
Ce drame en date du 12 février soulève de nombreuses interrogations
D’abord, il y a de quoi être choqué par la minute de silence à l’assemblée nationale. Il n’y a rien eu quand un militant écologiste – Rémi FRAISSE – a été tué à Sivens en septembre 2014 par une grenade lancée par un gendarme (qui a obtenu un non-lieu). Il n’y a rien de spécial non plus quand des migrants coulent dans la Manche !!! Rien de particulier n’est mis en avant en ce moment quant aux exactions constantes – tant intellectuelles que physiques – commises par le parti d’extrême-droite !
Au fait, qu’a fait la police pendant ces événements ? Ils n’étaient pas au courant ???? Ils tournaient le dos ? Il faut savoir que Lyon, ville gérée par une équipe écologiste, possède environ 650 caméras de surveillance (pour une population de 520 000 habitants) – à comparer avec Nice et ses 1050 caméras pour une population de 308 000. Cela fait beaucoup pour une ville écologiste et on a l’impression que cela ne sert pas pour la police !
Le petit dessin sur mediapart est très significatif :

Ce qui est choquant également : il faut toujours un bouc émissaire. Dans les années 80, c’était le fHaine ; aujourd’hui c’est LFI
Un nouveau quarteron émerge : nunez-darmanin-bardella-maréchal … : il pourrait d’ailleurs s’appeler « nous voilà ».
Un nouveau regroupement se forme lentement : air Haine, droite (retailleau, ciotti, wauquiez, attal, philippe …) et PS : le tiercé gagnant !
Ce qui est désespérant : le airHaine se déplace de plus en plus en terrain conquis dans les médias – notamment bolloréenne ; avec son trio infernal – têt de gondole! – bardella-maréchal-zemmour – on entend moins lepen. Ce parti devrait d’ailleurs changer, non pas de sigle mais d’en-tête : le Respectable Nazionalisme.
Il serait temps de réfléchir sur la notion de violence. A une époque, il n’était question que la violence de l’extrême-droite. En ce moment, on ne parle plus – ou très peu – de cette violence de rhaine et ses affidés – et pourtant elle existe encore plus, mais beaucoup plus cachée, plus censurée. On parle maintenant de la violence de l’ultra-gauche (encore un nouveau mot de la novlangue) … et de celle de LFI. On ne parle jamais – ou si peu – de la violence économique et – surtout – de la violence institutionnelle. Il faudrait pourtant partir de ces deux principales violences capitalistes pour comprendre ce qui en découle en cette période.
Pendant ce temps, la société du spectacle cher à Guy Debord tourne à plein régime.
Pendant ce temps, on ne parle pas de la situation sociale et économique, de la numérisation, des pesticides, de la pollution de l’eau, de la fin de vie – sujet étudié en en ce moment, mais escamoté en vitesse – … en France.
Pendant ce temps, on ne parle pas de la situation en Ukraine, à Gaza (ou ce qu’il en reste), en Iran , de la situation dans les DOM-TOM et en Afrique ; et ailleurs dans le monde …
Pendant ce temps on ne s’occupe pas des conséquences des pratiques du dangereux triumvirat Poutine-Trump-Xi Jinping. L’Europe est à la ramasse et ne cherche pas de solutions alternatives.
Pendant ce temps, notre cher grand (!!!) président va servir la soupe à son ami indien et essaie de fourguer des rafales . Allez faire un tour sur le titre du canard enchaîné de cette semaine :
« Le plan de Macron pour refourguer des rafales en Inde : « Je vais faire un discours Gandhiloquent ».
Notre CHER (d’un prix élevé. ➙ coûteux, onéreux ) président veut montrer que notre pays pacifiste est le deuxième producteur mondial de matériels militaires. Par ailleurs, il va participer à des conférences sur la promotion de l’IA ! Et il va faire son chirac dans un salon pour espérer redorer son blason.
