Le virus de la contrainte

Voici nos derniers rapports sur les événements en cours.

Ci-dessous, un symptôme d’actualité à partir de l’état d’urgence sanitaire et de la mise en place de la traque électronique.

Il se dit beaucoup ces jours-ci que la première victime d’une guerre –y compris d’une guerre sanitaire-, c’est la vérité (merci Kipling). Aussi, nous en apprenons chaque jour davantage sur les opérations du Virus.

En janvier, nous avions pitié des Chinois incarcérés par leur technocratie et traqués par des moyens technologiques. En avril, nous sommes tous chinois.

Gouverner, c’est mentir.

Gouverner, c’est contraindre.

Et ce qui nous est communiqué par la Voix des Ondes derrière le masque du Virus, ce sont les ordres de nos experts, scientifiques et technocrates.

L’épidémie, la vraie, c’est la peste numérique dont les puces électroniques sont le vecteur, et qui saisit l’occasion pour nous réduire à l’état de numéros esclaves. De machins dans la machine. Le virus, le vrai, c’est celui de la contrainte technologique, qui trouve un terrain d’autant plus favorable dans le désir de prise en charge de ceux à qui la liberté pèse trop lourd.

Il se dit aussi que les zéros sociaux murmurent sur les « réseaux sociaux » : ce sera pire après.

Ce n’est pas de manière virtuelle que les zéros sociaux, physiquement dispersés par l’urgence sanitaire, peuvent résister à la contamination numérique.

Ce n’est pas sur les réseaux sociaux qu’un peuple physiquement dispersé par l’épidémie d’autorité peut résister au coup d’Etat permanent de la technocratie dirigeante.

Numéros zéros ! il ne tient qu’à vous de briser vos chaînes numériques. Fuyez les « réseaux sociaux », jetez vos smartphones, refusez le puçage électronique (notamment les compteurs Linky),

Boycottez Amazon et la consommation virtuelle !

Pièces et main d’œuvre ; Grenoble, le 11 avril 2020

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À bas l’état d’urgence sanitaire ; brisons nos chaînes numériques

La désinformation comme le coronavirus se propagent.

Pour combattre la désinformation, il est important de partager des informations venant de sources fiables comme les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la santé.

Pendant l’épidémie de Covid-19, ne faites confiance qu’aux sources d’informations officielles et aux médias crédibles.

Ne partagez pas d’informations non vérifiées. Ceci est un message de l’Unesco.

La radio nationale

Il n’est pas croyable comme le peuple,

dès lors qu’il est assujetti, tombe si soudain en un tel et si profond oubli de la franchise,

qu’il n’est pas possible qu’il se réveille pour la ravoir,

servant si franchement et tant volontiers qu’on dirait,

à le voir, qu’il a non pas perdu sa liberté, mais gagné sa servitude.

La Boétie

La question s’est posée durant la guerre, la vraie. Comment distinguer les avions ennemis pour les abattre ? On doit aux militaires anglais le système d’identification longue distance nommé « Identify : friend or foe » : un transpondeur capable de décoder de loin un signal électronique. Un demi-siècle de miniaturisation a réduit ce dispositif en puce RFID – Radio frequency identification– si furtive qu’elle se loge partout dans les objets du quotidien, des livres des bibliothèques et des produits de consommation aux cartes sans contact, aux arbres ou aux poubelles des métropoles. Et en version sous-cutanée dans des animaux (sauvages, domestiques et d’élevage) et de plus en plus d’humains.

C’est d’Outre-Manche que vient aussi le mot traceability, introduit en français en 1994 en même temps que le prion dans le cerveau de vaches nourries aux farines animales. Le puçage des animaux devait rassurer les consommateurs de malbouffe mondialisée. La traçabilité – la traque – est la réponse industrielle aux dégâts écologiques et sanitaires de l’industrie.

A l’époque, le ministère de l’Intérieur anglais voulait pucer les criminels sexuels volontaires, afin de les pister par satellites et de vérifier leur rythme cardiaque. Projet avorté à notre connaissance, mais de nombreux élèves de collèges britanniques sont aujourd’hui identifiés et suivis par RFID.

Cette histoire, nous l’avons racontée dans un livre publié en 2008, où nous écrivions : « Refusons de transformer nos animaux en gadgets électroniques, ou nous subirons le même sort. »

Les écrits restent. Encore un peu. En attendant que le réchauffement climatique porte la température de nos mémoires à 232,8° degrés centigrades, soit la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume.

Que des chercheurs d’Oxford vantent, équations à l’appui, les bienfaits de la traque des contaminés – friend or foe ? – pour limiter la pandémie de coronavirus n’est donc pas pour nous surprendre.

