature « Nouvelle droite » apparaît en dessous de leurs slogans. Sur les réseaux sociaux, une vidéo de revendication est immédiatement publiée, où les participants apparaissent cette fois à visage découvert.
Mais qui sont vraiment ces nouveaux militants de l’extrême droite nationaliste identitaire lilloise dont l’influence ne cesse de croître dans la métropole ? Pendant plusieurs mois, Mediacités a infiltré certaines de leurs réunions et a tenté de comprendre l’organisation de ce groupe qui s’est fait connaître depuis 2024 par une série d’actions spectaculaires. Banderoles « Stop immigration » devant des centres de rétention administratifs, opérations symboliques en hommage à Jean‐Marie Le Pen et dégradation de la permanence du député insoumis Aurélien Le Coq : à chaque fois, une même logique s’impose, celle de cibler un lieu symbolique, diffuser un message identitaire et soigner la mise en scène.
Une galaxie de bars où des soirées se déroulent à l’abri des regards
Les membres de Nouvelle droite évoluent dans un périmètre relativement restreint à proximité de l’Université catholique de Lille. Leur routine ? Des entraînements hebdomadaires de boxe thaï ou anglaise, en salle ou en plein air, qu’ils partagent sur leurs réseaux sociaux. Mais surtout des soirées militantes mensuelles qui servent aussi à recruter de nouveaux adhérents.
Leurs réunions se tiennent essentiellement dans des bars de la rue Colbert et ses alentours qui sont autant de QG : la Garderie, le Point de Repère et le B‑routh, qu’ils privatisent souvent pour ces occasions. Nouvelle droite se joint parfois à d’autres groupuscules d’extrême droite (l’Action Française ou les syndicats étudiants la Cocarde ou l’UNI) pour des soirées à thème (galette des rois, « soirée des droites », soirées chansons françaises…).
De l’extérieur, rien ne distingue vraiment ces lieux. Une façade de bar ordinaire, le prix de la pinte affiché en grand, parfois un simple attroupement sur le trottoir. Mais l’espace a été réservé et, pour y entrer, il faut en principe avoir été informé sur Instagram et être passé par un contrôle sur messagerie privée.
À la porte, des militants filtrent d’ailleurs les nouveaux arrivants. Comme nous le confie l’un d’entre eux, ils doivent se montrer prudents face à d’éventuelles intrusions de journalistes ou de policiers. Mais le barrage est loin d’être étanche. Il suffit souvent d’insister pour aller boire une bière…
Lors d’une soirée de ce type, organisée à la Garderie le 26 janvier, Mediacités parvient ainsi assez facilement à passer le dispositif de filtrage. À l’intérieur, le drapeau du Lion des Flandres – souvent arboré par les identitaires – s’affiche fièrement. Une trentaine de jeunes hommes et femmes sont présents.
Un quatuor identitaire expérimenté
Au cœur du bar, impossible de passer à côté du duo qui dirige l’organisation : Alaric Py et Camille Bourdeaux. Également connu sous les pseudonymes Alaric Raynal ou Alaresscousse, Alaric Py est le fondateur de Nouvelle droite. La vingtaine, cet étudiant en master à l’école d’ingénieur HEI de l’Université catholique de Lille, titulaire d’un baccalauréat obtenu au lycée militaire naval de Brest, comme indiqué sur son profil LinkedIn, a déjà derrière lui un parcours militant fourni au sein de différentes structures de l’extrême droite locale.
Pendant son adolescence, il fréquente l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, qui se présente comme « une société de vie apostolique de droit pontifical », mais qui est connu pour ses dérives sectaires et ses liens avec le Front national. Alaric Py s’oriente ensuite vers Génération Z Nord, mouvement de la jeunesse zemmouriste, avant de rejoindre la Citadelle [lire l’encadré]. Anticipant la dissolution de celle‐ci en décembre 2023, il crée ce nouveau groupe identitaire, Nouvelle droite.
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Un mouvement créé en rebond à la fermeture de la Citadelle
La Citadelle, association identitaire fondée en 2013, est une des ramifications locales de l’organisation nationaliste Génération Identitaire, dissoute en 2021. Cette branche locale continue d’exister jusqu’à sa propre dissolution, en février 2024, en raison des propos et des slogans de ses membres « provoquant à la haine et à la discrimination ». En 2018, un documentaire de la chaîne Al‐Jazeera avait déjà mis en lumière des propos xénophobes et particulièrement violents. Elle est connue pour des actions coup‐de‐poing et ses « patrouilles anti‐racailles » dans le métro lillois, ainsi que pour ses soirées organisées dans le bar du même nom proche de la gare Lille‐Flandres. Le 24 février 2023, une soirée intitulée « Qu’ils retournent en Afrique » fait scandale.