Commentaire avant la marche des identitaires
« Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, « ne demande pas l’interdiction de la marche prévue pour samedi à Lyon ». Il a utilisé très souvent l’interdiction pour les rassemblements pro-Gaza. Mais il faut soigner ses « amis » !
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commentaire reçu
Je suis autant exaspéré par les réactions politiques que je suis indigné par les décisions prises par notre exécutif minoritaire. Renvoyer dos à dos ce qu’ils appellent « les deux extrêmes » est plus qu’une faute politique, c’est de l’irresponsabilité extrême (voici donc un « extrême » de plus !) sachant ce qui nous attendra quand l’extrême droite, la droite, le centre et, qui sait, les ‘hollandistes » se seront vautrés dans une immonde compromission et que ne subsistera plus de la gauche que la nostalgie des temps lointains et proches à la fois où l’on se dressait contre l’antisémitisme et l’idée de guerre avec l’Allemagne (Jaurès), où l’on célébrait la semaine de 40 h et les congés payés (Blum), où l’on voulait mettre un terme à la guerre coloniale d’Indochine (Mendès-France) , où l’on abolissait la peine de mort et où l’on arrêtait l’extension d’un camp militaire au Larzac (Mitterrand), où l’on passait aux 35 h et où l’écologie politique avait enfin son mot à dire (Jospin)…Et bien entendu, la diabolisation de LFI va de pair avec la dédiabolisation du RN, orchestrée par l’oligarchie bolloréenne. Il y a sans doute des gens pas très recommandables dans le mouvement mélenchoniste et leur chef n’est pas du tout irréprochable. Mais pour ce qui me concerne, je ne mêlerai jamais ma voix à ceux qui, à gauche, apportent leur caution à un macronisme de plus en plus déliquescent. Je ferai toujours la différence entre la gauche radicale (au sens vraiment radical et étymologique de ce terme), qu’on vient d’affubler arbitrairement de l’adjectif « extrême » et une droite qui bientôt sera un ramassis d’ « extrêmes » allant du centre-droit à cette droite dangereuse que les médias n’oseront même plus taxer d' »illibérale ».
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Mourir pour des idées, en France aujourd’hui, est inacceptable
Comme tous les Français, nous sommes choqués par le drame de Lyon. Mourir pour des idées, en France aujourd’hui, est inacceptable, même si elles sont à l’extrême opposé des nôtres et porteuses de haine. Bien sûr, nous devons rester prudents en attendant les résultats de l’enquête. Mais ce que nous savons déjà et qui nous touche particulièrement, c’est que des antifascistes s’en sont pris avec une brutalité mortelle à un homme à terre.
On ne lutte pas contre le fascisme avec des méthodes fascistes.
Depuis, l’irresponsabilité politique atteint des sommets. Nous assistons à une chasse anti-LFI aux accents trumpistes dont il faut prendre toute la mesure politique. D’abord, la mise en cause de LFI, avant même de connaître la réalité des faits, contribue à approfondir le climat de vengeance, de tensions, de violences. C’est aussi jeter en pâture des élus et des militants, comme l’ont vite indiqué les dégradations de permanences parlementaires puis l’alerte à la bombe au siège insoumis. C’est enfin une instrumentalisation politicienne de la mort de Quentin Deranque par un club de charognards qui se joue, à un mois des élections municipales, à un an de la présidentielle. Cette charge ne vise pas seulement à détruire LFI : elle a pour objectif d’affaiblir le camp de l’émancipation dans son ensemble, au moment où le tapis rouge est déroulé à l’extrême droite qui voit ses idées et ses leaders banalisés.
Enclenchée par le RN et ses amis, cette mise au ban hargneuse et obsessionnelle de LFI est devenue la stratégie d’un pouvoir aux abois. À gauche, ceux qui pensent s’en sortir en enfourchant ce récit font fausse route. Ceux qui, à l’instar de François Hollande, en profitent pour creuser un peu plus le fossé entre deux gauches prétendues irréconciliables sont des acteurs de la défaite.
