Monsieur Hulot n’est plus en vacances !

Les anti-mines bretons n’ont pas mis longtemps à dégainer !

Ils veulent rappeler que BREIZH est en danger. Ils sont opposés aux projets miniers imposés. C’est pourquoi, ils ont écrit à Nicolas Hulot.

Monsieur le Ministre d’État de la transition écologique et solidaire

Vous venez d’accepter de poursuivre votre action en acceptant d’intégrer le nouveau gouvernement français en qualité de Ministre d’État de la transition écologique et solidaire et venez de démissionner de votre fonction de président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme que vous aviez créée en 1990.

Nous n’ignorons pas que la politique n’est pas pour vous un objectif en soi et supposons que votre acceptation à rejoindre ce gouvernement dit d’ouverture est une opportunité d’action non négligeable pour que votre combat puisse trouver des réponses concrètes dans la société actuelle. Compte tenu de votre engagement et de votre détermination avérés, nous souhaitons que vous saurez faire entendre la voix de la raison et que vos plaidoiries en faveur du respect de notre Terre, de notre environnement et notamment pour ce qui concerne la transition énergétique trouveront des décisions gouvernementales concrètes dont les générations futures en seront les seuls bénéficiaires.

Ambasad Vreizh vous assure de ses encouragements dans vos nouvelles fonctions et tient à vous rappeler qu’actuellement la Bretagne est soumise à sept PERM (Permis Exclusif de Recherche Minière) sur plusieurs sites ; certains sont en phase d’instruction, mais l’arrivée de foreuses est imminente pour d’autres ; combien d’autres demandes sont à l’étude ?

Pour l’heure, ce ne sont pas moins de 111 communes sur plus de 143.000 hectares qui sont concernées par ces permis exclusifs !

Si nous condamnons avec fermeté tout projet d’extractions minières et de sables coquilliers, c’est au seul titre que ces décisions sont prises à Paris alors que nous, habitant comme vous en Bretagne, devrions être les seuls décisionnaires puisque étant directement concernés par les conséquences environnementales et sanitaires comme nous le sommes par les promesses d’emploi qui nous sont faites. Nous avons pleinement conscience des enjeux économiques et stratégiques qui dépendent du potentiel de ces mines, notamment pour l’extraction du Thorium, minerai ô combien important pour l’industrie nucléaire, il reste inconcevable que populations et maires des communes concernées ne soient avisés qu’après décision et ne disposent d’un rôle que consultatif.Non contents d’être réduits à de simples observateurs, devons-nous rester spectateurs de nos paysages défigurés, de notre environnement mis en danger, de la grande probabilité de pollution de nos cours d’eau, lesquels sont toujours impactés malgré la fermeture de la dernière mine en 1980 ?

Non contente d’être salie par une politique agro-alimentaire intensive depuis des années, la Bretagne subit la tentation des fermes-usines, lesquelles viennent accroître les dangers environnementaux. Les demandes déposées d’autorisation d’épandages d’effluents dans des contrées sauvegardées jusque-là (ex : Monts d’Arrée) nourrissent encore plus nos craintes.

Il ne saurait être question que l’équilibre de la biodiversité soit perturbé encore plus au nom d’une production qui ne calque pas aux besoins locaux, ceux de la Bretagne.

Sachez, Monsieur le Ministre, qu’il n’est nullement question de remettre en cause notre esprit de solidarité légendaire qui anime depuis toujours les Bretons. La raison d’être de la solidarité repose sur le volontariat et clairement, il est difficile de parler solidarité dès lors que des décisions nous sont imposées. Quel n’a jamais été le retour sur investissement et les sacrifices de la Bretagne pour que la France puisse grandir et agir sur la scène internationale au détriment des droits de la Bretagne en qualité de Nation et des droits fondamentaux des Bretons ?

Des sacrifices humains passés lors des conflits à ceux consentis ces dernières années (vous n’ignorez pas le nombre croissant de suicides d’agriculteurs), nous devrions répondre sans broncher aux sirènes de perspectives d’emploi vendues par les pouvoirs publics afin que la population accepte que notre terre soit salie et éventrée ?

Las de constater que la Bretagne ne cesse d’être spoliée de ses richesses humaines, maritimes ou géologiques pour les seuls intérêts économiques de l’ État français, nous espérons que vous saurez écouter les collectifs et associations que nous soutenons :

– Mines de Rien (voir le site)

– Vigil’Oust Merléac (voir le site)

– Douar Didoull  (voir le site)

– DesTerresMINEes35  (voir le site)

– Peuple des Dunes (voir le site)

Notre devise  » Kentoc’h mervel eget bezañ saotret  » (Plutôt la mort que la souillure) prend tout son sens dans notre volonté ancestrale à respecter notre environnement. Nous ne sommes que les hôtes de notre terre, elle n’appartient à personne d’autre que nos générations futures. Les Bretons sont conscients depuis toujours qu’il n’appartient pas à la terre de s’adapter à notre mode de vie mais à nous de composer avec les conditions environnementales ; nous ne sommes qu’un maillon et il en va d’un équilibre que nous devons pas rompre. Continuer au rythme effréné imposé par les États obéissant aux « lobbies » hypothèque notre survie, nous ne vous apprenons rien.

Nous vous prions de croire …

abp.bzh