Nantes Révoltée sort de l’imprimerie

« Du zbeul dans la métropole »

Forte de ses 40 000 abonnés et régulièrement encensée par la PQR, la page facebook « Nantes Révoltée » passe la vitesse supérieure pour devenir un journal papier.

48 pages couleurs, un maximum d’inédits, un dossier sur la révolte contre la loi travail, des jeux, une rubrique internationale, des critiques littéraires et cinéma, plein de graffs et de tags, des chroniques de la ZAD, un tutoriel, etc.

En vente depuis le 1er septembre pour la modique somme de 2 euros, il suffit d’écrire à nantesrevoltee.lejournal@riseup.net pour s’en procurer le nombre d’exemplaires souhaité.

Lundimatin est heureux de vous proposer en exclusivité les bonnes feuilles.

Édito

« L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides […] Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques-uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser. »
Antonio Gramsci, Je hais les indifférents

Depuis 5 ans, Nantes Révoltée contribue à construire un autre récit des agitations en cours. La page facebook, suivie par plusieurs dizaines de milliers de lecteurs et de lectrices, a mis en ligne des milliers de publications qui ont été vues plusieurs millions de fois. Mais si les articles numériques bénéficient d’une diffusion virale, immédiate et exponentielle, ils sont aussi parfaitement adaptés à la société du Spectacle : vite publiés, vite oubliés dans un tourbillon d’informations où se mêlent fake news, propagandes en tout genre et publicités. Dans le flux intarissable des données, tout devient instantanément obsolète et insignifiant. Il s’agit aujourd’hui, avec cette revue, de sortir des griffes des réseaux sociaux, pour trouver un autre tempo.

Nantes est une des villes laboratoires des politiques publiques du socialisme. Une métropole de flics, colonisée par des cadres dynamiques et des start-up numériques. Une ville en chantier permanent, façonnée par les bétonneurs. Paradoxalement, c’est aussi un lieu d’interstices, où, à échéances régulières, les rues deviennent indociles et le temps est suspendu par des flots tumultueux. Été insurrectionnel de 1955. Commune de Nantes en 1968. Émeutes lycéennes de 1994 et 1995. Luttes anti-nucléaires et anti-aéroport. Mouvements contre CPE et la Loi Travail … A chaque fois, la révolte y pulse avec un rythme particulier. « La ville, dans les défoulements politiques collectifs a eu tendance à aller plus loin qu’aucune autre », écrivait déjà Julien Gracq dans les années 1980. C’est de cette histoire que doivent se nourrir les résistances futures.

Alors qu’il vient de raboter les APL et compte opérer le plus grand saccage social depuis la Libération, le gouvernement élu grâce à l’épouvantail fasciste vient de lancer une commande de plusieurs dizaines de millions d’euros de grenades pour réprimer les manifestations. Selon un sondage de Science-Po publié il y a quelques mois, 63% des jeunes se disent prêts à participer à « une révolte de grande ampleur ». Ils étaient presque autant à boycotter les élections au printemps. La rentrée 2017 a donc lieu au son des ordonnances et de l’état d’urgence d’un pouvoir qui se veut simultanément ultra-sécuritaire sur le plan policier et destructeur de toutes les sécurités sociales. L’arrogance de plus en plus décomplexée des puissants fera-t-elle voler en éclat l’apathie qui règne toujours en période de scrutins ?

Au menu de ce numéro zéro, des textes et des visuels inédits, avec un dossier spécial sur le mouvement contre la Loi Travail, des tags, des détournements, encore des tags, une chronique de la ZAD, une rubrique internationale, une réflexion sur les féminicides, des chroniques culturelles, des brèves …Du rire et de la révolte.

Ce numéro est dédié à celles et ceux qui font des fautes sur les murs, qui ont des lacunes. Pour les touaregs, les pirates du bitume.

Sommaire

3 – Retour sur l’agitation contre la Loi Travail
28- Un autre printemps fou : 1994
30- Chroniques de la ZAD
31- Tuto : l’extincteur de peinture
32- Bolosser le FN : une tradition locale
33- Banderole Game
34- La ville au service des riches
36- Manifeste des luttes des exilés
37- Grrrls : le féminicide
38 et 39- Rubrique internationale :
Venezuela et C-Star
40- Les rues ont la parole
42- Culture
44- Brèves
46- Pourquoi Macron ne finira pas
son mandat ?
48- Jeux