Dans ce contexte, nous devons éviter l’écueil : soit hurler avec les loups contre LFI, soit défendre de manière acritique la stratégie de la direction insoumise. La lutte contre la trumpisation du monde et la fascisation en Europe nécessite une lucidité et une clarté de tous les instants.
Aujourd’hui, alors que parmi les interpellés dans l’affaire Quentin Deranque, plusieurs figures de la Jeune garde sont mis en cause, et parmi eux, un assistant parlementaire de Raphael Arnault qui dit avoir porté des coups, peut-on seulement entendre au fond de la part de LFI : « circulez, il n’y a rien à voir » ? Quand Jean-Luc Mélenchon affirme, dans son moment politique au siège du POI, juste après les interpellations de la police, « nous approuvons leur résistance, nous approuvons leur organisation » au sujet de la Jeune Garde, il envoie d’abord un message de soutien à l’action de ces jeunes, et donc à ceux d’entre eux qui ont agi avec violence. La culture viriliste, la démesure, l’incapacité à reconnaître des errements ou des fautes, la conflictualité et l’outrance isolent dans le pays, détournent de la gauche et du chemin de la victoire. Indispensable pour combattre le RN, le rassemblement est d’abord une culture, un état d’esprit. Cela suppose, de la part de la direction insoumise, de faire les gestes et de poser les mots de l’apaisement.
Le Front populaire n’a pas bloqué les ligues fascistes en se bastonnant dans les rues mais en mobilisant largement le peuple pour « le pain, la paix, la liberté ». En finir avec les passions tristes et s’adresser à notre humanité commune : voilà l’urgence pour sortir de la nasse dans laquelle nos adversaires politiques veulent nous enfermer.
Clémentine Autain
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Anne-Cécile Violland, seule députée qui a refusé de se lever lors de l’hommage à Quentin Deranque, explique les raisons de son geste
« J’aimerais que notre Assemblée puisse partager la même indignation pour les femmes et enfants victimes de violence, qui meurent trop souvent dans une forme d’indifférence« , a expliqué à franceinfo la parlementaire Horizons.
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Le leader néonazi Marc de Cacqueray-Valménier condamné à six mois de prison en appel pour l’agression de militants de SOS Racisme
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La violence politique à l’heure du deux poids, deux mesures
Le meurtre brutal du militant néofasciste Quentin Deranque a fait dérailler la boussole de l’ensemble de la classe politique. Le traitement différencié des victimes de la violence politique est aujourd’hui assumé au plus haut sommet de l’État.
Le meurtre brutal du jeune militant Quentin Deranque a plongé le débat politique français dans une forme de questionnement qui semble avoir fait dérailler la boussole de l’ensemble de la classe politique. Le consensus est clair : la mort d’un jeune homme de 23 ans après un déferlement de violence inouï est un drame, un acte atroce. À peine le tragique événement survenu, alors que l’enquête n’avait pas rendu ses conclusions, La France insoumise s’est trouvée au centre du débat, les doigts pointés en sa direction de part et d’autre de l’échiquier politique.
Sans aucun recul, des politiques se sont employés à remettre en question des éléments fondamentaux de notre pacte démocratique, témoignant à chaque déclaration d’un traitement différencié des victimes de la violence politique.
Sitôt l’information connue, le ministre de la justice Gérald Darmanin s’est empressé d’affirmer que « c’est l’ultragauche qui manifestement a tué », ajoutant : « Il y a en effet des discours politiques, notamment ceux de La France insoumise et de l’ultragauche, qui mènent malheureusement […] à une violence très débridée sur les réseaux sociaux, une violence extrême sur les réseaux sociaux et dans le monde physique. »
Condamnations
Que le garde des Sceaux en exercice se permette non seulement de commenter une affaire en cours, mais en plus d’accuser nommément un parti adverse au sien de provoquer une « violence extrême » trouvant une traduction « dans le monde physique », est un signal très inquiétant quant au respect des principes de l’indépendance de la justice et de la séparation des pouvoirs.