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À ses côtés depuis la création du mouvement et très proche de lui, Camille Bourdeaux est la porte‐parole de Nouvelle droite, comme elle se présente lors d’une interview à Radio Courtoisie, riche d’informations sur l’organisation du mouvement. Elle est omniprésente dans les actions du groupe. De la manifestation pro‐vie organisée à Lille en octobre 2025, en passant par le rassemblement du 21 février à Lyon pour Quentin, jusqu’au meeting de Patrick Proisy, elle est de tous les déplacements, notamment à l’étranger.
Récemment marié à Camille Bourdeau, Cyril Wayenburg, alias « Plumeau », est la troisième figure structurante du mouvement. Accoudé au bar, une bière à la main, ce vétéran des milieux nationalistes locaux est l’ancien numéro 2 de la Citadelle. Arborant un t‑shirt « Border Patrol » – la police aux frontières américaine – , il a encore le logo du groupe dissous tatoué sur le coude gauche.
L’homme s’était notamment fait épingler par un documentaire sur l’ultra‐droite de la chaîne qatari Al‐Jazeera pour avoir tenu des propos antisémites et revendiqué des agressions contre des personnes d’origine maghrébine. Il est également proche de la « Losc Army », ce groupe de supporters du club de foot lillois proche des mouvements ultras et apparenté à la mouvance néo‐nazie.
Enfin Mathéo Tessa, absent ce soir‐là, apparaît sur les réseaux sociaux comme un lien important entre toutes les organisations d’extrême droite locales. Ancien étudiant en sciences politiques et cadre du syndicat UNI à Lille, il évolue désormais dans l’orbite de l’Institut de formation politique, financé par Pierre‐Édouard Stérin. Il dispose de relais politiques importants au RN et à Reconquête et s’est bâti un réseau dans les médias. Il a notamment été invité à organiser l’événement « Face à Vous » du Journal du Dimanche, réunissant intellectuels, politiques et journalistes penchant à l’extrême-droite.
Un racisme décomplexé
Mais revenons à la soirée : trois militants nous invitent à discuter. Très rapidement, la conversation vire au racisme décomplexé, sans aucune incitation de notre part. « Moi je pense que les races sont inégales, en particulier les Arabes », commence l’un d’eux. Avant d’ajouter : « les Arabes, cette sale race. Ce sont des sous‐merdes. Ils ont des valeurs qui nous sont incompatibles ».
Quand nous leur demandons pourquoi ils pensent cela, un de ses deux amis réplique : « Va à Massena [secteur des bars à Lille], ils se cachent dans des petits coins et ils soulèvent ton portefeuille. Va à la Caf, va dans la prison, en banlieue, et tu vas voir qu’il n’y a que des Arabes et des Noirs. C’est une race qui ne veut pas s’intégrer et qui sait pas se civiliser », avant de les comparer « aux Chinois », « bien meilleurs ». Le dernier complète : « [Les Arabes] doivent disparaître ». Les trois hommes nous incitent ensuite à rejoindre « la jeunesse enracinée des Flandres ».
Ces militants sont assez représentatifs du groupe Nouvelle droite. Des hommes souvent jeunes, voire très jeunes, même s’il y a aussi quelques femmes, attirés par les « actions de terrain », comme le précise Camille Bourdeaux dans ses interviews. D’après leurs réseaux sociaux, nombre d’entre eux ont effectué des études supérieures assez prestigieuses dans des établissements privés cotés de Lille (Université catholique, IESEG) et occupent des fonctions de cadres (architectes, ingénieurs, conseillers immobiliers…).
Le groupe en lui‐même est de taille réduite – une trentaine de membres tout au plus, si l’on se base sur la cagnotte d’inscription annuelle, et la fréquentation des réunions. Cela s’explique en partie par la sélection drastique opérée en amont. Entrer chez Nouvelle droite relève d’un processus codifié, marqué par une méfiance constante. Toujours selon Camille Bourdeaux, le premier contact passe généralement par les réseaux sociaux ou par les soirées de rencontre. Vient ensuite un entretien, mené par les quatre cadres du mouvement, qui permet d’évaluer la fiabilité et l’adhésion idéologique des candidats. Une fois officiellement admis, ils sont intégrés à la boucle de messagerie privée où tous les échanges ont lieu.
Autour de ces jeunes gravite un second cercle, plus âgé, qui s’intéresse surtout aux formations, ou aux conférences idéologiques. Le 12 février, le théoricien de l’extrême droite et militant identitaire Julien Rochedy s’est déplacé à Lille pour une conférence sur le thème de la « remigration ». Il était accompagné de Jean‐Yves Le Gallou, ancien député du FN… et ancien animateur du courant de pensée d’extrême droite, « nouvelle droite », dans les années 1970–1980. Tout sauf un hasard comme nous le verrons plus tard…
Les organisateurs de Nouvelle droite sont également à la manœuvre pour imaginer des séminaires permettant de « renforcer leur communauté ». Des formations juridiques ou pratiques sont régulièrement proposées dans des appartements privés, comme la « formation garde‐à‐vue », qui permet de se préparer à une éventuelle arrestation dans le cadre d’une action.