Trêve d’anglophobie : la Chine et Singapour ont ouvert la voie et les labos en intelligence artificielle et en flicage éthique du monde entier développent leur appli anti-virus. Le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O et le ministre de la santé Olivier Véran nous informent que la nôtre s’appellera Stop-Covid. Nos ingénieurs de l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) y travaillent au sein d’un consortium européen. Validation du cyber-député Cédric Villani, premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques : « Il n’y a pas d’obstacles, puisque tous les acteurs convergent pour dire que ce sont des technologies éthiques et acceptables, à condition de respecter certains principes ».

Mais il n’y a jamais d’obstacles pour ceux qui n’ont pas de principes. Souvenez-vous d’Olivier Véran, qui le 24 mars se disait opposé à la traque numérique au nom des « libertés publiques et fondamentales », ou de Christophe Castaner, refusant le 26 mars « ces systèmes qui, au fond, atteignent la liberté individuelle de chacun pour être efficaces. Donc, ce n’est pas un sujet sur lequel nous travaillons. »

Le sujet sur lequel travaille la technocratie, la classe de l’efficacité et de la rationalité maximales, c’est l’accroissement de sa puissance par tous les moyens. Les moyens juridiques, avec un « état d’urgence sanitaire » qui justifie tous les abus de pouvoir de l’état d’exception et l’abandon de la légitimité aux experts scientifiques, mais surtout les moyens matériels, concrets, de la puissance : la technologie.

Quand Malaparte publiait en 1931 sa Technique du coup d’Etat, il prenait acte du fait que l’Etat moderne étant devenu un appareil technologique et industriel (radiodiffusion, chemins de fer, télécommunications et industrie), le coup d’Etat lui-même était devenu une affaire technologique.

Voir Octobre 1917 ou la marche sur Rome de 1922.

Nous subissons de longue date les effets, non pas d’une « révolution technologique », comme dit la propagande, mais d’un coup d’Etat permanent mené au nom de l’efficacité devenue à elle-même sa propre fin ultime, et justifiant le bouleversement perpétuel de nos conditions d’existence.

Les commentateurs nous diront vite si cette éruption du virus est un événement bascule, ou une accélération de l’emballement techno-totalitaire qui s’engouffre dans toutes les crises (incendies, inondations, terrorisme, etc).

Guerre, catastrophe ou pandémie, la crise ouvre au pouvoir des fenêtres d’opportunité pour fortifier le coup d’Etat technologique permanent. Comment refuser une solution efficace ? Nous voici tous Chinois. Aussi bien les avocats des « bons usages » de la technologie discutent-ils la traque numérique au motif que « ça ne sert à rien si tout le monde n’a pas un téléphone portable (…) si on est dans une zone qui n’est pas couverte » (Mélenchon), et donc « l’efficacité de ce type de procédé n’est pas prouvée » (La Quadrature du Net). Trouvez un dispositif de traque efficace et validé par la CNIL et ils se rendront. La fin justifie les moyens.

Le Groupe européen d’éthique auprès de la Commission européenne, certes pas une référence libertaire, écrivait en 2005 :

« (…) après leur mise en observation par vidéosurveillance et biométrie, les individus sont modifiés par divers dispositifs électroniques, comme les puces sous-cutanées et les RFID, qui tendent de plus en plus à leur mise en réseau. À terme, ils pourraient donc se trouver connectés en permanence et reconfigurés, de façon à transmettre ou à recevoir des signaux permettant un traçage et une détermination de leurs mouvements, de leurs habitudes et de leurs contacts. Il est certain qu’une telle évolution modifierait l’autonomie des individus, sur le plan tant théorique que réel, et porterait atteinte à leur dignité. »

L’autonomie et la dignité font défaut à une population dégradée par des décennies d’abandon à la Mère-Machine. Les machins veulent une Machine. L’évolution redoutée par les éthiciens européens a déjà eu lieu. Un détail technologique diffère de leurs prévisions : les smartphones, diffusés après les puces RFID. Pour l’instant, les humains diminués se contentent de la cyber-prothèse greffée à leur main. L’implant corporel, plus coûteux et perfectionné, sera peut-être réservé aux humains supérieurs de la caste transhumaniste. Le bracelet électronique et l’injection sous-cutanée, aux réfractaires.

C’est grâce à l’assistant électronique universel – le smartphone – que les smart moutons sont traqués, tel le steack haché industriel dans son flux logistique. Ce qu’on fait aux animaux, on le fait aux humains.