À ce jour, il n’existe aucun élément prouvant que les déclarations publiques des élu·es de La France insoumise aient provoqué des actes de violence, et il est totalement irresponsable de la part d’un des hommes phares de l’exécutif de porter de telles accusations.
Ce sont essentiellement des élus d’extrême droite qui sont condamnés pour incitation à la violence.
Quelques jours plus tard, le même Darmanin annonce souhaiter l’inéligibilité des personnes condamnées pour incitation à la violence, notamment, mais pas uniquement, en raison d’une ethnie ou d’une religion. On comprend que cette menace vise les propos des élu·es de La France insoumise labellisé·es comme violent·es. Mais lorsque l’on se penche sur le sujet et recherche la liste des condamnés pour ce type de faits, ce sont essentiellement des noms d’élus d’extrême droite qui apparaissent.
Si Jean-Marie Le Pen était le spécialiste de la provocation à la haine, ses successeurs dans le spectre de la droite dure n’ont pas démérité. Julien Sanchez, maire Rassemblement national (RN) de Beaucaire, a été définitivement condamné pour provocation à la haine ou à la violence en 2017, à la suite des commentaires racistes laissés sur son mur Facebook par d’autres utilisateurs, sans qu’une peine d’inéligibilité soit prononcée.
En 2015, Luc Jousse (maire, ex-UMP, de Roquebrune-sur-Argens) a été condamné en appel pour provocation à la haine ou à la violence raciales, à la suite de ses propos relatifs à un campement rom, peine assortie d’un an d’inéligibilité. Et le champion toutes catégories, Éric Zemmour, a été condamné à plusieurs reprises entre 2011 et 2025, pour des faits relevant entre autres de : provocation à la discrimination, haine religieuse envers la communauté musulmane, provocation à la haine, à la violence et injure publique envers un groupe, provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence… La liste est vertigineuse.
La droite radicale tue
Alors que des personnalités politiques de droite et d’extrême droite collectionnaient les sanctions judiciaires, plusieurs crimes ont été perpétrés par des militants déclarés de l’extrême droite, sans que l’on accuse les élu·es de leur bord d’avoir propagé cette haine matérialisée dans l’espace public. Comme l’indiquent sur Mediapart Lénaïg Bredoux et Ellen Salvi, qui se réfèrent aux recherches de la sociologue spécialiste des violences politiques Isabelle Sommier, « depuis 2017, six personnes sont mortes du fait d’activistes de droite radicale ».
Les quelques terrifiants exemples suivants, pourtant rendus publics, n’ont provoqué aucune condamnation des partis appartenant aux mouvances de l’extrême droite. En 2022, les militant·es kurdes Emine Kara, Mehmet Şirin Aydin et Abdurrahman Kizil sont tué·es par balles en plein Paris. La même année, Federico Martín Aramburú, ancien international argentin, subira le même sort. Les suspects sont deux hommes issus de la mouvance ultranationaliste proches du GUD. En 2024, Djamel Bendjaballah est écrasé par une voiture, sous les yeux de sa fille. Le conducteur, Jérôme Décofour, est un militant d’extrême droite et chef local d’un groupuscule violent, la Brigade française patriote.
Dans ces cas d’ultraviolence comme dans d’autres, les meurtriers présumés sont des militants déclarés de groupes dont la proximité avec le RN est avérée ou ayant exprimé explicitement des sympathies pour l’extrême droite.
Quand l’extrême droite tue, les réactions se font timides.
Dans d’autres situations, ce sont des crimes racistes manifestement animés par une idéologie islamophobe et anti-immigrés, identique à celle que l’on trouve dans les discours des partis d’extrême droite. On pense aux assassinats survenus ces dernières années : celui d’Angela Rostas, mère de famille rom enceinte de sept mois, tuée par balle ; celui d’Aboubakar Cissé, homme d’origine malienne sauvagement poignardé de 57 coups de couteau dans une mosquée ; ou encore celui de Hichem Miraoui, coiffeur tunisien dont le meurtre par balle a été appréhendé par le Parquet national antiterroriste comme un acte terroriste sur fond d’idéologie d’extrême droite.