Des attaques préméditées
La veille de l’attaque du meeting du maire de Faches‐Thumesnil, Mediacités est présent au bar le B‑Routh, où sont réunis des participants à l’action, comme nous en prendrons conscience le lendemain. Les rires et les verres s’enchaînent. Un jeune à la coupe militaire soigneusement réalisée, une croix au cou et un blouson en cuir noir sur les épaules, glisse à son camarade une petite phrase que nous ne comprendrons vraiment que plus tard : « Faudra qu’on achète des déguisements pour demain ».
Cette action choc rappelle les modes de fonctionnement de Génération Identitaire, et du militantisme d’intervention : frapper vite, produire des images et disparaître rapidement.
Mais l’opération de repli ne se passe pas comme prévu : alors que les militants d’extrême droite prennent la fuite dans leurs véhicules, la police intercepte l’un d’entre eux avec à son bord trois hommes Hugo M., Hugo C. et Guillaume D, et une femme, Claire C. Tous quatre sont membres de Nouvelle droite. Ils seront jugés le 26 août pour violences aggravées, y compris sur des élus, participation à un groupement formé en vue de la préparation à des violences ou des dégradations de biens et complicité de ces faits.
Ce n’est pas la première fois que le groupe a affaire à la justice. Camille Bourdeaux et Alaric Py se sont retrouvés au tribunal pour avoir déployé au Trocadéro une banderole “Bataclan : 10 ans plus tard, l’ennemi est toujours là”, avec le groupe des Natifs Paris. Condamnés en première instance à six mois d’emprisonnement et plusieurs milliers d’euros d’amende, ils ont néanmoins été relaxés en appel.
Une recomposition locale de Génération identitaire
Après l’attaque de Faches‐Thumesnil, le leader de la France insoumise Jean‐Luc Mélenchon avait dénoncé ces actes comme des violences commises par des « néonazis encagoulés ». Pourtant, les membres de Nouvelle droite ne se revendiquent pas du nazisme. Ils s’inscrivent davantage dans la mouvance nationaliste identitaire, influencée par les théories contemporaines du suprémacisme blanc et de la remigration. Nouvelle droite se veut l’héritier d’un courant intellectuel français du même nom, et du mouvement GRECE (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) initié par Alain de Benoist dans les années 1970, l’un des principaux théoriciens de l’extrême droite française. C’était déjà sur ces mouvements, auxquels Jean‐Yves Le Gallou a participé, que se basaient Génération Identitaire et la Citadelle.
Le groupuscule a en partie pris la suite de la Citadelle lilloise, dont les militants ne se sont pas volatilisés après la fermeture du lieu en 2024. Si Aurélien Verhassel, le dirigeant historique de la Citadelle, poursuit seul ses actions, ses acolytes, eux, se sont répartis entre l’Action française lilloise et Nouvelle droite, qui est la plus populaire. Mais l’ensemble de la bande se côtoie toujours et se retrouve régulièrement.
Pour preuve, le 14 novembre 2025, lors d’une réunion de Nouvelle Droite dans un bar, Alaric Py publie une photo sur Instagram avec les participants. Aurélien Verhassel est présent. Le logo de Génération Identitaire trône dans le cadre de la photo.
Sans le revendiquer, Nouvelle droite est en fait une recomposition locale de Génération Identitaire, la « maison mère » de la Citadelle. Le groupuscule a d’ailleurs développé des liens interpersonnels forts avec d’autres mouvements similaires ailleurs en France, comme les Natifs Paris et les Luminis, implantés dans la capitale, Patria Albiges en Occitanie, les Normaux de Rouen, La Tour des Lys à Tours, etc. C’est ainsi une véritable “galaxie Génération identitaire” qui se reforme sans réelle coordination nationale.
Ces porosités permettent certaines actions conjointes. Nouvelle droite a ainsi invité des militants extérieurs lors de l’attaque de Faches‐Thumesnil, à l’instar de Paul Kentwell, l’un des dirigeants des Natifs Paris, reconnu par des participants au meeting de l’ex-maire LFI. En retour, Nouvelle droite n’hésite pas à se déplacer loin de sa base. Pour les hommages rendus à Quentin Deranque, la mouvance est ainsi présente à Lyon et à Paris, aux côtés des Natifs, des militants étant même interviewés dans un reportage réalisé pour le 20h de TF1. Le 11 avril dernier, elle a participé à la maison de la Chimie, à Paris, à la réunion d’une quinzaine d’organisations similaires, sous l’égide de l’Institut Iliade, créé et dirigé par Jean‐Yves Le Gallou.