Soulagée de renoncer à une vie libre et autonome, la masse confie sa capacité de penser et d’agir à l’intelligence ambiante et à l’« intelligence » artificielle. La première – de  l’anglais intelligence : renseignement – désigne en novlangue cybernétique la contamination numérique de notre environnement (puces, capteurs, objets connectés, réseaux de communication sans fil), nécessaire au pillage de myriades de données numérisées. La seconde calcule ces données pour en tirer modèles, indicateurs, profils et décisions.

Exemple : cribler les milliards de messages postés sur Facebook et Twitter et demander à l’« intelligence » artificielle de débusquer et « éliminer les messages néfastes [et] gommer toutes les allusions à de faux remèdes contre la maladie ».

Autre exemple : aspirer les données de géolocalisation des smartphones, les combiner aux données de corona-santé de la population et déléguer à l’« intelligence » artificielle la modélisation du déconfinement. C’est l’objet de l’initiative « CovidIA » lancée par des chercheurs français.

Orange fournit déjà des modélisations des flux de population à partir de données de géolocalisation anonymes, donc « éthiques ». Quoique « les scientifiques ont largement prouvé que le concept de données anonymes est trompeur ». Si Le Monde le dit.

Il paraît que la condition sine qua non pour que de telles chaînes électroniques soient éthiques est le volontariat des enchaînés. Tout allant pour le mieux dans le meilleur des mondes, un sondage du 31 mars révèle que 80 % des Français sont favorables à l’appli de traçabilité du cheptel humain.

Et pourquoi pas, puisqu’ils obéissent déjà, toute la journée, aux injonctions de la machine. Au feu, tournez à droite. Tapez Etoile. Buvez régulièrement. Présentez votre carte devant le lecteur. Recommencez. Attention, vous sortez du périmètre autorisé d’un kilomètre autour de votre domicile.

Hannah Arendt : « Les dirigeants totalitaires tablent sur la contrainte que nous pouvons nous imposer à nous-mêmes, pour mobiliser en partie les gens dont ils ont encore besoin ; cette contrainte intérieure est la tyrannie de la logique à laquelle rien ne résiste sinon la grande aptitude de l’homme à commencer quelque chose de nouveau. La tyrannie de la logique commence avec la soumission de l’esprit à la logique comme processus sans fin, sur lequel l’homme compte pour engendrer ses pensées. Par cette soumission, il renonce à la liberté intérieure de même qu’il renonce à sa liberté de mouvement lorsqu’il s’incline devant une tyrannie extérieure à lui. »

Ceux à qui la liberté pèse trop lourd aspirent sans contrainte aucune au techno-totalitarisme. Pas de liberté, pas de responsabilité. Mère-Machine s’occupe de tout, et tout ce que demandent les machins, c’est leur prise en charge. La sécurité plutôt que la liberté. L’assignation à résidence, cyber-fliqués et réduits au fonctionnement virtuel (mais à haut débit) dans un « état d’urgence » dirigé par les experts, plutôt que les hasards d’une vie libre et humaine.

Une population habituée à cultiver son autonomie et ses liens, bref une population responsable, n’aurait pas besoin d’une telle surorganisation pour combattre la pandémie. Elle le prouve dès que l’Etat défaille.

Gouverner, c’est mentir. Gouverner, c’est contraindre. Ce que nous communiquent les porte-paroles du Virus par la Voix des ondes, ce sont des ordres. Ce qu’avait bien expliqué l’ex-ministre de la Recherche, la VRP sociétale-libérale de la technopole grenobloise, Geneviève Fioraso – par ailleurs marraine politique d’Olivier Véran, son suppléant avant de prendre sa place de député de l’Isère : « La santé, c’est incontestable. Lorsque vous avez des oppositions à certaines technologies et que vous faites témoigner des associations de malades, tout le monde adhère. »

Seuls souffrent de ce techno-totalitarisme – et le dénoncent pour ce qu’il est – ceux qui refusent de devenir des rouages sociaux dépendants de leur connexion au technotope artificiel. Ceux qui se souviennent qu’une vie d’irresponsable est une vie d’esclave.

Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de notre fonctionnement biologique se paye de la perte de tout ce qui fait le prix de la vie – terre et liberté.

Une société automatisée est une société de contrainte. Si l’arme des humains contre la tyrannie est leur capacité de commencer quelque chose de nouveau, c’est-à-dire de penser et non de déduire, alors les Chimpanzés du futur doivent retrouver et cultiver cette capacité. Désobéissons aux algorithmes.

Brisons les chaînes numériques (et les smartphones).

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Une analyse théorique de la société de contrainte

« Ville-machine, société de contrainte »,

à lire ici :

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&