Malgré cette accumulation accablante, jamais aucune figure politique majeure n’a fait le lien entre ces crimes et la haine vomie par les élus d’extrême droite, pourtant sujets à des condamnations effectives. Quand l’extrême droite tue, les réactions se font timides.
Et ces décomptes n’incluent pas les innombrables citoyen·nes qui sont au quotidien accablé·es par le harcèlement raciste de proches de l’extrême droite, à l’image de Divine Kinkela, une femme noire qui, à Montargis, subit depuis des années injures et menaces racistes émises par ses voisins sympathisants déclarés du RN. Est-il venu à l’esprit de quiconque d’interpeller Marine Le Pen ou Jordan Bardella au sujet de ces faits inqualifiables ? Aucunement.
Il y a une différence entre la mort d’un jeune engagé dans des groupes violents survenant au cours d’une rixe et celle de citoyens ordinaires.
Alors que Quentin Deranque était entre la vie et la mort, ses camarades militants ont d’abord tenté de masquer ses engagements politiques en le présentant comme un simple étudiant en mathématiques. Soyons clairs, rien dans ses accointances ne justifie le fait qu’il ait été massacré au sol, cette lamentable attitude est condamnable sans aucune réserve.
Cela étant dit, on ne peut pas se contenter de le présenter comme un simple passant. Comme l’indique Mediapart, Quentin Deranque avait fait ses gammes militantes dans plusieurs collectifs ayant recours à la violence, comme la section viennoise de l’Action française, mouvement royaliste et antisémite, Academia Christiana, organisation catholique traditionaliste, ou les groupuscules néofascistes Allobroges Bourgoin et Audace Lyon.
Le travail de Rue89 Lyon observe précisément l’activité de l’extrême droite dans la troisième ville de France, considérée comme la « capitale de l’extrême droite », et montre que les violences de son fait relèvent d’un ordinaire normalisé par un « aveuglement politique » manifeste. Pire « 70 % des violences de l’extrême droite radicale » commises à Lyon restent impunies.
Minute de silence
Pourquoi n’entend-on pas de condamnation ferme des manifestant·es rassemblé·es à Paris pour réclamer « justice » pour Quentin Deranque et des tags de croix gammées et de slogans antisémites peints la même nuit sur la statue de la place de la République ?
On ne peut que déplorer la mort de Quentin Deranque, c’est un drame sans nom. Toutefois, il y a une différence entre la mort d’un jeune engagé dans des groupes violents survenant au cours d’une rixe – encore une fois, sa mise à mort au sol est inexcusable — et celle de citoyens ordinaires, écrasés par des voitures, tués par balles, poignardés par des extrémistes, alors qu’ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes.
Aujourd’hui, la classe politique ne formule aucune hésitation pour consacrer une minute de silence à un militant néofasciste violent, ce qui constitue un troublant contraste avec ce qui s’est produit en 2025. À l’époque, il avait été autrement plus difficile de contraindre Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, à organiser une minute de silence pour Aboubakar Cissé, lâchement tué par un homme qui s’était fait passer pour un fidèle de la mosquée qu’il fréquentait.
Cette dernière, qui n’a jamais remis en cause le mandat d’élu·es du RN, y compris celles et ceux qui côtoient de manière explicite des groupes d’extrême droite violents, déclare aujourd’hui que « la façon dont il [Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde dont d’anciens membres ont été mis en examen à la suite du meurtre de Quentin Deranque – ndlr] fait de la politique […], les idées qu’il porte » suffisent à envisager la déchéance de son mandat.
Le meurtre de Quentin Deranque est inqualifiable, et s’il est confirmé qu’il est le fait de militant·es antifascistes, cela sera une première en France, selon les travaux de la sociologue Isabelle Sommier, qui en a fait état dans l’émission de Mediapart « À l’air libre ».