Une nébuleuse militante lilloise aux frontières poreuses
Au‐delà de cette symbiose nationale, il s’avère que les frontières entre les groupes d’extrême droite à Lille sont extrêmement poreuses. Les militants circulent d’une organisation à l’autre. Le 21 octobre dernier, ils se retrouvent par exemple lors d’une soirée baptisée « Chantons ». Mediacités est présent. Dans le sous‐sol du bar La Garderie, des membres de Nouvelle droite, de la Cocarde, de Némésis Lille, et de l’Action française. La salle est largement remplie lorsque les chants royalistes commencent à résonner.
Dans cet espace clos, la parole se libère rapidement. À une table, un jeune militant évoque son parcours à l’Action française, qu’il dit avoir quittée. Il enchaîne les propos complotistes, accusant tour à tour « les juifs » ou « les franc‐maçons » de contrôler la vie politique locale sans susciter la moindre remarque.
Les cadres de Nouvelle droite participent eux aussi à ces moments de sociabilité, chantent aux côtés de militants royalistes et échangent avec des personnes qui affichent sur les réseaux sociaux, comme nous l’avons constaté par la suite, des références explicites au néofascisme, entre salut à trois doigts et références directes au nazisme.
Le groupe lillois entretient des relations suivies avec des groupes en Belgique qui lui sont politiquement apparentés : le Geuzebond, le KVHV ou encore le NSV… Le 23 mars, une réunion consacrée à la « défense de l’Europe » rassemble ainsi des militants lillois et des nationalistes belges du KVHV au bar lillois The Box. Sur des images, diffusées sur Instagram, on distingue notamment Camille Bourdeaux, l’un des cadres de la Cocarde étudiante lilloise, Louis Muller, et des membres de l’Action Française. Le NSV, quant à lui, est un groupe identitaire qui a organisé récemment une marche rassemblant un grand nombre de néo‐fascistes à Louvain, où Nouvelle Droite était présent d’après ses réseaux sociaux.
Nouvelle droite se déplace aussi à l’étranger en s’inscrivant clairement dans la mouvance européenne « Remigration Europe », fondée par l’identitaire autrichien et « nostalgique du régime nazi », Martin Sellner. Un personnage très proche du mouvement, vu à de nombreuses reprises aux côtés du groupuscule lillois. Ses membres ont aussi participé au Remigration Summit organisé à Milan le 17 mai 2025 (aux côtés de Jean‐Yves Le Gallou), ainsi qu’à plusieurs manifestations européennes pro « remigration » : en juillet, en Autriche, puis au Royaume‐Uni, en septembre.
À Faches‐Thumesnil, ce n’est donc pas seulement une bande de militants encagoulés qui fait irruption dans un meeting. C’est une énième refondation de vieilles organisations politiques d’ultra-droite. Sur les vingt‐cinq groupuscules politiques radicaux dissous depuis 2017, vingt étaient d’extrême droite. Ce que confirme l’histoire de Nouvelle droite, c’est que la dissolution de Génération Identitaire n’a été en réalité qu’un frein momentané avant qu’une nouvelle forme d’organisation apparaisse : une « génération remigration ».
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Pour cet article, nous avons mobilisé plusieurs méthodes d’investigation. D’abord un travail sur sources ouvertes (à partir des réseaux sociaux publics de Nouvelle droite (Instagram, Twitter, Telegram), afin d’identifier les principaux acteurs ainsi que leurs lieux de réunion. Nous nous sommes également appuyés sur des interviews de leur porte‐parole, Camille Bourdeaux (Radio Courtoisie et Rabulisten), un média norvégien. Mais nous souhaitions montrer ce qui se jouait derrière cette façade, quand les militants se croient à l’abri des regards et des micros.
Nous avons donc décidé de nous introduire dans des réunions de Nouvelle droite sans dévoiler notre identité afin de recueillir des propos qui ne pouvaient pas l’être de manière ouverte… Cette infiltration a débuté par des soirées à thème telles que « Chantons » ou « la soirée des droites », où nous avons découvert la centralité de ce groupe au sein de la mouvance lilloise d’extrême droite. Avant de se poursuivre par une participation à plusieurs de leurs soirées de rencontre.
Cette infiltration s’est limitée à une observation extérieure et des discussions lors de soirées de rencontre, sans participation à leurs actions ou à leurs groupes de discussion. Les propos recueillis n’ont en aucun cas et d’aucune manière été provoqués, manipulés ou encouragés de notre part.
Contacté le 11 mai via différents réseaux sociaux, notamment pour réagir aux propos entendus le 26 janvier à la Garderie, Alaric Py n’avait pas répondu à l’heure de la publication de cet article.
Léon Pujol pour Médiacités Lille
