A toi, l’enseignant.e

À toi, la maîtresse du grand, …

qui a mis seulement quelques jours à t’adapter à la crise et nous envoie trois fois par semaine des choses à faire (et les corrections) pour qu’il ne perde pas le fil. Tu pars à la retraite dans quelques jours et tu m’impressionnes.

A toi, la maîtresse de la petite, qui a envoyé plein d’activités pédagogiques et a lancé des concours de tour Kapla entre les enfants pour maintenir le lien.

A toi, l’école qui a organisé un planning impossible pour leur permettre de retourner un jour ou deux à l’école, voir leurs ami.e.s et retrouver les enseignantes.

A toi, la maîtresse chargée de l’enseignement à distance, qui a envoyé une histoire lue à voix haute lorsque ma fille était hospitalisée.

A toi, la directrice de l’école qui m’a appelé pour me rassurer et avec laquelle on a parlé de vos galères.


A toi, l’autre directrice, qui m’a engueulée le premier jour de rentrée par que j’étais en retard (coeur sur toi).

A toi, enseignante au collège, qui nous raconte comment tu jongles entre ton petit et tes élèves.


A toi, enseignante en primaire, qui nous racontait la stupéfaction devant les annonces contradictoires et incompréhensibles du gouvernement.

A toi, enseignant à l’université, dont les élèves t’expliquaient qu’ils étaient en fin de forfait et pouvaient pas se connecter au cours en ligne.

A toi, prof en couple avec une enseignante, vivant dans un deux pièces (mais y a le Wifi que dans une des deux).

A vous toutes et tous, qui avez fait comme vous pouviez, avec parfois une connexion internet aléatoire ou un ordinateur vraiment trop vieux.

A vous toutes et tous, qui avez été parents en même temps qu’enseignant.e.s et qui avez du faire l’école à la maison en plus de l’école à distance.

A vous toutes et tous, à qui on a demandé de changer de métier du jour au lendemain, dans une période de stress intense, et qui avez assuré.
 Vous êtes des super-héros et héroïnes.

A toutes celles et ceux aussi qui ont craqué, décroché, lâché prise. Ça arrive. Et c’est pas grave. Prenez soin de vous et revenez en forme.

Je voulais simplement vous dire merci. Je suis tellement choquée des propos entendus ces derniers jours. Tellement en colère.

L’offensive organisée de quelques éditorialistes et du gouvernement contre les enseignant.e.s en dit plus sur eux que sur vous. Cela raconte le mépris qu’ils ont des êtres humains.

Alors je voulais vous le dire : ils ont tort. Nous avons été des millions partout en France à vous voir vous agiter, vous adapter et à vous engager. Je n’oublierai pas.

A vous toutes et tous : merci. Du fond du cœur.

Caroline De Haas