La condamnation de la violence sous toutes les formes est un impératif moral, mais on peut légitimement s’inquiéter de constater à quel point celle qui émane de l’extrême droite est invisibilisée.
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Affirmer notre antifascisme : le devoir du moment
Romanciers, historiens, écrivains, sociologues ou élus, 180 personnalités appellent au sursaut contre l’instrumentalisation de la mort de Quentin Deranque par l’extrême droite, la droite, le gouvernement et les médias dominants qui cherchent ainsi à instaurer une chape de plomb sur la gauche et à inverser les rôles entre fascistes et antifascistes.
https://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2026/02/affirmer-notre-an
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Un drame humain ne doit jamais devenir le prétexte d’une chasse politique de l’antifascisme et de la FI
Intervention de Moh Djennane, élu communiste de Bagnolet
https://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2026/02/un-drame-humain-ne-doit-jamais-deven
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Pour rappel
Poème de Martin Niemôller, pasteur
Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Lorsqu’ils sont venus chercher les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Lorsqu’ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit, je n’étais pas catholique.
Lorsqu’ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas Juif.
Puis ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester.
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Je ne peux pas fermer ma gueule.
De toute façon, dès qu’un artiste donne son point de vue sur un sujet de société, y’a toujours des gugusses qui diront « mais pour qui il se prend lui, qu’il essaye déjà de chanter, c’est tout ce qu’on lui demande ». Et puis quand les artistes s’en tiennent au silence radio, y’a l’équipe d’en face qui débarque : « ils sont où les artistes ? On les entend pas ? Balavoine et Coluche, ils mettaient un coup de pied dans la fourmilière au moins, eux ».
Bref, chacun fait comme il veut. Mais ne pas prendre parti, c’est déjà prendre parti. Personne ne doit mourir pour ses idées, aussi dégueulasses soient-elles, dans une démocratie comme la France, on est d’accord. C’est un drame. Mais de là à transformer ce facho en martyr ? À l’appeler par son prénom comme si c’était un copain ? On ne parle pas d’un enfant de chœur, on parle de quelqu’un qui affichait fièrement son appartenance à un groupuscule néo-nazi. C’est quoi que les gens comprennent pas dans néo-nazi ? Néo ou nazi ?
Au Pays des Droits de l’Homme, à quel moment c’est devenu banal de rendre hommage à un jeune néo-nazi ? La prochaine étape, c’est quoi, la légion d’honneur ? Y a-t-il eu une minute de silence pour tous ceux qui sont morts sous les coups racistes des nazillons en rangers ces dernières années ? Frederico, Ismaël, Angela, Hichem ?
Depuis 5 jours, sur tous les plateaux télé, on déroule le tapis rouge aux discours fumeux de l’extrême-droite qui instrumentalise ce drame pour inverser des vérités qui nous sont chères. La méthode trumpienne dans toute sa splendeur. Mais un poisson rouge restera rouge même si on nous rabâche à longueur de journée sur toutes les antennes qu’il est bleu.
La violence d’extrême-droite n’est pas « dérisoire » comme le répète Marion Maréchal-nous-voilà. Tous les rapports le prouvent. 9 meurtres à caractères idéologiques sur 10 sont le fait de l’extrême droite. C’est un fait. Comme 2+2=4. Basique. Simple.
Quels membres de quel parti ont été condamnés de multiples fois pour incitation à la haine ? Quel Jean-Marie a été condamné pour propos négationnistes et antisémites ? Quel parti a été fondé par un ancien Waffen SS ?
« Si tu voyais grand-mère
De ton ciel tout là haut
Ton pays qui se perd
T’en aurais des sanglots
Toi qui as combattu
Tous les marchands de haine
J’pense à toi et ça m’tue
De savoir qu’ils reviennent… »
Gauvain
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Faut-il rire de l’extrême-droite ?
Un document d’Aude VIDAL écrit fin janvier
https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Faut-il-rire-de-l-extreme-droite